Plaidoyer pour la beauté (Partie 3/4)

27 Juil 2011 0 commentaire

Post de Nathan L., 24 ans, responsable à JPC, et auteur du livre Devenir un Homme selon Jésus.

Nous sortons d’un âge où un coucher de soleil aura été résumé à une explication physique de faits produisant tel ou tel effet. Et tout en reconnaissant qu’une compréhension scientifique accrue de la nature nous permet de glorifier Dieu d’autant plus, nous rentrons dans un âge où cette démystification de la nature est rejetée par la société qui rentre dans une ère postmoderne, où le symbole veut à nouveau dire quelque chose. Nous devons rester fermes sur l’idée que nous sommes plus qu’un amas de cellules, et que cette valeur vient de Dieu. Nous avons une opportunité toute particulière de faire venir notre pays à Dieu au travers de leur conscience accrue de la valeur du symbole et de la force symbolique de la création.

Trois points de précaution

– On ne parle pas ici de spiritualité nouvel-âge. On n’appréhende pas le divin en rentrant en fusion mystique avec la nature. On prend plutôt nos distances par rapport à la nature en se disant qu’elle parle de Dieu. La nature a une valeur intrinsèque, mais seulement parce qu’elle est un outil du Seigneur pour magnifier sa gloire.

– La nature est déchue. Nous n’avons pas accès à une révélation parfaite de Dieu dans la nature parce que celle-ci est affectée par la chute. Elle est comme un tableau qui a pris l’eau. Ses formes sont toujours présentes mais avec moins de vivacité et de précision qu’auparavant.

– La Parole explique la nature. Si je dis que la nature est la manière dont Dieu se révèle de façon à ce que nous puissions capturer son caractère avec le plus de vivacité, je ne peux le faire qu’à l’aide de l’Ecriture. Et je peux le faire parce que l’Ecriture permet une telle « lecture » de la nature (Sainte Cène, Baptême, Psaume 19.2 etc…). Il faudra aussi préciser que notre compréhension de Dieu au travers de la nature est subjective, et ainsi sujette à erreur. En voyant le chromosome, je pourrais me dire que Dieu nous parle de sa petitesse. En voyant la diversité des feuilles dans un arbre, je pourrais me dire qu’il y a une pluralité de dieux. Et c’est là que la Bible vient informer notre lecture de la nature. Dieu est grand. Cette phrase ne m’évoque rien, mais elle parle de vérité. Ma compréhension de sa grandeur, instaurée par l’Ecriture, sera ensuite rehaussée par la nature. Le deux travaillent en unité, et la Bible le permet. Elle dit des choses scientifiquement fausses sur Dieu : « il est mon roc » (Psaume 18.2). Dieu n’est bien sûr pas un roc. Il est Esprit… Mais métaphoriquement, symboliquement, poétiquement, Dieu parle aussi. Ainsi, il faut que nous sachions cultiver, en tant que chrétiens, une compréhension de Dieu vraie parce que juste, et une compréhension de Dieu vraie parce qu’évocatrice poétiquement. Notre connaissance de Dieu en sera bien plus forte. Il y a des traditions d’églises qui partent si loin dans l’évocateur poétique qu’ils en perdent la compréhension du sens. Mais dans le monde évangélique, notre danger est presque aussi grand. Nous sommes tellement à cran sur le théologiquement juste, que nous refuserions de dire que Dieu est un roc si ce n’était pas écrit dans la Parole. Notre langage sur Dieu est sec, et notre compréhension de lui risque de l’être tout autant, alors que Dieu nous a donné des outils pour rehausser notre vision de lui : le monde physique et la beauté qu’il contient.

A suivre…

Dans la série Le physique est spirituel / Le physique parle du spirituel / 3 points de précaution / Voir le physique dans le spirituel

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Auteur : Nathan L

26 ans, Rébellutionaire depuis une bonne dizaine d'années, marié à Beki, papa d'Emilie et de Caleb, responsable à l'Eglise CVV Paris et auteur du livre Devenir un Homme Selon Jésus.

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