8 raisons pour lesquelles le dieu du film « La Cabane » n’est pas le Dieu de la Bible

La sortie en français du DVD La Cabane, basé sur le best-seller de Paul Young, a fait du bruit. La Réb’ a vu le film et vous donne son avis.

Sans spoiler, voici un résumé : Mack, le personnage principal, a eu une vie pleine de souffrances. L’amertume dans l’âme, il sombre dans une profonde dépression. Il reçoit alors une lettre qui l’invite à une rencontre dans une cabane en pleine forêt. Il y rencontre un trio mystérieux, présenté comme étant les 3 personnes de la Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. C’est cette rencontre qui va bouleverser sa vie et celle de sa famille.

Le film La Cabane se propose d’aborder de front la question qui revient si souvent : « si Dieu est bon, pourquoi la souffrance ? » C’est appréciable, et certains éléments du film sont pertinents concernant cette question.

Malheureusement, malgré cette bonne volonté, le film présente des choses fausses à propos de Dieu, du péché et de la croix qui sont graves. Le film est tellement éloigné de la Bible qu’il me semble qu’on peut dire que le dieu du film La Cabane n’est pas le Dieu de la Bible. Voilà 8 raisons :

#1 – La Bible ne représente pas Dieu physiquement, La Cabane le fait

Dans ce film, Dieu est représenté en forme humaine sous la forme de trois personnes : le Père comme une dame afro-américaine qui fait de bons gâteaux, le Fils comme un jeune homme du Moyen-Orient au style un peu hipster, et le Saint-Esprit dans une femme d’origine asiatique.

Je n’ai rien contre les dames qui font de bons gâteaux ou contre les hipsters. Mais représenter Dieu en forme humaine est quelque chose de grave. Dans ce film, nous avons des êtres humains qui sont en train de jouer… Dieu lui-même !

Oui, c’est un film de fiction. Mais contrairement à d’autres fictions (Narnia, par exemple), ces personnages clament ouvertement représenter Dieu physiquement – montrer qui est Dieu, à quoi il ressemble1. Le pire est peut-être que cela ne nous choque pas ?

L’auteur veut contrer l’idée populaire d’imaginer Dieu comme un vieil homme avec une barbe et des cheveux blancs. C’est vrai, Dieu n’est pas comme ça. Mais il n’est pas comme le film le représente non plus. En voulant déconstruire un mythe, le film en construit un autre. Dieu est Esprit (Jean 4.24), et il a pris une forme humaine en Jésus-Christ seulement. Pas dans des acteurs.

#2 – La Bible parle d’un Dieu tri-unitaire (trois en un), La Cabane ne le fait pas

Dans le but d’aider l’auditeur à mieux comprendre la Trinité, le film représente Dieu – Père, Fils et Saint-Esprit – discutant et agissant avec Mack, l’acteur principal. Mais au lieu de nous aider à mieux comprendre cette doctrine biblique – 1 seul Dieu en 3 personnes – le film tord cet enseignement et présente quelque chose de flou.

  • C’est flou concernant la définition même de Dieu. Les trois personnes de la Trinité ont une apparence similaire à Mack – ce sont des humains comme lui, avec simplement des facultés augmentées (connaître le passé et l’avenir).
  • C’est flou concernant l’unité de Dieu. On a plutôt l’impression, selon le film, qu’il s’agit de 3 dieux différents qui n’ont que quelques traits en commun.
  • C’est flou concernant la divinité de chaque personne de la Trinité. Par exemple, lorsque Mack demande à Jésus s’il est Dieu il ne répond pas, mais il détourne le sujet de conversation.
  • C’est flou concernant la définition même de la Trinité. Le film fait apparaître une autre dame, appelée « la Sagesse », dont les rapports avec les autres personnes de la Trinité sont ambigus. Le Père (appelé Papa) se transforme en un homme âgé à la fin, sans réelle explication.

Je suis d’accord que la Trinité est un concept difficile à saisir. Nous ne pouvons pas l’illustrer sans la déformer. Alors nous devons nous attacher à ce que la Bible dit.

Il y a un seul Dieu – pas trois (Deutéronome 6.4 ; Esaïe 45.21). Ce Dieu existe éternellement en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Père est Dieu (Éphésiens 1.3), le Fils est Dieu (Jean 1.1 ; Jean 20.28) et le Saint-Esprit est Dieu (Actes 5.3-4 ; Psaumes 139.7-8). Il n’y a pas trois dieux, mais un seul : l’Éternel. Le Père est pleinement Dieu, le Fils est pleinement Dieu et le Saint-Esprit est pleinement Dieu. Une seule essence – Dieu – et trois personnes. On pourrait parler, comme je trouve utile de le faire, de tri-unité. La question n’est pas de savoir si c’est simple ou pas, mais de rester attaché à la vérité telle que Dieu nous la révèle.

#3 – Dans la Bible Dieu est saint, dans La Cabane il ne l’est pas

Dans La Cabane, Dieu n’est pas en colère contre le mal (Romains 1.18). Il n’est pas celui qui appelle les hommes à se repentir (Actes 17.30) et qui jugera le monde (Actes 17.31). Il n’a pas les « yeux trop purs pour voir le mal » (Habacuc 1.13). Il n’est pas présenté comme étant saint (Esaïe 6.3). Il est simplement cool, là pour aimer et pour pardonner. Dieu devient juste un « papi gâteaux » qui ferme les yeux sur le mal.

Dans ce film, Dieu est présenté comme amour – et seulement amour. Dans la Bible, Dieu est amour, c’est vrai et c’est merveilleux, mais il est aussi saint. Dieu est rempli de compassion, oui, mais il est aussi juste et doit condamner le mal.

Lorsqu’Esaïe est confronté à la sainteté de Dieu, il s’écrie en tremblant :

« Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures et mes yeux ont vu le roi, l’Éternel, le maître de l’univers ! » – Esaïe 6.5

Quand Jean, dans l’Apocalypse, a une vision de Jésus glorifié, il tombe à ses pieds « comme mort » (cf. Apocalypse 1.17).

Malheureusement, La Cabane est loin de représenter Dieu de cette manière.

#4 – Dans la Bible le péché est grave, dans La Cabane il ne l’est pas

Dans ce film, le péché n’est pas présenté comme une offense contre Dieu. Le péché est minimisé, réduit à un simple écart de conduite. Ce n’est pas quelque chose qui est punissable. « Le péché est déjà un châtiment en soi », comme le dit Papa (Dieu le Père) dans le film.

Mais selon la Bible, le péché est grave. Dieu déteste le péché parce qu’il est saint (Psaumes 11.5). Il est en colère contre le mal (Romains 1.18 ; Jean 3.36) parce qu’il est pur et qu’il doit exiger la perfection. Ce n’est pas une colère humaine comme nous la voyons dans ce monde, mais c’est une juste réaction face à ce qui est mauvais – parce que Dieu est bon. Et parce que le péché est un problème sérieux dont nous, les humains, sommes responsables.

#5 – Dans la Bible la croix est nécessaire, dans La Cabane elle ne l’est pas

Puisque le film évite la question du péché, alors la place centrale de la croix est aussi mise de côté. Il n’y a, à aucun moment, une présentation claire de l’œuvre de Jésus sur la croix. Sa vie, sa mort et sa résurrection ne sont pas présentées comme nécessaires pour le salut de l’homme.

C’est vrai qu’il est question de salut à certains moments, et il est fait mention de la mort de Jésus sur la croix. Cependant, c’est minime et présenté de manière très floue. On est loin de la centralité de la croix qu’on retrouve dans la Bible, en particulier dans le Nouveau Testament.

Pourtant, si on enlève la croix, le christianisme s’écroule. Sans la mort de Jésus, à la place de pécheurs coupables, il n’y a aucun moyen pour l’homme d’être en bonne relation avec Dieu (Actes 4.12 ; Romains 5.1 ; Romains 5.15).

Jésus qui porte sur lui la colère de Dieu que nous méritons – voilà l’acte qui nous montre à la fois l’horreur de notre péché et la grandeur de l’amour de Dieu. C’est regrettable que ce film mette de côté cette réalité pourtant si essentielle et si glorieuse.

#6 – Dans la Bible Dieu se révèle par sa Parole, dans La Cabane ce n’est pas le cas

On peut aussi déplorer la place tellement mineure qui est donnée à la Bible. Je suis conscient que le film est une fiction, ce qui peut l’expliquer en partie. Mais quand même. La Bible semble passer pour quelque chose de trop ennuyeux à lire, de pas assez concret pour avoir de réelles réponses à nos questions et de pas assez puissant pour permettre de comprendre qui est Dieu. En voyant La Cabane, on peut avoir l’impression que la Bible n’est pas suffisante…

Pourtant, l’Écriture seule est utile et suffisante pour que l’on soit sauvé et qu’on vive pleinement notre vie chrétienne (2 Timothée 3.15-17). On ne peut pas élever une révélation – quelle qu’elle soit – au-dessus de la Parole. C’est par la Bible que Dieu se révèle, et il s’y révèle pleinement.

#7 – Dans la Bible Dieu est au centre, dans La Cabane ce n’est pas le cas

Un point positif du film est qu’il montre que Dieu n’est pas un Dieu lointain, qui aurait créé le monde et qui l’aurait laissé tomber ensuite. Dieu est proche – il est immanent. Cela veut dire qu’il n’est pas insensible à la souffrance.

Mais ce film me semble aller beaucoup trop loin là-dessus. Dans La Cabane, l’homme est au centre de l’histoire. Si Dieu existe, c’est pour le bien-être de l’homme. Tout est tourné en fonction des soucis et du ressenti des êtres humains.

Cependant, dans la Bible, l’homme n’est pas au centre. Dieu l’est. C’est pour la gloire de Dieu que tout a été créé (Apocalypse 4.11). C’est pour la gloire de Dieu qu’on a été sauvés – alors qu’on ne le méritait pas (Éphésiens 1.6, 12 et 14). C’est pour la gloire de Dieu qu’on vit notre vie chrétienne (Éphésiens 2.10 ; 1 Corinthiens 10.31). Le plus important est la gloire de Dieu, pas la nôtre. Notre vie chrétienne n’est pas centrée sur nous, mais sur Dieu (Romains 14.7-8).

#8 – Dans la Bible c’est l’Évangile qui transforme vraiment, dans La Cabane ce n’est pas le cas

Ce qui va transformer Mack dans ses réflexions, c’est sa rencontre avec une dame appelée « la Sagesse » (qui, visiblement, a lieu dans un rêve ?). Amené à réfléchir sur les jugements qu’il porte envers les autres, Mack en sortira transformé.

Je comprends que ce film est apprécié : c’est une belle histoire. C’est l’histoire d’une vie changée. D’une vie qui est transformée. C’est beau, ça réchauffe notre cœur.

Cependant, dans la Bible, c’est l’Évangile qui transforme vraiment. Les vies changent par l’Évangile.

On était autrefois « stupides, rebelles, égarés, esclaves de toutes sortes de passions et de plaisirs » (Tite 3.3). On était rebelle envers Dieu, morts dans nos fautes et incapables de faire quoi que ce soit pour nous sauver (cf. Éphésiens 2.1-3). Mais Dieu manifeste sa bonté et son amour pour les hommes (cf. Tite 3.4-7). Il nous sauve. Pas parce que nous avons fait le bien, mais parce que Jésus – le seul innocent – a payé à notre place. C’est l’Évangile. Et c’est glorieux ! Dans l’Évangile, nous voyons que Dieu nous donne ce que nous ne méritons pas parce que Jésus a subi ce que nous méritions.

Voilà ce qui donne la vraie transformation. Un cœur changé. Une vie nouvelle (2 Corinthiens 5.17). Une éternité assurée.

Alors pour voir de belles histoires de vies transformées, regardons à l’Évangile. Il s’agit de transformations véritables et qui durent éternellement. La vraie transformation se trouve en Jésus.

Le plus choquant est que ce film ne nous choque pas

C’est vrai, ce film est une fiction. Mais ce n’est pas une excuse pour véhiculer de fausses idées à propos de Dieu. Une fiction peut être biblique, mais ce n’est pas le cas de celle-ci.

Le plus choquant est peut-être que ce film ne nous choque pas. Il ne s’agit pas du Dieu que nous connaissons en tant que chrétiens. Si on regarde le film et qu’on lit ensuite la révélation de qui est Dieu dans la Bible, ça n’a juste rien à voir ! Soyons-en conscients : le dieu de La Cabane n’est pas le Dieu de la Bible. Il s’agit d’un autre dieu et d’un « autre évangile »2.


Avant de commenter, prenons en compte ces 3 questions proposées par Matthieu Giralt :

  1. Est-ce que j’ai vraiment compris ce que j’ai lu ?
  2. Quel esprit m’anime ?
  3. Quelles sont mes motivations ?

A lire : 3 questions essentielles à se poser avant de poster un commentaire. Cela nous permettra d’échanger dans le respect et l’amour chrétien.

 

  1. Pourtant, cela semble contraire au deuxième commandement (cf. Exode 20.4) et à ce qu’on voit en Deutéronome 4.15-18. Puisque Dieu, à Horeb, ne s’est pas présenté visiblement aux Israélites, alors ils ne devraient pas essayer de le représenter, de n’importe quelle manière que ce soit. Et nous ne le devrions pas non plus.
  2. Pour ceux qui doutent de cette conclusion, il n’y a qu’à regarder le dernier livre écrit par Paul Young, l’auteur de la cabane. Il nie le besoin pour l’homme d’être sauvé, la nécessité de la croix, l’enfer, et beaucoup d’autres doctrines chrétiennes. (Voir : https://soyonsvigilants.org/2017/03/27/la-cabane-la-verite-sur-son-auteur-wm-paul-young/)
Benjamin E
Auteur : Benjamin E

22 ans, parisien vivant à Bruxelles, étudiant à l'Institut Biblique Belge. Amateur de bons livres, apprenti blogueur et Webdesigner freelance. Mais surtout : passionné par l'Évangile, sauvé par grâce, disciple de Jésus.

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