Ne crois pas en toi… crois en l’évangile

En tant qu’ancien adepte du coaching de type développement personnel, je me rends compte à quel point la notion de réussite diffère entre la perception séculière et la perception selon l’Évangile. Autrefois, j’apprenais aux autres à croire en eux, en leurs capacités et en leurs rêves. Lors de ma conversion, cette vision du monde que j’avais s’est effondrée comme un château de cartes.

Une conception vide de sens

Le monde séculier tel que nous le connaissons aujourd’hui, enseigne que la réussite consiste notamment à faire de bonnes études, avoir un bon travail, une bonne situation, fonder une famille, être un bon citoyen… Et si tout cela était faux ?

Même en étant parvenu à ce stade, peut-on réellement parler de réussite ? Qui a décrété que notre réussite serait basée sur ces critères ? Je n’entrerai pas en profondeur sur les fondements de cette pensée, mais plus j’étudie la question, plus je me rends compte du non-sens d’une telle conception. Plus j’avançais dans ma quête de la vérité, moins je ne pouvais continuer à accepter une telle conception de l’existence selon laquelle nous naîtrions pour mourir un jour, et entre temps faire des choses qu’on nous aurait inculqués à faire parce que c’est ce qui a toujours été fait : jouir de la vie, étudier, travailler, procréer.

Conséquence d’une déchéance totale

Il est effrayant de voir combien la chute a poussé l’Homme à la folie en lui faisant croire qu’il pouvait s’en sortir seul, l’Homme dont le cœur est tortueux, dont il ne sort rien de bon (Jérémie 17.9), et dont la propre justice est semblable à un vêtement souillé (Ésaïe 64.6). Comment pourrais-je aujourd’hui imaginer une seconde me passer de Dieu, « croire en moi » et « prendre ma destinée en main » comme je l’ai si souvent répété ? Le monde nous fait croire que notre réussite dépend de nous-mêmes, de nos capacités, de nos forces. Il nous dit de croire en nous. Mais l’Évangile nous invite à ne pas nous confier en nous (Jérémie 17.5) mais en Dieu et à remettre nos projets entre ses mains (Proverbes 19.21).

Le bon combat

Je me rends compte également que cette conception erronée du sens de l’existence semble influencer l’Église. Nous nous focalisons moins sur le Donateur que sur les dons. De ce fait, nous perdons de vue le bon combat de la foi que l’apôtre Paul nous invite à mener avec persévérance (1 Timothée 6.12). Nous faisons du mariage une finalité, de la réussite académique, professionnelle, de la santé, et de la guérison une finalité. De la même façon, nous faisons de nos échecs des fatalités. Nous doutons de Dieu lorsque des non-chrétiens réussissent mieux que nous dans certains domaines. Et c’est le cas, il y a des non-chrétiens qui excellent dans tous les domaines selon la conception du monde. Mais, est-ce là la conception de la réussite selon l’Évangile ? Finalement, que signifie mener le bon combat si ce n’est de ne pas perdre de vue la seule et véritable récompense qui vaille la peine que nous luttions jusqu’à la fin ?

Une récompense éternelle

Oui, Dieu peut très bien nous accorder la bénédiction matérielle, conjugale, financière ou physique ! Mais ces bénédictions, aussi vraies soient-elles, demeurent des gains corruptibles que ni la valeur, ni la grandeur, ni la beauté ne sauraient garder éternelles. Elles font partie de la grâce commune que Dieu accorde non seulement aux chrétiens mais à tous, car Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons (Matthieu 5.45). En revanche, l’Évangile nous fait part d’une récompense incorruptible (1 Corinthiens 9.25), de justice (2 Timothée 4.7-8) qui donne la vie (Jacques 1.12), la gloire (1 Pierre 5.4), et une joie infinie dénuée de toute souffrance passée (Apocalypse 21.4) qui s’obtient seulement en menant le bon combat. Je comprends donc que je peux tout gagner dans la vie selon le monde, mais si je rate le véritable but, alors je n’ai rien. L’Évangile montre aux riches la pauvreté de leurs gains et aux pauvres la richesse du ciel, aux bien-portants la misère de leur âme et aux fatigués la décharge de leurs fardeaux, aux mariés la mortalité de leur amour et aux célibataires la promesse d’un amour éternel. L’Évangile marque en tout et pour tous le besoin de chacun d’un plus grand trésor comblé en Christ.

Conclusion

Ce que nous vivons dans ce monde demeure temporaire, qu’il s’agisse de bonnes ou de mauvaises expériences, la parole de Dieu nous recadre, nous fait comprendre que toute chose a une fin et qu’un jour nous aurons tous à répondre lors du jugement devant Dieu (Ecclésiaste 11.9). La conception biblique de la notion de réussite devrait profondément impacter notre manière de vivre en nous aidant à nous focaliser sur ce qui importe réellement. Cela ne signifie pas négliger le reste, mais faire en sorte que nous ne perdions jamais de vue la seule et véritable course qui donne sens à notre existence. Puissions-nous être comme l’apôtre Paul et voir toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ notre Seigneur (Philippiens 3.8).

Auteur : Anthony R.

Âgé de 24 ans et résidant en Île-de-France, Anthony est un jeune chrétien récemment diplômé de l'ESC Montpellier. Il est actuellement entrepreneur et amateur de théologie.