Volonté & Sanctification, Partie 3/3

Série par Alfred Kuen, 90 ans, théologien français, auteur de nombreux ouvrages.

Comment fortifier sa volonté ?

Nous ne remporterons la victoire sur le péché qu’en exerçant notre volonté. Comment ?

1. S’exercer à renoncer

Une « volonté de fer » s’acquiert par de petits exercices de volonté dans la vie quotidienne, des renoncements et des actions positives qui sont tout à fait à notre portée.

Une part importante de la lutte contre le péché consiste à dire non aux tentations et aux sollicitations de notre vieille nature. S’exercer à dire non, à renoncer, pourrait être un premier moyen d’exercer sa volonté. Je ne suis pas obligé de prendre toujours la voiture ; en partant un peu plus tôt, je peux fort bien faire le même trajet en bicyclette ou à pied  – et je polluerai moins l’atmosphère. En montant l’escalier à pied, j’économise de l’électricité, mais surtout j’exerce mes jambes à un mouvement qu’elles risquent d’oublier.

Je peux aussi m’entraîner à renoncer à des sucreries entre les repas, au café ou au thé (pour ne pas en devenir dépendant). Ou pratiquer le jeûne pour être « disponible devant Dieu ». Renoncer à voir certaines émissions de télé qui ne sont ni « utiles » ni ne me font « grandir dans la foi » (1 Co 10.23) et les remplacer par une bonne lecture.

2. S’entraîner à des actions positives

Nous savons tous qu’un peu d’exercice physique « est utile » (1 Tm 4.7)  – même si son utilité est limitée et relative par rapport à l’exercice de l’attachement à Dieu. Mais il demande un peu de temps et de volonté. L’exercice physique est en même temps un bon exercice de la volonté. Pour ceux dont la santé le permet, la douche froide est un autre moyen de s’entraîner à supporter les « douches froides » que l’existence nous réserve.

Jésus se levait avant le jour pour aller prier dans un lieu désert. Il devait avoir pris cette habitude durant les « trente années secrètes » pendant qu’il exerçait encore le métier de charpentier : un métier physiquement fatigant. Il nous donne en cela un exemple qui est à la fois un acte de volonté et un exercice de la volonté. Il connaissait les Ecritures bien que n’ayant pas « étudié » (c’est-à-dire suivi un enseignement rabbinique). Cela veut dire qu’il devait encore prendre du temps sur ses loisirs pour se rendre à la synagogue, où ces Ecrits étaient déposés, pour les étudier et les mémoriser.

Nos facultés mentales s’entraînent comme nos facultés physiques. Si nous les laissons en friche, elles s’étiolent. Si nous les développons par des exercices réguliers, elles s’adaptent à des demandes de plus en plus astreignantes.

3. Exercer sa volonté dans les rapports sociaux

Le chrétien doit souvent nager à contre-courant et refuser ce que la majorité pense et fait. Pour cela, il lui faut une bonne dose de volonté. Les rapports sociaux peuvent aussi lui servir à exercer sa volonté en refusant de suivre toutes les modes et habitudes des hommes et des femmes de son temps. On fait grand cas actuellement du « droit à la différence » : c’est l’occasion pour les autres de montrer qu’ils nous l’accordent effectivement.

Une publicité bien faite des Sociétés bibliques présente un homme lisant la Bible à un arrêt de bus. Le commentaire dit : « Sortez du rang : lisez la Bible ! ». C’est aussi une idée. Lorsque, dans le train, le métro ou une salle d’attente, les autres lisent le journal ou des revues plus ou moins honnêtes, un chrétien peut aussi afficher sa couleur en lisant la Parole de son Dieu. Cela lui donnera même parfois l’occasion de rencontrer d’autres chrétiens.

Refuser de mentir – quitte à risquer de perdre sa place, résister aux moqueries et aux insultes sans répliquer autrement que par l’amour ; tout cela peut se ranger sous « faites tous vos efforts pour ajouter à votre foi… la maîtrise de soi » – qui est, au fond, un autre mot pour la volonté. Ce verset de 2 Pierre 1.6 est une justification biblique de l’éducation de la volonté comme étant une tâche qui nous incombe.

La volonté est, avec la pensée, la marque de l’homme ; elle est le gage de sa dignité et le moyen de réaliser sa vocation. ». La dévaluation de la volonté, caractéristique de notre époque, fait partie du plan de Satan pour la ruine de l’homme. Un chrétien sans volonté est désarmé dans sa lutte contre le péché. La victoire sur la tentation nous est assurée par celle du Christ, mais pour quelle devienne effective dans notre vie, la collaboration de notre volonté est indispensable.

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Auteur : Alfred Kuen

Alfred est un théologien français, auteurs de nombreux ouvrages.