Prenons garde à nos mots sur les réseaux sociaux

Le pouvoir des mots que nous utilisons est bien plus grand que nous ne le réalisons. Proverbes 18.21 nous dit que « la langue a pouvoir de vie et de mort ». En réalité, nos mots écrits ont généralement une plus grande longévité et atteignent une audience plus large et éloignée de nous que nos mots parlés.

Pourtant en observant des chrétiens interagir sur Internet, y compris à travers les réseaux sociaux, je suis préoccupé par le fait que nombre d’entre nous échouons à utiliser nos paroles d’une façon qui honore Christ. Nous négligeons de nous souvenir que ces outils puissants, que beaucoup d’entre nous utilisons – que ce soit dans des blogs, comme commentaires sur des blogs, Facebook ou Twitter, ou en tant que réponse à ces derniers – peuvent aussi bien servir Dieu que Satan, autant le Bien que le Mal.

Dieu nous tient responsables pour chaque mot que nous prononçons, y compris ceux qui sont irréfléchis et que nous partageons sur Internet. Jésus a dit : « Je vous le dis : le jour du Jugement, les hommes rendront compte de toute parole inutile qu’ils auront prononcée. » (Matthieu 12.36). Cela signifie que nous ferions mieux de réfléchir soigneusement avant que ne cliquions sur « publier » ou « répondre ».

Des mots pour armes

Jackie Hill Perry écrit :

« Il n’est ni sage ni sain de dissocier ce que vous dites sur les réseaux sociaux de qui vous êtes. Il semblerait que beaucoup, y compris des chrétiens, se sentent libres de critiquer, de diviser, d’être dur et même carrément vicieux dans leurs mots sur les réseaux sociaux comme si ce n’était pas TOUT AUSSI préjudiciable. Ne vous trompez pas, vous serez jugés tout autant pour ce que vous aurez dit avec votre bouche que pour ce que vous aurez tapés avec vos mains. »

J’ai vu des personnes centrées sur Christ et croyant en la Bible publier des pensées sur un blog ou un réseau social, uniquement pour recevoir en retour une volée de réponses hypercritiques de la part de personnes qui manient les Écritures comme des pioches, condamnant rapidement le moindre signe d’un point de vue qu’ils considèrent suspicieux. D’autres se joignent promptement à la mêlée, et il apparaît sous peu que personne n’a pris la peine de lire ce que le bloggeur a réellement dit. Ceux qui répondent présument le pire, sans donner le bénéfice du doute et en se lançant dans la diffamation précipitée d’un individu. (Si j’étais un non-croyant lisant de telles réponses, je ne serais certainement pas attiré vers la foi chrétienne).

Je me demande pourquoi ceux qui se livrent à un tel comportement ne reconnaissent pas immédiatement que ce qu’ils sont en train de faire est complètement contraire à la foi qu’ils professent et à la Bible en laquelle ils croient. Comment se fait-il qu’on assiste à une conquête du terrain spirituel de qualité par un dédain incessant, la suspicion, la méchanceté et l’hostilité ? Nous déshonorons notre Dieu, et nous nous déshonorons les uns les autres quand nous accusons et que nous prenons plaisir aux erreurs supposées de nos frères et sœurs.

Un appel à la sagesse

Le livre ancien des Proverbes a beaucoup à dire à propos de nos mots. Ces principes bibliques s’appliquent aussi bien à nos mots écrits qu’à nos mots parlés. Proverbes 12.18 dit : « Celui qui parle à la légère blesse comme une épée, tandis que la langue des sages apporte la guérison. » « Celui qui met un frein à ses paroles possède la connaissance, l’homme à l’esprit calme fait preuve d’intelligence. » (Proverbes 17.27) « Une réponse douce calme la fureur, tandis qu’une parole dure augmente la colère » (Proverbes 15.1).

Paul David écrit :

« …vous n’avez jamais prononcé un seul mot neutre de votre vie. Vos mots ont des directions en eux. Si vos mots se déplacent dans la direction de la vie, ils seront des mots d’encouragement, d’espoir, d’amour, de paix, d’unité, d’instruction, de sagesse et de correction. Mais si vos mots vont dans la direction de la mort, ils seront des mots de colère, de méchanceté, de calomnie, de jalousie, de ragot, de division, de mépris, de racisme, de violence, de jugement et de condamnation ».

La Vérité et la Grâce

Jacques 2.13 dit : « Car le jugement est sans compassion pour qui n’a pas fait preuve de compassion. La compassion triomphe du jugement. » Où est la compassion parmi les chrétiens évangéliques ? Personnellement, j’en ai vu beaucoup. Mais j’ai aussi vu beaucoup de condamnation sans pitié, de la sorte que Jésus a dénoncée à maintes reprises.

Oui, nous pouvons avoir et nous aurons des désaccords dans la communauté chrétienne, mais nous devrions parler de la vérité avec amour : « Mais en disant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tout point de vue vers celui qui est la tête, Christ. C’est de lui que le corps tout entier, bien coordonné et solidement uni grâce aux articulations dont il est muni, tire sa croissance en fonction de l’activité qui convient à chacune de ses parties et s’édifie lui-même dans l’amour. » (Éphésiens 4.15-16). Dieu nous appelle à « ne calomnier personne, d’être pacifiques, conciliants, pleins de douceur envers tous les hommes. » (Tite 3.2).

Bien que nous devrions désirer ne pas compromette la vérité, nous devrions aussi nous souvenir que Jésus a souvent condamné les Pharisiens, ceux dont la doctrine était la plus proche de la sienne. Pourquoi ? À cause de leur manque de grâce. Notre Jésus est venu « plein de grâce et de vérité » (Jean 1.14). Il nous appelle à être rempli des deux.

Psaumes 133.1 dit : « Oh ! Qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! ». Que faisons-nous pour cultiver ce genre d’unité ? Quelques fois nous devons être en désaccord avec nos frères. Mais est-ce que nous faisons notre possible pour présumer le meilleur plutôt que le pire ? Est-ce que nous travaillons à partager nos opinions dans un esprit d’amour et de grâce ? « Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à entretenir la paix et à nous faire grandir mutuellement dans la foi. » (Romains 14.19).

Un appel plus élevé

Paul nous rappelle ceci : « Que tout ce que vous faites soit fait avec amour. » (1 Corinthiens 16.14). Ne serait-il pas merveilleux pour ceux d’entre nous qui sont déjà frères et sœurs d’apprendre à penser le meilleur les uns des autres ? Et de dire la vérité aux uns et aux autres dans l’amour ? Et d’être comme Jésus envers chacun d’entre eux : rempli de grâce et de vérité ? (Une chose est certaine : un monde déchiré par les critiques, la suspicion et l’hostilité ne sera jamais gagné à Christ par une Église grevée des mêmes problèmes.)

Galates 6.10 est un rappel qui convient bien pour nos interactions sur les réseaux sociaux : « Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous et en particulier envers nos proches dans la foi. » Sur les réseaux sociaux, dans nos conversations et partout ailleurs, puissions-nous chercher à faire du bien à nos frères et sœurs en Christ à travers nos mots, en nous souvenant toujours de notre responsabilité envers le Seigneur Jésus.


Article traduit de l’anglais, avec autorisation.

Auteur : Randy Alcorn

Randy Alcorn est un auteur américain qui a écrit plus de 50 livres. Il est actuellement responsable de Eternal Perspective Ministries.