Les relations garçon-fille : Les mots de la fin (3/4) – Sarah Lc

Sarah L

Après 9 articles que vous pourrez trouver répertoriés en bas de cette page sur les relations garçon-fille, nous avons décidé de faire témoigner certains des membres de l’équipe de la Rébellution pour voir comment tout ça s’est mis en pratique dans nos vies. Nous avons déjà eu Fidji et Sam P-L. Maintenant c’est au tour de Sarah Lc !

Après Sam et Fidji, à mon tour de m’y coller. Honnêtement, quand on m’a demandé si je pouvais partager mon témoignage en ce qui concerne les relations gars/fille, j’ai accepté plus pour rendre service qu’autre chose. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais bien pouvoir raconter. Je n’ai rien vécu de bien intéressant dans ce domaine. J’ai donc d’abord lu les témoignages de Sam et Fidji, pour « m’inspirer » un peu, voir quels aspects ils abordent. Et le témoignage de Fidji a fait remonter une histoire que je n’aurais pas choisi d’étaler au grand jour, mais qui, je l’espère, peut peut-être encourager l’un ou l’autre d’entre vous.

Après le bac, j’ai « pris mon envol » : direction la Belgique (enfin, à 80 kms de chez moi, seulement !) pour mes études. Et là, grâce à Dieu, j’ai trouvé un super groupe d’étudiants chrétiens. C’était vraiment super, parce qu’on était assez nombreux à l’époque, et voir autant de jeunes chrétiens engagés à fond pour Christ a carrément boosté ma foi ! Pour moi qui vivais ma foi un peu au travers de mes parents jusque-là, ce groupe m’a permis de m’enraciner en Jésus et de voler de mes propres ailes.

On avait un bon groupe de louange, et comme j’aime vraiment beaucoup la louange, je n’ai pas tardé à demander si je pouvais rejoindre l’équipe – ce qu’ils ont accepté. Il se trouve que dans ce petit groupe, il y avait un excellent guitariste (et deux-trois autres qui avaient appris la guitare pour dépanner). Et ce très bon musicien, appelons-le Nicolas, avait en plus une belle voix et était très doué avec les mots. Il écrivait même des chansons ! C’était clairement un beau parleur. Qui était chrétien, puisqu’il était dans le groupe d’étudiants chrétiens (et dans le groupe de louange, qui plus est). Et il était musicien. Et chanteur. Et compositeur. Bref, il avait tout pour m’attirer. Et ses belles paroles me poussant à remettre mon idéalisme de petite fille en question ont eu raison de la jeune fille naïve de 19 ans que j’étais.

On a commencé à se voir en dehors des réunions et des répétitions. On parlait musique – Norah Jones, Katie Melua, Bryan Adams, etc. Il trouvait absurde que les chrétiens n’écoutent que des chanteurs chrétiens ; et petit à petit, je me suis mise à en écouter de moins en moins. On parlait … nourriture aussi. Et puis après quelques semaines, il m’a embrassée. C’était mon premier « copain ». Et alors qu’on sortait ensemble, nos sujets de conversation n’ont pas vraiment évolué. On s’est mis à regarder des films ensemble, parfois chez lui, parfois chez moi. Quand j’évoquais la Bible ou l’idée de prier ensemble, il réussissait toujours à détourner la conversation. Et puis un jour, alors qu’on discutait sur MSN, il m’a clairement dit que, pour lui, il était tout à fait normal d’avoir des relations sexuelles quand on s’aime. Aouch ! Bien sûr, je lui ai tout de suite dit que j’étais contre, ce qu’il a accepté.

En fait, c’était plus que clair : Nicolas allait à l’Église, chantait dans notre groupe d’étudiants et se disait chrétien, mais il ne l’était pas. Et en réalité, Dieu me donnait plein d’indices pour que j’arrête. Déjà, cet avis complètement différent sur le cadre des relations sexuelles. Mais comme je le disais plus haut, j’étais naïve et je pensais : « Dieu se servira de moi pour le changer ». Ou alors, ma proprio me disait qu’il faisait trop de bruit en partant le soir (alors qu’à l’heure où elle avait été dérangée, il était déjà parti depuis belle lurette). Ma proprio était quelqu’un de vraiment très agréable et serviable ; sa réaction était clairement causée par Dieu. Et, plus surprenant encore, je n’étais pas du tout attachée à Nicolas ! J’ai tendance à m’attacher très facilement, et en général, j’aime passer du temps avec les gens. Mais il ne me manquait pas. J’aurais sincèrement pu passer une semaine sans le voir sans que ça me gêne plus que ça. Franchement étrange pour moi.

J’ai finalement mis un terme à cette relation au bout de trois semaines, en me sentant désolée de lui faire mal. Avec le recul, je me rends compte que Dieu m’a vraiment gardée, et je lui en serai toujours reconnaissante. J’aurais préféré ne jamais vivre cette relation, et aujourd’hui encore, j’ai du mal à en parler, parce que j’ai honte. Même si, sur le principe, il respectait mon choix par rapport aux relations sexuelles, j’avais constamment l’impression qu’il avait ça en tête, et je me sentais comme souillée… Puisque Dieu m’a pardonnée de lui avoir désobéi, j’ai fini par me pardonner moi-même (et lui aussi), mais avec beaucoup de difficultés.

J’ai honte de cette histoire, oui, mais quelque part, elle a été formatrice et j’ai pu en tirer plusieurs leçons que j’aimerais partager avec vous. Vous avez sans doute déjà entendu toutes ces choses, et moi aussi. Mais j’aurais peut-être eu besoin qu’on me les rappelle plus souvent.

Je crois qu’avant de se lancer dans une relation amoureuse, il faut prendre le temps de connaître la personne. J’ai bien conscience qu’on ne peut pas connaître quelqu’un parfaitement, et ce n’est pas de cela que je parle non plus. Mais dans mon cas, extrême certes, parler de musique et de bonne nourriture ne me permettait pas de connaître Nicolas. Si j’avais pris le temps de faire sa connaissance, au lieu de me laisser bercer par les apparences, j’aurais vite découvert qu’il n’était pas chrétien, même s’il prétendait le contraire.

Un élément qui a été capital pour moi et que Fidji a aussi évoqué dans son témoignage, c’est d’avoir un(e) ami(e) à qui parler de la relation. Pas simplement lui dire qu’on a commencé ou qu’on voudrait commencer une relation avec quelqu’un en particulier, mais vraiment être honnête envers cet(te) ami(e) et ne pas avoir peur de lui confier des choses plus profondes. Je remercie Dieu d’avoir eu pour confidente une véritable femme de prière. Elle connaissait Nicolas un peu mieux que moi, m’a mise en garde, mais a surtout intercédé pour moi, sans doute plus que ce que je pense ! Et j’ai presque envie d’ajouter : faites attentions aux amis bien intentionnés qui vous encouragent dans la direction que vous voulez prendre sans réfléchir et sans vous pousser à chercher d’abord ce que Dieu veut.

Et le plus important de tout, justement, c’est de demander à Dieu ce qu’il pense de cette (éventuelle) relation. Est-ce que la relation lui plaît ? Est-ce qu’elle l’honore et permet qu’il soit glorifié ? Je crois sincèrement que si Dieu n’est pas d’accord, il ne vaut même pas la peine de tenter le coup. Les conséquences peuvent être plus lourdes qu’on ne le pense.

Je prie que Dieu vous garde toujours alertes et sages dans toutes vos relations, qu’elles soient sentimentales ou non. Et qu’il vous aide à vous préserver.

La question – Le Principe – Le divorce – La fidélité – L’autorité et la soumission – L’homosexualité (1) – L’homosexualité (2) – Sortir avec quelqu’un – Le sexe avant le mariage – Sortir avec un(e) incroyant(e)

Auteur : Collectif de la Rébellution

Nathan, Fidji, Sam et Sarah étaient les membres de l'équipe de la Rébellution quand ils ont publié cette série sur les relations gars-filles.