Le Leadership – 6 – Ce qu’un Leader-Serviteur ne Fait Pas

Post de Nathan L. 25 ans, équipier à Jeunesse Pour Christ et auteur du livre « Devenir un Homme Selon Jésus »
Précédents articles dans la série : 1 – Introduction 2 – Une Discipline en Crise 3 – L’Exemple par Excellence 4 – Définition Séculière 5 – Catégories Bibliques

Nous avons affirmé dans le précédent article que le leader doit être un serviteur – que dis-je – un esclave, un marche-pied pour permettre que les hommes s’approchent de Dieu. Ces paroles sont belles. Mais en pratique, à quoi ressemble un leader serviteur ? Nous allons commencer par ce qu’il n’est pas.

Beaucoup de monde, en effet, sont au courant que d’être un leader selon la Bible veut dire d’être un serviteur. Mais la pratique de ces choses doit être clairement définie pour ne pas tomber dans un excès de servitude ou dans une servitude mal définie.

a. Le leader a un visage

Une des conceptions les plus profondes du leader-serviteur est qu’il se doit d’être une personne effacée par rapport à ses capacités et ses dons. Il ne doit jamais avouer avoir fait quoi que ce soit de bon, ou ne peut jamais avoir prêché un bon message : « ce n’est pas moi : c’est Dieu » entend-on souvent. Lorsqu’un prédicateur me dit cela après que je l’aie remercié pour un message utile ou encourageant, j’ai toujours envie de lui dire : « oui, euh… C’était pas si bien que ça quand même… » ou encore : « ah bon ? Et la faute de grammaire, l’erreur d’élocution ou le verset que tu as mal cité c’était Dieu alors ? ».

Un leader a le droit d’être bon, il a le droit d’être reconnu comme tel. Un leader a un visage. Il a un nom. Il ne faut pas se battre pour effacer ceux-ci, par crainte que toute la gloire ne revienne pas à Christ. Paul disait clairement qui il était et ce qu’il a fait. Il rendait toute gloire à Dieu pour autant. David était connu et reconnu pour ce qu’il a fait. Un leader doit être humble mais pas effacé. Et nous devons reconnaître et honorer nos leaders. Ils remplissent des tâches complexes, et travaillent dur pour ces choses. Il est normal de reconnaître et d’honorer un travail bien fait.

b. Le leader n’est pas surchargé

Je vois de l’activité dans la Bible. Même de l’urgence. Mais pas de l’hyperactivité. Pas d’agendas débordés. Je rencontre souvent des pasteurs, et lorsque je leur demande comment ils vont, la réponse est souvent « crevé », « surchargé » ou « overbooké ». Je comprendrais bien cela si ces gens étaient en train de me faire part de leur faiblesse, m’avouant qu’ils ont du mal à gérer leur planning. Mais de façon surprenante, le leader en question tire de la fierté ou se sent une obligation de m’avouer de telles choses…

Je ne vois pas Jésus overbooké. Il tirait sa fierté d’autre chose que d’être surchargé. Peut-être est-ce pour attirer de la pitié ou pour donner l’impression que leur ministère est en plein boom ou quelque chose de ce genre, ou pour justifier le salaire qui leur est accordé. Peut-être a-t-on l’impression qu’un serviteur digne de ce nom doit constamment être au travail. Bref, quelle qu’en soit la raison, je trouve personnellement plus juste pour un leader d’avoir une charge de travail appropriée plutôt que d’être crevé. Je ne fais pas une apologie de l’oisiveté. Plutôt d’une hygiène de vie correcte, d’une gestion du stress à taille humaine et d’un agenda laissant le temps pour la famille, l’épanouissement personnel et l’intimité avec Dieu. Tout cela dans le but d’une plus grande efficacité dans mon travail pour Dieu et dans ma mission sur Terre.

c. Le leader ne fait pas tout

Certains leaders pensent, parce qu’ils sont censés servir, que cela équivaut à tout faire. Ce n’est pas le cas. Moïse a été forcé de déléguer. Les apôtres dans l’Eglise primitive ont délégué certaines tâches sur les diacres. Jésus lui-même déléguait. Il y a deux raisons derrière ceci :

– En déléguant, on se démet des tâches qui ne concernent pas directement notre appel et notre mission. J’essaie autant que cela m’est possible de ne prendre sur moi que des choses qui font partie intégrante de mon « ordre de mission » personnel : contribuer à un réveil en France au travers l’enseignement et la formation de leaders. Pendant un temps, j’ai aussi pris la décision devant Dieu de mettre mes compétences en design et en communication au service de l’Eglise, mais pour tout le reste, je cherche à déléguer. Ainsi, en ne faisant pas tout, le leader est plus efficace pour les choses qui lui reviennent en premier lieu.

– En déléguant, je responsabilise, je forme et j’équipe les personnes autour de moi. J’ai souvent trouvé que dans les structures où le leader fait tout, la croissance est atrophiée, car il n’y a qu’une seule personne (aussi douée soit-elle) qui soit capable de prendre des responsabilités. Le reste des gens sont déresponsabilisés, infantilisés et leur croissance en maturité est très limitée. Le leader serviteur, plutôt que de tout faire, rendra mieux service à ceux qu’il dirige en leur accordant des responsabilités.

Pour plus sur la délégation, voir l’article dévoué à ce sujet qui sera publié le vendredi 8 juin.

Ainsi le leader serviteur n’est ni effacé, ni hyperactif, ni un faitout. Nous avons défini ce qu’un leader serviteur n’est pas. Nous verrons dans le prochain article ce qu’il est.

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Auteur : Nathan L

26 ans, Rébellutionaire depuis une bonne dizaine d'années, marié à Beki, papa d'Emilie et de Caleb, responsable à l'Eglise CVV Paris et auteur du livre Devenir un Homme Selon Jésus.

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