Quand les difficultés surviennent, médite sur la Trinité

Si l’on représentait notre cheminement avec Jésus sous forme de relief géographique, le paysage ressemblerait davantage aux Alpes qu’aux plaines du Nord. Nous connaissons tous des hauts et des bas, des sommets et des vallées, des ascensions et des descentes. L’imprévisibilité prévisible de notre cheminement spirituel soulève une question pressante : lorsque (et non pas « si ») je me trouve dans une vallée spirituelle, quels chemins me ramèneront vers des hauteurs ?

Susanna Wesley (1669–1742), mère de John et Charles Wesley, trouvait régulièrement le moyen de sortir des vallées spirituelles d’une manière qui pourrait nous surprendre. Elle méditait sur la Trinité.

Beaucoup d’entre nous ont considéré la Trinité comme une énigme à résoudre ou une équation mathématique à comprendre. Nous pouvons faire appel à nos connaissances trinitaires lors d’un examen de théologie mais elles restent sur l’étagère lorsque nous sommes confrontés à des doutes, des épreuves ou une sécheresse spirituelle. La démarche de Susanna nous invite à nous demander dans quelle mesure nous connaissons la Trinité. Sa profonde compréhension du Dieu trinitaire a transformé sa vie et nous ferions bien de suivre son exemple.

Le réconfort surprenant de Susanna

La vie de la famille Wesley n’était pas épargnée par les épreuves. Au moins sept de leurs enfants sont morts en bas âge. Susanna a souffert de problèmes de santé pendant la majeure partie de sa vie d’adulte. Les finances constituaient une préoccupation constante pour cette famille nombreuse et, en 1709, ils ont tout perdu lorsqu’un incendie a détruit leur maison. Malgré de nombreuses épreuves terrestres, la plus grande préoccupation de Susanna était son âme et celles de ses proches. L’une de ses entrées dans son journal relate une conversation qu’elle a avec elle-même pendant une période de détresse spirituelle personnelle :

« Tu crains toujours que ta repentance ne soit que partielle… C’est le chagrin et la profonde détresse de ton âme de ne pas avoir, ni de ne pouvoir (comme tu le crains) servir Dieu davantage… Découragée par l’expérience de tes échecs constants… tu sembles vaciller face à la promesse de Dieu à cause de ton incrédulité. »

En proie à la peur, au chagrin, au découragement et à l’incrédulité, comment Susanna réagit-elle ? Elle médite ce qu’elle sait de la Trinité :

« Considère la bonté infinie et sans limites de la Trinité éternellement bénie, adore le mystère prodigieux de l’amour divin ! Que Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit concourent tous à l’œuvre de la rédemption de l’homme ! Quoi d'autre, sinon la pure bonté, pourrait toucher ou émouvoir Dieu, qui est la béatitude parfaite et essentielle ! Lui qui ne peut en aucun cas recevoir de ses créatures un quelconque ajout de perfection ou de bonheur. Quoi donc, sinon l’amour, sinon la bonté, sinon l’amour et la bonté infinis et incompréhensibles pourraient le pousser à offrir un tel remède contre la faute fatale de ses créatures pécheresses et indignes ? »  (Susanna Wesley : The Complete Writings, p. 224-225)

En un court paragraphe, Susanna nous révèle au moins trois choses que nous devrions tous savoir au sujet de la Trinité.

La Trinité est éternellement bénie

Premièrement, la Trinité est « éternellement bénie ». En lui-même, sans référence à quoi que ce soit d’autre, le Dieu trinitaire est « la béatitude essentielle parfaite » (ou le bonheur). Il est complet et suffisant ; il n’a aucun besoin et ne sert aucun autre but que le sien (Actes 17.25).

Le bonheur de Dieu avec lui-même apporte un grand réconfort à Susanna et à nous-mêmes. Notre monde brisé et nos cœurs rebelles nous poussent bien trop facilement à concevoir Dieu comme moins qu’heureux. Mais si Dieu est heureux avec lui-même, sans référence à nous ni même à l’univers, alors son bonheur est éternellement constant, aussi inconstants que nous puissions être. Face à ses défaillances, Susanna se réconforte en se souvenant de la « Trinité éternellement bénie » et nous pourrions en faire autant. Le bonheur de Dieu ne dépend pas de nous mais tout notre bonheur découle du cœur du Dieu heureux.

La Trinité est un mystère de l’amour divin

La « béatitude essentielle » de Dieu nous conduit à une autre vérité que nous devons connaître : la Trinité est un mystère de l’amour divin. Les chrétiens comprennent que la rédemption est merveilleuse et mystérieuse. Nous nous émerveillons parce que Dieu, parfaitement heureux, n’avait pas besoin de créer le monde ni de le racheter. Le grand mystère réside dans le fait qu’il a néanmoins choisi de nous créer et de nous racheter.

Dans une lettre adressée à un ami, Susanna comprend la motivation qui a poussé Dieu à la rédemption : « Il nous a aimés parce qu’il nous aimait » (Œuvres complètes, 173). Notre salut découle uniquement de l’amour mystérieux de Dieu. La pure bienveillance de l’amour de Dieu inspire la louange de Susanna : « Quoi, donc, sinon l’amour, sinon la bonté, sinon l’amour et la bonté infinis et incompréhensibles pourraient le pousser à offrir un tel remède contre la faute fatale de ses créatures pécheresses et indignes ? »

Un amour aussi incompréhensible ne peut venir que d’un Dieu qui est amour (1 Jean 4.7-8). Confesser la Trinité, c’est confesser que, depuis toute éternité, le Père a aimé le Fils dans l’unité du Saint-Esprit. Comme l’écrit Michael Reeves, le Père a toujours été le Père, « aimant et donnant sa vie et son être au Fils ». Le Fils a toujours été le Fils, « l’effusion — le rayonnement — de l’être même du Père ». L’Esprit a toujours été l’Esprit, suscitant « la joie du Père dans le Fils et la joie du Fils dans le Père, enflammant leur amour et les unissant ainsi » (Delighting in the Trinity, 27–29).

Il n’y a pas de plus grande assurance au milieu du découragement que de se rappeler que nous sommes aimés par le Dieu qui est Amour et qui donne librement son amour à qui il veut.

Libérés du fardeau de devoir mériter l’amour de Dieu et de la crainte de le perdre, nous le recevons simplement avec la plus profonde gratitude.

La Trinité, c'est l'Évangile

Enfin, c’est dans la rédemption que la Trinité se révèle le plus clairement. L’Évangile est la bonne nouvelle, comme s’en émerveillait Susanna, « que Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit concourent tous [ou œuvrent ensemble] à l’œuvre de la rédemption de l’homme ! » Lorsque nous pensons à « l’Évangile », nous devrions penser à la « Trinité », car, comme le dit Fred Sanders, « la Trinité est l’Évangile » (Deep Things of God, 170). L’Évangile proclame que, pour notre salut, le Dieu trinitaire se donne à nous et vient habiter en nous. Le Père donne son Fils bien-aimé pour faire de nous ses propres fils et filles. Il nous offre notre rançon et met son Esprit en nous, nous faisant ainsi connaître les profondeurs de l’amour divin pour nous. Lorsque nous participons à la vie du Christ, dit C.S. Lewis, nous « partageons une vie qui a été engendrée, non pas créée, qui a toujours existé et existera toujours. Christ est le Fils de Dieu. Si nous participons à ce genre de vie, nous serons nous aussi fils de Dieu. Nous aimerons le Père comme lui-même l’aime, et le Saint-Esprit s’éveillera en nous… Devenir chrétien n’est rien d’autre que cela. » (Mere Christianity, 177)

En se donnant à nous, Dieu nous donne de prendre part à son amour bienheureux. Telle est la « bonté infinie et sans limite de la Trinité éternellement bénie » que Susanna adore.

La théologie trinitaire de Susanna Wesley ne se contente pas de la réconforter dans les épreuves de cette vie ; elle la conduit à se réjouir de la vie à venir. Une éternité en communion avec le Dieu qui est bonheur infini et amour incompréhensible ne peut être, comme elle le décrit dans son journal, qu’une « jouissance pleine et parfaite d’une joie et d’une félicité solides et inexprimables… Nous le contemplerons tel qu’il est, nous le connaîtrons comme nous sommes connus » (Œuvres complètes, 395).

Lorsque nous nous sentons accablés par le découragement ou mis à l’épreuve par les épreuves, comme cela nous arrivera certainement, nous pouvons nous aussi lever les yeux vers le bonheur infini, l’amour mystérieux et la grâce vivifiante de la Trinité éternellement bénie et y trouver le réconfort dont nous avons tant besoin.

Être chrétien, c’est être trinitaire et se réjouir ainsi de la vie de Dieu, compter sur son amour et désirer sa gloire.

Article par Andrea Hoglund

Merci Mary !

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