Comment aimer notre prochain quand on ne ressent pas d’amour pour lui ?

Bien souvent, quand je considère les personnes autour de moi, je ne suis pas rempli d’amour pour elles. Je ne me sens pas amer ou plein de haine, mais je me sens tout simplement froid, sans la compassion ardente qui animait Jésus-Christ.

Cet état de cœur m’a parfois vraiment découragé. Les commandements de l’Évangile sont si beaux et justes, j’aimerais avoir constamment la disposition de cœur pour les accomplir. La Bible elle-même nous dit d’être toujours prêt à toute œuvre bonne. Je pense en particulier à mon manque d’amour pour les perdus. Tous les jours, je croise des personnes en route pour l’enfer et je ne m’en préoccupe que bien peu.

En plus de cela, j’ai eu pendant un certain temps une mauvaise conception de l’amour du prochain. C’est cette conception que je veux « casser » dans cet article.

Hypocrite !

J’ai longtemps pensé, parce que la culture me l’a dit, qu’il fallait agir en suivant son cœur. Autrement dit, il faudrait attendre que l’on ressente de l’amour pour une personne pour commencer à agir pour son bien.  Eh bien, oui, sinon c’est que je suis un hypocrite !

En fait, c’est faux. Agir pour le bien d’une personne en gémissant devant Dieu en son cœur pour notre manque d’amour ce n’est pas être hypocrite, c’est être repentant. Si nous attendons d’avoir un sentiment d’amour pour nous mettre à aimer en acte une personne, j’ai bien peur que nous restions sans fruit et immobile toute notre vie !

L’amour est une décision

En réalité, l’amour n’est pas un sentiment agréable orienté vers son prochain. C’est une décision d’agir pour son bien. Réfléchissons à l’amour du Christ lui-même, lui qui était animé des sentiments les plus parfaits envers nous. Il nous a aimé en acte. Il a guéri, nourri, souffert et il a porté nos péchés. C’était une décision radicale d’aimer même ceux qui n’étaient pas aimables.

Le secret selon C.S. Lewis

Quand nous aimons en acte, nous dit Lewis, nous découvrons un secret : l’amour naît dans notre cœur ! Corie Ten Boom, rescapée des camps de concentration, témoigne de la même réalité dans un témoignage célèbre : c’est en serrant la main de son persécuteur en signe de pardon que le pardon est vraiment né dans son cœur alors qu’elle se sentait pleine de haine envers lui.

Demandez-vous « que ferait une personne pleine d’amour à son prochain ? » et agissez ! Ça sera peut-être difficile. Dieu éprouve ainsi notre obéissance et nous humilie en nous montrant que nous sommes incapables d’aimer à moins qu’il ne fasse naître l’amour en nous. C’est quand nous commençons à prier pour notre prochain et à l’aimer en acte que notre cœur suit.

« Ne perdez pas votre temps à vous tracasser pour savoir si vous « aimez » votre prochain ; agissez comme si c’était le cas. Et dès que nous faisons cela, nous découvrons l’un des grands secrets. Quand vous vous conduisez comme si vous aimiez une personne, vous commencez à l’aimer. » ― C. S. Lewis, Les fondements du Christianisme

Une question de trésor

En réalité, ce n’est pas Lewis qui a découvert ce secret, Jésus lui-même nous l’enseigne. Il nous dit « là où est ton trésor, là sera ton cœur ». C’est un principe de fonctionnement de l’être humain : notre cœur s’attache à ce dans quoi nous investissons. Si j’investis mon temps et mes prières dans mon prochain, mon cœur suivra.

Si donc vous constatez que votre cœur est froid, ne désespérez pas. Oui, c’est mal de ne pas avoir de compassion pour votre prochain qui se perd. Mais n’ajoutez pas à ce mal une mauvaise excuse pour rester inactif. Agissez pour le bien de l’autre, pardonnez, aimez en premier celui qui n’est pas aimable et suppliez Dieu de vous remplir en chemin de l’amour du Christ.

Auteur : Maxime G.

Maxime, 20 ans, étudiant en médecine et passionné par la théologie.