Vivre en chrétien aujourd’hui : Transsexuel et transsexualité

Pour l’occasion de la sortie du nouveau livre coordonné par Alain Nisus, Vivre en chrétien aujourd’hui, nous publions en collaboration avec la Maison de la Bible 5 extraits de l’ouvrage sur la Réb’ ! Aujourd’hui, parlons de la transsexualité, sujet qui nous touche de plus en plus prêt. Tu as peut-être déjà croisé un transsexuel sans le savoir !

Une définition

Le transsexualisme est une forme extrême et rare de désir de modification du corps. Le transsexuel vit un divorce entre son corps et son esprit ; dès l’enfance, il se sent fille dans un corps de garçon ou inversement.

Ce divorce pousse certains, parvenus à l’âge adulte, à vouloir conformer leur corps à leur esprit en lui imposant par la force une modification visant à le faire paraître du sexe qu’ils souhaitent, par traitement hormonal et intervention chirurgicale. Un traitement lourd, mutilant et irréversible qui rend stérile et supprime le plaisir lié au sexe génital.

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Quelles limites ?

La transgression des frontières entre les sexes peut parfois aller très loin. C’est le cas à Berlin d’un « homme » — un transsexuel ayant conservé ses organes sexuels féminins— ayant mis au monde un enfant après une insémination artificielle. L’accouché a exigé d’être inscrit comme «père » dans les registres d’état civil et non comme mère, ce qui lui a été accordé.

Mais, en plus, le « père » de l’enfant a demandé que le sexe du bébé ne soit pas déclaré, ce qui lui a été refusé.

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Le récit biblique montre, lui, un Dieu qui sépare et distingue les sexes afin de permettre une vraie rencontre entre deux personnes de sexe différent, à l’opposé de l’autosuffisance de l’androgyne.

L’origine du dérèglement transsexuel

La question de l’origine du trouble quant à l’identité sexuelle se pose.

  • Le psychanalyste Robert J. Stoller (1924-1991) suppose que, pour le garçon — le plus souvent il s’agit de garçons — ce désir prend son origine dans un lien fusionnel avec la mère : le transsexuel primaire aurait vécu « une relation symbiotique trop gratifiante avec sa mère ». Pour la fille, il s’agirait en revanche d’une « forme d’homosexualité » et de « l’effet d’un traumatisme… inconscient ».
  • Pour la théologienne britannique Elizabeth Moberly, l’origine du désir de changer de sexe est la rupture traumatique avec le parent du même sexe, qui empêche l’identification sexuelle. Elle voit dans le désir de changer de sexe la recherche de l’amour du parent manquant ; ce qui fait que « le premier problème éthique et psychologique du changement de sexe par un acte chirurgical, c’est qu’il ne guérit pas « l’enfant qui pleure ».

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Le désir du transsexuel vient interpeller la foi en Dieu mais aussi la médecine et la société. C’est comme si le Créateur s’était trompé en réunissant un corps masculin et une âme féminine.

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Une espérance !

Le problème dans le désir transsexuel n’est pas un problème de nature, d’erreur de la nature — une âme de fille placée par erreur dans un corps de garçon — mais d’histoire : on ne naît pas transsexuel, on le devient.  On naît fille ou garçon, mais il peut y avoir des facteurs qui nous empêchent de devenir ou qui brouillent ce que nous sommes : déficit de testostérone, histoire familiale perturbée, […]. L’espérance  […], c’est qu’on n’est pas enfermé dans l’histoire familiale et que des rencontres guérissantes, celle de Dieu, celle d’une femme aimante, peuvent permettre un chemin nouveau réconciliant l’âme d’abord, qui aboutit à une réconciliation du corps et de l’esprit.

 

Luc Olekhnovitch, 2015

Retrouve les autres extraits du livre déjà publiés ici :

Auteur : Luc Olekhnovitch

Luc est un pasteur de l'Union des Eglises Evangéliques Libres, il est aussi auteur d'ouvrages évangéliques français.