Vivre en chrétien aujourd’hui : anorexie et boulimie

Pour l’occasion de la sortie du nouveau livre coordonné par Alain Nisus, Vivre en chrétien aujourd’hui, nous publions en collaboration avec la Maison de la Bible 5 extraits de l’ouvrage sur la Réb’ !

La Bible condamne les excès du manger et du boire. Toutefois, nous contenter de faire la morale au sujet de la nourriture à des personnes atteintes de graves troubles du comportement alimentaire tels que la boulimie et l’anorexie correspondrait à une approche insuffisante et à un très faible niveau de compassion envers des personnes qui manifestent les symptômes de graves souffrances intérieures. Par ces conduites extrêmes mettant leur vie en danger, ces malades posent la question du sens de leur existence.

L’anorexie comme la boulimie mènent à une même interrogation métaphysique profonde et constante : « Qui suis-je ? De quoi suis-je capable ? Que renvoie mon image ? » Gérard Tixier et Clothilde Tourte.

Plus qu’une maladie, le désespoir

Si l’anorexie et la boulimie sont des maladies nécessitant des soins spécialisés, elles sont néanmoins parfois encouragées par de fausses croyances que la foi chrétienne peut combattre, par exemple l’aspiration à se conformer à un corps de mannequin.

Dans tous les cas, derrière ces actes d’autodestruction, il y a du désespoir. Or, les chrétiens ont un message d’espérance à apporter.

La compassion envers des personnes qui souffrent de ces troubles n’empêche pas la fermeté. La personne anorexique risque d’exercer une tyrannie sur les repas familiaux : « On finit par céder à ses exigences car on en a assez de faire face. Une fois je suis sorti au milieu de la nuit à la recherche d’un yaourt particulier », raconte un père de famille. Yves et Isabelle Simon recommandent au contraire aux parents de reprendre le contrôle.

La souffrance

Concernant le boulimique qui mange de façon compulsive, Stéphanie Hahusseau fait remarquer : « La seule manière de sortir de l’impasse pourra être de considérer la pulsion alimentaire, non plus comme un manque de volonté mais comme le signe d’une souffrance à laquelle il va falloir apprendre à faire face autrement. »

Le Christ est celui qui a porté nos douleurs et qui les guérit. On pourra ainsi inviter la personne à reconnaître ses souffrances et à les lui apporter. Celui qui accueille Christ est aussi promis le don du Saint-Esprit qui a pour fruit la maîtrise de soi la personne n’est dès lors plus seule dans son combat contre ses pulsions. Dans la mesure où elle est véritablement un lieu d’accueil et de prière pour les souffrants, et non de jugement ou de pression psychologique sous couvert de délivrance — ce qui serait contraire à une éthique de l’amour—, la communauté chrétienne peut aussi être un lieu de guérison.

[…]

Zoom sur la Boulimie : un danger mortel

Le boulimique qui absorbe de grandes quantités de nourriture en très peu de temps en vient à se faire vomir par compensation. Or, cette pratique est dangereuse : chez le toxicomane c’est la drogue, chez le boulimique c’est la nourriture qui est une drogue. Les conséquences sont lourdes : le cycle infernal provoque des carences graves, une atteinte aux os, aux dents. Les vomissements entraînent une perte de potassium dont le cœur a besoin. « Avec une carence importante en potassium : l’arrêt cardiaque est menaçant ».

Luc Olekhnovitch, 2015

Retrouve les autres extraits du livre déjà publiés ici :

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Luc Olekhnovitch

Luc est un pasteur de l'Union des Eglises Evangéliques Libres, il est aussi auteur d'ouvrages évangéliques français.

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2 Commentaires

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  • Beaucoup de filles à l’adolescence se trouvent trop grosses alors qu’il s’agit d’un changement hormonal normal!
    Je trouve qu’au collège ou au Lycée on porte beaucoup de jugements, et des jugements très durs, sur l’apparence physique
    Comment réagir en chrétien par rapport à ces jugements? Quelle attitude avons nous par rapport à ceux qui souffrent de leur physique?

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    • Ne pas se mettre du côté de ceux qui jugent, ce serait déjà pas mal. Et si possible, devenir l’ami de l’opprimé qui est souvent rejeté.
      Je dis cela car, boulimique dès l’adolescence, c’est ce que j’aurais voulu qu’on me fasse. Je suis maintenant maman mais c’est ce que j’aurais voulu qu’on me fasse.
      Une fois, on m’a défendue mais hélas, je me sentais souvent seule. Je n’ai jamais réussi à me faire d’amis durables. Je les ai toujours rejetés.
      Le plus souvent, ce sont des maladies qui refoulent beaucoup de souffrance du passé et des épreuves de vie difficiles à surmonter.

      Toutefois merci pour ton commentaire qui est très vrai malheureusement.

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