Dans cet article, j’aimerais proposer une vision un peu plus équilibrée de ce passage. Devrions-nous voir Proverbes 31 comme l’idéal féminin ? J’ose dire que oui. Cependant, devrions-nous penser que Proverbes 31 nous enseigne un seul modèle de vie féminine ? J’oserai dire que non.
Alors, que nous enseigne en réalité Proverbes 31 ?
La vie d’une femme sage
Tout d’abord, il faut noter que le livre des Proverbes est un livre avec une logique, un style propre et un message à transmettre. On fait souvent l’erreur de piquer dans les proverbes des phrases et des versets, par ci par là. Sauf que Proverbes n’est pas purement un livre d’enseignements moraux. Il s’agit également d’un livre centré sur la sagesse : comment vivre dans le monde de Dieu, à la manière de Dieu ?
Dans ce passage, on peut voir une femme, une vraie femme et sa vie de tous les jours, son activité, sa manière d’être. Au travers du récit de sa vie, on peut voir la sagesse en action : comment vit et comment est une femme qui a choisi de répondre à l’appel de la sagesse plutôt qu’à celui de la folie.
Une femme sage embellit la vie des autres
“Qui trouvera une femme de valeur ?
Elle vaut bien plus que des perles.
Le cœur de son mari a confiance en elle,
et c'est tout bénéfice pour lui.
Elle lui fait du bien, et non du mal,
tous les jours de sa vie”. (Proverbes 31.10-12)
Ce que l’on peut voir dans ces versets c’est qu’il est bon d’être une femme sage. Il est bon de l’être car une femme sage a beaucoup de valeur, d’une part aux yeux de Dieu et d’autre part, aux yeux de son entourage. Dans les chapitres précédents, les Proverbes parlent souvent de la femme folle ou de la femme adultère qu’il faut éviter à tout prix car marcher sur son chemin mène à la mort. Dans ce chapitre 31, la femme sage, au contraire de la femme folle, fait du bien, et non du mal, tous les jours de sa vie.
Mes sœurs, la sagesse nous encourage au bien. Elle nous encourage à être intègres, à aimer et à faire du bien à nos maris, à nos enfants, à nos parents, à nos frères ou sœurs, à nos amis. Le péché, les frustrations, l’amertume, la colère ou la paresse nous exhortent au mal.
Je prie que nous puissions plutôt cultiver l’amour, la repentance, la joie, la patience, la reconnaissance et tous les fruits de l’Esprit, afin que nous soyons sages et que nous fassions du bien autour de nous.
Une femme sage travaille dur
“Elle se procure de la laine et du lin
et travaille d'une main joyeuse.
Pareille à un navire marchand,
elle rapporte ses provisions de loin.
Elle se lève alors qu'il fait encore nuit,
et elle donne la nourriture à sa famille et ses ordres à ses servantes”. (Proverbes 31.13-15)
Une femme qui a choisi le chemin de la sagesse est une femme qui travaille dur, peu importe son travail. C’est une femme qui lutte contre la paresse car elle sait que le chemin de la paresse est comme une haie d’épines (Proverbes 15.19). Elle sait que la paresse fait du mal et non du bien.
Ce principe du travail peut s’appliquer à nous toutes, quelle que soit notre situation sociale. Que l’on soit mariées, avec ou sans enfant, célibataires, veuves ou divorcées, tant que nous avons la capacité physique et intellectuelle d’être actives, nous sommes toutes appelées à combattre la paresse et à faire quelque chose de bon et de productif des jours que Dieu nous a donnés.
Ce que les femmes mariées ou qui ont le mariage à cœur peuvent noter, c’est que cette femme priorise son foyer. Oui, elle travaille mais elle le fait en premier lieu pour le bien de sa famille. Dans une société féministe dans laquelle la famille, le mariage et la parentalité sont des choses et des projets secondaires qu’on rajoute à sa vie, alors que la carrière et l’accomplissement personnel sont les choses auxquelles on aspire, il est bon de se rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, la société parle fort et bon nombre de chrétiens l’écoutent. Permettons à la parole de Dieu de parler encore plus fort que la société. Il n’est pas honteux d’adapter au fil du temps ses désirs personnels et ses activités afin de prioriser sa famille si l’on a une ; au contraire, cela est bon.
Je prie que toutes les femmes, qu’elles soient jeunes ou moins jeunes, célibataires ou mariées, cultivent une dynamique de travail, afin d’honorer Dieu et de faire du bien autour d’elles.
Une femme sage multiplie ce qu’elle a reçu
“Elle pense à un champ, et elle l'achète.
Avec le fruit de son travail, elle plante une vigne.
Avec la force en guise de ceinture,
elle affermit ses bras.
Elle constate que ce qu'elle gagne est bon”. (Proverbes 31.16-18)
Une autre chose que cette femme sage fait, c’est qu’elle multiplie ce qu’elle a reçu. Elle achète un champ mais ne s’arrête pas là : dans le champ, elle plante une vigne. Plus bas dans le texte, on peut lire qu'avec son lin elle fait des vêtements et des couvertures. Elle a reçu quelque chose et l’a multiplié.
Qu’as tu reçu de la part de Dieu que tu peux multiplier ?
- Un talent artistique et manuel ? Que peux-tu faire avec ce talent là afin de bénir ceux qui sont autour de toi ?
- Un amour et une grande sagesse ? Comment peux-tu bénir ceux qui t’entourent avec ton amour et ta sagesse ?
- Une grande maison et des qualités culinaires ? A qui peux-tu ouvrir les portes de ta maison et comment peux-tu bénir ton entourage ?
- ...
Regarde bien à ta simple vie de tous les jours. Qu’as-tu reçu de la part de Dieu que tu peux multiplier afin de l’honorer et servir ton prochain ?
“Elle ouvre ses bras au malheureux,
elle tend la main au pauvre”. (Proverbes 31.20)
Notons aussi que le travail de cette femme se concentre autour de son foyer mais va aussi au delà de son foyer. Elle bénit ceux qui sont extérieurs à sa famille. Elle est généreuse, bienveillante et pratique la justice ; elle ne fait pas tout pour elle et n’est pas avare et possessive.
Une femme sage est forte et bénit par sa parole
“La force et l'honneur, voilà ce qui l'habille.
Elle rit en pensant à l'avenir.
Elle ouvre la bouche avec sagesse
et un enseignement plein de bonté est sur sa langue”. (Proverbes 31.25-26)
On a souvent l’impression que ceux qui s’opposent au féminisme (comme moi), qui prônent la complémentarité des rôles homme-femme et l’importance du foyer chrétien, encouragent les femmes à se taire et à être faibles. Ce n’est pas vrai. Il existe sans doute des dérives dans certains mouvements antiféministes. Cependant, l’exemple biblique de la femme sage, bien qu’il s’oppose au modèle féministe, présente peut-être une femme tournée vers les autres, mais qui demeure forte, capable d’accomplir beaucoup et sans crainte face à l’avenir, car elle connaît son Dieu. Elle le connaît et sa parole ne transforme pas seulement sa vie et ses actes, elle transforme aussi ses mots.
Nous savons que par nos paroles nous pouvons donner soit la vie, soit la mort (Proverbes 18.21). Alors, qu’est ce que la sagesse nous pousse à cultiver, si ce n’est la parole de Dieu en nous ?
Je prie que nous puissions toutes être remplies de la vérité de la loi de l’Eternel, afin que nous fassions du bien par nos actes mais aussi par nos paroles.
Idéal vs réalité
Tu as peut-être envie de me dire: “Andreea, c’est bien beau ce que tu dis là mais, moi, ça me fait culpabiliser car je suis loin d’être comme cette femme là. J’ai du mal à trouver ma place dans mon entourage, je ne suis même pas mariée, je ne ris pas du lendemain car je suis de nature anxieuse… bref, je suis loin de cet idéal-là. Quelle espérance pour moi alors”?
Et voilà ce que je te réponds : “Ne t’inquiète pas car je suis dans le même bateau que toi. Je suis peut-être mariée mais je n’ai pas encore d’enfants pour pouvoir “les vêtir de pourpre” (Proverbes 31.21) et je suis aussi de nature anxieuse, bien souvent inquiète du lendemain. Parfois, je laisse ma fatigue se transformer en paresse et bien trop souvent je ne fais pas du bien par les paroles qui sortent de ma bouche”.
Mes sœurs, nous sommes toutes loin de cet idéal que nous voyons dans Proverbes 31. Cependant, faisons attention: “la femme qui craint l’Eternel est celle qui sera louée”. (Proverbes 31.30)
Ce livre des Proverbes se clôt en louant la crainte de l’Eternel de cette femme. Elle est là la louange finale et ce qui lui donne sa valeur ultime : elle craint Dieu et vit sa vie de tous les jours sous son regard.
Oui, le chapitre nous décrit sa vie et son activité. Nous devons apprendre de cette femme, sans vouloir l’imiter toutefois dans les détails de tout ce qu’elle fait. Toutes les femmes ne se marient pas et les femmes n’ont pas toutes des enfants. La sagesse est-elle loin d’elles ? Non. Les femmes ne sont pas toutes courageuses, beaucoup souffrent et sont affaiblies par les difficultés de la vie. La sagesse est-elle loin d’elles ? Je ne crois pas non plus…
Ce que nous devons faire c’est regarder à la vie quotidienne de cette femme, en tirant des leçons sur la manière de vivre notre vie sagement : comment embellir la vie de ceux qui nous entourent, comment travailler dur et multiplier ce que nous avons reçu, comment laisser la parole de Dieu transformer nos actes, notre vision du monde, ainsi que nos propres paroles ? Voilà ce que nous devons apprendre de ce passage. Cette femme de Proverbes 31 a vécu ces principes là à sa manière, dans la société et dans la situation sociale dans laquelle elle se trouvait. Nous, femmes du 21ème siècle, célibataires, mariées, avec enfants, infertiles, avec études, sans étude, riches ou pauvres… comment pouvons-nous appliquer ces principes à notre vie ?
Comment pouvons-nous vivre sagement dans un monde fou, sachant que “la femme qui craint l’Eternel sera louée” ?
Crains l’Eternel, ma sœur, avant tout, et vis sagement la vie qu’il t’a donnée. Travaille, multiplie, fais du bien autour de toi, priorise les choses les plus importantes aux yeux de Dieu et regarde à sa parole tous les jours de ta vie ; ainsi tu seras une femme sage, qui recevra le fruit de son travail (Proverbes 31).
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