“Je serai votre Dieu” : une promesse pour les saints qui vacillent

Quelle est la fondation du salut, l’assurance la plus profonde sur laquelle nous basons notre espérance ?

Nous savons tous très bien que cela ne peut pas être nous mêmes. Nous sommes des créatures inconstantes. Un moment, nous sortons de chez nous pleins de confiance, assurés que nous appartenons à notre Seigneur, que nous sommes sauvés. L’instant d’après, à cause de la pression de certaines circonstances difficiles ou à cause de chutes répétées dans le péché, nous mettons en doute notre foi et nous nous demandons si nous croyons vraiment. Vacillants dans le vent, nous nous effondrons comme des maisons construites sur le sable.

La seule fondation solide sur laquelle nous nous tenons repose sur cette promesse solide comme une poutre d’acier qui traverse les Ecritures : “je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.” (Jérémie 31.33, SG21). Tandis que de nombreuses promesses tiennent pour cette vie sur terre, celle-ci tient pour l’éternité. Nous pouvons nous reposer, assurés de cet héritage “qui ne peut ni se détruire, ni se souiller, ni perdre son éclat” (1 Pierre 1.4-5), parce que Dieu nous promet de nous garder par sa propre puissance. 

Une magnifique expression de cette espérance se trouve dans le petit livre de Malachie.

Peuple du Dieu qui ne change pas 

L’Ancien Testament finit par un livre très court, seulement 54 versets, remplis d’accusations contre le peuple de Juda, en particulier contre ses prêtres, puisqu’ils ont oublié l’amour de Dieu qui les a choisis et qu’ils ont “violé l’alliance” de Dieu (Malachie 1.2, Malachie 2.10). Dans son cœur et dans ses actes, le peuple de Juda a commencé à vaciller dans sa foi, en doutant de la bonté et de l’amour de son Dieu, puis il s’est éloigné loin de l’alliance qu’il avait conclue avec lui. S'il avait mis sa confiance dans sa propre capacité à rester fidèle à Dieu, cela aurait été en vain. 

Et pourtant, le livre de Malachie n’est pas sans espoir. Le Seigneur des armées célestes promet d’envoyer son messager, qui “purifiera les descendants de Lévi”, “il les rendra purs comme on rend purs l'or et l'argent” pour que leurs offrandes soient de nouveau justes et plaisantes aux yeux de Dieu. (Malachie 3.1-4). Puis, parmi des mots qui restaurent et qui accusent, se trouve cette affirmation surprenante : 

“Je suis l'Eternel, je ne change pas, et vous, descendants de Jacob, vous n'avez pas été détruits.” (Malachie 3.6)

La promesse qu’ils seraient le peuple de Dieu ne reposait pas sur eux-mêmes mais sur celui qui les a aimés avant même qu’ils soient nés (Malachie 1.2-5, cf Romains 9.13). Elle reposait sur cette poutre d’acier : “Je serai votre Dieu” et la garantie de cette promesse vient de la nature même de celui qui la prononce : “Je suis l’Eternel et je ne change pas”. (Détail ici)

Les implications de sa nature 

Sentez-vous le poids de cette logique divine ? Le Seigneur Dieu, Yahweh, Celui qui est, ne dit pas, dans ce cas précis, à son peuple égaré, de se rappeler comment il les a secourus de sa main puissante quand ils étaient en Egypte. Il ne dit pas non plus que les enfants de Jacob seront sauvés de la destruction grâce aux promesses faites aux patriarches. De tels liens sont faits par le Seigneur Dieu à travers ses prophètes ailleurs, mais ici, il nous emmène à un niveau plus profond

« Sous le nom de Jéhovah », écrit Jean Calvin, « Dieu raisonne à partir de sa propre nature». C'est-à-dire qu’il encourage et pousse son peuple à réfléchir et ainsi à agir, en se basant non sur ce qu’il a fait mais sur ce qu’il est. “Je ne change pas”. 

Mais pourquoi est-ce une base solide pour l’espérance de Juda ? Un peu de réflexion les amènerait à réaliser qu’ils ne peuvent pas assurer eux-mêmes leur sécurité. Leur histoire leur rappelle amplement qu’ils changent souvent. Un jour, ils louent Dieu pour sa délivrance miraculeuse ; un autre, ils se plaignent parce qu’ils ne croient pas que Dieu peut ou veut pourvoir pour leur pain quotidien. Une fois inconstante n’est pas une bonne fondation. Heureusement, Dieu dit à son peuple qu’il est fondamentalement différent d’eux. 

En tant que Dieu éternel, il reste le même. Il ne fait pas une promesse un jour pour ensuite l’oublier ou changer d’avis le jour d’après. Lorsqu’il choisit d’aimer son peuple “avant la fondation du monde” (Ephésiens 1.4), il écrit une histoire qui ne peut pas séparer son peuple de cet amour. La poutre d’acier qui traverse les Ecritures est la promesse que Dieu sera le nôtre et que nous serons son peuple.

D’où vient la force de cet acier si ce n’est de la nature même de celui qui la prononce ? La base du salut - sa source même - est le Dieu qui ne change pas. 

“Revenez à moi”

L’espérance offerte à Juda dans ce livre repose sur la fondation profonde qu’est cette réalité. Le peuple avait vacillé. Il avait perdu confiance dans le Dieu qui “a aimé Jacob” conformément à son plan (Malachie 1.2). Ainsi, ils ont erré, tournant leur dos à Dieu, doutant qu’il était vraiment le Dieu bon, aimant, juste et saint de l’alliance. Ils ont erré loin de lui et ont ainsi souffert les malédictions, celles que Dieu avait promises, celles qui viendraient de sa main. (Malachie 3.9, cf. Deutéronome 28.15-68). 

Et pourtant, ils ne sont pas sans espérance. S'ils se repentent, la promesse de Dieu qu’ils seraient son peuple est toujours d’actualité. “Revenez à moi,”, dit-il, “et je reviendrai à vous” (Malachie 3.7). Tous n'écoutent pas cet appel, puisque les versets juste après reflètent des cœurs qui ne croient pas et ne s’intéressent pas au Seigneur. “C’est inutile de servir Dieu”, se plaignent certains en poursuivant leur rébellion arrogante (Malachie 3.14-15). Toutefois, certains se repentent et Dieu tient sa parole conformément à son caractère. Les noms de “ceux qui craignent l’Eternel et respectent son nom” sont écrits dans “un livre de souvenir” (Malachie 3.16). Pour eux, Dieu confirme sa promesse : “Ils seront à moi” (Malachie 3.17).

Une espérance pour ceux qui vacillent et qui errent 

En tant que chrétiens, nous sommes le peuple de Dieu. Dieu a placé son amour sur nous, en décidant avant la création du monde que nous lui appartiendrons pour toujours. Pourtant, en tant qu’êtres finis et pécheurs, nous sommes enclins à vaciller dans notre foi et à errer loin de Dieu. Quelle est alors notre espérance lorsque nous doutons du Dieu de notre salut ou que nous sommes pris dans le péché ? Comme ceux du temps de Malachie, notre espérance repose aussi sur le Dieu qui ne change pas. 

Quand nous nous demandons “Dieu m’aime-t-il encore ?” et commençons à douter de la véracité de ses paroles à propos de lui-même et de nous, nous nous souvenons que, comme l’écrit Calvin, “Dieu poursuit son plan, et ne change pas d’avis ici et là comme le font les hommes”. (Détail ici)

Sa nature ne change pas ; il ne nie pas sa promesse. C’est une fondation ferme et stable pour notre foi. “Si les justes doutent”, écrit Petrus van Maastricht, “de leur salut éternel, à cause de l’inconstance de leur propre coeur, rien ne les soutiendra mieux que le fait que leur Dieu immuable (Malachie. 3.6) est un roc et un rocher inébranlable, dont la fondation est ferme, par laquelle le Seigneur connaît les siens (2 Timothée 2.19), et par laquelle il procure les dons du salut qu’il ne retire jamais (Romains 11.29). (Théologie théorique et pratique, 2:162) 

Toi qui es à la fois saint et vacillant, repose-toi en sa promesse et poursuis ton chemin dans l’obéissance. Ne sois pas comme les infidèles du peuple de Juda, qui, à cause de leur doute, ont arrêté de servir Dieu. Souviens-toi que tu lui appartiens non pas grâce à la solidité de ta foi mais grâce à la constance de son caractère. Sois assuré qu’il te tiendra fermement et, en le faisant, persévère dans la crainte de Dieu, respecte son nom et marche dans ses voies. 

Il y a des moments aussi où nous errons loin de Dieu. Nous nous détournons du Père des lumières pour marcher dans les ténèbres. Cela nous place-t-il loin de toute possibilité de restauration ? Ici encore, notre espérance repose de façon certaine sur la vérité que, lorsque nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner et nous lave de nos voies injustes (1 Jean 1.9). Il ne revient pas sur les promesses qu’il a faites à son peuple car elles sont fondées sur sa nature immuable. Nous pouvons donc nous repentir avec l’assurance du pardon.

Reconnais, donc, ce caractère immuable de Dieu et la manière dont il dit, plein de grâce, aux pécheurs repentants : “Je reviendrai à vous” et ne te décourage pas dans ton combat contre le péché qui te mène loin de ton Dieu. Puisque Dieu ne change pas, nous savons qu’il entrera en jugement contre ceux qui persistent dans le péché sans se repentir. Un jour vient qui “embrasera comme la paille (...) tous les hommes arrogants et tous ceux qui font le mal”. (Malachie 3.19). “Mais”, dit le Seigneur des armées célestes, “pour vous qui craignez mon nom, le soleil de justice se lèvera, et la guérison sera dans ses rayons”. 

Ainsi, dans ton vacillement et tes errances, ne perds pas la foi. Au contraire, écoute la voix de ton Dieu immuable, qui appelle son peuple : “Revenez à moi, et je reviendrai à vous.”

Article traduit avec autorisation

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