Tu as raison de surveiller ta chair, et de remarquer combien il est difficile de se réjouir dans le Seigneur. Nous ne devons jamais normaliser cette maladie… même si les meilleurs d'entre nous le vivent bien souvent. Mais tu as raison, manquer constamment de joie est inquiétant.
Nous en avons discuté précédemment, tu as régulièrement étudié la Bible, prié et participé à d’autres moyens de grâce, la communion fraternelle incluse…mais tout cela te semble insignifiant. Je garde espoir puisque tu as déclaré la guerre à cette insatisfaction au lieu de rester passif, comme tant d'autres qui professent croire mais ont une foi tiède.
Donc quels autres conseils pourrais-je t'offrir ? Examinons cette petite section des Écritures ensemble :
[3] En effet, aimer Dieu, c'est obéir à ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, [4] car tout enfant de Dieu est vainqueur du monde. Et le moyen de remporter la victoire sur le monde, c'est notre foi.
1 Jean 5.3-4 NFC
Quelques simples observations
D'abord, l'amour pour Dieu est exprimé dans l'obéissance à Dieu.
“En effet, aimer Dieu, c'est obéir à ses commandements”. Nombreux sont ceux de ta génération qui s'imaginent qu'ils peuvent avoir des moments réconfortants avec Dieu, arrosés d'un peu de dévotion religieuse, et Dieu sera satisfait. Ils pensent L'aimer par tous les biais possibles, sauf celui de l'écouter.
À une telle personne, Jésus demande “Vous m’appelez : ‘Seigneur! Seigneur!’, mais vous ne faites pas ce que je dis [...]”? (Luc 6.46 PDV 2017) Et il répond : « Si vous m’aimez, vous obéirez à mes commandements” (Jean 14.15 PDV 2017)
Pendant que tu continues de te concentrer, à juste titre, sur les commandements concernant la pureté, regardes aussi ce commandement :
Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur! Je le répète : réjouissez-vous!
Philippiens 4.4 S21
Ses demandes impérieuses pénètrent jusqu'à nos cœurs.
Deuxièmement, sois attentif à comment Jean décrit la manière de vivre cette obéissance : “et ses commandements ne sont pas pénibles”. L'obéissance peut être coûteuse. L'obéissance peut être douloureuse. Elle peut faire aussi mal que se couper une main ou s’arracher un oeil. Mais pour toutes ces raisons, l’obéissance chrétienne produit la liberté, pas l’esclavage. Nous trouvons son joug exactement comme il le décrit : doux et léger (Matthieu 11.30 LSG).
L'enfant de Dieu sait que se repentir et marcher dans l’obéissance signifie échanger le vomi contre le pain du ciel. C'est échanger la pornographie pour le lit marital. C'est arrêter la communion avec les fils des ténèbres et les Hommes sans valeur pour gagner une communion constante avec des rois et reines des cieux. C'est obéir à Jésus parce que tu l'aimes et que tu désires lui plaire.
Pourquoi ses commandements ne sont-ils pas pénibles? “Car tout enfant de Dieu est vainqueur du monde”.
Un chrétien est une personne qui est “née de Dieu”. Elle a de nouveaux sentiments, amours, buts, ils ne sont pas parfaits (pas dans cette vie en tout cas), mais sincères. Elle vit pour Dieu, aime Dieu, croit que Jésus-Christ est entièrement Dieu, et qu’Il est la solution envoyée par Dieu le Père, pour avoir accès à une relation restaurée avec Lui.
Le chrétien est élevé au-dessus du monde qui est en guerre avec Dieu, il est “vainqueur” de ses tentations et habitudes de vie, car il aime vraiment le Seigneur, déteste le péché et les voit telles qu'elles sont, par la foi. Même s’il pèche toujours, il déteste ses chutes et préfère les voies de son Père à celles du monde. Il sait donc que la voie de Dieu est une bénédiction, pas un fardeau.
En d’autres mots, être né de nouveau change notre appétit. Le péché perd de son goût. Il nous rend nauséeux, fait vomir nos âmes. Quand on perd la tête et qu'on s’y aventure, ça empoisonne nos estomacs, laissant de la culpabilité, de la déception et de la honte. Et ensuite, nous retrouvons le goût pour Dieu et pour le monde à venir. Ceux qui sont nés de nouveau confessent leurs péchés, s'en détournent et voient la vraie vie en marchant avec Dieu, dans la lumière.
Mais maintenant,tu peux te demander : Pourquoi ses commandements ont-ils toujours l'air pénibles ?
Une histoire pour comprendre
Une chenille entre dans un cocon. Enveloppée dans sa tombe naturelle, elle se débat dans ce sombre endroit inconnu, afin d’émerger en tant que nouvelle créature. Elle a un corps plus fin, moins de jambes, des yeux différents… sans oublier les énormes excroissances sur son dos. Tous ces organes sont vraiment inadaptés pour une vie terrestre. Avant, elle connaissait sa mission : Ramper partout, et manger des feuilles (beaucoup de feuilles).
Et maintenant, que faire ? Elle n'est pas habituée à sa nouvelle forme.
Ses nouvelles ailes imposantes la gênent pour ramper. Elle n'arrête pas de se les prendre dans des brindilles. Elle ne peut pas comprendre comment cette transformation récente peut lui être bénéfique. Elle est une nouvelle créature, mais une qu'elle préfère beaucoup moins. Ses anciens amis ne peuvent plus la comprendre comme avant. Elle n'a plus du tout le même appétit pour les feuilles. Elle ne peut plus retourner à ce qu’elle était, et ça, même si elle pouvait remonter dans le cocon..même si elle a déjà essayé.
Donc le problème vient peut être de toi. Tu n’as pas assez de vie spirituelle pour connaître toute la gloire qu'elle te réserve. Tu ne sais pas ce que c'est d'être un papillon, tu sais juste que tu n'es plus une chenille. Tu es une nouvelle créature, mais avec des anciennes habitudes et attentes. Tu erres tristement entre la terre et les cieux. Tu es trop chrétien pour le monde, et trop du monde pour être chrétien. Si seulement tu savais qu'avec une plus grande foi, dévotion et consécration, tu aurais accès à une joie, dont tu n'as que vaguement conscience pour le moment. Tu n'es pas encore arrivé dans les lieux célestes de la vie chrétienne.
Bientôt tu découvriras, si tu as goûté et vu combien le Seigneur est bon, que tu as trouvé un trésor caché dans un champ qui vaut tout l'or du monde. Que vivre, c'est pour Christ et que mourir est un gain. Que chaque porte qui t'a été fermée, t’a remis sur le chemin de la vie éternelle. Continue d’invoquer, de jeûner, de te battre et de faire confiance en Dieu, car les désirs de ton cœur finiront par suivre la logique de ton cerveau. Continues de Le rechercher, pour recevoir Ses précieux moyens de grâce.
Mais peut-être, juste peut-être, et je serais négligent de ne pas le mentionner…tu n'es probablement pas encore une nouvelle créature.
Peut-être que le Seigneur ne t'a pas encore donné la victoire sur les tentations de ce monde, parce que tu ne L’as pas encore véritablement vu et connu. Tu n'as pas encore expérimenté “La puissance d’expulsion d’une nouvelle affection”, * les anciennes joies détrônées par un nouveau Roi.
(*(The Expulsive Power of a New Affection - livre de Thomas Chalmers) )
“Rappelles-toi la femme de Lot”, ordonne Jésus (Luc 17.32 - BFC). La femme de Loth a fait des progrès hors de la Cité de la Destruction. Mais elle s’est retournée vers elle en regrettant son ancienne vie, et mourut comme si elle ne s’en était jamais enfuie. Elle aimait ce qu'elle avait laissé, et le Seigneur l’a laissé mourir, avec ce qu'elle aimait.
Ou sinon, prenons les Israélites des temps anciens qui aimaient l'Égypte, pays dont ils venaient d'être secourus. Alors que leurs chaînes étaient juste tombées de leurs poignets, ils cherchaient à y revenir dès les premières difficultés. Oh, quelle bonne nourriture ils mangeaient quand ils étaient esclaves ! Sans doute, tu as aussi eu de l'affection pour l’Égypte de ce monde et préfèrerait vivre et mourir là bas, même si c'était en tant qu'esclave. C'est ta maison, tu pars avec un grand désespoir, et tes péchés te semblent plus agréables que ton salut.
Si c'est le cas, tu n'as pas encore été élevé avec Christ. ‘Si quelqu’un aime le monde, l’amour pour le Père n’est pas en lui.' (1 Jean 2.15). Tu traînes car le monde pèse lourd sur ton cœur, et tu avales encore les paroles de Satan. Tu rampes toujours sur le sol, et si tu ne trouves pas Christ, ta part restera en bas. Dieu condamne un tel service sans joie :
Si donc vous ne servez pas le Seigneur avec joie et de tout cœur, lorsque vous aurez de tout en abondance, vous deviendrez les esclaves de vos ennemis.
Deutéronome 28.47-48 BFC
Je crois qu’il y a toujours mieux pour toi. Je me rappelle des premiers jours où Christ a captivé ton attention, et que tu suivais sa volonté comme un commandement. Recherche Christ. À l’église primitive qui avait perdu son premier amour, Jésus ordonna :
Rappelle-toi des jours anciens, change, repens toi des dévotions qui s'affaiblissent, et reviens à ton premier amour. Apocalypse 2.5
Quelques questions de réflexion pour t'aider
Qu'est-ce qui t'empêche de regarder vers les cieux ? Comment passes-tu ton temps libre? Sur quoi choisis-tu de te concentrer ? Qu'est-ce qui emprisonne ton cœur ? Y a-t-il des plaisirs terrestres dont tu ne peux pas te passer ?
Pour éviter d'entrer dans un cercle vicieux, tu dois également lever les yeux vers les cieux. De quelles manières peux-tu faire de Christ ta priorité ? Est-ce que cette envie, cette prière, cette louange honore Christ ? Quelles promesses peux-tu présenter devant le Seigneur ? Il aime répondre, selon sa Parole, à ceux qui veulent l'invoquer.
En même temps que tu continues de le supplier de restaurer ton affection pour Lui, n'oublie pas d'agir. Continue de lire la parole de Dieu, communie avec les saints, jeûne, tue ton péché, continue de faire attention aux futilités de ce monde. Mais ne comptes pas sur ça quand ta chair veut te faire échouer. “Et le moyen de remporter la victoire sur le monde, c'est notre foi.”
La foi nous donne une véritable vision, c'est un moyen d'être sûr des réalités que l'on ne voit pas (Hébreux 11.1). La foi encadre notre affection pour Dieu, en observant l'objet de notre foi, le Roi dans sa splendeur, Jésus Christ. Implore comme Moïse, que le Seigneur te montre sa grandeur, la grandeur de son pouvoir, de sa bonté, de sa dignité, de son amour.
Laisse-moi te partager un poème que j'ai écrit au début de ma vingtaine. J'ai, moi aussi, souffert dans mon âme, au cœur d'une sombre nuit, me demandant si mon amour pour Dieu était sincère. Que tu puisses trouver un Seigneur autant rempli de patience que celui que j'ai trouvé.
La chenille grimpe dans son cocon,
Se cachant pour toujours.
Telle l'aube se levant, émerge un papillon
Il prétend encore d’être caché, malgré les beaux jours.
Essayant avec ardeur de combler ses pulsions terrestres
Rampant encore et toujours sur le temps
Il ne trouvera pas beaucoup d'avantages sur cette terre
Il peut essayer, mais ne pourra pas y rester longtemps
Se recroquevillant à nouveau dans son cocon d'amour
Jusqu'à ce qu'il ne voit plus le jour
Se débattant dans la plus sombre des nuits
Un papillon il restera pour la vie
Laisse le se balader partout sur son estomac
En déniant ses ailes célestes
Qu'il soit attrapé dans un souffle d'air ou poussé jusqu'aux arbres
Il restera ainsi et chantera dans les royaumes célestes
Si tu es vraiment une nouvelle créature, tu voleras bientôt.
Tu goûteras et verras (à nouveau) que Dieu n'est pas seulement bon mais le meilleur.
Que Sa voie n'est pas juste un chemin, mais Le chemin.
Que ce soit par une gentille repentance ou par une discipline douloureuse, tu seras rattrapé dans les tempêtes, et tu pourras t'envoler vers un bonheur que tu n'as jamais encore connu.
Greg Morsen
https://www.desiringgod.org/articles/what-if-i-dont-enjoy-the-christian-life

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