Est-ce que Jérémie 29.11 dit que tout va aller bien dans ma vie ?

Il y a des versets qu’on connaît bien, et qui sont souvent cités dans nos cultes, groupe de jeunes, réunions d’église. Jérémie 29.11 en fait partie, n’est-ce pas ?

Dans un chapitre de son livre Multipliez-vous, Francis Chan nous encourage à étudier la Bible de la bonne manière, pour chercher ce que le texte dit vraiment, et non pas ce que nous voudrions qu’il dise. Il donne plusieurs outils qui peuvent aider à bien comprendre le sens d’un passage. En parlant du contexte historique, il va prendre l’exemple de Jérémie 29.11, en montrant comment le fait de prêter attention au contexte change notre manière de voir le passage :

« Le contexte historique d’un passage permet souvent d’éclairer le sens du passage. Il faudra parfois consulter des ressources extérieures, comme une Bible d’étude, un dictionnaire biblique ou un commentaire. Mais bien souvent, les indications historiques se trouvent dans la Bible elle-même. L’Ancien Testament, par exemple, est truffé de récits historiques détaillés. Le Nouveau Testament, lui, fournit un nombre considérable de données historiques, tout particulièrement dans les Évangiles et le livre des Actes.

Prenons un exemple. Entrez dans n’importe quelle librairie chrétienne et vous trouverez toutes sortes de bibelots sur lesquels est inscrit le verset de Jérémie 29.11 : « En effet, moi, je connais les projets que je forme pour vous, déclare l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance ». Les gens aiment ce verset parce qu’ils l’interprètent comme si Dieu promettait de nous garder de tout mal et de nous bénir. Mais Jérémie avait-il réellement cette intention ?

Regardons le contexte historique : Jérémie écrivait aux Juifs exilés à Babylone. Ils avaient été déportés en captivité à cause de leur manque de fidélité envers Dieu. Jérémie leur a annoncé qu’ils passeraient 70 années en captivité et qu’ils devaient donc s’installer dans le pays et chercher à bénir Babylone pendant qu’ils s’y trouvaient. Puis vient Jérémie 29.11. Dieu a promis qu’il avait effectivement un plan pour son peuple et qu’il le restaurerait dans le pays d’Israël quand les jours d’exil seraient écoulés.

Le contexte historique révèle que Jérémie 29.11 n’est pas une sorte de chèque en blanc du Seigneur. Dieu ne nous promet pas, dans ce texte, que rien de mal ne nous arrivera à nous aujourd’hui. Nous avons beaucoup à apprendre de la manière dont Dieu s’est occupé d’Israël pendant leurs années d’exil et de châtiment. Nous pouvons même constater la compassion de Dieu dans cette histoire et ainsi acquérir l’assurance que ce même Dieu compatissant prendra soin de nous aujourd’hui. Mais partir du principe que ces paroles pourraient s’appliquer directement à chaque circonstance de ma vie aujourd’hui, comme une promesse de prospérité, c’est tordre les Écritures. Le contexte historique n’influence pas toujours la signification d’un passage, mais nous devons toujours prendre en considération les destinataires des auteurs bibliques, ainsi que les raisons qui ont poussé à la rédaction du message. »

Francis Chan, Multipliez-vous : Des disciples qui font des disciples, BLF Editions, Marpent (France), 2015, p.135-136

Avouons-le, c’est facile (et nous l’avons tous déjà fait !) d’ouvrir sa Bible au hasard, de tomber sur un verset et de se l’appliquer directement à nous, sans prendre en compte le contexte. Ce qui est étrange, c’est que bien souvent, nous faisons ça uniquement avec les promesses de bénédictions, et pas avec les avertissements ou commandements qui les accompagnent.

N’interprétons pas la Bible n’importe comment. C’est la Parole de Dieu ! C’est Dieu qui a voulu nous parler. Souvenons-nous que chaque texte dans l’Écriture a un destinataire original et un but précis. Nous ne sommes pas le peuple d’Israël en exil. Nous ne sommes pas l’Église d’Éphèse ou de Corinthe. Nous sommes des chrétiens du 21e siècle. Est-ce que ça veut dire que, puisque ces textes n’ont pas été écrits à nous directement, alors ils ne s’appliquent plus aujourd’hui ? Non, bien sûr que non !

Nous savons que « toute l’Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit formé et équipé pour toute œuvre bonne. » (2 Timothée 3.16-17). La Bible est la Parole de Dieu. Elle est utile pour nous, de la Genèse à l’Apocalypse. Elle est utile pour enseigner, convaincre, corriger et nous instruire dans la justice de la Genèse à l’Apocalypse. Elle est utile pour que nous soyons formés et équipés pour toute bonne oeuvre, de la Genèse à l’Apocalypse. Tous ces textes ont encore une portée pour nous aujourd’hui, et nous devons les étudier, les mettre en pratique et les enseigner.

Mais soyons vigilants ! Prenons le temps de lire, étudier, et méditer de la bonne manière. Cherchons à comprendre ce qui est écrit, plutôt que d’essayer de lire ce qu’on aimerait lire.

Pour t’aider dans ta lecture personnelle de la Bible, je t’encourage à lire cet article de Nicolas Blocher : 10 principes pour bien comprendre la Bible.

Benjamin E
Auteur : Benjamin E

23 ans, parisien vivant à Bruxelles, étudiant à l'Institut Biblique Belge. Amateur de bons livres, apprenti blogueur et Webdesigner freelance. Mais surtout : passionné par l'Évangile, sauvé par grâce, disciple de Jésus.

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