Juger ou ne pas juger ? (1/2)

Série de Timothée E., 23 ans, Étudiant en Génie Civil à Paris

La Bible nous demande d’une part de juger* (Jean 7.24) et d’autre part de ne pas juger (Matthieu 7.1). Que devons-nous donc faire et comment agir en tant que disciple du Seigneur ? Pouvons-nous juger notre prochain ? Est-il mal de le faire ? Et si nous pouvons juger, comment devons-nous le faire ?

Cet article nous met en garde contre des jugements prématurés et déplacés que nous pourrions formuler et qui ne font pas partie du comportement que le Seigneur attend de nous.

Jugements hâtifs

« Lui a fait ça ?! Pourtant je pensais qu’il était chrétien … ! » – « Jamais je n’aurais réagi comme elle, ce n’est pas du tout normal de réagir comme ça en tant que chrétien … ».

Vous est-il déjà arrivé de juger quelqu’un et de vous rendre compte par la suite que votre jugement était erroné ? Malheureusement, dans notre société actuelle, nous avons tendance à juger très rapidement les personnes que l’on côtoie (même celles que l’on ne connaît pas), et cela simplement à l’apparence, entraînant ainsi ce genre de jugement hâtif. Le Seigneur nous met en garde contre de tels jugements, et nous demande de ne pas agir ainsi (Jean 7.24).

Il est prétentieux et dangereux d’émettre un jugement envers quelqu’un que l’on ne connaît pas, et même lorsque l’on connaît la personne, nous ne savons pas exactement ce qu’elle vit au moment concerné. Seul Dieu nous connaît parfaitement et est donc capable de juger justement (Jacques 4.12). Nous ne vivons pas les mêmes difficultés que notre prochain, et il est donc important de prendre garde à ce que l’on peut penser des uns et des autres avant de connaître la situation exacte dans laquelle se trouve la personne que nous jugeons.

Un jugement hâtif et qui n’a pas donné lieu à des réflexions en amont s’avère souvent dangereux dans le sens où il est très difficile de dire la vérité et d’être pragmatique sur une situation que nous ne connaissons pas ou peu.

Qu’en est-il de nous-même ?

Romains 2.3 nous dit « Et penses-tu, ô homme, qui juges ceux qui commettent de telles choses, et qui les fais, que tu échapperas au jugement de Dieu ? ». Il est donc indispensable de s’examiner soi-même avant de porter le moindre jugement envers quelqu’un. Car parfois les péchés que l’on décèle rapidement chez les autres sont ceux dans lesquelles nous sommes le plus profondément enracinés. On retrouve la même idée dans les évangiles (Matthieu 7.3-5) concernant la remarque de Jésus disant d’ôter la poutre qui est dans notre œil avant d’ôter la paille qui est dans l’œil de notre frère.

Gandhi disait : « Si tu veux changer le monde, commence par toi-même ! »

Si chacun commençait par s’examiner soi-même avant de porter un jugement envers quelqu’un, le monde se porterait bien mieux !

Quelle est notre attitude lorsque nous jugeons ?

Pour finir, prenez garde aux sentiments qui accompagnent votre jugement. Dites-vous qu’un jugement accompagné de sentiments mauvais (colère, agacement, jalousie, …) n’est sûrement pas ce que le Seigneur attend de vous. Un tel jugement serait plutôt décourageant pour la personne visée, et même destructeur, ce qui est loin de ressembler à l’exemple parfait de Jésus-Christ qui a été patient et plein d’amour envers nous.

La prochaine fois que vous jugerez quelqu’un, prenez donc le temps de :

  • Vous mettre à la place de la personne pour comprendre pourquoi elle agit de telle ou telle façon et quelles sont les difficultés qu’elle traverse.
  • Vous examiner vous-même, car peut-être que vous faites face au même péché que la personne que vous vous apprêtez à juger.
  • Faire attention que le jugement que vous portez n’est pas accompagné de sentiments mauvais (colère, agacement, jalousie, …).

Conclusion

Nous avons tous besoin de la grâce de Dieu, et la personne que nous sommes en train de juger a tout autant le droit de recevoir cette grâce que nous. Rappelons-nous d’où nous venons, ce que le Seigneur a dû sacrifier pour nous avant de porter la moindre critique envers notre prochain, et peut-être que nous serons moins prompt à juger.

Je vous encourage à prendre garde à vos pensées, à rechercher continuellement les pensées de Christ et à manifester de la compassion, de l’amour envers votre prochain en cherchant à l’aider dans les difficultés qu’il peut rencontrer, et non pas à l’affliger et le décourager par vos jugements.

Dans le prochain article (rendez-vous dans 2 jours !), nous verrons quelle est la responsabilité du chrétien en ce qui concerne le jugement qu’il a à apporter, et dans quelles conditions Dieu nous appelle à juger.

*Comme l’a fait remarquer Grâce en commentaire, nous n’avons pas défini ce que nous entendons par « juger ». Voici la définition qu’on peut en donner : Juger, c’est estimer si les sentiments, les pensées, les actions de quelqu’un sont conformes ou non à la loi (et dans notre cas, à la Bible).

Auteur : Timothée E.

Timothée, 25 ans, est professeur de Génie Civil à Orléans.