Comment pardonner, même quand ça fait mal ?

Le mois dernier, Timothée nous donnait 4 raisons de croire en un pardon sans condition. Aujourd’hui je voudrais continuer sur le thème du pardon, car pardonner est une notion essentielle dans notre vie chrétienne.

 

Pardonner fait mal

Pardonner aux personnes qui nous ont fait du mal est très difficile. Il y a certaines choses qui sont enfouies en nous. Nous avons encore de l’amertume dans le cœur et, dès que nous pensons à un certain moment ou à une certaine personne, toute cette amertume ressort. Ce n’est pas une attitude digne d’un disciple de Christ, mais malheureusement nous agissons souvent comme cela. « Telle personne m’a fait ça ! » « Il/Elle a dit ça ! » « Je ne l’oublierai jamais ! ». Nous avons été blessés par une parole ou un acte, et nous n’arrivons pas à pardonner. Pardonner fait mal car cela implique que nous laissions de côté notre orgueil.

 

L’exemple parfait

Et si le Seigneur agissait comme ça avec nous ? Où serions-nous ? La Bible nous dit que Dieu « ne nous traite pas conformément à nos péchés, il ne nous punit pas comme le mériteraient nos fautes » (Psaumes 103.10). Un autre passage dit que « nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de convoitises et de voluptés, vivant dans la méchanceté et dans l’envie, dignes d’être haïs » (Tite 3.3). Nous étions dignes d’être haïs, car notre comportement était mauvais, et nos péchés représentaient une offense à Dieu. Il avait donc toutes les raisons valables pour nous pointer du doigt et nous accuser. Pourtant, ce n’est pas ce qu’il a fait. Il est venu lui-même payer à notre place. II a pris sur lui nos fautes, pour nous pardonner. Combien c’est un exemple pour nous aujourd’hui ! Lorsque nous nous sentons offensés et blessés, réalisons que Christ, dans cette situation, a choisi de mettre de côté nos péchés et de prendre sur lui la faute. Serions-nous prêts à agir de la même façon envers ceux qui nous ont fait du mal ?

 

« Pardonnez-vous réciproquement »

Je trouve ce verset de Colossiens 3.13 tellement fort : « Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » Ce passage est très concret, et pourtant nous avons tellement de mal à le mettre en pratique ! Il nous encourage à nous supporter les uns les autres, chacun avec ses défauts et ses faiblesses. Et si l’on a une raison de se plaindre d’un frère ou d’une sœur, la Parole de Dieu nous demande de nous « pardonner réciproquement » ! En Proverbes 17.9 il est écrit : « Celui qui couvre une faute cherche l’amour, et celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis. » Mes amis, cherchons l’amour, car c’est ce que la Parole de Dieu nous demande (2 Pierre 1.7, Colossiens 3.14). Cherchons à pardonner, et non à rappeler sans cesse la faute dans le but de diviser.

 

La clé du pardon

La fin du passage est : « De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » Et c’est là la clé. C’est seulement en étant conscient du pardon merveilleux que Christ nous a offert par sa mort à la croix, que nous pouvons pardonner réellement. Ce pardon si fort et si parfait mettra en relief la petitesse de nos soucis et de nos conflits. Rien n’est comparable à la grâce que Dieu nous a faite. Nous l’avons vu au début : nous étions dignes d’être haïs – et pourtant il nous a aimés. Nous étions méprisables – et il est venu nous sauver. Nous vivions loin de sa face – et il nous a fait grâce. Quel amour ! Quel exemple ! Que nous puissions chaque jour prendre exemple sur Christ, pour aimer et pardonner comme cela nous est demandé.

Rébellutionnaire, prêt(e) à pardonner ?

Benjamin Eggen

Benjamin Eggen

25 ans, français exilé à Bruxelles, passionné par l'Evangile, les bons livres et la mission. Auteur du livre Soif de plus ? et co-auteur de Une vie de défis. Vous pouvez suivre Benjamin sur sa chaîne Youtube et son compte Instagram.

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8 Commentaires

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  • Vous reprochez que l’on puisse se dire : « Je ne l’oublierai jamais ! » ?!?

    Si la langue française nous permet de faire une distinction entre pardon et oubli, ce n’est je pense pas sans raison.
    Le pardon n’est très certainement pas de l’oubli. C’est la disparition de la rancœur et du rejet associé à ce souvenir.
    Dieu ne nous a jamais demandé de devenir amnésiques au nom du pardon.

    En fait, les exemples de l’article sont mal choisis : « Telle personne m’a fait ça ! » « Il/Elle a dit ça ! »
    Car dans certains contextes, ces phrases peuvent être très pertinentes.
    Par l’absurde : on peut très bien avec la grâce de Dieu réussir à pardonner un voisin qui aurait violé nos enfants. Mais il est normal et légitime de ne pas appliquer le conseil de Proverbes 17 cité dans l’article, si des amis nous demandent si le voisin peut baby-sitter leurs enfants. L’exemple va très loin, mais il est représentatif des limites de la réflexion.

    Ce qui serait « mal » avec ces phrases, ce serait le reproche associé ou de l’utiliser pour abaisser l’autre, mais certainement pas le fait de signaler.

    L’article ne traite pas de ce qui pourtant explique souvent (si pas systématiquement) la difficulté de pardonner « même quand ça fait mal » : l’absence de culpabilité ou de remords et/ou l’indifférence totale du « prochain ». Le pardon gratuit est un défi incommensurable pour tout être humain, dont le chrétien.

      Timothée
    • Cher Inbo,
      Je me permet de revenir sur la distinction très net que tu fait entre le pardon et l’oubli, il me semble aller trop loin de dire que les deux sont absolument dissocié. Tu argumentes en te basant sur la distinction de termes et sur un exemple « extrême », cependant si nous prenons l’exemple de l’amour et du pardon, bien que se sont 2 termes différents l’un ne va pas sans l’autre, aimer c’est pardonner, de la même façon souvent l’oubli dont il est question dans cet article est exprimé en relation avec le pardon (Ezéchiel 33:16; Job 7:21; Michée 7:18).
      Pour ce qui est de l’exemple il ne me semble pas que l’oubli dont parle l’article soit celui là justement, j’ai plus l’impression qu’il n’est pas question de cacher un danger mais de ne pas rappeler les tords d’une personne pour lui faire du mal et par méchanceté en vers elle par exemple. C’est d’ailleurs celui dont tu parles quand tu dis : >Ce qui serait « mal » avec ces phrases, ce serait le reproche associé ou de l’utiliser pour abaisser l’autre, mais certainement pas le fait de signaler.
      Cordialement, Timothée.

    • Benjamin E
    • Inbo,

      Je pense que tu as mal saisi ce que je voulais dire par « oubli ». Je rejoins tout à fait ce que Timothé a dit dans son commentaire. Ne pas chercher à pointer du doigt les gens en fonction de la rancoeur de notre coeur, mais plutôt pardonner et oublier le mal qu’ils auraient pu nous faire, par amour. Je suis convaincu que c’est ce que la Bible demande ! (Cf Colossiens 3.13, Proverbes 17.9)

      Tout cela revient à respecter le commandement du Seigneur, qui est d’aimer son prochain comme soi même !

      Sois béni,

      Benjamin

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    • Merci pour avoir pris le temps de me répondre.

      C’est sans doute plus un débat étymologique voire philosophique que théologique mais je persiste dans mon idée en allant même plus loin :
      la puissance du pardon peut être en écho à la réminiscence du tord.

      Imaginons : j’ai propagé des propos blessant, disgracieux et faux sur un ami.
      Je viens à lui demander pardon et ce dernier, par grâce, me pardonne.
      Un an après, nous ré-évoquons cette histoire.
      Je percevrai beaucoup plus la puissance du pardon dans un :
      « Ah oui, quelle histoire ! Tu m’avais fait beaucoup de peine ce jour là, mais rassures-toi, n’oublies pas que j’ai accepté de te pardonner »
      Que dans un (souvent hypocrite) :
      « Hein ? Mais de quelle histoire tu parles ?  » , un « C’est derrière tout ça, pourquoi tu y penses encore ? » ou encore un « Le passé, c’est le passé. N’en parlons plus, veux-tu ? » ou pire : « N’as tu donc pas compris que je t’ai pardonné ? »

      Pour ce qui est de « oublier le mal qu’on aurait pu nous faire ».
      Vous êtes tous les deux d’accord avoir moi pour rappeler que c’est l’association d’une rancœur et de ressentiments négatifs envers la personne blessante qu’il faut éliminer par le pardon, bien plus qu’un « oubli ».
      Le piège de votre raisonnement, c’est que certains se jettent eux-même l’opprobre par une culpabilité de ne pas arriver à évacuer un souvenir douloureux quand bien même le pardon est là. Pour moi ce sont bel et bien deux étapes différentes. Très souvent liées, mais pas toujours. Je me lance sans filet à dire qu’un psychologue serait d’accord avec moi pour dire qu’un refoulement (puisqu’il peut s’agir de cela) n’est jamais bon dans le développement psychologique d’une personne.
      Pour moi, la vraie paix et la vrai grâce que Jésus nous donne quand on pardonne, c’est d’être en paix à l’évocation d’un souvenir douloureux, y compris avec la personne.
      Comme je l’ai dis précédemment, sinon, on risque le refoulement, le déni ou l’hypocrisie.

      Si je donne l’impression de remettre totalement en cause votre article ce n’est pas le cas, je cherche juste à être un peu plus exhaustif et précis en anticipant des mauvaises interprétation qui pourraient en être faites.

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  • « Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. »

    Le pardon implique une réciprocité. L’offenseur et l’offensé se doivent de se demander pardon mutuellement (quelque soit celui qui fait la 1er pas), sinon le pardon ne peut-être complet.
    Le Seigneur nous pardonne sans condition, mais il nous appartient, en tant qu’offenseur, de reconnaître nos fautes premièrement pour obtenir son pardon plein et entier et entrer dans sa grâce merveilleuse.

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    • D’où la question suivante : a-t-on la légitimité de ne pas pardonner si l’offenseur ne présente aucun signe de repentance ou au contraire, s’il a une attitude de déni, de moquerie ou d’indifférence ?

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  • Bonjour , je suis d’accord avec vous que le fait de pardonner est un commandement divin. Mais cela ne veut pas dire oublier. Quelqu’un par exemple qui est un véritable kleptomane et qui vous fait du tort vient vous demander pardon. Vous le pardonnez. Mais si vous vous rendez compte qu’ il n’a pas changé, sans pour autant le rejeter il est tout à fait normal de prendre des précautions pour ne plus être une victime.
    Et il me serait difficile de recommander cette personne.

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  • Le pardon c’est vrai un commandement divin mais il existe des personnes mal intentionnées qui sont là seulement pour faire le mal,c’est pourquoi il faut leur pardonner pour vous débarrasser de ce mal,de cette gangrène que ronge corps et esprit.

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