La pauvreté… et moi ? (1)

Dans le cadre de ma participation à un voyage à Haïti avec le SEL prévu fin juillet, je me penche sur le sujet de « la pauvreté ». Cet article est le premier d’une série de trois articles. Les prochains articles seront publiés mensuellement le 22 du mois de mai et juin.

 

Au milieu de la pauvreté…

Au cœur des inégalités sociales, l’extrême pauvreté, l’exclusion, en un mot la misère, constitue le scandale permanent le plus insupportable de notre monde. Éliminer la misère est un des idéaux constamment réaffirmés depuis des siècles dans de nombreux pays, mais à quel prix ?

Peut-être que comme moi, tu te sens souvent démuni face à cette ampleur et que tu ne t’es, ou t’étais jamais positionné pendant longtemps. Dans tous les cas, c’est un sujet qui nous concerne tous de loin ou de près. Personnellement, ce sujet me bouleverse, au point que mon cœur me pousse à agir… Je souhaite qu’au travers de cet article, tu trouves quelques éléments clés pour cheminer et t’intéresser de plus prêt à « la pauvreté ». Nous devons arrêter de penser « je ne peux rien faire ». Oui, les inégalités sociales sont partout ! Lutter contre la pauvreté dans le monde commence aujourd’hui, ici, envers ton prochain.

 

Quel est ton rôle ? Tu me dirais sûrement, « faire le bien » ! Bien évidemment, mais quelle attitude et quel engagement en tant que jeune chrétien ? Il t’est déjà arrivé de penser :

« Sérieusement ?! Comment puis-je faire quelque chose ? La problématique de la pauvreté est extrêmement compliquée. Il n’y a pas de solution. L’aide, aussi importante soit-elle, ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan ». 

Ce sentiment d’impuissance ou de dépit ne doit pas être la fin de notre raisonnement, mais plutôt le point de départ. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la pauvreté est une conséquence de la chute. Elle est aussi une figure de la condition de l’humanité perdue à laquelle Dieu vient en aide. En prenant conscience de l’ampleur de cette catastrophe, il nous faut amener ce sentiment d’impuissance dans la prière devant Dieu, commencer ou continuer d’envisager notre propre implication dans une ou plusieurs situations de besoin concrètes.

 

La prière, nous permet de trouver le courage et la force de faire ce qui est en notre pouvoir, de mesurer l’ampleur du travail à faire et d’apporter notre contribution en sachant que Dieu nous accompagne.

Les moyens de lutter contre la misère et l’exclusion sont nombreux. Il n’y a pas si longtemps j’ai découvert l’exemple de lifevestinside.com, une chaîne de solidarité qui au travers des vidéos encourage à la générosité et au don de soi. De nos jours, l’action sociale apparait  comme un devoir d’humanité, j’ai envie de dire « ça tombe bien », elle est en plus une réponse au commandement d’amour du prochain. Mais je crois que notre défi en tant que chrétien est double. Notre action sociale doit aller avec l’annonce de l’Evangile. L’un ne va pas sans l’autre. Christ doit être au cœur de notre engagement social sans quoi nous oublions de montrer aux hommes celui qui s’est donné pour nous et qui est au centre de tout ce que nous faisons. L’annonce de l’évangile sans actes concrets sonne creux !

 

Poussés par l’amour…

« Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a offert sa vie pour nous ; nous aussi nous devons donner notre vie pour les frères et sœurs. Si quelqu’un possède les biens du monde et voyant quelqu’un dans le besoin il lui ferme ses entrailles comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles avec la langue mais en action et avec vérité, et nous rassurerons nos cœurs devant lui. » 1 Jean 3.16

Ce verset nous parle d’aimer en « action et en vérité ». Wow ! C’est du concret, ça veut dire que ce qui doit nous pousser à agir doit être l’Amour. N’est-ce pas merveilleux d’avoir la possibilité de faire les choses par amour et de ne pas être sous la contrainte ? Si nous vivons l’amour de Dieu au quotidien dans notre intimité avec notre Père céleste, alors cela sera plus facile d’agir de manière concrète envers notre prochain. De plus « à cela tous connaîtrons que nous sommes ses disciples » Jean 13.35

Rappelons-nous aussi du 1er et 2e commandements « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

« Ton prochain » : il s’agit là de tout homme sans considération de race ou de religion, des personnes que nous côtoyons ou que nous rencontrerons. Quel genre d’amour ? Un amour « désintéressé » : il n’attend rien de l’autre, il est une source qui donne sans se préoccuper de savoir s’il recevra en retour.

Jésus est notre meilleur exemple. Il allait auprès des plus pauvres et partageait avec eux tout ce qu’il avait, l’amour de Dieu, au travers les miracles, les guérisons, annonçant la parole où qu’il allait. Toute sa vie est une démonstration même de l’amour qui était le reflet de la relation qu’il avait avec le Père.

 

Parfois nous sommes remplis de bonne volonté et nous accomplissons pleins de « bonnes actions », comme porter secours, participer à des actions d’évangélisations, soutenir financièrement un projet ou une personne dans le besoin. Mais nous avons tendance à tomber dans l’activisme et perdons le sens et la valeur que nous donnons aux choses.

Ou bien, comme c’était mon cas avant, tu fais parti de ceux qui ne veulent pas s’engager, peut-être penses-tu avoir de bonnes raisons ? En tout cas, la véritable difficulté dans un engagement chrétien en faveur des pauvres, c’est de savoir se détourner de soi-même et d’oser prendre des risques en osant croire à ce que Dieu nous enseigne. Souvent, nous aimons que cela ne nous coûte pas trop d’efforts et d’investissement, parce que oui, nous avons des vies tellement remplies qu’il ne faudrait pas qu’on nous prenne trop de temps sur notre agenda.

Je t’invite à t’arrêter et à prendre le temps de réfléchir à tes priorités.

L’attitude que nous adoptons et l’état d’esprit dans lequel nous agissons sont aussi très importants. Si tu le fais simplement par bonne conscience, par intérêt personnel ou par orgueil, là n’est pas le véritable engagement chrétien. Ce qui manquerait est le moteur de l’amour et de la compassion qui va te donner le sens, l’élan et l’énergie nécessaire pour atteindre l’objectif ! Aussi nous ne pouvons pas tout faire, ce qui compte c’est de rester dans la simplicité et  l’obéissance concrète au quotidien, c’est-à-dire l’amour et pas l’espoir insensé de régénérer nous-mêmes la société.

En saisissant des occasions, nous agissons au changement du monde par le moyen de Christ. « Le Défi Michée » est un exemple concret d’« occasion » saisie afin d’avoir une parole chrétienne dans la société en faveur de ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté.

 

Dans le prochain article, nous continuerons de parler de notre engagement chrétien dans la société vis à vis de la pauvreté,  en citant des moyens concrets qui nous sont accessibles en tant que jeune collégien, lycéen, étudiant ou jeune travailleur.

 

Sources, vidéo et conseils de lectures :

  • 58 – Le film qui interpelle l’église 
  • « Vivre comme un simple radical » Shane Claiborne
  • « Just people ? » – Pour une vie simple et juste (Ed. LLB)
  • « Le cri des chrétiens du sud » – Pour une bonne nouvelle incarnée dans les actes

 

Deux articles en rapport avec le SEL sur La Rébellution :

Déborah S
Auteur : Déborah S

24 ans, rébellutionnaire, harpiste et étudiante au Cfmi de Sélestat.

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