« Oui, je suis faible »

Ces derniers temps je me suis pas mal interrogée sur la nature de mes faiblesses et la façon de les surmonter. C’est pourquoi j’ai eu à cœur d’écrire sur ce sujet, qui je l’espère saura t’amener à méditer.

En général on exprime facilement lorsque que l’on se sent faible physiquement, ou bien si l’on est malade ou avons un problème de santé. C’est moins évident de parler de nos difficultés à l’école, dans une ou plusieurs matières. Et encore moins lorsque nous luttons avec une addiction. Les sortes de faiblesses sont multiples et nous y sommes tous et tous les jours confrontés tout simplement parce que nous sommes des êtres pêcheurs, imparfaits. Et, non seulement nous sommes faibles mais il n’est pas toujours évident de le reconnaître et encore moins devant les autres. Mais alors, que faire de sa faiblesse ?

 1. Apprendre à reconnaître sa faiblesse 

Personne n’aime être faible, donc le plus souvent possible nous cherchons à « paraître » fort. Certains d’entre nous utilisent la force de leurs émotions pour manipuler. D’autres, se servent de la force de leur personnalité pour contrôler et d’autres encore, de leur intellect pour intimider. Bien que ces subterfuges donnent une illusion de force, ils trahissent la faiblesse.

Il n’y a pas si longtemps, je me suis retrouvée au volant de la voiture de mes parents. Mon frère et ma sœur étaient avec moi dans la voiture, et c’est dans ces moments-là qu’ils ont le chic pour passer ma conduite au crible en énumérant toutes mes erreurs, que ça soit un oubli de clignotant, une erreur dans un rond-point ou autre. J’imagine que toi, qui as déjà ton permis de conduire tu as déjà connu ça avec un ami, un parent ou un membre de la fratrie, n’est-ce pas ? A moins que tu ais une conduite irréprochable… Au début, je trouvais toutes sortes d’excuses du genre « je ne conduis pas assez souvent », « je ne comprends pas, j’avais pourtant regardé », etc. Jusqu’au moment où je me suis dit que mes excuses étaient vaines et qu’ils valaient mieux que je les laisse parler. Ou encore mieux, que je reconnaisse devant eux mes faiblesses afin qu’ils me laissent tranquille et/ou soient plus compatissants envers moi.

Après coup je me suis demandé ce qui était le plus difficile : reconnaître ses faiblesses ou chercher à tout prix à sauver sa peau au travers d’excuses et toute sorte de mensonges ? Ne pas reconnaître ses faiblesses insinue que nous n’avons pas le droit à l’erreur ou alors que nous paraissons faibles de les dire. Tandis que lorsque l’on reconnaît ses faiblesses, nous sommes dans une attitude d’humilité dans laquelle nous acceptons que les conseils ou les reproches des autres peuvent nous faire progresser et évoluer.

Parfois, on se comporte de façon similaire lorsque nous venons à Dieu. Nous utilisons toutes sortes d’excuses alors qu’il nous accueille près de lui, tels que nous sommes, rempli d’amour et de compassion. Nous n’avons pas à nous justifier, mais à lui demander pardon. Il connait notre faiblesse et il désire que nous courions à lui et passions du temps dans sa présence pour le laisser venir habiter notre faiblesse.

« Quand Dieu vient au secours de ma faiblesse, c’est là que je suis fort … »

2. Reconnaître son besoin de Dieu

Tu pourrais me dire : « Si Dieu connait déjà ma faiblesse je n’ai pas besoin de me prendre le chou avec ça ». En fait, je pense que c’est important, car notre faiblesse et notre besoin de Dieu sont liés. Reconnaître sa faiblesse c’est comme reconnaître son besoin de Dieu. Et donc si nous avons du mal à reconnaître notre faiblesse devant Dieu, non seulement nous aurons également du mal à la reconnaître devant les autres mais en plus au travers de cela nous laissons dire : « Dieu, je n’ai pas besoin de toi, je m’en sors très bien par moi-même ». Il y a une phrase de Jim Cymbala qui me parle : « Dieu est attiré par la faiblesse. Il ne résiste pas à ceux qui admettent humblement et honnêtement leur détresse, et combien ils ont besoin de lui ».

Vers la fin du ministère terrestre de Jésus, certains disciples ont cherché à obtenir une position d’importance. Jésus a profité de leur argument pour leur enseigner que, dans son royaume, les choses se passent autrement : on est grand lorsque l’on accepte d’assumer une position de faiblesse (Matthieu 20.26).

3. Laisser Dieu être glorifié dans sa faiblesse

Comme dit précédemment, notre chair préfère souvent l’illusion de la force à la réalité de la faiblesse, alors que, c’est lorsque nous avons le courage d’admettre nos limites et reconnaissons notre dépendance de Dieu que nous sommes véritablement forts. Lorsque l’apôtre Paul a prié pour que Dieu le libère d’une certaine affliction, Dieu lui a répondu : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans ta faiblesse » (2 Corinthiens 12.9). À cela, Paul a répondu par ces paroles troublantes : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (v.10).

J’ai remarqué que lorsque nous traversons des situations difficiles nous venons souvent plus facilement à Dieu pour lui implorer son aide et son secours. Ces moments d’épreuves, de souffrances et donc de faiblesse où l’on se sent plus fragile, parfois comme à fleur de peau. Et je suis sûr que le Seigneur prend plaisir quand nous venons proche de son cœur lui présentant nos difficultés. Mais, je pense également qu’il aimerait nous voir chaque jour, peu importe les circonstances, près de lui, disant : « Seigneur, seul je suis faible, j’ai besoin de toi ». Notre faiblesse doit nous pousser aux pieds de Jésus ! Il ne s’agit pas de commencer à se dévaloriser, mais simplement de reconnaître notre état de pécheur et notre besoin de Dieu pour nous laisser façonner et transformer à son image.

Une clé importante : la prière ! Je t’invite à lire l’article paru le 24 février « Je suis plus fort que Jésus » dans lequel Kevin nous explique que « lorsque nous ne prions pas, nous disons très souvent « je suis trop faible » : en d’autres termes, nous ne nous croyons pas assez forts pour prier autant. Sache au contraire, que c’est parce que nous nous sentons trop forts que nous ne prions pas assez. La prière est certainement l’une des disciplines de la vie chrétienne la plus difficile à appliquer car elle nous humilie, et notre chair n’aime pas cela ».

Et toi ?

Reconnais-tu facilement ta faiblesse ? En parles-tu à Dieu ?

Je t’encourage aussi à t’entourer de personnes, spirituellement fortes avec qui tu pourras parler de tes faiblesses.

 

Persévérons dans les épreuves et que notre faiblesse soit l’occasion pour nous de voir la puissance de Dieu à l’œuvre dans notre vie.

Déborah S
Auteur : Déborah S

24 ans, rébellutionnaire, harpiste et étudiante au Cfmi de Sélestat.

Voir tous ses articles →