L’école du pardon (2/6) Classe 1 : La balance déséquilibrée

Crédits photo : telecom-em.eu
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Vous pouvez lire la première partie de cet article ici

Post de Victoria Vickie

Avant de commencer à traiter du « pardon », je voudrais à travers nos deux premières classes, poser le problème. Le déséquilibre que je veux mettre en évidence est celui entre l’amour et la justice. Martin Luther King écrivait : « Dieu a les deux bras étendus. L’un est assez fort pour entourer de justice, l’autre assez doux pour nous entourer de grâce ». L’amour de Dieu et sa grâce pour tous les hommes n’existe pas et ne saurait exister sans sa justice et son caractère saint. C’est parce que Dieu nous aime, qu’il nous justifie, et c’est encore par amour qu’il désire voir chacun de nous sanctifié. L’amour de Dieu ne justifiera jamais le péché. Dieu est amour, mais Dieu est aussi justice, et sa justice a besoin d’être satisfaite. Cette conscience intérieure de la justice est inscrite en chacun de nous. Nous arrivons alors à la balance déséquilibrée. Il y a une notion qui prévaut dans toutes les relations humaines, une notion qu’on a tendance à oublier, une notion qui s’est effacé derrière l’amour : la justice.

Beaucoup de relations sont fondées sur des balances déséquilibrées. On exige de l’autre partie que « par amour » (que c’est un bien grand mot), elle se donne, elle meure à elle-même, qu’elle perde ses droits. Les balances déséquilibrées penchent en faveur d’un amour unilatéral (quoi qu’elles puissent prêcher le contraire). « Bien sûr puisque que tu aimes, Oh tu sais bien qu’il faut aimer. C’est un reflet du caractère de Dieu. C’est le caractère de Christ qu’il nous faut manifester. Je n’ai pas besoin de te rappeler, Frère, 1 Corinthiens 13, les propos de l’apôtre Paul, l’amour : c’est le chemin par excellence, de loin le meilleur au-dessus de tous les dons ». Malheureusement, ce qui est ignoré dans ces cas-là, c’est que plus l’amour est fort, plus il se donne, plus le besoin de justice sera grand. C’est fort du prix d’amour payé par le sacrifice de son Fils que le Dieu du ciel s’assurera que ce dernier n’a pas souffert en vain. Ceux qui accepteront le sacrifice de son Fils justifieront sa grâce et ceux qui le rejetteront justifieront sa justice et sa colère. C’est ce qui explique que plus on aime, plus on exige de l’autre. Plus l’amour se donne à l’autre, puis les paramètres de justice seront conséquents. On pourra tolérer qu’un inconnu nous marche sur les pieds, de toute façon il est loin de moi, je ne le connais pas. Mais dès qu’il s’agit de quelqu’un de notre maison, quelqu’un à qui on a ouvert notre cœur, au moindre grief, c’est notre être entier qui demande justice : « Mais comment est-ce que tu as pu me faire ça ? » ; « Après tout ce que j’ai fait pour toi, tous ces efforts, tous ces investissements ? » ; « Comment est-ce que tu peux dire/penser une chose pareille ? ». Oui, l’amour n’existe pas sans la justice. Et plus l’amour s’est donné, plus il aura soif de justice.

Dès lors, Il faut qu’un prix soit payé en réponse au préjudice causé ; car en dépit de mon amour, tes propos/tes actes/tes pensées m’ont fait mal. Je réclame justice. Celle-ci se traduit généralement par la demande d’une sincère repentance de l’autre partie (changement de cœur, de pensées, d’actes, d’attitudes, nouvelles résolutions). Cela peu arriver, mais cela peut aussi ne pas arriver (et c’est ce cas qui nous concerne), soit qu’on a décidé de taire sa douleur, soit que l’autre ne comprend pas. A mon avis, cette notion « de justice  » doit-être reconnue et acceptée, car en refusant de l’admettre, on blesse l’autre, et on devient susceptible de produire de l’amertume. Dans tous les cas, il nous faut pardonner aussi parce que nous avons un Père qui sans cesse nous pardonne.

Auteur : Victoria V.