L’hygiène de vie

Crédit photo - Jean Malley
Crédit photo – Jean Malley

Dans la section commentaire d’un article sur le leadership il y a quelques mois, Maxime a mentionné qu’il serait bon de définir ce que l’on veut dire par « hygiène de vie ». Je pense que c’est une discussion qui pourra être bénéfique pour tout le monde, donc voici ma proposition de définition. Si vous voulez y ajouter votre petit grain de sel ou contester le mien, vous pouvez rejoindre la discussion dans la section de commentaires ci-dessous.

1. Le travail

Il faudrait commencer par dire que, bibliquement, le travail est un élément essentiel d’une bonne hygiène de vie chrétienne. L’oisiveté est reprise très souvent dans les Proverbes (Proverbes 10.26 ; 12.27 ; 15.19 ; 19.15 ; 19.24 ; 20.4 et tant d’autres), et nous sommes sauvés pour une mission et avec un mandat. Les contours de ce mandat sont matière à débat, mais nous sommes tous d’accord que nous sommes missionnés par Dieu, à partir du moment où nous faisons partie de son peuple. Les temps sont courts (1 Corinthiens 7.29), il faut d’ailleurs racheter celui-ci (Éphésiens 5.16) et chacun de nos instants est censé glorifier Dieu (1 Corinthiens 10.31).

2. Le repos

Le travail trouve son parallèle évident : le repos. La Bible en parle très tôt, avec la notion du Sabbat (Exode 20.8). Jésus spécifie bien que le Sabbat est fait pour l’homme, et non l’homme pour le Sabbat (Marc 2.27), enlevant ainsi toute notion que le Sabbat est quelque chose d’institué pour faire plaisir aux légalistes, mais bien là pour être d’un bénéfice pour l’homme. Tout homme a besoin de jours « off »… Et de façon bien plus évidente (et donc moins facile à voir), l’homme a besoin de dormir environ un tiers de son temps de vie.

Le concept des vacances n’est pas vraiment mentionné dans la Bible, mais dans l’Ancien Testament (Lévitique 25), les agriculteurs devaient laisser reposer leurs terres toutes les sept années. Et si un agriculteur ne cultive pas ses terres, que fait-il donc ? Ça ressemble fortement à des vacances à ma vue. Oui, il devait cultiver ce que la terre non labourée produisait, mais ça fait quand même une charge de travail bien moins lourde. Un septième de son temps ! C’est à dire environ un mois et demi par an… Je ne sais pas si le raisonnement tient, mais c’est à réfléchir.

Là où nos contemporains cherchent un repos que je pense illégitime pour les chrétiens, c’est la retraite. S’aérer le cerveau de façon régulière et planifier son temps pour y inclure des choses ni essentielles ni urgentes me paraît juste et biblique. Dire que, ayant travaillé quarante-cinq années, nous avons rempli notre contrat missionnel, pour prendre la direction d’une villégiature en Floride ou aux Bahamas me paraît très injuste. J’aurai toute l’éternité pour dire que j’ai fini la course, que j’ai combattu le bon combat (2 Timothée 4.7) et que je prends possession du royaume que Dieu a préparé pour moi depuis la création du monde (Matthieu 25.34). La retraite dans cette vie n’est pas un concept biblique à mes yeux.

3. Les priorités

Un concept fondamental dans le concept de l’hygiène de vie est celui de nos priorités. Pour cela, il faudra comprendre envers qui nous avons des responsabilités premières dans les cercles d’influence que Dieu nous accorde. Il me semble, au vu des Écritures, que nous ayons un Dieu à la vision « glocale » : un plan global incluant toute la terre, au travers d’actions locales. Ainsi, plus votre cercle d’influence est local, plus il est important pour vous. Ça commence par votre famille. Puis votre quartier (avec groupe de maison). Puis votre ville (avec Église locale). Puis, si le Seigneur vous accorde une telle influence, l’impact sur votre pays (associations extra-locales, ministères trans-locaux, dénominations ou familles d’Églises), et puis le niveau international. À chaque fois, il faudra que le plus petit cercle d’influence soit bien ordonné avant de pouvoir chercher à s’occuper de la prochaine zone d’influence. Même un président de dénomination doit être impliqué fortement au niveau local dans son Église, et il en va de même pour des ministères internationaux et/ou itinérants. Ainsi, l’application pratique est : priorité au temps passé avec vos proches (famille, voisins, collègues, camarades). De façon assez peu intuitive, les petites choses de la vie sont en fait les plus importantes.

Conclusion

Il y aurait des tonnes d’autres choses à dire, mais j’essaie de rester en dessous de 700 mots, et je pense que pour débuter, ça suffit amplement. Pour contribuer à la conversation, la section commentaires se trouve en dessous !

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Auteur : Nathan L

26 ans, Rébellutionaire depuis une bonne dizaine d'années, marié à Beki, papa d'Emilie et de Caleb, responsable à l'Eglise CVV Paris et auteur du livre Devenir un Homme Selon Jésus.

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