I. Faut-il faire plus d'efforts ?
Lorsque nous manquons de joie, notre premier réflexe est souvent de faire plus d'efforts… et même de culpabiliser en pensant que nous n'en faisons pas assez. On se dit : « Je vais prier davantage. Servir plus à l'Église. Être un meilleur chrétien. » C'est une réaction logique… mais ce n'est pas la solution.
Le Royaume de Dieu fonctionne autrement. La vie chrétienne ne dépend pas d'abord de ce que tu fais pour Dieu, mais de la relation que tu entretiens avec lui. Jésus met en garde contre ce danger. En parlant de certaines personnes qui avaient pourtant accompli beaucoup d'œuvres, il leur dira : « Je ne vous ai jamais connus. » en Matthieu 7.23. Le verbe grec est egnōn, qui signifie connaître par une relation personnelle, intime. Jésus ne leur reproche donc pas de ne pas avoir assez travaillé, mais de ne jamais avoir réellement vécu en communion avec lui.
Alors, si le problème n'est pas le manque d'efforts, quel est-il ? Le problème est souvent un problème de source. Nous essayons de produire par nous-mêmes ce que seul Dieu peut produire en nous.
C'est exactement ce que Jésus explique dans Jean 15. Il ne dit jamais : « Produisez du fruit. » Il dit : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. » Une branche ne fait aucun effort pour produire du raisin. Elle reste simplement attachée au cep (le tronc) qui est lui-même attaché aux racines.
Il en est de même pour nous. Nous sommes les sarments (les branches). Lorsque nous demeurons attachés à Christ, sa vie agit en nous et produit progressivement son fruit : l'amour, la paix… et la joie. Nous ne fabriquons pas la joie ; nous la recevons en restant attachés à la véritable Source. Cette joie passe des racines au raisin.
C'est un peu comme un téléphone. Il peut avoir le meilleur appareil photo et les meilleures applications. S'il n'est pas branché à son chargeur, il finira par s'éteindre. Tu auras beau vouloir ouvrir Instagram, rien ne se passera si ton téléphone n'a plus de batterie.
C'est pareil pour nous : nous pouvons désirer la joie, mais si nous ne restons pas connectés à Dieu, nous ne pourrons jamais en être véritablement remplis.
II. Une joie produite seulement par le Saint-Esprit
« Le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. » Romains 14.17
On oublie souvent les trois derniers mots : par le Saint-Esprit. La joie du Royaume de Dieu ne vient donc pas de nos capacités, mais uniquement de l'action du Saint-Esprit en nous. C'est exactement ce que confirme Galates 5.22 : « Le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix... ». On relève bien que Paul ne parle pas du fruit du chrétien, mais du fruit de l'Esprit. La joie n'est donc pas quelque chose que nous fabriquons ; c'est le Saint-Esprit qui la produit en nous.
Mais comment produit-il cette joie ? Jésus répond à cette question dans Jean 15.4 : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez pas en moi. »
Quelques versets plus loin en Jean 15.11 : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Remarque bien qu'il ne dit pas : « Fabriquez votre joie. » Il dit : « Que ma joie soit en vous. » C’est une grosse différence, la joie chrétienne n'est pas une émotion que l'on force : c'est la joie de Christ qui nous est communiquée lorsque nous demeurons près de lui.
Conclusion
Pour conclure, j’aimerais reprendre l’image du jardin. Nous pouvons prendre soin des feuilles et des fleurs, mais si le tuyau d’arrosage n’est plus relié à la source d’eau, tout finira par sécher. Notre cœur fonctionne de la même manière : nous ne pouvons pas produire seuls la paix et la joie que Dieu veut nous donner. J’ai moi-même mis du temps à comprendre cette vérité : la vraie joie ne vient pas de nos efforts, mais d’une vie attachée à celui qui est la Source.





