Quand on regarde directement certaines choses, elles deviennent étrangement opaques. Considérons par exemple, le soi. “Pourquoi est-il possible”, demande Walker Percy dans le meilleur livre de développement personnel de tous les temps, “d’en apprendre plus en 10 minutes sur la Nébuleuse du Crabe dans la constellation du Taureau située à plus de 6000 années-lumière, que sur soi-même…alors qu’on a été coincés avec nous-mêmes toute notre vie?1 Le problème est en partie une question de perspective : Comment pourrions-nous sortir de nous-mêmes pour faire une analyse impartiale? Le soi n’est pas quelque chose qu’on doit regarder directement et comprendre, mais plus quelque chose à considérer en relation avec Celui qui nous connaît le mieux. (cf. Galates 4v9)
La prière et le Saint-Esprit sont similaires à cet égard. Ils deviennent plus limpides quand nous considérons leurs relations nécessaires aux autres choses et autres personnes.2 La prière n’est pas une réalité indépendante mais notre moyen de communication dans une relation d’alliance avec Dieu. Il y a donc une bonne raison d’introduire la prière en présentant ses partenaires. “La Prière et…” est certainement une réflexion enrichissante.
Dans son excellent guide Le Saint-Esprit : Une introduction, Fred Sanders prend la même approche pour la pneumatologie.3 Sanders écrit que l’Esprit est « déflectif » (Il dirige nos yeux autre part), « réflexif » (Il est la lumière dans laquelle nous voyons la lumière), et « connectif » (Il nous attache à la vérité). Dès que nous pensons à l’Esprit, nous nous retrouvons à penser à d’autres réalités. Nous pouvons avoir l’impression de courir après le vent…mais ça ne sert pas rien. Sanders montre l’aspect paradoxal de la pneumatologie en adoptant une approche indirecte du Saint-Esprit. Il prend en compte l’Esprit et le Père, l’Esprit et le Fils avant de considérer “le Saint-Esprit lui-même”. “Le Saint-Esprit et…” se révèle être une réflexion enrichissante.
“Le Saint-Esprit et la prière” pourrait alors, être une union parfaite. Mais que pouvons-nous véritablement comprendre de cette association ? Quel est, plus particulièrement, le rôle du Saint-Esprit dans la prière ?
D’une certaine manière, il est extrêmement facile de trouver du contenu biblique pertinent qui stimule cette reflexion. En effet, les activités du Saint-Esprit en lien avec la prière sont, comme John Owen a remarqué, “plus fréquemment et plus explicitement affirmées dans l'Écriture, que son rôle concernant n’importe quel autre moyen de grâce”4. Pourtant, l’abondance même de connexions discernables dans l'Écriture est précisément ce qui rend difficile l’organisation du contenu, d’une manière claire et concise. L’Esprit, c’est comme l’atmosphère dans laquelle on prie, et le souffle même par lequel chaque prière est exprimée. A cause de son omniprésence dans la vie de prière, il peut être difficile de savoir où commencer.
Le travail de l’Esprit avant la prière
Aucune personne née d’Adam recherche naturellement Dieu. Dans la chair, nos meilleures tentatives de prière vont rarement plus loin qu’un “dieu inconnu” (Actes 17v23). Ce sont souvent des actes qui sont en fait, des gestes pour se rassurer, plus que de vraies prières. La vraie prière dépend de l'action providentielle de l’Esprit.5
Fondamentalement, (1) l’Esprit renouvelle notre cœur et notre pensée pour que nous puissions prier en esprit et en vérité. Il nous donne de nouveaux cœurs qui sont vivants pour Dieu, qui s’est révélé et qui a ouvert un chemin à Lui par Jésus crucifié et ressuscité. Le terme technique pour ce phénomène est la régénération (notez par exemple Tite 3v5). Ou, pour utiliser un concept théologique complémentaire, Dieu, par son Esprit, nous appelle efficacement à travers l’Évangile. Cet appel est efficace, en particulier pour nous attirer à prier.6 Avant que des paroles de prière résonnent en nous, une parole doit d’abord nous être adressée. La prière est une réponse orale.
Dans une réflexion approfondie sur la promesse du déversement de « l’Esprit de grâce et de supplication » (Zacharie 12:10 BDS), Owen résume la chose ainsi : l’Esprit crée en nous librement (c’est-à-dire par grâce), des « dispositions et des inclinations pleines de grâce » pour la prière. Il nous donne aussi « une capacité pleine de grâce pour l'exécuter de la bonne manière ».7 Comme Sanders l’explique plus simplement : « Le Saint-Esprit nous donne envie de prier, puis il nous donne la force de prier. »8
De plus, (2) l’Esprit nous rappelle certaines choses essentielles qui nous motivent à prier. Avant tout, le ministère tout particulier de l’Esprit à ce sujet, est de nous rappeler des enseignements du Christ, ainsi que du sens de Sa vie, de Sa mort, de Sa résurrection et de Son règne après l'Ascension (Jean 14:26 ; cf 2:22 ; 12:16). À mesure que nous apprenons à vraiment connaître le Christ par la puissance de l’Esprit, nous trouvons le courage d’élever nos voix vers le Père qui nous aime (nous y reviendrons au point 3).
Plus généralement, l’Esprit nous conduit dans toute la vérité (Jean 16:13 ; cf 14:26)9. Il éclaire, et nous rappelle la vérité de la Parole de Dieu. Dans leur meilleurs moments, nos prières répondent à cette Parole. Elle est remplie de promesses auxquelles nous pouvons nous accrocher et qui contient même des modèles de prière pour nous apprendre à prier (ex les Psaumes ou la prière du Seigneur). Le ministère de l’Esprit qui nous rappelle ces vérités est donc essentiel pour que la prière puisse démarrer.
En plus de ce ministère de rappel, (3) l’Esprit nous rassure sur le fait que nous, pécheurs, avons accès au trône de toute miséricorde. Pour sûr, ce chemin vers l’assurance passe par, et donc n’esquive pas, l’Esprit qui nous convainc de nos péchés. Ainsi, nous pouvons reconnaître notre grande misère et notre besoin de Dieu (cf Jean 16:8–11). Mais l’Esprit ne nous aide pas seulement à voir notre péché tel qu’il est, Il nous aide surtout à voir le Sauveur, le Fils de Dieu donné par le Père par amour pour nous (Jean 3:16). Ainsi, avec une confiance en Christ forgée par l’Esprit, comme une preuve de l’amour du Père, nous trouvons le courage de nous approcher de Dieu, tout en sachant qu’il prend plaisir à écouter nos prières (Jean 16:23–27). 10
Par ces différentes manières, (4) l’Esprit nous pousse à prier. Se réjouir « dans le Saint-Esprit » a conduit notre Seigneur à adresser une prière de reconnaissance remarquable à son Père (Luc 10:21–22). D’une autre manière, Étienne prie avec une confiance ferme : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit », et, avec un amour extrêmement admirable envers ses meurtriers, « Seigneur, ne leur demande pas compte de ce péché » (une prière profondément semblable à celle du Christ ; cf Luc 23:34). Ce n’était sûrement pas par hasard qu’à ce moment-là, Étienne était aussi « rempli du Saint-Esprit » (Actes 7:54–60). Je me retrouve souvent à donner ce conseil : si tu te sens poussé à prier, que ce soit en réponse directe par rapport à un passage de l’Écriture (lu ou dont tu te rappelles), ou pour une personne, ou une situation précise à un moment donné, alors arrête-toi et prends le temps de prier. N’ignore pas l’appel de l’Esprit.
Le travail de l’Esprit pendant la prière
Nous avons déjà mis en lumière l’action rassurante du Saint-Esprit. Dans l’un des passages les plus connus concernant son rôle dans la prière, l’Esprit, qui est l’Esprit de l’adoption, nous rassure et nous rend capables de crier : « Abba ! Père ! ». Il est très instructif de comparer et mettre en contraste les deux passages du Nouveau Testament où cette idée apparaît pour comprendre l’action de l’Esprit pendant que nous prions :
« Vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : “Abba ! Père !” » (Romains 8:15 S21)
« Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, l’Esprit qui crie : “Abba ! Père !” » (Galates 4:6 NFC)
Si nous demandons : « Qui est-ce qui prie en disant “Abba, Père” ? », la réponse qui vient le plus naturellement est : nous, les croyants. Pourtant, en mettant ces deux versets côte à côte, on voit que la réponse est double : nous les croyants, prions (Romains 8:15), et l’Esprit du Fils prie aussi (il est le sujet implicite du participe neutre krazon en Galates 4:6).
Pendant que nous prions, (5) l’Esprit prie en nous. Cette présence intérieure est si profonde que l’on peut dire que « l’Esprit et l’Épouse » s’unissent en une seule et même prière (Apocalypse 22:17). Mais, comme l’expliquait Owen, ils le font « de manière différentes ». C’est la prière de l’Esprit, parce qu’il la rend possible en nous par la grâce souveraine, tout en nous joignant généreusement. C’est aussi notre prière, parce que, rendus capables par l’Esprit, nous la formulons réellement comme notre “devoir” et notre privilège. 11 L’Esprit prie par sa propre puissance. Nous, nous ne prions que par la puissance de l’Esprit répandue en nous, « dans l’Esprit » 12.
« Dieu donne l’Esprit comme le meilleur et l'ultime don en réponse à la prière. »
Mais l’Esprit n’est pas seulement « en nous » pour nous donner la force et nous soutenir en Christ afin que nous puissions prier « Abba ! Père ! » avec une foi, un amour et une espérance sincère. Il est aussi vrai que (6) l’Esprit prie à côté de notre prière, en intercédant pour nous. Il n’y a pas de meilleur passage dans ce cas que les mots rassurants de Paul dans Romains 8:26 (BDS) : « L’Esprit vient nous aider dans notre faiblesse. En effet, nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intercède en gémissant d’une manière inexprimable.»
Le ministère d’intercession de l’Esprit est nécessaire à cause de « notre faiblesse », que Paul identifie comme notre ignorance, concernant le sujet de nos prières. 13 Si on tient compte du contexte précédent dans Romains 8, on pourrait penser aux nombreux moments où on ne connaît pas la volonté précise du Seigneur, surtout dans les moments difficiles que nous traversons. Plus largement, notre faiblesse est le résultat de notre ignorance de la volonté souveraine de Dieu qui connaît tous les détails de (notre) l’Histoire. C’est pourquoi nous devons souvent simplement prier : « Que ta volonté soit faite », sans savoir exactement comment ni à quel moment cette volonté s’accomplira. Mais il existe quelqu’un qui n’a pas besoin de prier de manière aussi générale, celui qui connaît les profondeurs de Dieu (1 Corinthiens 2:10–11), celui qui peut et qui intercède spécifiquement pour nous «selon la volonté de Dieu » (Romains 8:27).
Même sans chercher à déterminer précisément où se déroule ce ministère d’intercession de l’Esprit, le simple fait de savoir qu’il le fait pour nous est une grande source d’encouragement. Savoir que le Christ intercède pour nous à la droite de Dieu l’est aussi (Romains 8:34). Mais Paul sait que l’Esprit n’est pas extérieur à nous, mais il a été versé dans nos cœurs (Romains 5:5 ; cf Éphésiens 3:16). Paul parle de la “présence” de l’Esprit en nous en Romains 8:27 à propos de celui « qui scrute les cœurs »(BDS). Paul veut donc dire que le ministère d’intercession de l’Esprit pour nous, a lieu en nous. L’Esprit nous aide alors « à côté de nous » et « en nous ».
Pour aller encore plus loin, même si ce point fait débat, ce ministère d’intercession peut être compris comme étant si intimement lié à nous, qu’il agit à travers les gémissements les plus profonds et les plus inexprimables de notre cœur. Ces gémissements sont dus aux souffrances intenses que nous endurons en attendant avec espérance, la rédemption de notre époque (Romains 8:23).14 Dieu l’Esprit, se rapproche de nous « au point de soutenir et de fortifier nos prières à un niveau tellement profond, que nous ne pouvons pas l’exprimer. En réalité, le Saint-Esprit est plus proche de nous que nous ne le serons jamais de nous-mêmes, car même si certaines dimensions de notre vie intérieure échappent à notre propre compréhension, aucune n’est fermée au Saint-Esprit ».15
Ainsi, lorsque les croyants en Christ prient, le souffle du Saint -Esprit élève même leurs soupirs douloureux vers le ciel, afin qu’ils soient entendus avec grâce par le Père comme des intercessions conformes à sa volonté.
Le travail de l’Esprit après la prière
Notre prière achevée, (7) l’Esprit rend efficaces, dans le monde, les prières que nous adressons au nom de Jésus, pour la gloire de Dieu le Père. Paul y fait allusion avec une formulation particulièrement forte en Philippiens 1:19. Alors qu’il est emprisonné, Paul exprime sa confiance envers l’Église de Philippes : «Grâce à vos prières et avec l’aide de l’Esprit de Jésus-Christ, je sais que tout cela aboutira à mon salut. » Il est impossible de transcrire en bon français la construction particulière que Paul utilise. Dans sa formulation, deux noms au génitif sont gouvernés par un seul article, pour former l’objet d’une préposition, ce qui donne “dia tēs hymōn deēseōs kai epichorēgias tou pneumatos Iēsou Christou.”
(⚠️les couleurs ne sont pas dans la traduction ni la traduction littérale ⚠️
littéralement = par la supplication de votre prière et l’aide de l’Esprit de Jésus-Christ)
Cette grammaire suggère « le lien le plus étroit possible entre leur prière et l’action de l’Esprit. Paul ne parle pas de deux réalités séparées (« votre prière » et « l’aide de l’Esprit »), mais de deux aspects d’une seule et même réalité. » 16 Ce que l’Esprit apporte n’est donc pas une aide supplémentaire venant s’ajouter à des prières déjà efficaces des chrétiens de Philippes. Au contraire, c’est Lui qui donne aux prières leur efficacité, conduisant à la délivrance de Paul afin qu’il puisse continuer à œuvrer pour le progrès et la joie des croyants dans la foi, pour la gloire du Christ (voir versets 25–26).
On retrouve cette même idée de base dans l’image cultuelle de l’Apocalypse 8:3. Alors que sept anges tiennent des trompettes prêtes à faire résonner leurs jugements, « un autre ange » prend « les prières de tous les saints » et les joint à « beaucoup d’encens » dans un encensoir, pour les offrir en fumée sur l’autel.
Auparavant, les prières des saints étaient elles-mêmes appelées encens (Apocalypse 5:8). Mais en Apocalypse 8:3, elles sont distinguées de « beaucoup d’encens », qui leur est ajouté et “avec” lequel elles sont offertes (verset 4). Qu’est donc cet “encens” supplémentaire, et pourquoi l’ajouter à l’encens que sont déjà les prières des saints ? Il est raisonnable de voir l’encens du 8v3 comme les prières d’un Autre. Elles sont jointes aux prières des saints et, en réalité, les complètent (voir Romains 8:26), les rendant efficaces pour accomplir la volonté de Dieu dans le monde (Apocalypse 8:5).17
En dernier lieu, et c’est capital, (8) Dieu donne l’Esprit comme le meilleur et l'ultime don en réponse à la prière. Notre Seigneur promet : « Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Luc 11:13 BDS). Jésus ne précise pas la requête de “ceux qui le lui demandent” : un poisson ? un œuf ? de la glace ? Jésus n’insiste pas sur ce que les enfants de Dieu demandent ou s’ils savent demander des choses appropriées. Il insiste sur la sagesse et l’amour du Père, qui sait « donner de bonnes choses », et qui montre cela en donnant le meilleur don : le Saint-Esprit. C’est comme si, qu’importe ce que nous demandons au nom de Jésus, nous exprimons au fond (par la puissance de l’Esprit) un désir de Dieu lui-même, que Dieu se réjouit de combler.
Cela a été vrai dans la vie de Jésus : En réponse à sa prière, il a reçu lors de son baptême l’approbation du Père, en partie par la manifestation de l’Esprit sous la forme d’une colombe (Luc 3:21–22). Cela a été vrai dans la vie de l’Église primitive : l’Église rassemblée a prié avec ferveur, « et quand ils eurent fini de prier… ils furent tous remplis du Saint-Esprit » (Actes 4:31 BDS ; cf 8:14–17). Le plus beau don que Dieu accorde en réponse à la prière, c’est lui-même, en la personne de Son Esprit.
Mais l’ordre de la prière, ou qui prie et reçoit l’Esprit et quand, est crucial. D’abord, le Fils demande et reçoit, ensuite nous, fils et filles adoptés, entrons dans cette vie de demande et de réception. Parce que Jésus a prié le premier, fidèlement et avec persévérance, jusqu’à la mort, alors, après son ascension victorieuse, il « a reçu du Père la promesse du Saint-Esprit » (Actes 2:33). C’est ce don reçu du Père que le Roi monté au ciel a ensuite versé sur son royaume de croyants. Dieu donne l’Esprit comme le meilleur et le plus ultime don en réponse à la prière.
Le travail de l’Esprit pendant la prière
En sortant du cadre un peu artificiel du rôle de l’Esprit avant, pendant et après la prière, nous devons finir par un point qui est vrai tout le temps. Le rôle de l’Esprit dans la prière n’est pas seulement d’être quelqu’un qui agit pour, dans et par la prière. Il est aussi et surtout, Celui, soit Dieu lui-même, à qui nous prions.
Cela pourrait vouloir dire que nous pouvons adresser nos prières au Saint-Esprit. Jusqu’ici, c’est juste. Il faut reconnaître qu’il n’y a pas vraiment de prières adressées directement au Saint-Esprit dans la Parole. La grande majorité des prières sont adressées à Dieu le Père, par (et parfois à) Dieu le Fils. Mais puisqu’Il est la troisième personne de la Trinité, les chrétiens croyant au credo ont toujours confessé que l’Esprit, « avec le Père et le Fils, est adoré et glorifié ».18
Il existe aussi une grande tradition d’hymnes et de prières qui expriment la louange et la demande adressées au Saint-Esprit. 19
Cependant, le modèle général biblique nous révèle le meilleur modèle, en quelque sorte, de la prière, et nous faisons bien de prier en l’utilisant. 20 Le sens profond de la prière, de la louange, de l’accès à Dieu et de toute communion avec Lui est résumé dans Éphésiens 2,18 : « Grâce à Lui (Christ), nous avons accès les uns comme les autres, auprès du Père, par le même Esprit. »21 Vers le Père, par le Fils, dans (et par la puissance de) l’Esprit. Avant la prière, pendant la prière, après la prière, et dans toutes les autres formes de communion heureuse avec le seul Dieu, nous allons vers le Père, par le Fils, dans l’Esprit.22
Par le moyen habituel de la prière au nom de Jésus, l’Esprit nous aide à nous réjouir de Christ et à glorifier Christ, le Fils, qui nous aime et qui s’est donné lui-même pour nous. (Jean 16v14; Ephésiens 5v2) Quand nous prions pour la sanctification du nom du Père, c’est par la puissance de l’Esprit que nous sommes entendus par le Père, Lui qui nous a donné son Fils par amour et dont la réponse à notre prière est assurée.
Quand nous grandissons dans notre connaissance du Père et du Fils qui nous aiment, nous grandissons ainsi dans la connaissance de l’Esprit, qui est le don d’amour que le Père et le Fils nous font. Sans l’Esprit, aucune de ces bénédictions ne seraient possible. Avec l’Esprit, nous sommes conduits toujours plus profondément “dans le mystère de la sainte Trinité” 23 pour être “remplis de toute la plénitude de Dieu”. (Ephésiens 3v19)
Article publié par Daniel J. Brendsel
https://www.desiringgod.org/articles/the-breath-behind-our-prayers
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- Walker Percy, Lost in the Cosmos: The Last Self-Help Book (Farrar, Straus & Giroux, 1983), 1. The above quotation is actually one of five (or nine) alternative subtitles that Percy offers for his book. ↩
- It was under such a conviction that I wrote a book about prayer, though to describe it that way is misleading. It was less about prayer and more an attempt to look through prayer at other realities it answers to and participates in — God, Scripture, language, and temporal rhythms of life. See Daniel J. Brendsel, Answering Speech: The Life of Prayer as Response to God (Crossway, 2023). ↩
- Fred Sanders, The Holy Spirit: An Introduction, Short Studies in Systematic Theology (Crossway, 2023). ↩
- John Owen, The Works of John Owen, ed. William H. Goold, vol. 4, The Work of the Spirit (Johnstone & Hunter, 1850–53; repr. Banner of Truth, 1967), 253. ↩
- Abraham Kuyper, The Work of the Holy Spirit, trans. H. de Vries (Eerdmans, 1900), 621–28, goes all the way back to the Spirit’s work in creating us in God’s image, which is the necessary precondition for our engagement with God in prayer. ↩
- See Jonathan Hoglund, Called by Triune Grace: Divine Rhetoric and the Effectual Call, Studies in Christian Doctrine and Scripture (IVP Academic, 2016). ↩
- Owen, Works, 4:259. ↩
- Sanders, The Holy Spirit, 78. ↩
- See also 1 John 2:20, 27, where the “anointing” is probably a reference to the Holy Spirit with which believers are anointed. See Gary M. Burge, The Anointed Community: The Holy Spirit in the Johannine Tradition (Eerdmans, 1987), 174–75; and especially Stephen E. Witmer, Divine Instruction in Early Christianity, WUNT 2/246 (Mohr Siebeck, 2008), 131–52. ↩
- For a more detailed argument regarding John 16:7–27, see my “The Spirit After Pentecost: Three Facets of His New-Covenant Glory,” Desiring God, January 28, 2022, https://www.desiringgod.org/articles/the-spirit-after-pentecost. ↩
- Owen, Works, 4:268–69. ↩
- The phrase comes from Ephesians 6:18 (also Jude 20). I take it to refer to the ordinary Christian power, privilege, and practice of praying by the enabling of the Spirit, with Spirit-renewed spirits that desire to pray, Spirit-led wills that seek what the Spirit seeks, and hearts that have tasted of the down payment of the Spirit (2 Corinthians 1:22; 5:5; Ephesians 1:14) and thus have “a passion sparked by the foretaste of a world that is new in a qualitatively different sense than any era that has preceded it” (Michael Horton, Rediscovering the Holy Spirit: God’s Perfecting Presence in Creation, Redemption, and Everyday Life [Zondervan, 2017], 288). Paul in Ephesians 6:18 urges the whole church to such prayer “at all times,” suggesting that what is in view is not a special ecstatic utterance that only some experience some of the time. See rightly Constantine R. Campbell, The Letter to the Ephesians, PNTC (Eerdmans, 2023), 293. Gordon D. Fee, God’s Empowering Presence: The Holy Spirit in the Letters of Paul (Hendrickson, 1994), 731, thinks the reference is “especially” to “praying in tongues,” though he significantly adds that it is “probably not exclusively” so. ↩
- The ESV rightly translates the clause — which features a singular ti rather than a plural or pōs — in terms of content of which we are ignorant (“what to pray for”) rather than manner (“how to pray”). See James D.G. Dunn, Romans 1–8, WBC 38A (Word, 1988), 477. ↩
- Contra Douglas Moo, The Epistle to the Romans, NICNT (Eerdmans, 1996), 524–25. See Thomas R. Schreiner, Romans, BECNT (Baker, 1998), 445–46. ↩
- Sanders, The Holy Spirit, 80. ↩ - L’Esprit du Christ en version française
- Fee, God’s Empowering Presence, 740. ↩
- See also Peter J. Leithart, Revelation 1–11, ITC (T&T Clark, 2018), 350–51. The point is strengthened if “another angel” (allos angelos) in Revelation 8:3 is identified as the Spirit. ↩
- See also Kelly M. Kapic, Communion with God: The Divine and the Human in the Theology of John Owen (Baker Academic, 2007), 163–64. ↩
- E.g., “Come, O Creator Spirit blest,” “Holy Ghost, dispel our sadness,” “O Breath of life, come sweeping through us.” ↩
- Fred Sanders, The Deep Things of God: How the Trinity Changes Everything (Crossway, 2010), 211–39. See also Sanders, The Holy Spirit, 139–44, where he speaks of prayer addressed to the Spirit as “eccentric,” in the root sense of the word. ↩
- Owen prized Ephesians 2:18 as a “heavenly directory” for our communion with God. See The Works of John Owen, ed. William H. Goold, vol. 2, Communion with God (Johnstone & Hunter, 1850–53; repr. Banner of Truth, 1965), 269. It may well have been his favorite prooftext on the matter; see, e.g., Works 2:7, 10, 23, 107–8, 122; 4:267, 292, 296. ↩
- See further Sanders, The Holy Spirit, 75–79. ↩
- Andrew Murray, The Spirit of Christ: Thoughts on the Indwelling of the Holy Spirit in the Believer and the Church (London, 1888), 195. Quoted in Sanders, The Holy Spirit, 141. ↩

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