L'espérance de la vie éternelle dans le cœur des missionnaires

Quelle récompense pousse les missionnaires à faire de grands sacrifices pour Christ ? On pourrait d’abord penser à l’espoir de voir, de leur vivant, les fruits de leur labeur. Le travail est dur, mais la récompense est imminente… n’est-ce pas ?

Quarante ans après le martyre de son mari et de quatre autres hommes, Elisabeth Elliot a mis en garde contre de possibles suppositions concernant les fruits de l’évangélisation qui a suivi la mort de ces hommes. « On a toujours tendance à simplifier à l’extrême… Nous sommes tentés de supposer une équation simple ici. Cinq hommes sont morts. Cela signifiera un nombre x de chrétiens waorani » (Through Gates of Splendor, 264).

Son avertissement met à nu un mensonge auquel beaucoup d’entre nous croient, un mensonge par lequel nous tentons de garder un certain contrôle : nos douloureuses épreuves en valent la peine en raison des récompenses que nous recevrons dans cette vie.

L’instinct d’être motivé par une récompense future est juste. Et espérer des récompenses temporelles dans le travail missionnaire a sa place (voir Actes 18.9-11). La question est : dans quelle mesure la promesse de récompenses célestes nous motive-t-elle à tenir bon ?

L’espérance de la gloire

Dans 1 Thessaloniciens 2.17-20, nous apprenons que Paul et son équipe missionnaire ont été arrachés à l’Église de Thessalonique. Paul souligne que cette épreuve ne pouvait pas être résolue par un retour rapide auprès d’eux, car Satan les en empêchait. Paul aurait pu se décourager, mais au contraire, il a continué à prier et à travailler pour le bien des Thessaloniciens — et il l’a fait en gardant les yeux fixés sur une récompense à venir :

« Car quelle est notre espérance, ou notre joie, ou la couronne dont nous nous glorifierons devant notre Seigneur Jésus lors de son avènement ? N’est-ce pas vous ? Oui, vous êtes notre gloire et notre joie. »(1 Thessaloniciens 2.19-20)

Paul regardait bien au-delà de ses tribulations présentes, vers le jour du retour de Christ. Ce jour-là, l’Église dont il avait été séparé et pour laquelle il avait tant travaillé serait sa gloire et sa joie. Il persévérait au milieu des épreuves parce qu'il savait que la gloire future rendrait toutes ses souffrances dignes d’avoir été endurées.

Paul revient sur ce même thème dans la deuxième épître aux Corinthiens. Après avoir rappelé les souffrances qu’il a traversées, il explique pourquoi il ne perd pas courage dans les difficultés du ministère. Il demeure fidèle à sa mission même si « l’homme extérieur se détruit peu à peu ». Pourquoi ?

« Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. Ainsi, nous regardons non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, tandis que les invisibles sont éternelles. »(2 Corinthiens 4.17-18)

Pour Paul, l’espérance de la gloire à venir n’était pas une simple consolation abstraite. Elle lui donnait la force de persévérer dans les épreuves, de supporter les séparations, les souffrances et les oppositions. Son regard était fixé sur les réalités éternelles, et cette perspective transformait sa manière de vivre et de servir dans le présent.

Ce n’était pas seulement les fruits potentiels de son travail qui poussaient Paul à persévérer. Sa confiance en une grande gloire future faisait paraître ses souffrances présentes comme de simples plumes.

Votre cœur restera attaché à l’œuvre missionnaire tant que vous resterez attaché à méditer sur les gloires futures du ciel. Si vous ne travaillez que pour des récompenses immédiates, vous ne tiendrez probablement pas longtemps. Mais si vous comprenez et vivez dans la certitude que Christ vous récompensera pour votre travail fidèle à son retour, vous aurez en vous la force de l’Esprit nécessaire pour rester fidèle tandis que vous travaillez à accomplir votre appel.

Nous savons déjà à quel point la gloire future donne du sens aux souffrances du présent. Pensez à l’étudiant en doctorat qui persévère pendant des années d’études dans la perspective d’une carrière en médecine. Pensez au patient atteint d’un cancer qui endure la chimiothérapie dans l’espoir d’un avenir en bonne santé. Pensez à l’ouvrier qui s’accroche à un emploi médiocre pendant des décennies en raison de la promesse d’une future retraite.

Nous persévérons tous dans des tâches difficiles parce que nous sommes motivés par l’espoir de récompenses futures. Parfois, nous avons simplement besoin qu’on nous rappelle quelle récompense est ultime et véritablement durable.

Où et comment regarder

Quelles récompenses attendons-nous ? Des couronnes composées des vies des saints que nous avons conduits vers Christ. Des corps rachetés qui ne peinent plus parmi les épines et les chardons. Des désirs qui ne doutent plus, ne renient plus et ne désobéissent plus aux bons commandements de Dieu. L’unité entre toutes les Églises de toutes les nations.

Mais surtout, Jean nous assure que lorsque Christ reviendra, « nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu’il est » (1 Jean 3.2). Voici notre plus grande récompense : contempler sans entrave la grandeur de la gloire de Dieu, qui sera avec nous pour toujours et à jamais. Telles sont les récompenses célestes qui motivent l’obéissance sacrificielle sur terre.

Comment pouvons-nous nous efforcer de garder nos cœurs et, avec Paul, de regarder vers l’espérance de la gloire ?

  • Apprendre : Étudiez les Écritures pour comprendre ce qui animait les saints d’autrefois. Lisez de bons livres, comme Les cieux sont un monde d’amour de Jonathan Edwards, qui rendront le ciel moins abstrait et plus concret.
  • Méditer : Ne vous contentez pas de lire. Laissez vos pensées s’attarder sur les réalités du ciel. Laissez-les descendre de votre tête jusqu’au fond de votre cœur.
  • Chanter : Il existe une multitude de chants que nous pouvons chanter, tant individuellement qu’en communauté, et qui nous réconfortent par l’espérance du ciel. Parmi mes préférés, je citerais « On Jordan’s Stormy Banks I Stand », « Jerusalem, My Happy Home » et « Hark! I Hear the Harps Eternal ».
  • Prier : Offrez des prières de louange et d’action de grâce pour tout ce que vous voyez concernant le ciel. Puis priez pour que le ciel descende maintenant et pour toujours.
  • Conseiller : De la chaire aux bancs, du café au parc, conseillez-vous les uns les autres sur les réalités à venir de la gloire éternelle. Vous n’avez pas besoin de faire un sermon ; rappelez-vous simplement, ainsi qu’aux autres, que rien n’est perdu.

Par l’étude attentive et la méditation dans la prière, grâce aux bons dons de Dieu que sont le chant et la communion fraternelle, laissez les joies du ciel s’emparer de votre cœur en toute saison — lorsque vous pouvez voir le fruit de votre ministère comme lorsque vous ne le voyez pas, lorsque les récompenses temporelles paraissent importantes comme lorsqu’elles semblent totalement absentes.

Une espérance inébranlable

Après la perte de leurs maris, Elisabeth Elliot et les autres veuves en deuil ont dû expliquer à leurs jeunes enfants que leurs pères étaient morts parce qu’ils plaçaient leur espérance dans la vie à venir. L’un de ces enfants, Stevie, a dit : « Je sais que mon papa est avec Jésus, mais il me manque, et j’aimerais bien qu’il descende jouer avec moi de temps en temps. »

Quelques semaines plus tard, le petit frère de Stevie est venu au monde dans un monde où il n’avait pas de père terrestre. Alors que ce nouveau-né pleurait, le petit Stevie l’a pris dans ses bras et lui a dit : « Ne t’inquiète pas ; quand nous serons au ciel, je te montrerai lequel est notre papa » (Through Gates of Splendor, 247). Il savait que la certitude du ciel est le fondement le plus solide et l’encouragement le plus puissant pour persévérer sans se décourager dans l’œuvre missionnaire.

Que cette même espérance anime chacun de nous qui nous efforçons de semer la bonne graine. Persévérez et allez de l’avant, cher frère ou chère sœur. Vos sacrifices pour l’Évangile « complètent ce qui manque aux souffrances du Christ » (Colossiens 1.24). Ils ne sont pas vains. Bientôt, très bientôt, le poids éternel de la gloire sera comme du miel sur vos lèvres, et vous serez heureux d’avoir tout donné pour lui.

Traduit d’un article de Nathan Knight par Mary

https://www.desiringgod.org/articles/the-hope-of-heaven-in-the-hearts-of-missionaries

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Tags de l'article:
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