Dieu est heureux de te pardonner

John Owen a un jour décrit le pardon de Dieu d’une manière qui semble irréaliste. Il a écrit que le pardon de Dieu n’est pas restreint et réticent comme le nôtre, mais « complet, gratuit, sans limite, inépuisable, absolu » (Works of John Owen, 6:499).

En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des fautes selon la richesse de sa grâce, qu'il nous a octroyée abondamment, en toute sagesse et intelligence.
Éphésiens 1.7-8

Nous pardonnons souvent d’une manière qui révèle notre nature déchue : avec hésitation, partiellement et parfois à contrecœur. Mais ce qu’Owen veut dire est simple : Dieu pardonne généreusement et pleinement, d’une manière qui reflète sa propre nature (Exode 34.6-7) et manifeste la gloire de sa grâce (Éphésiens 1.6, 12, 14).

Pourtant, même lorsque nous entendons cela, beaucoup d’entre nous ont du mal à croire que Dieu nous pardonne réellement ainsi. Nous connaissons la doctrine. Mais lorsque nous retombons dans un péché familier ou que nous ressentons la honte d’un nouveau péché, il nous arrive de penser que Dieu est fatigué de nous. Nous imaginons qu’il nous pardonne par devoir plutôt que par désir. Dans ces moments-là, nous agissons comme s’il accordait sa grâce avec réticence.

Pourtant, en Christ, Dieu ne se lasse jamais de t’accueillir, car son pardon ne dépend pas de ta performance. Il repose sur la valeur immuable de son Fils, dont l’intercession ne cesse jamais (Romains 8.34).

Ce soupçon, selon lequel l’attitude de Dieu changerait selon notre état spirituel, crée une distance précisément là où nous avons le plus besoin de proximité. Mais l’Évangile nous révèle quelque chose de bien meilleur : Dieu pardonne volontiers et avec joie. Son pardon joyeux exprime son désir d’être glorifié à travers la joie des pécheurs pardonnés (Psaume 32.1-2, 10-11).

Le piège de la pensée transactionnelle

Pour comprendre à quel point le pardon joyeux de Dieu est radical, nous devons reconnaître le mensonge qui façonne souvent nos réflexes spirituels. La situation de l’ancienne Éphèse nous aide à le voir.

Dans Actes 19, Paul rencontre des personnes dont le système religieux, centré sur la déesse Artémis et sur des formules magiques, était profondément transactionnel. Ces personnes utilisaient des sorts et des rouleaux de formules coûteux pour tenter d’influencer les dieux. Lorsque les nouveaux croyants ont brûlé ces rouleaux, ils ne rejetaient pas seulement des objets, mais tout un système de relation avec le divin (Actes 19.18-20).

Dans leur vision du monde, les dieux étaient imprévisibles : on pouvait essayer de les influencer, mais jamais leur faire pleinement confiance. La vie spirituelle reposait sur un effort constant, entretenu avec anxiété. L’idée d’un Dieu qui pardonne librement, simplement parce que tel est son caractère, n’était pas seulement inhabituelle : elle était incompatible avec leur manière de penser.

Au cœur d’une telle vision transactionnelle, l’effort humain est exalté et la gloire de la grâce de Dieu est diminuée.

Ce même instinct, « mérite d’abord, reçois ensuite », se manifeste encore aujourd’hui dans nos vies. Nous rejetons les religions païennes en théorie, mais nous agissons souvent, dans notre vie spirituelle, comme les Éphésiens. Nous croyons que le salut est par grâce, mais nous vivons comme si le pardon devait être constamment mérité.

Nous hésitons à prier tant que nous ne nous sentons pas à nouveau dignes. Dans nos pensées, Dieu devient un juge réticent qu’il faut convaincre, plutôt qu’un Père heureux de pardonner. La grâce devient alors une sorte de transaction dont nous pensons devoir assurer la contrepartie.

Chaque fois que nous attendons de nous sentir respectables avant de nous approcher de Dieu, nous révélons un problème plus profond : nous faisons davantage confiance à notre propre valeur qu’à celle de Christ.

Démonter la pensée transactionnelle

Paul répond à cette manière de penser dans Éphésiens 1. En écrivant à ces croyants qui avaient brûlé leurs livres magiques, il décrit l’œuvre de Dieu d’une façon qui ne laisse aucune place au mérite humain.

Il commence ainsi :

Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ !
Éphésiens 1.3

Ces bénédictions sont enracinées dans l’action de Dieu lui-même et ne dépendent pas de nos efforts.

En réalité, Paul remonte encore plus loin, jusqu’avant la création du monde :

En lui, Dieu nous a choisis avant la création du monde pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui. Dans son amour, il nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs par Jésus-Christ
Éphésiens 1.4-5

La décision gracieuse de Dieu n’a pas attendu notre repentance ni notre obéissance. Elle a été prise avant même notre existence, avant que nous ayons péché et avant que le monde commence. Notre adoption repose donc sur son choix éternel et non sur notre performance spirituelle. Et ce choix éternel a pour but de révéler la gloire de sa grâce, qui déborde de son amour (Éphésiens 1.6).

Voici la logique de la grâce : Dieu a choisi, aimé et béni son peuple avant que celui-ci n’ait contribué à quoi que ce soit. La grâce n’est pas une réaction de Dieu à nos efforts ; elle découle de son plan éternel. Paul montre également que cette œuvre est pleinement trinitaire : le Père prévoit, le Fils accomplit et le Saint-Esprit applique et scelle.

Notre pardon repose donc sur l’unité de l’œuvre du Dieu trinitaire et non sur les fluctuations de notre constance spirituelle. Parce que chaque personne de la Trinité agit pour assurer notre salut, le pardon n’est pas accordé à contrecœur : il est le joyeux débordement de la gloire de Dieu (Éphésiens 1.14).

Avec ce choix éternel comme fondement, le pardon est l’endroit où la grâce nous atteint personnellement, là où le plan divin rencontre notre culpabilité réelle et notre conscience troublée. Le pardon n’est pas seulement l’effacement de notre faute ; il est aussi l’assurance que Dieu nous accueille avec joie. Il exprime le plaisir profond de Dieu dans la restauration des pécheurs. Dieu accueille les pécheurs pardonnés avec joie, car ce faisant il magnifie la valeur de Christ.

La croix n’a pas été la réponse forcée de Dieu au péché. Elle est le moment qu’il a choisi pour révéler sa grâce à travers le sang de son Fils (Éphésiens 1.7). Notre conscience a besoin d’un ancrage concret et c’est ce que la croix nous donne : un pardon assuré par le sang versé de Christ.

Dieu avait prévu ce pardon depuis l’éternité, sachant que seul le sang de Christ serait suffisant. Rien ne révèle plus clairement la gloire de la grâce de Dieu que le Fils qui a saigné pour nous l’accorder.

Paul l’exprime ainsi :

En lui nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés, selon la richesse de sa grâce, qu’il a répandue abondamment sur nous
Éphésiens 1.7-8

Paul choisit ce mot pour nous faire ressentir l’ampleur du don de Dieu. Cette grâce souligne la générosité divine et non une obligation. Ce n’est pas surprenant, car cette rédemption vient de Christ lui-même. Dieu ne nous donne pas le pardon comme un simple cadeau isolé : il nous donne Christ et avec Christ tout ce qui lui appartient.

Il accorde sa grâce afin que les pécheurs pardonnés puissent partager la joie de le connaître comme celui qui pardonne avec bonheur. Plus loin, Paul explique que les croyants ont été « marqués du sceau du Saint-Esprit promis » (Éphésiens 1.13).

Le sceau de l’Esprit garantit que ce que Christ a acquis sera effectivement appliqué et préservé. Lorsque des doutes surgissent quant à la joie de Dieu à pardonner, l’Esprit témoigne que nous appartenons au Père et que nous sommes en sécurité en Christ. Et parce que Christ règne maintenant et intercède pour son peuple (Éphésiens 1.20, 23), le pardon qu’il a obtenu est continuellement maintenu par son intercession.

Notre confiance ne repose donc pas sur la stabilité de nos performances, mais sur la présence de l’Esprit en nous et sur l’intercession permanente de Christ pour nous.

Un tel salut ne laisse aucune place à l’idée d’un Dieu réticent à pardonner. Dieu ne pardonne pas avec retenue ni partiellement. Pour ceux qui sont en Christ, sa grâce est abondante, donnée avec joie et assurée pour l’éternité. Lorsque tu te tournes vers lui, tu n’as pas affaire à quelqu’un qui tient un registre de tes fautes. Tu rencontres un Père qui, à cause de Christ, t’accueille avec bonheur. C’est cela la plénitude de son pardon. C’est cela le cœur joyeux de Dieu.

Article orignal de Dan Cruver

Traduit par Luc

Tags de l'article:
Aucun tags...
Tu devrais aussi aimer...
D'autres articles juste ici !
Les derniers commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Laissez-en un avec le formulaire ci-dessous !
Envoyer un commentaire
Merci ! Nous avons bien reçu votre commentaire. Celui-ci sera publié sous peu, le temps d'être vérifié par notre équipe.
Mince, ça ne s'est pas passé comme prévu.
Table des matières