Tu mets dans mon coeur plus de joie

Certains des versets bibliques les plus marquants sont ceux qui s’éclairent des années après les avoir lus pour la première fois. Nous les lisons et les passons, les lisons et les passons, les lisons de nouveau et enfin la réalité apparaît et leur sens résonne en nous. Je me demande si cela te fait penser à certains versets.

Il y a plusieurs années, une ligne du psaume 4, que je pensais connaître, a retenu mon attention. Au début, j’ai été rempli d’euphorie, ce verset m’emmenait vers des vérités spirituelles que j’avais choisi de laisser derrière moi encore et encore. Mais ensuite il m’a humilié, me confrontant à la faiblesse de mon cœur. Finalement, il m’a donné de la force en nourrissant mon désir et mon ambition pour Christ, de même que mon courage en lui.

Le roi David écrit:

« Tu mets dans mon cœur plus de joie qu’ils n’en éprouvent quand abondent leur blé, leur vin et leur huile. »

Surpris par la joie

Si le verset n’a pas vraiment attiré mon attention pendant des années c’est, je pense, parce que j’était trop immature et naïf: j’avais l’impression d’être face à un cliché, une phrase sympa qui cartonnerait sur Pinterest mais trop éloignée des réalités plus lourdes de la vraie vie. Je lisais des versets comme celui-ci, me sentais plus ou moins inspiré sur le moment, puis passais à autre chose et l’oubliais. Mais ce flou s’est enfin dissipé quand j’ai pris le temps de me pencher sur ce que ce verset veut nous dire.

David ne dit pas « Tu mets dans mon coeur une grande joie » ou « Tu m’as donné autant de joie que ceux du monde ont grâce à leurs meilleurs plats et plus grands plaisirs. » Non, il dit « Tu mets dans mon coeur plus de joie qu’ils n’en éprouvent quand abondent leur blé, leur vin et leur huile. » Si c’est un mot qui m’a marqué c’est le mot plus. Alors que David mesure sa joie en Dieu par rapport aux meilleurs plaisirs de cette terre – les expériences les plus luxueuses dans des lieux magiques par exemple – l’offre du monde est insuffisante. Il préfère ce à quoi il a goûté grâce à la foi plutôt que n’importe quelle autre chose qu’il pourrait voir, faire ou acheter.

Est ce que tu penses à ta foi de cette manière? Quand tu penses à Jésus, penses-tu à la joie, la douceur, l’épanouissement, le plaisir? Est ce qu’on t’a déjà enseigné à chercher ton bonheur en lui? Ce que j’ai découvert à ce moment est que je n’avais pas besoin de sacrifier ma joie pour suivre Jésus. Justement, je pouvais seulement trouver le bonheur le plus riche et intense en lui.

Un désir tenace pour moins

Cependant, plus tu réfléchis à ce verset, plus il devient pesant. La promesse de faire l’expérience d’une joie similaire à celle de David peut mener à la réalisation troublante que nous n’en faisons pas encore l’expérience. Pouvons-nous vraiment dire avec lui, « Dieu, tu m’as rendu plus heureux que le monde l’est dans ses plus grandes joies? » Suis-je aussi heureux-se en Christ qu’ils le sont grâce à la nourriture, les amis, la carrière, les vacances et les possessions? Nous savons que nous devrions être capables de dire ce que David affirme, pourtant nous nous connaissons assez bien pour nous demander si nous le pouvons vraiment.

Je sens à quel point mon coeur est lent à trouver la joie en Dieu. Le péché ne préfère jamais Dieu au blé ou au vin ou au divertissement ou à soi-même. Et le péché habite toujours en nous. Comme le dit John Piper, en tant qu’humains pécheurs nous avons « une profonde, inébranlable, irrésistible préférence pour d’autres choses plutôt que Dieu. » Ce péché n’est pas juste une tendance qui nous pousse à faire le mauvais choix mais un désir tenace pour le mauvais choix. Ainsi, la lecture de la Bible semble parfois être un poids, la prière peut sembler vide et l’encouragement des frères et soeurs forcé. La joie en Christ peut rester quelque chose de distant et de théorique.

Pour être clair, je ne dis pas qu’apprécier le blé et le vin est un péché. Les psalmistes célèbrent Dieu pour ces choses (Psaume 65.9; 104.19.) Notre joie qui provient du blé, du vin et de tous les autres bons cadeaux de Dieu est destinée à nourrir notre joie en lui, pas lui faire de la compétition (Jacques 1.17.). Préférer le blé et le vin ou autre chose à Dieu est un péché. Et selon Jean 1.8, nous préférons tous parfois la mauvaise chose. Nous désirons moins, des plus petites joies du monde plutôt que celle que nous avons en Christ.

Jusqu’à quand Eternel?

Même si nous arrivons à surpasser notre résistance intérieure à cette joie, le plus dur reste d’affronter les réalités pesantes de la vie qui deviennent des obstacles à la joie. Le livre des psaumes, en effet, n’est pas qu’un long refrain de joie. Il contient une vie de louange mais qui n’est pas confortable ou prévisible mais difficile et exigeante, même angoissante parfois.

«  Aie pitié de moi, Eternel, car je suis sans force! Guéris-moi, Eternel, car je tremble de tous mes os! Mon âme est toute troublée. » Psaume 6.3-4a

« Jusqu’à quand Eternel, m’oublieras-tu sans cesse? Jusqu’à quand me cacheras-tu ton visage? Jusqu’à quand aurai-je des soucis dans mon âme, et chaque jour des chagrins dans mon coeur? » Psaume 13.2-3a

«  Les liens de la mort m’avaient enserré, et les torrents dévastateurs m’avaient épouvanté; les liens du séjour des morts m’avaient entouré, les pièges de la mort m’avaient surpris. » Psaume 18.5-6

Encore et encore, les beaux moments de réjouissance se perdent dans les chants de douleur. La vie de David, particulièrement, était douloureuse. Après avoir été choisi comme futur roi, il a été chassé par Saul. Suite à son adultère et le meurtre du mari de la femme, il a perdu son fils. Plus tard, un autre fils, Amnon, a été tué des mains de son frère Absalom, qui s’est enfui. Et quand le fils devenu étranger est finalement revenu, il a trahi son père, organisé une mutinerie et volé le royaume.

L’agonie de David (à cause de son propre péché mais notamment à cause de péchés contre lui) rend ses mots du psaume 4.7 encore plus marquants. Sa douleur n’affecte pas ce qu’il dit sur la joie mais le renforce, révélant la résilience et la puissance particulière de celle-ci.

Même si je perds tout

Quand David écrit « Tu mets dans mon coeur plus de joie qu’ils n’en éprouvent quand abondent leur blé, leur vin et leur huile, » il n’est pas confortablement installé dans son palais, il est en fuite, alors qu’Absalom contrôle son trône. Les psaumes 3 et 4 sont les psaumes du matin et du soir d’un homme trahi. David a beaucoup souffert pendant sa vie et son règne, mais rien de cela ne fait aussi mal que la trahison de son propre fils.

Et pourtant, il n’était pas complètement misérable, même alors qu’il voyait son fils qu’il a un jour porté dans ses bras réduire à néant son travail d’une vie. Non, « Tu mets dans mon cœur plus de joie » – même maintenant – « qu’ils n’en éprouvent quand abondent leur blé, leur vin et leur huile. » Même alors que mon fils gâche mon blé, mon vin et ma richesse, même alors que je perds presque tout ce que j’aime, même alors que je crains de perdre la vie, Seigneur, tu m’as rendu heureux en toi, plus heureux que les pécheurs dans leurs meilleurs moments. Aucune souffrance ou perte n’a pu changer la profondeur et la plénitude de sa joie en Dieu.

Et cette joie n’est pas seulement pour les moments plus légers, confortables, joyeux de la vie chrétienne mais elle est assez puissante pour les tranchées, les vallées, les tempêtes. Ce que Dieu a accompli pour un roi blessé et désespéré dans les moments de trahison, il promet maintenant de le faire pour nous, à travers tout ce à quoi nous faisons face ou portons. Et il n’aurait pas pu nous offrir un cadeau plus concret que la promesse de non seulement garder notre vie mais nous rendre heureux, dans n’importe quelles circonstances sombres et douloureuses.

 

Article traduit avec autorisation, merci Capucine !!

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