7 conseils pour des leaders et des pasteurs de groupes jeunesses – Partie 1

Le manque de bonnes ressources pour les groupes jeunesses     

Ça fait maintenant 10 ans que j’œuvre comme pasteur auprès des 12 à 18 ans, et je suis assez attristé de constater une pénurie de ressources de qualité pour aider les jeunes ouvriers dans cette tâche importante. Trop souvent, les quelques ressources existantes insistent sur des éléments extérieurs et mineurs du ministère : comment attirer et plaire aux jeunes en imitant la culture ? Comment être productif et pertinent à tout prix ? Et lorsque ces ressources s’intéressent enfin à un aspect plus profond et théologique du ministère, elles se retrouvent souvent assez ‘’moralistes’’. D’ailleurs, j’en ai amplement parlé dans mes trois premiers articles (Sur le ‘’Stress’’ ; sur la ‘’Motivation’’ et sur le ‘’Divertissement’’) qui avaient justement pour but de prendre le contre-pied de ces ressources jeunesses moralistes qui existent présentement sur la toile. C’est donc fort d’une certaine expérience et surtout du fond du cœur que j’aimerais exprimer l’essentiel de tout mon apprentissage ministériel en sept précieux conseils adressés aux jeunes leaders et bergers de groupes jeunesses.

 Mais si je ne suis pas un leader ou un pasteur ?

Peut-être n’es-tu pas ‘’pasteur’’ ni même ‘’leader’’ dans ton groupe jeunesse, cependant, à titre de disciple de Jésus-Christ, nous sommes tous appelés à jouer un rôle de gardien de nos frères et de nos sœurs. Pour tout jeune désirant grandir avec Dieu et mieux servir sa communauté, ces conseils te concerneront tôt ou tard. Mais plus encore, ces conseils peuvent t’aider dès aujourd’hui à voir la tâche de berger depuis la perspective de ton pasteur, afin de comprendre le travail difficile que ce dernier fait, et ainsi t’amener à mieux l’aider et mieux prier pour lui.

1) Veille à rester passionné par Dieu et tout ce qui le concerne

Cela peut sembler une évidence, mais c’est souvent la première chose qui fait défaillance dans nos vies et c’est aussi la chose qui va affecter tout le reste par la suite, comme des dominos. C’est notre amour et notre passion pour Dieu qui motivent et qui donnent raison à tout ce que nous faisons. Cet amour est renforcé et édifié par l’intimité qui découle de notre communion. Cette dernière, nous la nourrissons par des moyens de grâce pourvus à cet effet, comme la prière, l’adoration et la lecture de la Parole. Nous devons aussi la protéger en préservant notre cœur des idoles qui tentent d’accaparer notre cœur et de contaminer notre vie. C’est justement lorsque nous commençons à perdre la bonne motivation et les bonnes raisons pour lesquelles nous faisons ce que nous faisons que le reste commence à en souffrir. Nous avons continuellement besoin de réaliser que ce que nous faisons, nous le faisons POUR Lui, PAR Lui et EN Lui. La principale ligne de défense reste nos disciplines spirituelles.

Si la vie de prière est absente, plusieurs questions fondamentales sont à se poser. Avant de chercher à parler de Dieu, il vaudrait mieux chercher à communier avec Dieu. Malheur à moi toutes les fois où je n’ai prié que pour avoir une parole pour la prédication au lieu d’investir dans une relation solide avec mon Seigneur. Aussi, si la lecture quotidienne de la Parole est absente, certaines remises en question sont nécessaires. Comment parler des choses de Dieu si nous-mêmes nous ne possédons pas l’intérêt de lire ce qui concerne les choses de Dieu ? Pareillement, pourquoi chercher à parler de ce que l’on ne connaît pas ? Malheur à moi toutes les fois où je n’ai ouvert la Bible que pour trouver un message à prêcher aux jeunes au lieu de chercher d’abord un message à prêcher à moi-même.

Ces questions n’ont pas pour but de culpabiliser les leaders, ce que le moralisme ferait, mais au contraire, elles servent d’indicateurs pour nous dire qu’il y a quelque chose qui cloche. C’est parce que l’on sait comment se comporte une personne en bonne santé que nous sommes capables de reconnaître les symptômes de la maladie. De la même manière, les symptômes ne sont pas la maladie, mais les effets d’une maladie. Si la vie de prière est absente chez un leader, n’est-ce pas un indicateur qu’il y a quelque chose de déficient au niveau de sa communion avec son Seigneur ? Et s’il y a un manque dans sa lecture de la Bible, n’est-ce pas un indicateur qui devrait le pousser à se questionner sur ses véritables motivations ? La prédication est la proclamation de ce que nous croyons, de ce qui nous motive et de ce qui nous passionne ! Si ce n’est pas le cas, alors pourquoi voulons-nous prêcher ? Pour la gloire que cela apporte ? Il est nécessaire de se questionner.

2) Veille à comprendre l’Evangile toujours mieux 

Le problème des Galates, c’est qu’ils avaient oublié leur premier amour. L’antidote aux précédents problèmes mentionnés est de toujours chercher à mieux comprendre l’Évangile. L’Évangile est une bonne nouvelle dont on souhaite toujours y revenir ! On doit rester continuellement surpris et émerveillé par celle-ci. C’est le plus grand de tous les spectacles cosmiques, celui qui devrait continuellement nous satisfaire et nous attirer. On ne pourra jamais épuiser les implications profondes de l’Évangile dans notre vie. D’abord, pour notre propre santé spirituelle, il serait bien de régulièrement lire et méditer sur ce sujet. Chercher à comprendre comment la Bible ne cesse de présenter cette œuvre de Dieu sous différents aspects, et mesurer ces nombreux impacts sur notre vie. Mais aussi, pour le bien de notre ministère et de ceux qui nous entendent. L’Évangile ne sert pas simplement à évangéliser et faire des chrétiens, c’est encore et toujours l’Évangile qui est donné pour grandir et progresser dans notre marche avec le Seigneur. Paul a donné l’Évangile pour faire naître les églises dans les Actes et c’est encore l’Évangile qu’il donne plus tard aux chrétiens dans ses nombreuses lettre pour leurs édifications.

3) Veille à donner l’Évangile, jamais autre chose

Pour faire suite à mon dernier propos, la transmission de l’Évangile et l’attachement à l’église locale devraient être les deux seuls impératifs de tout leader de jeunesse. Hélas, plusieurs se sentent submergés par la pression d’accoter les programmes des églises environnantes. Souvent, ces ‘’programmes’’ ne sont que des imitations ‘’christianisées’’ de la culture ambiante. Le but d’un groupe jeunesse n’est pas d’offrir un meilleur conseil que le psychologue de l’école, d’offrir une meilleure expérience du cinéma numérique du centre-ville, d’offrir un meilleur divertissement du parc d’attraction le plus proche, toutes ces pressions doivent être supprimées, car elles étoufferont le leader et lui donneront l’impression d’échouer dans sa tâche. D’une part, aucun leader n’arrivera jamais à accoter le monde. D’autre part, ce n’est pas ce que Dieu attend des leaders jeunesse. Pire encore, si les jeunes pensent que c’est cela votre but, ils vont vous évaluer selon votre but et ils seront plus critiques que vous-mêmes. Lorsque j’étais au secondaire, il y avait deux journées par année de films et de jeux à l’école. Plus de la moitié de l’école ne se présentait pas lors de ces journées, si bien qu’à la fin de mon secondaire, ils ont simplement annulé ces journées. Pourquoi cela ? Car le but de l’école secondaire c’est d’enseigner des matières élémentaires. Pour ce qui est du divertissement, les jeunes savent où aller et comment se divertir, ils n’attendent pas cela de l’école, et lorsque celle-ci tente de le faire, elle le fait mal. Peu importe la modestie et les imperfections de ton ministère, si tu aimes tes jeunes et mets tous tes efforts à transmettre l’Évangile et l’attachement à l’église locale, ta mission devant Dieu est faite. C’est l’un des conseils le plus important de tout ministère, ne présume jamais que ceux qui t’écoutent soient réellement sauvés, jamais !

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Simon Archambault

Simon Archambault M.Th. est pasteur des ados depuis 10 ans. Il est pasteur des ados de l’Église Le Portail à Laval au Canada depuis 5 ans. Il est également professeur d’herméneutique à l’institut de théologie pour la francophonie. Il est aussi membre du concile SOLA.

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