Rejeté par les hommes, même par nos amis

Des blessures causées par un ami peuvent faire bien plus mal que celles causées par un ennemi. C’est le genre de souffrances qui nous affecte profondément. C’est une blessure qui est douloureuse, qui nous lance et qui prend du temps pour guérir. Le rejet est inattendu, et donc pire et plus douloureux.

Nous avons tous vécu le rejet à un moment donné de notre vie. Que ce soit être choisi en dernier pour un jeu à la récrée ou se voir être refusé un travail ou se faire ridiculiser pour notre foi, être rejeté par n’importe qui fait mal. Mais être rejeté par un ami fait encore plus mal. Et plus l’amitié est profonde, plus la douleur est insupportable. Il y a une chose qui nous donne de l’espoir au milieu de tous ces rejets : notre Sauveur a aussi été rejeté – même par ses amis les plus proches.

Un sauveur rejeté

Pierre était l’un des amis les plus fidèles de Jésus. Il était avec Jésus depuis le début de son ministère. Il a laissé son gagne-pain pour suivre Christ. Pierre était le premier à proclamer Jésus comme Seigneur et un des rares à avoir vu Jésus dans toute sa gloire à la transfiguration. C’est la raison pour laquelle l’histoire des reniements de Pierre est bien plus poignante. Après que Judas ait trahi Jésus et que les soldats l’aient arrêté, Pierre les a suivis jusqu’à la maison du souverain sacrificateur. Alors qu’il se tenait dehors près du feu, attendant d’entendre ce qui allait se passer, ceux qui étaient dans la cour le reconnurent comme l’un des disciples de Jésus.

« Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen. » Pierre répondit : « Homme, je ne sais ce que tu dis. » Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. Le Seigneur, s’étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu me renieras trois fois. » Et étant sorti, il pleura amèrement (Luc 22.59-62). Notre Sauveur connaît la peine des amitiés brisées. Il sait ce que cela fait quand des amis nous déçoivent, nous rejettent, et nous abandonnent. « Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance » (Ésaïe 53.3).

Il était aussi rejeté par ceux avec qui il avait grandi dans sa ville natale de Nazareth (Marc 6.4). Peut-être que certains de ceux qui ont secoué les branches de palmiers et qui ont déposé leurs vêtements alors que Jésus entrait à Jérusalem ont seulement une semaine plus tard crié, « Crucifie-le ! ». À son arrestation, tous ses disciples se sont dispersés et l’ont abandonné quand il avait le plus besoin d’eux (Matthieu 26.31). Et à la croix, il a porté tout le poids du rejet quand le Père a versé sa colère sur lui pour nos péchés, « Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Éloï, Éloï, lama sabachthani? Ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Marc 15.34).

Mon ami fidèle pour toujours

J’ai été rejetée par des amis un grand nombre de fois dans ma vie. La confusion et le choc du rejet est paralysant. Mon esprit ne peut pas s’empêcher de ressasser les souvenirs avec suspicion. Je repars des années en arrière quand je passais du temps avec ceux qui m’ont blessée et je me demande si je me suis trompée sur toute la ligne par rapport à notre amitié. Je ne peux m’empêcher de vouloir m’effacer pour me protéger d’autres souffrances. Je résiste à faire confiance aux autres avec mon cœur. Plus encore, je suis susceptible d’avoir de la colère, de la rancœur, et de l’amertume envers ceux qui me blessent.

Mais ensuite je regarde au Rejeté. Je regarde à la souffrance et l’abandon qu’il a fait face pour moi – à cause de moi – et cela m’aide à faire face au rejet que je vis. L’Évangile – la bonne nouvelle de ce que Jésus a fait à travers sa vie, sa mort et sa résurrection – me donne de l’espoir au milieu de ma peine. La douleur que je ressens à cause des relations brisées me rappelle le brisement de Jésus pour moi. Plus encore, l’Évangile me rappelle que je suis comme Pierre et les disciples. Sans la grâce de Dieu qui transforme mon cœur, je rejetterais toujours l’amour de Dieu. Je le renierais et je l’abandonnerais. Voir Jésus rejeté me rappelle que j’ai été pardonnée pour bien pire, et cela m’aide à me débarrasser de la colère et de l’amertume, et d’étendre à la place le pardon.

Le rejet que Jésus a enduré me montre qu’il est mon ami fidèle pour toujours. Son amour pour moi n’est pas volage. Il ne dépend pas de ce que je fais, et il ne change pas. « Ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. » (Romains 8.38-39). Quand mes amis me blessent, j’ai toujours un ami en la personne de Jésus. Il comprend ma peine et ma douleur. Il comprend mes larmes. Il est toujours avec moi, et je peux toujours lui faire confiance.

Aussi longtemps que nous vivrons dans ce monde entaché de péchés, nous allons vivre le rejet – même, peut-être particulièrement, de la part d’amis qui nous sont chers et que nous avons aimés et à qui nous avons fait confiance pendant des années. Jésus n’a jamais promis de nous protéger de la peine et la douleur, mais il a promis d’être avec nous dans la souffrance et de nous en délivrer ultimement à travers elle.

Article traduit avec autorisation, merci à Mary pour la traduction

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