Le retour en classe – partie 1 : Le stress

Le stress et le manque de concentration

Dans plusieurs pays, les élèves reprennent graduellement les cours. Certains doivent retourner en classe avec toutes sortes de mesures de distanciation sociale, d’autres reprennent les cours en ligne, dans le confort de leur maison. Dans un article en deux parties, j’aimerais aborder la question du stress que suscite ce retour aux études, ainsi que le problème du manque de concentration que beaucoup d’entre nous partageons. Ce dernier, en temps de crise, n’est pas un facteur à négliger. D’ailleurs, plusieurs articles scientifiques traitent présentement de cette question. Imaginez que vous êtes en classe, au milieu d’un examen qui demande beaucoup de concentration et que votre directeur arrive complètement affolé à la porte et vous interpelle de la sorte : ‘’quelque chose de très grave vient tout juste d’arriver, lorsque vous aurez terminé votre examen, venez me voir dans mon bureau’’. Nous sommes tous d’accord qu’il sera impossible pour l’élève de se concentrer suffisamment pour réussir son examen. Eh bien, c’est un peu ce que nous expérimentons collectivement, nous sommes conscients d’être dans un état de crise, toujours en attente de nouvelles, bonnes ou mauvaises. Notre cerveau est surchargé, en attente et en état de fatigue mentale. C’est pourquoi j’aimerais aborder la question de la concentration dans un prochain article. La Bible a quelque chose à dire sur ce sujet, elle traite d’éducation, d’études, de travail, de concentration, d’écoute et de réussite. Peut-être, penseriez-vous, pourquoi traite-t-elle de ces sujets ? Eh bien, parce qu’ils font partie de la vie quotidienne, et Dieu s’intéresse à ta vie, voilà tout !

L’école et le stress : un couple tragique et universel tel Roméo et Juliette

Cette semaine, j’aborderai tout particulièrement la question du stress. Le stress est une expérience que, pratiquement, tous les étudiants du monde expérimentent quotidiennement. Le stress et l’école vont si bien de paire qu’ils pourraient facilement figurer au palmarès des couples tragiques les plus célèbres tels Roméo et Juliette. Le stress est animé par la peur, par toutes sortes de peurs. Il y a la peur de la santé, tout à fait légitime pour ceux et celles qui retournent physiquement en classe, d’autres s’inquiètent de ne pas y arriver, d’autres d’être surchargés de travail, mais le plus souvent, c’est la peur d’échouer qui domine le stress à l’école. La peur de l’échec résume bien souvent, à elle seule, l’ensemble des expériences désagréables que nous expérimentons en tant qu’étudiants dans le milieu scolaire.

Le stress : symptôme de quelque chose de bien pire

Pourtant, lorsqu’on regarde plus attentivement cette peur avec la loupe de la Parole de Dieu, on se rend bien vite compte qu’il ne s’agit que d’un symptôme. Le stress produit par la peur de l’échec est le symptôme d’une idole qui s’est incrustée dans notre cœur et vient contaminer nos pensées, nos émotions et finalement nos actions. Afin de rafraîchir ta mémoire, voici ce qu’est une idole : une idole est tout en ce quoi tu cherches ta valeur, ton identité, ta sécurité et ta joie autre que Christ.

Inconsciemment, le stress d’échouer est lié au fait que, bien souvent, nous trouvons notre valeur et notre importance dans la cote qui nous est attribuée. Pour d’autres, ton identité est intimement déterminée par ta réussite scolaire, ce qui affectera ultimement ta joie. Si tu as une bonne note, tu es heureux, si tu en as une mauvaise, tu es malheureux. La réussite scolaire est aussi, dans la tête de beaucoup d’entre nous, le gage d’une vie bien réussie. Or, de la réussite scolaire va découler ultimement le choix d’une carrière, et la roue de l’idolâtre recommence à tourner. En effet, certains vont trouver leur valeur et leur importance dans l’emploi qu’ils occuperont, leur identité y sera intimement reliée, et cela sera garant de leur futur bonheur. Ouf, pas étonnant qu’avec tous ces mensonges inconsciemment bien ancrés dans le fond du cœur les jeunes soient de plus en plus tétanisés par l’anxiété.

Nous avons besoin d’un travail de fondation

J’aimerais te proposer un travail de fondation. Nous avons précédemment conclu que le stress est un symptôme, je ne veux donc pas te donner simplement des astuces pour gérer superficiellement tes moments d’anxiété, il y a d’excellents exercices que tu peux trouver sur internet pour cela. Mon but est plutôt de t’aider à déraciner à la source de ton cœur ces idoles qui contaminent ta vie, et t’inspirer à rebâtir ta vie sur le plus solide des fondements, celui de Jésus-Christ. Comme nous l’avons dit, une idole c’est tout ce en quoi tu cherches ta valeur, ton identité, ta sécurité et ta joie autre que Christ. Pourquoi ? Eh bien, parce que si ton bonheur et ton bien-être dépend d’une personne ou de quelque chose de ce monde, alors ton bonheur est attaché à quelque chose de fragile et il est en danger. C’est comme l’histoire de ce père qui monte faire des travaux de rénovation sur le toit de sa maison et demande à son fils, de l’autre côté de la maison, d’attacher la corde à quelque chose de solide au cas où il tomberait. Le garçon attache donc la corde à la voiture. Mais la mère décide à ce moment de sortir faire les courses. Conclusion, le père a été emporté par la corde. Si nous sommes attachés aux idoles de ce monde, nous serons emportés avec eux, et sache que ce monde passera un jour. Il est inutile de vouloir devenir l’élève le plus intelligent du cimetière, ni même le plus beau, le plus cool ou le plus riche du cimetière. Tout cela, passera. Mais Christ, lui, non seulement il ne te décevra jamais, mais il ne passera pas. Si tu es fermement attaché au Christ, c’est sa destinée que tu connaîtras, c’est-à-dire, la vie éternelle dans la présence et le bonheur de notre Dieu.

De toute manière, Christ remplit mieux et remplira toujours mieux toutes les attentes que les idoles promettent à tort de remplir. Ta valeur et ton importance viennent de l’amour que Dieu a eu pour toi en offrant son Fils comme sacrifice de paix. Ton identité est celle, par ta foi, d’être en Jésus, en vertu de quoi tu es déclaré enfant bien-aimé de Dieu  en qui il a mis toute son affection. Ta sécurité vient de la certitude qu’en tant qu’enfant de Dieu racheté par Christ, Dieu a un plan pour toi et ta vie et qu’il te rend VIP pour son Royaume à venir. Ta joie, ta consolation dans l’affliction et ton encouragement au quotidien viennent de son œuvre déjà accomplie et de ses promesses à venir qui nous sont assurées.

La règle des 3 R pour des études sans stress

De la même manière qu’une idole affecte nos pensées, puis nos émotions et finalement nos actions, fonder sa vie sur le roc de l’évangile contribue au quotidien à renouveler nos pensées, ce qui restaurera nos émotions et conduira au mieux nos actions. En conséquence de son œuvre, nous devrions aborder nos études selon la règle des 3 R.

  • Soyons RESPONSABLES

Premièrement, soyons RESPONSABLES ! Dieu a un plan oui, mais ce plan ne signifie jamais que nous devons être sous pilote automatique. Dieu nous invite à prendre au sérieux nos responsabilités. Autant qu’il en dépende de nous, il faut être présents en classe, faire nos devoirs et apprendre nos leçons.

  • Apprenons à RELÂCHER

Ensuite, apprenons à RELÂCHER ! Lorsque tu as fait tes devoirs et appris tes leçons, il est temps de se confier en Dieu, de se reposer sur l’œuvre de Jésus à la croix et de croire en ses promesses. Il est rassurant de revenir continuellement à la Bonne Nouvelle de sa grâce. L’idolâtrie tente constamment de revenir dans le cœur, il faut donc continuellement se rappeler ce qui nous confère notre valeur et notre identité et ce qui nous donne notre joie et notre sécurité. Lorsque j’ai bien fait ce que j’avais à faire, c’est la responsabilité, je dois apprendre ensuite à m’en remettre entre les mains de Dieu, c’est comme ça qu’on apprend à relâcher. Lorsque j’étais plus jeune je rêvais de devenir cinéaste. J’étais bon dans ce domaine et cela m’apportait beaucoup de valorisation. J’ai tenté d’étudier et de travailler dans ce domaine, mais les choses ne fonctionnaient pas comme je le désirais. J’ai voulu trop fort et j’ai donc tenté de forcer les choses. À un certain moment de ma vie, j’ai dû m’en remettre à Dieu, et réaliser que peu importe ce que j’allais devenir, mon bonheur, ma joie, mon identité et ma sécurité ne viendraient pas de mon emploi, mais de mon Dieu. J’ai même dit à Dieu : « si ton plan est que je travaille comme menuisier, je le ferai ! » Non pas que j’ai quelque chose contre les menuisiers, mais n’étant pas très habile de mes mains, c’est un emploi qui me semble aux antipodes de mes intérêts. Mais l’idée, c’est qu’après avoir fait tous mes devoirs et mes leçons, si ce n’est pas le plan de Dieu pour moi, je relâche et lui fais confiance. Il sait mieux que moi ce dont j’ai besoin et je fais confiance que peu importe ce que je vais faire, il sera là à prendre soin de moi, et mon activité ne change pas l’œuvre d’amour accomplie par son Fils pour moi.

  • Savoir bien RÉVISER

Finalement, il faut bien RÉVISER ! Il est normal de stresser lorsqu’on va passer un examen pour ensuite recevoir une note. Mais nous devons réviser, premièrement dans la prière, puis ensuite dans nos cahiers. La réussite, c’est 50% la prière et 50% l’étude. Un artisan, avant de passer à l’action, doit bien prendre soin de tous ses outils, sans quoi il est impossible pour lui d’accomplir son travail. Un bûcheron ne peut pas passer trop de temps à affûter sa hache. La prière est le moment non seulement où nous nous rappelons nos responsabilités devant le Seigneur, où nous identifions nos idoles et revenons à l’évangile, où nous apprenons à relâcher nos peurs, mais aussi où Dieu nous travaille et nous affûte pour la tâche à accomplir. En effet, nous avons besoin de réviser nos notes et nos cahiers d’études, mais nous avons surtout besoin de réviser avec Dieu.

Auteur : Simon Archambault

Simon Archambault M.Th. est pasteur des ados depuis 10 ans. Il est pasteur des ados de l’Église Le Portail à Laval au Canada depuis 5 ans. Il est également professeur d’herméneutique à l’institut de théologie pour la francophonie. Il est aussi membre du concile SOLA.