Et si l’adoration était plus que ce que l’on croit ?

« Es-tu prêt à vraiment adorer Dieu ? »

Tu n’as pas trop envie d’être là ce matin, mais par ces mots le président du culte réussit à capter ton attention. Alors que le guitariste joue doucement le premier accord, la chanteuse ferme ses yeux et ton voisin lève ses mains. Tiraillé entre ton désir et ta léthargie, tu te demandes : « Suis-je prêt à vraiment adorer Dieu ? »

Nous appelons souvent le rassemblement de l’église (surtout les chants) « la louange » ou « le culte ». Mais avons-nous bien compris ce qu’est l’adoration ? Malgré son importance, le sujet peut amener de la confusion ou même du découragement. Revenons donc à la Bible pour mieux comprendre et jouir de ce don.

Dans la Bible, « adoration » n’est pas synonyme de « rassemblement », encore moins de « chants » (bien qu’ils soient parfois liés). En fait, le mot français « adoration » traduit toute une gamme de mots en grec et en hébreu, dont l’hommage, la reconnaissance, la soumission, la consécration, le service, la révérence et la louange. Et dans le Nouveau Testament, deux principes essentiels sont mis en avant avec ce mot.

Deux principes essentiels

1) Une réponse à l’Évangile

Cela te semblera peut-être contre-intuitif, mais l’adoration commence par la confession. Selon Romains 1.25, nous avons tous adoré des choses créées au lieu du Créateur. Mais ce constat nous pousse à nous appuyer sur le seul adorateur parfait (Matthieu 4.10). Jésus a offert sa vie en sacrifice parfait, en offrande agréable (Hébreux 8.3), pour payer le prix pour notre adoration déplacée.

Constat radical, la vraie adoration ne consiste pas principalement en ce que moi j’apporte à Dieu. Ce qui honore Dieu avant tout, c’est de reconnaître la valeur de l’œuvre de Jésus à ma place. Nous croyons parfois qu’il nous faut susciter du fond de nous-mêmes une attitude d’adoration qui lui sera agréable. En réalité, Dieu est glorifié lorsque nous crions : « je ne peux rien faire pour te plaire, Seigneur. Jésus est mon seul espoir ; merci pour son offrande à ma place ! » De plus, mes actes d’adoration sont acceptables uniquement parce qu’ils sont purifiés en Christ.

2) Un engagement de toute la vie

Mais ce n’est pas pour autant que nous ne faisons rien. Au contraire, selon Romains 12.1, c’est précisément cette compassion de Dieu qui nous motive à offrir nos vies en sacrifices d’adoration ! L’adoration ne consiste donc pas simplement à chanter le dimanche matin, mais devrait imprégner tout ce que nous faisons. Jésus a tout fait pour nous racheter ; alors nous voulons l’honorer avec toutes nos pensées, nos émotions, nos paroles et nos actions !

Ce que l’adoration n’est pas

1) L’adoration ne sert pas à gagner la faveur de Dieu

« Nous sommes venus ce matin pour apporter à Dieu une offrande agréable. » As-tu déjà entendu ce genre de langage dans l’église ? Offrir nos vies en sacrifice pour Dieu est une bonne chose (Romains 12.1, Hébreux 13.15), mais je crains que ce langage révèle souvent un malentendu qui rapproche trop notre pratique au culte de l’Ancien Testament. Tu penses gagner l’approbation de Dieu par la sincérité ou l’intensité de ton « offrande » ? Tu ne peux pas ! Loue plutôt Dieu parce que tu es déjà accepté grâce à l’offrande de Jésus !

2) L’adoration ne sert pas à invoquer la présence de Dieu

Est-ce que tu vas à l’église pour rencontrer Dieu ? Ce langage courant risque de nous faire oublier que le Saint Esprit habite déjà en nous grâce à l’œuvre de Jésus (Romains 8.9-11). Pourquoi donc demander à Dieu de redescendre sur nous chaque dimanche, et croire que nos belles mélodies ou la disposition de nos cœurs peuvent « invoquer » sa présence ? Cette conception fait abstraction de l’œuvre accomplie par Jésus et nous prive de la joie de nous approcher à Dieu avec confiance à tout moment (Hébreux 10.19-22) !1

3) L’adoration n’est pas synonyme de « chant »

Employer « louange » comme synonyme du chant risque de nous faire oublier que l’adoration est censée caractériser toute la vie. Vaughan Roberts dit : « Dire « Je vais à l’Eglise pour louer Dieu » est aussi insensé que de dire « Je vais au lit pour respirer. » »2 Oui, nous adorons Dieu à l’église, mais parce que nous voulons l’adorer à tout moment ! De plus, nous allons à l’église non seulement pour adorer Dieu mais aussi pour nous imprégner de sa Parole et pour nous édifier mutuellement. Ces trois buts devraient caractériser tout élément du rassemblement, y compris les chants (Colossiens 3.16).

Es-tu prêt à vraiment adorer Dieu ? Oui, tu es prêt ! Laisse-toi simplement émerveiller par ce que Jésus a accompli pour toi et donne-lui toute ta vie !

  1. Je reconnais pourtant que Dieu est présent d’une manière particulière lorsque nous sommes rassemblés (Matthieu 18.20).
  2. Vaughan ROBERTS, True Worship, Milton Keynes, Authentic Media, 2002, p. 16, notre traduction.

Adrian Price

Adrian Price est diplômé en musique et composition, ainsi que diplômé récent de l’Institut Biblique de Bruxelles. Il habite actuellement à Lausanne avec sa femme Fiona et leur fils de trois ans, d'où il gère le Collectif Colossiens 3.16 (un projet de composition de chants d’assemblée), alors qu’il recherche un poste dans le ministère pastoral.

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7 Commentaires

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  • Merci c est toujours utile de revenir à l essentiel … pouvez vous préciser quand l on peut prendre ou pas le repas du Seigneur ? Bon dimanche soyez bénis Clarisse

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    • Merci pour l’encouragement ! En ce qui concerne le repas du Seigneur, ce n’est pas mon domaine d’expertise, mais il me semble que nous créons parfois trop de règles. Ni Jésus ni les apôtres ne nous ont laissé des prescriptions très précises quant à la régularité ou à la forme de la Cène, sauf l’indication « Faites ceci en souvenir de moi toutes les fois que vous en boirez » (1 Co 11.25), ce qui semble suggérer qu’il faut le faire de manière assez régulière. Votre question laisse entendre qu’il y a une occasion où ce ne serait pas approprié de prendre la Cène, et il se peut que vous pensiez au texte de 1 Co 11, où Paul dit « celui qui mange ce pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. » (11.27) C’est un texte qui n’est pas bien compris et j’ai souvent vu des chrétiens refusent la Cène parce qu’il se croient « indignes ». Il y a une certaine ironie ici. La signification de la Cène est précisément le fait que nous sommes tous indignes et que nous avons besoin du sacrifice de Jésus pour laver nos péchés ! En fait, si on regarde le texte de 1 Co 11, on voit que Paul parle d’une situation très spécifique. Le problème à Corinthe était le fait que certains membres de l’église plutôt riches mangeaient leur « repas » sans tenir compte des membres plus pauvres. Apparemment chacun apportait son propre repas mais certains ignoraient le fait que d’autres n’avaient pas de nourriture. Mais la Cène est censée être une occasion communautaire, où nous exprimons ensemble notre foi en Christ. Alors, qu’est-ce que ça veut dire de « manger ou boire indignement » ? Si on regarde un peu plus loin on voit que le problème est « celui qui mange et boit, sans discerner le corps », c’est-à-dire c’est celui qui prend le repas tout en ignorant le reste du corps de Christ, les besoins de ses frères et sœurs en Christ. C’est dans ce sens qu’il faut s’examiner soi-même, pour voir si on traite nos frères et nos sœurs de manière juste. Ce serait hypocrite de prendre part à cette activité communale qui est censée exprimer notre unité en Christ, tout en sachant que nous ne traitons pas un membre de l’église avec justice. Donc, c’est une circonstances très particulière. Paul ne veut pas dire qu’il faut s’examiner pour voir s’il y a du péché tout court dans nos vies, parce que dans ce cas personne ne prendrait jamais la Cène ! Au contraire, en prenant la Cène nous venons les mains vides, nous confessons à Dieu nos péchés, même ceux qui ne sont pas encore « réglés », et puis nous nous appuyons avec confiance sur la grâce de Dieu et prenons sans honte la Cène pour exprimer notre besoin du pardon. Je suis parfois attristé de voir des frères ou des sœurs refuser la Cène parce qu’ils se croient indignes ! Oui, nous sommes indignes ! C’est pourquoi nous prenons la Cène ! La seule occasion où il faut s’abstenir c’est si on réalise qu’on traite un frère ou une sœur de manière injuste, parce que ce serait hypocrite d’exprimer notre unité avec le corps du Christ en prenant la Cène tout en faisant du mal à quelqu’un. J’espère que cette réponse vous a aidé. N’hésitez pas à me dire si je n’ai pas bien saisi le sens de votre question !

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  • J’aimerais recevoir chaque jour vos textes ! Merci ! C’est très important pour moi ! J’ai compris beaucoup de chose qui sont révélé dans vos textes…

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    • Merci pour l’encouragement ! En bas de la page de ce site web il y a un champ marqué « Suis-nous par mail » où vous pouvez écrire votre adresse email afin de recevoir des messages réguliers de la part de la Rébellution.

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  • Paf ! Merci beaucoup, il est des vérités qui ne plaisent mais qu’il est important de dire.

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    • Merci pour l’encouragement. En effet, parfois il faut dire ce qui n’est pas très populaire ! Mais j’espère que cet article vous a encouragé qu’une meilleure compréhension de l’adoration nous apportera plus de joie sur le long terme, même s’il faut une examination de nos pratiques pénible dans le court terme !

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  • Merci infiniment pour ce partage très édifiant. Cela rémet vraiment choses en place.

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