Joshua Harris divorce… et alors ?

Notes des éditeurs du 13/08/19 :

  • Certains lecteurs ont compris le « et alors ? » du titre comme une banalisation du divorce. Ce n’était pas l’intention de l’auteur, au contraire ! Désolé pour ce quiproquo.
  • Depuis la publication de cet article, Harris a annoncé qu’il quittait la foi (ce qui met son divorce en perspective). Nous avons également publié une réflexion à ce sujet : Joshua Harris quitte la foi… pourquoi ?

Récemment, Joshua Harris a annoncé qu’il divorçait. Il aura été marié 20 ans avec Shannon, la mère de ses 3 enfants. Selon votre âge et le niveau d’influence de Josh sur votre vie, je peux principalement imaginer deux réactions :

  • Josh… qui ? Pourquoi parle-t-on de son divorce sur la Réb’ ? Est-ce devenu un blog people pour évangéliques ?
  • Attends… sérieux ? Josh qui divorce ? Est-ce une blague ? Laisse-moi vite regarder la date du jour, on n’est pourtant pas le 1er avril…! Qu’est-ce que cela implique vis-à-vis de tout ce qu’il a enseigné sur le couple ? Reste-t-il de l’espoir pour le mariage au 21ème siècle ? Reste-t-il de l’espoir pour mon mariage ?

Pour commencer, mettons tout le monde au même niveau.

Qui est Josh ?

Josh est devenu un phénomène dans le monde évangélique à 21 ans. Il était alors encore célibataire et a sorti un livre intitulé J’ai tourné le dos au flirt qui est devenu un bestseller mondial (plus d’1 million de ventes !). Fort du succès de ce premier livre, il a récidivé 3 ans plus tard en écrivant Jeune homme rencontre jeune fille, où il raconte ce qu’il a appris sur les relations gars-filles depuis son mariage.

Ces livres ont pris la vision moderne des relations gars-filles à contre-pied en tentant de proposer une approche la plus « biblique » possible. Voici quelques idées prônées dans ses livres :

  • Une invitation à ne pas s’engager dans une relation si l’on n’est pas prêts dans un futur plus ou moins lointain à épouser son partenaire. Toute relation n’ayant pas pour but final le mariage est à proscrire.
  • Un minimum de contact physique avant le mariage pour maximiser les chances de garder les relations sexuelles pour le mariage (dans son cas, il est allé jusqu’à garder le premier baiser pour le jour des noces !).
  • Un accent très fort sur l’importance pour les jeunes chrétiens de maintenir leur virginité jusqu’au mariage (le public cible était à la base les jeunes de familles chrétiennes américains ayant suivi leur scolarité à la maison).

De nombreux ministères jeunesse en France et ailleurs ont recommandé ses livres auprès des jeunes, comme l’Institut Biblique de Genève lors de ses congrès de Pâques. D’ailleurs, la Rébellution a plusieurs fois recommandé ses livres (cette recherche sur le blog révèle 6 articles le mentionnant).

Josh est aussi le grand frère de Alex et Brett Harris, les jumeaux à l’initiative de la Rébellution au niveau mondial. D’ailleurs, ces derniers ont affirmé que Josh a été un modèle de vie durant leur enfance.

Pourquoi parle-t-on de son divorce ?

Dans notre société, il y a de nombreuses raisons d’être pessimiste sur la capacité d’un couple à rester mariés pour la vie, et à garder de l’amour, de la joie et de la passion au sein du couple au fil des décennies. Les statistiques sont glauques : en France, près de 45% des mariages finissent par un divorce (source). Il n’est pas rare pour des lycéens d’avoir quasiment tous les parents des élèves de la classe séparés. Dans un tel climat, comment garder de l’espoir pour le mariage en général, et en particulier pour son mariage ?

L’une des meilleures manières est d’avoir des modèles de mariages forts autour de nous, qui nous inspirent et nous montrent que le mariage est bel et bien une institution divine, et que par la grâce de Dieu, avec Christ au centre, un mariage peut s’épanouir et porter du fruit sur des décennies.

Josh était un tel modèle pour beaucoup de jeunes dans ma génération, et je m’inclus là-dedans. Dans son premier livre, il donnait l’impression d’avoir trouvé la formule pour arriver au mariage durable et parfait, et dans son second livre, de l’avoir appliquée avec succès.

Maintenant qu’il divorce, cela remet en question tout le modèle pour certains. Si de tels leaders chrétiens n’arrivent pas à faire durer leur mariage, quel espoir pour nous petits chrétiens « normaux » ?

Les leçons à tirer pour nous

J’aimerais tirer 3 leçons de ce qui devrait après tout ne rester qu’un fait divers.

Premièrement, il n’existe pas de recette magique dans la vie chrétienne, quel que soit le domaine. Et pourtant, nous avons soif de telles recettes. « Priez cette prière pendant 30 jours et vous verrez comment Dieu vous bénira ! », « Appliquez ces 4 étapes et vous serez libres de la pornographie ! », etc. C’est tellement plus facile que de travailler sur la source de nos problèmes, qui se situe souvent au niveau du cœur. Malheureusement, beaucoup ont lu les livres de Josh comme des recettes garantissant des fréquentations et un mariage heureux. Comme dans tout domaine, vivre sa vie sentimentale de manière sereine demande beaucoup de sagesse et de patience. Notre parcours ne sera certainement pas libre d’erreurs et de larmes. La Bible n’est pas une liste de recettes à appliquer, car Dieu ne cherche pas des pantins suivant une checklist. Au contraire, il souhaite nous transformer de l’intérieur sur la durée, en renouvelant nos pensées par sa vérité, jour après jour.

Ensuite, les célébrités chrétiennes sont des chrétiens comme les autres. Les pasteurs, chanteurs et théologiens chrétiens de renommée ont exactement les mêmes problèmes que n’importe quel autre chrétien. Le fait d’avoir écrit un best-seller sur le mariage ne protège pas du divorce. J’ai connu plusieurs « grands leaders évangéliques » avec de vraies zones d’ombre dans leur vie personnelle… Alors ne mettez jamais un chrétien sur un piédestal ! Au pied de la croix, le sol est plat, il n’y a pas de hiérarchie. Nous avons tous accès à la même grâce.

Finalement, les échecs du messager n’invalident pas son message. Les livres de Josh ne sont pas parfaits, loin de là. J’ai eu de nombreuses discussions avec des jeunes s’étant pris des murs en essayant de suivre ses préceptes à la lettre. En revanche, ils contiennent de nombreux principes utiles pour les jeunes chrétiens pour les faire croître en sagesse dans leur vie relationnelle. Par contre, il ne faut pas les prendre comme parole d’Évangile, et apprendre à discerner le vrai du faux, l’utile du superflu, ce qui est propre au contexte de l’auteur et ce qui peut être transposé pour nous aujourd’hui.

Une note finale

Pour conclure, je vous invite à prier pour Josh et sa famille. Sa décision de divorcer est regrettable et va à l’encontre des principes bibliques. Que Dieu lui donne la grâce de se repentir et de chercher la réconciliation avec Shannon à tout prix. Quant à nous, que Dieu nous donne la grâce de vivre nos relations selon sa sagesse. Que nous puissions rester attachés à Christ, pour le meilleur et pour le pire. Amen.

Source photo : @harrisjosh (Instagram)

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Sam P-L

29 ans, marié à Fidji, père de 3 enfants, ingénieur informatique à Lyon et co-auteur du livre Être étudiant et chrétien: opportunités et défis.

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48 Commentaires

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  • Salut Sam,

    Merci pour l’article et les rappels essentiels. Juste une donnée supplémentaire. Josh Harris a officiellement dit qu’il n’était plus chrétien. Il parle de « déconstruction » de la Bible, reconnaissant que l’équivalent biblique de sa situation c’est « to fall away ».
    Du coup, je crois qu’il y a quelque chose de plus profond. J’ai écouté une de ses interventions sur TED. Ce qui en ressortait de sa propre bouche, c’est qu’il a été propulsé au devant de la scène par son bouquin, mais qu’il était jeune et n’avait que très peu de solidité et de maturité biblique. Ce qui a fait le succès de son bouquin c’est qu’il correspondait tout à fait au milieu d’église duquel il venait.
    Mais trop de responsabilités lui ont été données, alors qu’il était un néophyte… Or, on sait le danger que Paul cherche à éviter aux néophytes en leur interdisant l’accès aux responsabilités pastorales auxquelles Josh Harris a rapidement eu accès.

    Cela doit nous questionner sur la manière dont nous poussons des jeunes au bûcher de la foi, en les exposants trop tôt à des responsabilités pour lesquelles, bibliquement parlant, ils n’ont que très peu de légitimité.

    Que Dieu nous accorde donc surtout de trembler à nouveau à sa Parole.

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    • Salut Calaghan,

      Un grand merci pour ton retour, que j’apprécie.

      Effectivement, Josh a déclaré qu’il quittait la foi après la rédaction de mon article. Je suis en train de méditer sur cet événement, et envisage un second article sous l’angle de l’assurance du salut et de la persévérance des saints. Prie pour moi, que Dieu me donne la sagesse et la sensibilité pour être juste, nuancé et courageux.

      Tu as raison de dire qu’il est dangereux de mettre un jeune aussi rapidement sur le devant de la scène. Déjà par ses livres il est devenu relativement riche à jeune âge, et ça ce n’est pas facile à gérer. Puis à cela s’est rajouté une forme de célébrité et de gloire.

      En revanche, même si Paul recommande à Timothée de ne pas établir un « nouveau convertis » comme anciens dans l’église (1 Tim 3.6), il ne faut pas oublier que Timothée lui-même était relativement jeune (1 Tim 4.12). La chute de Joshua ne signifie donc pas qu’il faille totalement écarter l’idée de leaders relativement jeunes dans l’église. Mais ils doivent être bien encadrés et ne pas être livrés à eux-mêmes, ça c’est sûr.

      Et oui, tremblons devant la Parole de Dieu, et je tremble en pensant à Joshua car « c’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Heb 10.31). Mais je prie avant tout qu’il revienne à la vérité, car il n’est jamais trop tard.

      Au plaisir de continuer la discussion avec toi Calaghan.

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      • Salut Sam,

        yes, en prière pour toi et pour la rédaction d’un article de mise à jour.
        Oui, tu as raison sur le fait que la solution n’est pas de rejeté tout candidat d’un jeune âge. Mais nous devons repenser l’encadrement et la formation de manière plus biblique.

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        • Merci cher Calaghan. Ton soutien dans la prière et la manière gracieuse dont tu as accepté ma nuance à ton idée me touchent et m’encouragent.

          En effet, il ne faut pas oublier que même les apôtres ont eu des collaborateurs qui les ont désertés, alors qu’ils les ont pourtant eux-mêmes sélectionnés, formés, éprouvés. Par exemple Démas: « Démas m’a abandonné par amour pour le monde présent » (2 Tim 4.10).

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  • Perso si des gens se remettent en question juste parce qu’une personne connue ou une personne qui semblait être un modèle a décidé de retourner sa veste c’est que leur foi n’était pas ancré profondément en Jésus mais en l’homme qui était l’instrument de Dieu.
    Je connais Joshua Harris et ma réaction à quand même été c’est quoi cet article people sur la réb’. Après au final je pense que les 3 leçon à tirer peuvent être utile pour ceux qui ont besoin de ce rappel et qui peuvent être affecté négativement par cette annonce.
    Après ça reste un article de plus qui contribue à relayer ce drama…

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    • Bonjour Naïmé,

      Eh oui, au risque de te décevoir, pas tous les lecteurs de la Rébellution ont une foi ancrée aussi profondément en Jésus que la tienne ! Tu n’étais manifestement pas le public cible de l’article.

      Si certains de nos lecteurs ont pu être ébranlés par cette annonce, alors il fallait en parler, au risque de les laisser seuls livrés à leurs doutes et incertitudes. Le verset suivant m’y motive :

      « Nous vous y invitons, frères et sœurs: avertissez ceux qui vivent dans le désordre, réconfortez ceux qui sont abattus, soutenez les faibles, faites preuve de patience envers tous » (1 Thess 5.14).

      Et oui, j’assume de « relayer ce drama », car s’il y a des leçons à tirer de cette « actualité », alors tirons-les !

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      • Hello Sam,

        Au risque de te décevoir c’est parce que je suis consciente que certains puissent être ébranlé par cette nouvelle que je me suis dis que cet article n’est pas si mal.je préfère voir le verre à moitié plein que vide. Je trouve que cet article est utile mine de rien. Je suis clairement pas la cible visé. Je n’ai jamais dis que tu devais assumer ou pas peu importante tant que tu as fait ce que tu pensais être bon c’est ce qui compte. C’est juste que moi à titre perso je suis un peu blasé d’être spammé par cette actualité ce n’est pas contre toi.

        Bye et Peace!

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  • Sans connaître les détails de leur situation, comment pouvez-vous affirmer que leur séparation n’est pas le bon choix ?

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    • Bonjour Gemma,

      Effectivement, je ne connais pas les détails de leur situation.

      En revanche, dans sa déclaration publique, Joshua indique que c’est à cause de changements qui ont eu lieu en chacun d’entre eux ces dernières années qu’ils divorcent.

      Lorsque l’on se marie, on s’engage à s’aimer pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort nous sépare. Et notre conjoint peut changer, en mieux (pour le meilleur) ou en moins bien (pour le pire).

      Nous sommes appelés à refléter l’amour entre Christ et l’Eglise par le mariage (cf. Eph 5). Si Christ nous lâchait dès que nous changions d’une manière qui n’est pas à son goût, alors nous ne pourrions avoir aucune assurance de notre salut. Et si je n’étais plus assez bien pour lui à cause de la manière dont je change? Continuera-t-il à m’accepter?

      De plus, dans son annonce, nous ne notons aucune note de regret ni de remord. Ils disent qu’ils restent amis, qu’ils continuerons à éduquer leurs enfants ensemble, et qu’ils garderont une affection sincère l’un pour l’autre. Mais aucune mention de péché ou d’échec à suivre la volonté de Dieu pour le mariage…

      Joshua a été un auteur à succès dans le monde évangélique et un pasteur influent. Il doit donc être jugé plus sévérement qu’un chrétien lambda (cf. Jacques 3.1).

      Je maintiens que sa décision est regrettable, tant pour lui que pour ceux influencés par lui.

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  • Je suis attristé de voir que cette déclaration par Josh Harris ne conduit pas à une remise en question plus profonde de l’ethique promulgé par son livre auprès des évangéliques.

    Dans ton article, tu dis: « Que Dieu lui donne la grâce de se repentir et de chercher la réconciliation avec Shannon à tout prix« .

    Si j’affirme avec la Bible que le mariage est à honorer par tous, je suis aussi assez réaliste pour reconnaître qu’un mariage peut être un échec et que parfois il vaut mieux sauver les vies que sauver le couple. Voudrais-tu vraiment que les femmes battues restent dans leur couple « à tout prix » ? Réfléchis aux nombre de telles personnes en France qui perdent ainsi leur vie aux mains de leur conjoint. Faut-il vraiment payer ce prix ?

    Soutenir que le mariage est une relation qu’il faut maintenir « à tout prix » est une position catholique qui provient d’une vision sacramentale de celui-ci. Je trouve inquiétant la tendance dans certains milieux évangéliques à adopter cette même vision sans qu’elle soit théologiquement ou pastoralement étayée.

    Par ailleurs, en écrivant ces lignes, tu fais porter l’échec de ce couple sur Josh à 100 %, alors qu’on n’en sait rien. Combien il est facile de condamner ceux qui à nos yeux ne sont plus théologiquement corrects… cela évite justement la remise en question… jusqu’à ce que l’on décompense totalement.

    Je voudrais aussi répondre à Calaghan.

    Si Josh dit qu’il n’est plus chrétien par « toutes les métriques à [sa] disposition », il reste ouvert à la possibilité d’une autre expression de la foi. Sa comparaison entre « déconstruction » et « tomber » est davantage le reflet d’une doctrine qui ne laisserait la place à aucune remise en question que d’une déclaration d’apostasie.

    Le contraire de la foi n’est pas le doute mais l’incrédulité. Je n’entends pas d’incrédulité dans la déclaration de Josh, mais bel et bien les débuts d’une « déconstruction » : lui-même est assez lucide pour reconnaître qu’il n’en est pas à la fin. En citant Luther, Il décrit aussi cette démarche comme une repentance continue. Pour ma part, je trouve qu’il a absolument raison de vouloir se repentir dans tous les domaines qu’il cite et j’espère qu’il se rendra compte que ce faire n’implique pas un abandon de la foi pour autant.

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    • Bonjour Eutychus,

      Tu soulèves de nombreux points, alors je vais répondre point par point pour ne pas m’y perdre et perdre ceux qui me liront:

      > Je suis attristé de voir que cette déclaration par Josh Harris ne conduit pas à une remise en question plus profonde de l’ethique promulgé par son livre auprès des évangéliques.

      Il y a un temps pour tout. Un temps pour réagir à l’annonce de son divorce. Et un temps pour examiner l’éthique promulguée par son livre. Je me suis limité à 1000 mots, si tu savais déjà tout ce que j’ai dû couper pour en rester là! Avec ma femme, nous avons passé des dizaines d’heures dont des nuits blanches à discuter des forces et des faiblesses de ses livres. Peut-être qu’un jour je partagerai le fruit de ces réfléxions. Mais note juste que tout ne pe pas être dit en un seul article de blog.

      > Voudrais-tu vraiment que les femmes battues restent dans leur couple « à tout prix » ? Réfléchis aux nombre de telles personnes en France qui perdent ainsi leur vie aux mains de leur conjoint. Faut-il vraiment payer ce prix ?

      Absolument pas. Je n’ai jamais indiqué qu’il faille maintenir tout mariage à tout prix, ce n’est pas là mon approche. Je ne suis pas sûr qu’il soit utile de discuter de principes généraux en se focalisant sur les exemples extrêmes (tout comme discuter de l’avortement dans le contexte de jeunes femmes violées n’est pas forcément utile dans la discussion plus générale sur le bien-fondé de l’avortement). En revanche, il ne me semble pas que le cas de Joshua et de sa femme implique de la violence ou une remise en question de l’intégrité morale et physique de l’un comme de l’autre (pourquoi resteraient-ils alors « amis » avec un « amour sincère »?).

      > Soutenir que le mariage est une relation qu’il faut maintenir « à tout prix » est une position catholique qui provient d’une vision sacramentale de celui-ci. Je trouve inquiétant la tendance dans certains milieux évangéliques à adopter cette même vision sans qu’elle soit théologiquement ou pastoralement étayée.

      Ce n’est pas forcément ma position que tu décris, et puis le « à tout prix » est plutôt vague, à voir ce que l’on y met dedans. En revanche, je suis de l’avis que la rupture de l’alliance du mariage et de sa promesse initiale ne doit se faire qu’en cas de force majeure. Sinon quel intérêt à promettre quoi que ce soit? Autrement il faudrait revoir les voeux « classiques », et peut-être indiquer: « je vais essayer de t’aimer même quand la vie sera difficile et même si tu changes d’une manière qui ne me plaise pas trop, mais ça par contre, je ne peux pas te le promettre… »

      > Si Josh dit qu’il n’est plus chrétien par « toutes les métriques à [sa] disposition », il reste ouvert à la possibilité d’une autre expression de la foi. Sa comparaison entre « déconstruction » et « tomber » est davantage le reflet d’une doctrine qui ne laisserait la place à aucune remise en question que d’une déclaration d’apostasie.

      Joshua a été pasteur, et il dispose de nombreuses métriques pour définir un chrétien. Or, il ne se considère plus chrétien. Il le dit tel quel. Il ne dit pas qu’il est en train de douter ou de remettre en question certains points de doctrine. Il dit qu’il n’est plus chrétien. Et il se repent auprès de diverses communautés pour avoir défendu des idées qui sont défendues par la plupart des chrétiens. Mais bon, ça reste ouvert à interprétation, seul Dieu connaît son coeur.

      Au plaisir de discuter davantage avec toi Eutychus.

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    • Désolé, Eutychus, je ne suis pas sûr d’avoir compris là où tu veux en venir.
      En ce qui concerne la « déconstruction » et le fait que Harris reste « ouvert à d’autres expressions de la foi », je ne sais pas si tu le sais mais ceux qui le lui ont suggéré ont notamment mentionné Rob Bell. Si tu connais Rob Bell et que tu es évangélique, tu sais alors que ce n’est pas une saine expression de la foi… vraiment pas. Mais bon, je t’ai peut-être mal compris.

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      • Calaghan, pourrais-tu stp me partager la source de ce que tu dis ici: « ceux qui le lui ont suggéré ont notamment mentionné Rob Bell » ?

        Ca m’intéresse car j’ai également suivi le parcours de Bell avec beaucoup d’intérêt, en regardant ses vidéos, en lisant ses livres et en écoutant ses podcats. Et même si j’ai toujours écouté avec une certaine prise de distance, un jour j’ai dû m’arrêter car il était devenu vraiment nocif pour ma foi…

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        • Oh la la! Je serai bien incapable de te dire où je l’ai lu exactement (entre les 3 ou quatre articles de Christianpost + commentaires / les posts instagram de Josh Harris + commentaires / et autres sources…). Je vais essayer de le retrouver. En tout cas, en le lisant cela m’a paru évident (le lien avec Rob Bell) puisque Rob Bell utilise souvent la terminologie de déconstruction pour qualifier son « évolution » théologique.

          D’ailleurs je serais intéressé par ton avis sur les livres de Rob Bell (que je n’ai pas lu du coup). J’avais visionné une de ses conférences dans laquelle il présentait sa théodicée (en plus de quelques interviews).

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          • Salut Sam,

            Je reviens vers toi. En fait le rapprochement avec Rob Bell était suggéré non dans un commentaire, mais dans un article critique. J’ai retrouvé la référence. Du coup, il n’est pas explicite que Josh Harris soit influencé par Rob Bell. Il est certain en revanche que la terminologie de « déconstruction » est typique du langage « d’anciens évangéliques »; en particulier dans la partie la plus libérale du mouvement émergent.

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    • Je ne comprends pas pourquoi ramener au cas des femmes battues… Ce n’est pas du tout le propos ! Evidemment qu’une femme battue qui s’enfuit pour se mettre en sécurité n’a pas à être blâmée et il faut la protéger. Cela e signifie pas cautionner le divorce pour autant, Dieu peur restaurer les mariages les plus désastreux.

      Pour le reste, concernant Josh, ce qui m’interpelle, c’est que, venant d’un milieu très conservateurs dont il s’est fait l’écho durant des années, avec succès, il a cédé ensuite aux sirènes du progressisme et du modernisme des idées. Dans un autre articles que j’ai lu, on cite que c’est le rapport à la sexualité, à la place des femmes et des LGTB qui ont changé, ou contribué à changer sa façon de voir. De même qu’il a fréquenté un institut théologique au canada qui était peut-être « libéral » dans son enseignement. (hypothèse).

      Le principe des idéologies actuelles telles que le féminisme (pcq tout commence par lui, les autres en sont les petits frères), c’est justement, principalement de chercher a DECONSTRUIRE. C’est assumé et revendiqué. Déconstruire « la société patriarcale » déconstruire « le mariage, » « le rapport et la l’assymétrie entre les eux sexes », « l’exclusivité sexuelle » et outre la société, déconstruire l’individu en lui-même: qu’est ce qu’un homme ? Qu’est ce qu’une femme ? Qui je suis ? suis-je bien hétéro ? Et si tout ce que j’ai cru jusque présent était faux ? Et si je ne suis qu’une construction sociale ? etc.

      Ces ravages ne sont plus à démontrer sur la société, mais tristesse immense de constater que ces idéologies investissent l »église insidieusement. Josh a déclaré avoir tourné le dos à la foi (que Dieu lui fasse grâce !!), au moins c’est honnête. Combien d’autres personnes dans le même cas qui poursuivent leur ministère entraînant l’église avec eux dans la voie du progressisme et de la théologie libérale ?

      Oui Josh est tombé, mais Dieu relève. Que tout ceci soit pour Sa Gloire en produisant un témoignage plus grand de repentance et de rédemption. Et que ceci nous serve de leçon, comme le dit Sam, de nombreux collaborateurs de Paul l’ont abandonné, et nous même nous vivons cela aussi dans les assemblées. Des « colonne » (ou ce qu’on prenait comme tel) s’effondrent un beau jour et c’est la douche froide. Les Hommes sont des instruments entre les mains de Dieu mais ils sont faillibles, gardons notre espérance en JESUS et en lui seul.

      Dieu vous bénisse tous.

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      • Tout est dit…

        Merci à toi

  • Avatar
  • Cher Sam
    J’ai beaucoup de plaisir à lire les articles de la REB régulièrement. Cette fois j’ai été attiré par le titre et bien sûr, j’ai pris le temps de le lire.
    – J’ai été déçu par le titre et ce … et alors! . C’est comme si le divorce était devenu quelque chose de tellement normal alors que cela n’a jamais été la volonté de notre Dieu qu’il en soit ainsi. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Matthieu 19 v 6
    – J’ai été déçu de voir que tu ne développes pas le point de vu biblique du mariage. ( Pas un seul verset pour défendre un sujet aussi important).
    – J’ai été déçu que tu ne présentes pas Ephesiens 5 et tous LES DEVOIRS qui attendent ceux qui se marient. Effectivement le divorce est un choix mais malheureusement nous parlons plus de nos droits que de nos devoirs et c’est dommage.
    – J’ai été déçu que tu ne parles pas de tous les dégâts que vont engendrés un tel choix. Déjà pour cet homme et cette femme mais aussi pour ces 3 enfants. J’ai 56 ans et mes parents ont divorcé alors que je n’avais que 8 ans et je peux te dire que jusque l’âge de 40 ans j’ai terriblement souffert de ce divorce.
    – J’ai été déçu car préparant avec mon épouse des couples au mariage, un tel article parait ramené ce cadeau merveilleux qu’est le couple, à quelque chose de secondaire et que le divorce est devenu maintenant dans cette époque quelque chose de banal. Dieu ne change pas , ni ce qu’il a dit.

    Voilà en quelques mots ce que je désirais te transmettre. Ni voit pas là une attaque personnelle car je vais continuer de lire tes articles et ceux de la REB en général car vous faites vraiment du bon boulot mais juste une profonde déception de ce que tu n’as pas saisi cette occasion pour apporter le contre pied à ce genre d’annonce.

    Je t’embrasse

    Daniel

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    • Cher Daniel,

      Un grand merci pour ton commentaire et pour ta transparence. Etant donné que tu soulèves de nombreux points, je vais tenter de répondre point par point:

      > J’ai été déçu par le titre et ce … et alors! . C’est comme si le divorce était devenu quelque chose de tellement normal alors que cela n’a jamais été la volonté de notre Dieu qu’il en soit ainsi. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Matthieu 19 v 6

      Ah mince, il s’agit d’une méprise. Tu remarqueras que dans l’article, je parle du divorce de Joshua comme d’un « échec », je dis que c’est « regrettable » et je prie que « Dieu lui accorde la grâce de se repentir ». Si je parle de repentence, c’est parce que je pense justement que ce n’est pas banal et qu’il s’agit un péché. Pour le « et alors… », c’était une autre manière de dire qu’il s’agit d’un « fait divers » qui ne doit pas remettre en question les fondements de notre foi, ni notre espoir de vivre un mariage heureux selon la volonté de Dieu dans le 21ème siècle. Si tu as compris l’inverse, c’est que je n’ai pas été assez clair, et pour cela je te demande pardon mon frère.

      > J’ai été déçu de voir que tu ne développes pas le point de vu biblique du mariage. ( Pas un seul verset pour défendre un sujet aussi important).

      Il y a de nombreuses choses que j’aurais aimé dire, mais je me suis limité à 1000 mots et j’ai dû beaucoup couper. J’ai indiqué que le mariage était une institution divine dans laquelle Christ devait être au centre, mais je n’ai pas pris la peine d’étayer cette idée par des références bibliques. J’ai présupposé qu’ils étaient assez connus et assez souvent enseignés sur ce blog. Mais peut-être aurais-dû être plus explicite!

      > J’ai été déçu que tu ne présentes pas Ephesiens 5 et tous LES DEVOIRS qui attendent ceux qui se marient. Effectivement le divorce est un choix mais malheureusement nous parlons plus de nos droits que de nos devoirs et c’est dommage.

      De nouveau, là n’était pas forcément l’objet, et j’ai manqué d’espace. Je ne voulais pas non plus écrire une série d’articles sur le divorce d’un chrétien célèbre…

      > J’ai été déçu que tu ne parles pas de tous les dégâts que vont engendrés un tel choix. Déjà pour cet homme et cette femme mais aussi pour ces 3 enfants. J’ai 56 ans et mes parents ont divorcé alors que je n’avais que 8 ans et je peux te dire que jusque l’âge de 40 ans j’ai terriblement souffert de ce divorce.

      Merci du rappel. Je compatis sincèrement… Et à nouveau, quand on écrit un article de 1000 mots, on doit faire des choix. Et on ne peut pas tout dire. J’aurais aimé dire tellement plus, sois-en sûr…

      > J’ai été déçu car préparant avec mon épouse des couples au mariage, un tel article parait ramené ce cadeau merveilleux qu’est le couple, à quelque chose de secondaire et que le divorce est devenu maintenant dans cette époque quelque chose de banal. Dieu ne change pas , ni ce qu’il a dit.

      C’est juste le choix malheureux du titre qui te fait dire que mon article banalise le divorce? Aïe… c’est ce qu’on appelle un sacré quiproquo, car je voulais communiquer tout l’inverse…

      Je t’embrasse également.

      Samuel

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      • Cher Sam
        Un grand merci pour ta réponse.
        Tellement reconnaissant pour ta simplicité, ton amour pour le prochain et ton humilité.
        Que Dieu te bénisse pour la suite et dans ce ministère tout particulier où il faut savoir user de sagesse et de discernement.
        Je t’embrasse
        Daniel.

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  • Pardon j’ai oublié de te demander où est-ce que je pouvais lire les 3 autres commentaires car je n’ai accès quà celui de Calaghan ?
    Merci d’avance
    Daniel

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    • Comme indiqué dans le commentaire de Benjamin, les administrateurs étaient en vacances et n’ont pas forcément pu rapidement modérer les nouveaux commentaires. C’est chose faite et tous les commentaires sont désormais visibles, merci pour ta compréhension.

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  • Bonjour. Le commentaire de Calaghan change un peu la donne. Mais sur le fond, pour avoir moi même vécu le divorce, les questions demeurent et se font de plus en plus déterminantes dans un monde où les relations, comme les téléphones portables, se changent tous les 6 mois. Aussi, le retour d’expérience – et d’échec en l’occurrence – pourrait être très précieux, autant au niveau de Josh (que je ne connaissais absolument pas) que de son épouse. Savoir quelle racine a petit à petit torpiller cette relation, ou à l’inverse quelle étincelle a instantanément mis le feu aux poudres… ce n’est probablement pas le moment (que Dieu prenne pitié et face grâce à notre soeur et notre frère…) mais si nous pouvions, avec le recul, recueillir un témoignage, cela pourrait être tout aussi édifiant que les messages apportés jusqu’alors. Je ne sais pas si la photo représente ces personnes, mais c’est un beau couple.
    Le diable ne vient que pour dérober, et pour tuer et détruire.
    Père, à toi la victoire et la vie en abondance. Protège nous et garde nous attentifs et prévoyants comme les 5 vierges sages…

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    • Bonjour François,

      Effectivement, nous pouvons apprendre des erreurs et des échecs des autres. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Bible ne cache pas les nombreux échecs de ses protagonistes (Adam, Abraham, Isaac, Samson, David, Jonas, Pierre, etc.).

      J’ai même le sentiment qu’apprendre des erreurs des autres est souvent une meilleure école que de simplement être mis au fait de leur succès. En tout cas, l’apôtre Paul confirme que ces récits d’échec sont là pour nous instruire: « ces faits sont arrivés pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs comme eux en ont eu » (1 Cor 10.6, voir: 1 Cor 10.1-12).

      Peut-être que Joshua prendra du recul sur sa séparation et qu’il pourra un jour partager des leçons de cet échec relationnel. Peut-être que les plaies sont trop vives pour l’instant pour qu’il puisse le faire sereinement.

      Et oui, la photo représente bien ces personnes. Ils sont beaux. Ils sont jeunes. Et leur message sur les réseaux sociaux est teinté d’optimisme et d’espoir. Et c’est justement cela qui est malheureux car cela envoie le message que le divorce est banal. « Regardez, nous on divorce, mais on est toujours aussi beaux et souriants, on reste amis, on s’aime tendrement, mais nos vies ont pris un chemin différent, donc on se sépare… »

      Oui, le diable vient pour dérober et détruite. Et il n’est pas surprenant que la plus grande section sur la famille dans le nouveau testament (Eph 5.18-6.9) soit immédiatement suivi du passage connu sur le combat spirituel et l’armure spirituelle du chrétien (Eph 6.10-20).

      Tu écris:

      > Père, à toi la victoire et la vie en abondance. Protège nous et garde nous attentifs et prévoyants comme les 5 vierges sages…

      Amen.

      Et je rajouterai: « Ainsi donc, que celui qui croit être debout fasse attention à ne pas tomber! » (1 Cor 10.12)

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  • Le fait que seul 2 commentaires sur 7 aient été publiés témoigne d’un manque de volonté d’avoir un véritable échange. Ce refus de permettre une vraie remise en question est catastrophique.

      Benjamin E
    • Bonjour Eutychus,
      Plusieurs membres de l’équipe sont en vacances, nous avons donc du mal à être réactif durant l’été. Si les commentaires n’ont pas été validés, ce n’était aucunement par volonté de censure. Je viens de les découvrir et de les valider aussitôt. Je suis certain que Sam, l’auteur de l’article, se fera un plaisir de te répondre.
      Je t’encourage à un peu de grâce envers nous, blogueurs, gérer un blog prend du temps ! :-) Je prends néanmoins l’entière responsabilité pour ce manque de réactivité, Sam n’y est pour rien.
      Bien cordialement,
      Benjamin

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    • Eutychus, sache que l’attitude révélée dans ton commentaire m’attriste. L’amour ne soupçonne pas le mal (1 Cor 13.5). Je n’ai rien à rajouter aux paroles de l’apôtre.

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  • 1 Jean 2:19 – “ Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres, car s’ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais cela est arrivé afin qu’il soit bien clair que tous ne sont pas des nôtres.”

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    • Merci Flute pour ce partage.

      Difficile en effet de ne pas penser à ce passage devant le reniement de la foi de Harris.

      Quant à nous, que Dieu nous accorde la grâce de persévérer, et ce faisant, démontrer que notre salut était bien effectif!

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  • Hello et merci pour ton article.
    Comme certains, j’ai été assez surpris du titre « Et alors ? », mais comme tu le dis, le divorce n’est pas biblique, d’autant plus vu sa position dont tu parles dans les commentaires…
    Ce qui m’a également choqué dans des articles d’autres médias à ce sujet c’est sa position sur les LGBT+. En effet, il s’excuse auprès d’eux d’avoir été si catégorique et en disant qu’ils doivent trouver leur place dans l’église notamment… qu’en penses-tu ? J’entends de plus en plus d’église parlant d’attitudes inclusives, envers les LGBT notamment. J’ai vraiment l’impression que certaines essayent d’inclure tout le monde pour ne pas choquer tout en mettant de côté ce que la Bible nous enseigne…
    Mais pour Joshua effectivement, espérons qu’il soit repris par le Seigneur.
    Que Dieu te bénisse !

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    • Merci Aurélien pour ton commentaire !

      Effectivement, je me suis rendu compte que le choix du titre était malheureux… si c’était à refaire, j’aurais choisi d’autres mots !

      Cela étant dit, dire que le « divorce n’est pas biblique » doit aussi être nuancé. Il peut y avoir des situations où le divorce est légitime devant Dieu (adultère, abus physique, spirituel, mental, etc.).

      En ce qui concerne sa position sur les LGBT+, il n’a plus aucune raison d’aller à l’encontre du courant populaire, maintenant qu’il n’a plus de sauveur crucifié à suivre.

      Toi aussi que Dieu te bénisse !

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      • Merci de ta réponse.
        Effectivement, j’aurais aussi pu choisir d’autres mots. D’autant plus que j’avais des parents chrétiens qui ont divorcé avec (aussi) un abandon de la foi de la part de mon père… ;-)
        Tu l’as très bien dit pour Joshua, et ce genre de position d’anciens chrétiens m’effraiera toujours, ils sont complètement aveuglés.
        Bref, soyez bénis dans le travail que vous faites avec la Reb’ !

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        • Merci Aurélien, et je suis ravis de voir que le divorce de tes parents chrétiens et l’abandon de la foi de la part de ton père ne t’ont pas ébranlé au point de te faire perdre la foi. C’est là un témoignage à la grâce de Dieu et à la validité de ta foi :).

          Il est difficile d’aller à contre-courant de la pensée dominante, même pour un Chrétien fondé sur la Parole avec l’aide du Saint-Esprit. Alors on peut bien imaginer que sans ces forces positives, on tende naturellement vers ce qui semble le plus juste selon les critères de notre culture séculière…

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  • Merci Benjamin pour les explications. Je passe sur la réflexion de Sam nettement moins généreuse. Aurait-il fallu que je ne soupçonne pas le mal lorsqu’un responsable d’église m’avoue un jour que l’oeil au beurre noir de sa femme est le résultat de son coup de poing?

    Oui les femmes mortes sous les coups de leur mari sont un cas extrême, mais elles existent bel et bien. Cependant il y en a beaucoup plus qui sont battues et qui se sentent dans l’obligation de rester « à tout prix ».

    Requalifier « à tout prix » en « sauf cas de force majeure », comme Sam tu l’as fait dans ta première réponse, c’est déjà très différent et beaucoup mieux que ta première affirmation.

    On peut être pour le mariage et pour la fidélité sans pour autant le sublimer.

    L’amour du Christ pour son Eglise est apporté par Paul comme une illustration du mariage. Il me semble que bien trop souvent, on enseigne tout le contraire : que le mariage doit être une illustration de cet amour entre Christ et l’Eglise. C’est une exigence impossible, culpabilisante, et extra-biblique. Peu étonnant alors que tant d’histoires de défenseurs ardents d’une telle prise de position finissent par craquer…

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  • Eutychus, je te prie de bien vouloir m’excuser pour ma réponse un peu sèche et acerbe. Et au passage, je tiens à féliciter Ben pour sa réponse douce et bienveillante (Ben, tu es un modèle sur ce point, tu m’inspires).

    Tu dis :

    > Oui les femmes mortes sous les coups de leur mari sont un cas extrême, mais elles existent bel et bien. Cependant il y en a beaucoup plus qui sont battues et qui se sentent dans l’obligation de rester « à tout prix ».

    Absolument, et je pense que c’est une tragédie. Et je tiens à préciser que tout enseignement mettant cette pression sur ces femmes est malsain. J’espère de tout coeur que ma remise en question de ce divorce à première vue « facile » de Harris n’encourage pas les personnes dans des mariages abusifs à rester…

    > Requalifier « à tout prix » en « sauf cas de force majeure », comme Sam tu l’as fait dans ta première réponse, c’est déjà très différent et beaucoup mieux que ta première affirmation.

    Merci Eutychus pour cette concession. Par contre, quand je dis que je prie que Harris « cherche la réconciliation avec Shannon à tout prix », je parle de ce cas spécifique où il ne semble pas y avoir d’abus particulier. Et dans ce cas de figure, le « à tout prix » est simplement une manière de dire: « même si ça peut lui coûter », en orgueil, en temps, en ressources, en énergie… Loin de moi l’idée que cela s’applique à des situations abusives, où les « prix » à payer sont l’intégrité morale et physique de la victime…

    > On peut être pour le mariage et pour la fidélité sans pour autant le sublimer.

    Tout à fait. En revanche, en m’adressant à un public jeune (les cibles prioritaires de ce blog sont des jeunes entre 12 et 25 ans), j’assume de vouloir cultiver en eux un certain idéalisme. Je veux que lorsque mes lecteurs diront leurs voeux, ils puissent les prononcer sincèrement, en se disant que c’est bel et bien possible de les vivre et que ce ne sont pas juste de belles paroles représentant une chimère.

    > L’amour du Christ pour son Eglise est apporté par Paul comme une illustration du mariage. Il me semble que bien trop souvent, on enseigne tout le contraire : que le mariage doit être une illustration de cet amour entre Christ et l’Eglise. C’est une exigence impossible, culpabilisante, et extra-biblique. Peu étonnant alors que tant d’histoires de défenseurs ardents d’une telle prise de position finissent par craquer…

    Dans le passage auquel tu fais référence (Eph 5.25-33), il n’est pas absurde de lire la phrase suivante comme indiquant que Dieu a créé l’institution du mariage sur le modèle de l’amour futur entre Christ et l’Eglise: « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’un. Ce mystère est grand, et je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise » (Eph 5.31-32). Quand Paul demande à ses lecteurs d’aimer son conjoint « comme Christ a aimé l’Eglise et s’est donné lui-même pour elle » (Eph 5.25), il n’invente rien. Le Christ lui-même avait demandé à ses disciples de déjà le faire entre chrétiens: « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres » (Jn 13.34). Si je suis appelé à aimer les autres chrétiens comme Christ a aimé l’Eglise, à combien plus forte raison suis-je appelé à aimer mon conjoint sur ce même modèle?

    Et puis il est fréquent dans la Bible de trouver des injonctions « impossibles » et « culpabilisantes », comme:

    – Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait (Mt 5.48)
    – Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur! (Phil 4.4)
    – Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu (Phil 4.6)

    Oui, il est impossible de vivre ces choses par nos propres forces. Et c’est justement parce que nous ne sommes pas capables de suivre ces commandements par nos propres forces que nous avons besoin d’un Sauveur pour nous pardonner et du Saint-Esprit pour nous donner un coeur nouveau.

    Je cherche à aimer ma femme comme Christ a aimé l’Eglise. Mon but, c’est que mon mariage reflète l’évangile, autant que possible, devant les croyants et les non-croyants. Oui, j’échoue. Sûrement tous les jours. Mais par la grâce de Dieu, je me relève, et je vais de l’avant. Le pardon me donne des ailes. Le Saint-Esprit vit en moi et me permet de renoncer à mon orgeuil.

    De même, je cherche à aimer mes enfants de l’amour de Dieu le Père pour ses enfants. Certes c’est un idéal qui s’en cesse m’échappe, mais au moins j’ai un but, une vision à atteindre.

    Alors face aux exigences parfois insurmontables de la Bible, que Dieu nous donne la grâce de ne pas chercher à les minimiser ou à les relativiser, mais à dépendre de sa grâce pour y tendre.

    En revanche, que Dieu nous donne aussi la grâce de ne pas aller au-delà de sa Parole et de ni proscrire ce qu’il autoriste, ni d’autoriser ce qu’il proscrit.

    Pfiou, sacré programme !

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  • Bonjour.
    Je ne le connaissais pas ni ses livres, sauf de titres, mais c’est assez dramatique ce genre de nouvelles, surtout qu’il a dit qu’il ne peut plus :

    – se considérer comme chrétien (bref existe-t-il une autre expression de la foi biblique permettant les points suivants ? Non )
    – qu’il demande pardon aux LGBT pour ses opinions sur la sexualité (bref l’homosexualité n’est pas mal)
    – qu’il s’excuse aussi concernant ses opinions sur l’égalité dans le mariage (bref l’homme n’est pas le chef de la femme, donc logique que Christ ne soit pas son chef à lui)

    J’ai appliqué un peu les mêmes principes qu’il mettait autrefois en avant dans ses livres (si j’en crois l’article de Cnews, où j’ai découvert cette actualité, et d’Evangéliques.info qui en ont aussi traité le sujet) et je trouve cela vraiment triste qu’il renie ses écrits.

    Encore ce week-end j’écoutais un enseignement de Gaston Racine des années 80 qui rappelait que dorénavant il n’y a plus grande différence dans le divorce entre le monde et <>. En 2019 je me demande si le taux n’est pas plus élevé. Bien sûr je mettrais dans ce cas le (saint) mot « Église » dans son sens le plus large et profane.

    Je me pose une question, dans tout cela : serait-il homosexuel ? Le sexe me paraît un des péchés les plus puissants pour corrompre l’entendement humain.

    Une chose à se rappeler, celui qui se croit debout prenne garde de ne pas tomber, dit l’Écriture. Veillons de ne pas nous laisser entraîner par ce flot de séductions, sachant que plusieurs abandonneront la foi pour les vanités de ce siècle. Que cela nous serve, au moins, d’avertissement.

    Que Dieu nous protège .

    @Eutychus dit :

    « Je suis attristé de voir que cette déclaration par Josh Harris ne conduit pas à une remise en question plus profonde de l’ethique promulgé par son livre »
    Peut-être cette éthique est-elle ancré dans les Écritures et que ceux qui y sont attachés (aux Ecritures) savent séparer l’homme du messager ?

    Notre monde postmoderne a malheureusement cette tendance à envahir l’Église car l’Église le veut bien. Un mariage reste toujours un échec et bien souvent, les tords sont partagés. Après, à combien de pourcent chacun ?… Mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas du tout innocent dans cette affaire, sur la base de ses propres déclarations.

    Sam P-L : certes le divorce dans certains cas précis est possible, mais ça ne permet pas le remariage, ne l’oublions pas ! Certains associe « divorce » avec la possibilité de voir ailleurs…

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    • Merci JesusKS pour ton commentaire!

      Tu dis:

      > Encore ce week-end j’écoutais un enseignement de Gaston Racine des années 80 qui rappelait que dorénavant il n’y a plus grande différence dans le divorce entre le monde et . En 2019 je me demande si le taux n’est pas plus élevé. Bien sûr je mettrais dans ce cas le (saint) mot « Église » dans son sens le plus large et profane.

      Je suis convaincu que le taux de divorce dans les milieux évangéliques est bien plus bas quand dans le reste de la société. Je n’ai pas de chiffres mais mon expérience pointe dans ce sens. Par contre, si l’on prend la définition nominale du chrétien (comme les sondages IFOP qui indiquent qu’il y a 65% de Chrétiens en France, soit plus de 40 millions), alors dans ce cas là c’est clair qu’il n’y a plus beaucoup de différences.

      > Je me pose une question, dans tout cela : serait-il homosexuel ? Le sexe me paraît un des péchés les plus puissants pour corrompre l’entendement humain.

      Cela n’est pas à exclure. À nouveau, seul Dieu connaît son coeur, mais j’avoue que je ne serais pas choqué s’il venait à faire un tel coming-out dans les mois ou années à venir…

      > certes le divorce dans certains cas précis est possible, mais ça ne permet pas le remariage, ne l’oublions pas ! Certains associe « divorce » avec la possibilité de voir ailleurs…

      Ce n’est pas aussi simple et binaire que tu sembles l’affirmer. Un bon début pour élargir ton horizon sur cette question: http://leboncombat.fr/divorce-remariage/

      > Une chose à se rappeler, celui qui se croit debout prenne garde de ne pas tomber, dit l’Écriture. Veillons de ne pas nous laisser entraîner par ce flot de séductions, sachant que plusieurs abandonneront la foi pour les vanités de ce siècle. Que cela nous serve, au moins, d’avertissement. Que Dieu nous protège.

      Que dire ce n’est un grand Amen à cela? Merci de ce rappel.

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      • Sam, le divorce dans les milieux évangéliques n’est pas -encore- aussi élevé que dans le reste du monde, -et heureusement!- MAIS il progresse !
        Je connais des personnes dans mon cercle plus ou moins proche qui ont divorcé (au moins quatre couples – mais pas dans mon assemblée) et qui sont pourtant chrétiens, marié à l’église, avec des enfants et pour certains continuent à fréquenter l’assemblée, parfois remariés. Pour d’autres (souvent la personne qui a été abandonnée et qui n’a pas compris ce qui lui tombait dessus), ça a parfois sonné le glas de leur foi. Ou disons de leur vie d’église en tout cas. Normal, Il y a un peu de quoi être dégoûté de fréquenter une assemblée et d’y voir sa femme épouse un autre avec la bénédiction du pasteur … Je caricature un peu mais voilà on se comprend.

        Je confirme que cela dit dans d’autres assemblées, les divorces sont inexistants ou exceptionnels et que la bénédiction d’un mariage à l’église est refusée si l’un des époux est divorcé.

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        • De mon côté, j’ai aussi le sentiment que le divorce commence a être banalisé dans les milieux évangéliques. En quelques années, j’ai constaté de nombreux divorces de mon entourage. Et là où auparavant il semblait y avoir de la honte, du remord, et éventuellement un sentiment de repentance, aujourd’hui il semble y avoir un sentiment de fatalité (« bah on n’a pas réussi, tant pis, on essaiera avec quelqu’un d’autre, peut-être que ça ira mieux… »).

          Reste à savoir pourquoi. L’explication la plus simple qui me vient à l’esprit est l’influence du progressisme séculier, et une certaine culture du zapping.

          En revanche, j’ai le sentiment dans mon entourage que plus les églises sont « conservatrices » sur la question de la sexualité, du mariage et du divorce, plus les taux semblent bas. Après, ça ne veut pas dire que leurs mariages sont meilleurs, certains restent ensemble simplement pour éviter une honte sociale (voire un suicide social).

          Vaste sujet…

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          • Sam, merci pour ton commentaire précieux.

            Je tenais juste à abonder dans ton sentiment sur le fait que, contrairement à un certain discours à la mode, ce ne sont pas les églises les plus conservatrices sur le sujet qui souffrent le plus du divorces et autres…
            Je crois que c’est fondamental de le rappeler pour plusieurs raisons :

            1) La bible est « conservatrice » sur ce sujet.
            2) Dieu promet la bénédiction à ceux qui cherchent à marcher fidèlement à ses voies.
            3) Prétendre que les milieux conservateurs sont plus touchés que les milieux moins conservateurs revient à soit dire que les promesses de Dieu sur la bénédiction des communautés fidèles tombent à l’eau, soit dire que ces communautés sont infectée gravement par l’hypocrisie.

            Il est vrai que la pression des pairs existent, mais n’est-ce pas ce en quoi consiste le mariage devant témoins et la redevabilité biblique?

            Implicitement, l’approbation d’une assemblée fidèle représente l’approbation de Dieu. C’est une grâce que la communauté.

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        • Pudeur & modestie dit

          > Je confirme que cela dit dans d’autres assemblées, les divorces sont inexistants ou exceptionnels et que la bénédiction d’un mariage à l’église est refusée si l’un des époux est divorcé.

          Tu voudrais dire « dans des églises catholiques »…? ;)

          Fonctionnellement, une telle attitude revient à donner un valeur sacramantale au mariage. Ce qui n’est pas une position protestante.

          Le problème avec une telle approche c’est d’une part, qu’elle nie l’existence pour l’église de personnes pour qui le mariage est un échec (un divorce revient donc à une excommunication), et d’autre part, qu’elle suggère qu’une « loi morale » stricte engendrerait une véritable pureté morale.

          Or, « si la justice est par la loi, alors le Christ est mort pour rien » (Gal 2:21) ; « Si une loi avait été donnée qui puisse faire vivre, la justice viendrait réellement de la loi » (Gal 3:21). Toute la pensée de Paul, c’est qu’on ne peut imposer une vraie pureté morale par la voie des lois. C’est ce que les Pharisiens ont cherché à faire, l’inefficacité de cette démarche a largement été démontrée par Jésus. C’est un leurre.

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  • Sam, tu dis :

    > il n’est pas absurde de lire la phrase suivante comme indiquant que Dieu a créé l’institution du mariage sur le modèle de l’amour futur entre Christ et l’Eglise: « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’un. Ce mystère est grand, et je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise »

    Justement c’est cette inversion que je remets en cause. Dans Ephésiens 5 Paul en appelle à la relation entre Christ et l’Eglise comme *illustrant* la qualité de l’amour que le mari doit avoir pour son épouse. Il faut vraiment emmener des a priori au texte pour transformer cette *illustration* en *principe fondateur*.

    Le « c’est pourquoi » au début du verset 30 fait partie de la citation de Genèse 2:24 et non pas de l’argumentation de Paul : ce serait vraiment en tordre le sens en Ephésiens que d’en conclure que l’homme quitterait son père et sa mère pour s’attacher à sa femme uniquement pour servir de modèle de la relation entre le Christ et l’Eglise ! Par ailleurs, Paul dit explicitement que le « mystère » dont il est question est la nature cette union-là (Christ et l’Eglise), ni plus, ni moins.

    > j’assume de vouloir cultiver en eux un certain idéalisme.

    Il y a bien des années j’ai mené une étude exhaustive au sujet du divorce dans la Bible en essayant soigneusement d’éviter le mot « idéal ». J’ai écrit à l’époque, et je crois toujours, qu’un homme et une femme, unis pour la vie, ce n’est pas un « idéal » inatteignable mais une « norme » pour les relations intimes.

    Si Dieu donne aux uns et aux autres la grâce de vivre selon cette norme, alléluia !

    Mais dans le même temps, tout le message de l’Evangile c’est pour tous ceux qui pour une raison ou une autre se trouvent en dehors des normes et tous sont accueillis au Royaume de Dieu sur *exactement les mêmes bases*. C’est le coeur même du débat au Conseil de Jérusalem en Actes 15 et surtout de son issue : de ne pas mettre d’obstacles inutiles devant ceux qui se tournent vers Dieu. Si nos églises n’acceptent ou ne valorisent que ceux dont la vie correspondrait à nos « normes » ou « idéaux », quelles que soient ces « normes » je trouvent qu’elles s’éloignent des valeurs que Jésus a mis en avant dans ce Royaume.

    Il n’a pas que des « célébrités chrétiennes » qui vivent des revers, « déconstruisent » leur foi, essuyent le jugement de leurs frères et soeurs et qui par leur parcours de vie et de foi/doute se trouvent exclus de l’Eglise alors qu’ils sont toujours en chemin… Sans parler de ceux qui ont grandi avec un tout autre ensemble de valeurs et qui ne risquent pas de franchir les portes d’une église car elles se sentent jugées d’avance : bien souvent ils n’ont pas tort. Que faire pour de telles personnes ?

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    • Merci Eutychus. Je rebondis rapidement sur certains points:

      > Justement c’est cette inversion que je remets en cause. Dans Ephésiens 5 Paul en appelle à la relation entre Christ et l’Eglise comme *illustrant* la qualité de l’amour que le mari doit avoir pour son épouse. Il faut vraiment emmener des a priori au texte pour transformer cette *illustration* en *principe fondateur*.

      Oui, oui, je sais bien que Paul fait référence à Genèse 2.24. Mais la position indiquant que Dieu aurait dans sa souveraineté et sa préscience créé le mariage à la lumière de la relation future entre Christ et l’Église n’a pas été sortie du chapeau. C’est par exemple la position de John Piper et de Geoffrey Bromiley (https://www.desiringgod.org/articles/a-metaphor-of-christ-and-the-church). Et bien sûr, je ne dis pas que le mariage a été créé uniquement dans ce but, mais je pense qu’il est bel et bien un pâle reflet, un écho, de la relation entre Dieu et son peuple.

      > Il y a bien des années j’ai mené une étude exhaustive au sujet du divorce dans la Bible en essayant soigneusement d’éviter le mot « idéal ». J’ai écrit à l’époque, et je crois toujours, qu’un homme et une femme, unis pour la vie, ce n’est pas un « idéal » inatteignable mais une « norme » pour les relations intimes.

      L’usage de mon vocabulaire n’a pas été assez précis. Effectivement, l’idéal implique une notion de chimère, d’utopie inatteignable, alors qu’un mariage durable, heureux et sain(t) est à notre portée, par la grâce de Dieu. Parler de « normes » comme tu le fais est donc plus juste!

      > Il n’a pas que des « célébrités chrétiennes » qui vivent des revers, « déconstruisent » leur foi, essuyent le jugement de leurs frères et soeurs et qui par leur parcours de vie et de foi/doute se trouvent exclus de l’Eglise alors qu’ils sont toujours en chemin… Sans parler de ceux qui ont grandi avec un tout autre ensemble de valeurs et qui ne risquent pas de franchir les portes d’une église car elles se sentent jugées d’avance : bien souvent ils n’ont pas tort. Que faire pour de telles personnes ?

      C’est une remarque très juste que tu fais, qui démontre un vrai souci pastoral, merci pour ce rappel. Nous ne devons pas appliquer les mêmes normes morales à ceux qui professent Christ et à ceux qui ne le connaissent pas. C’est là tout l’argument de Paul dans 1 Corinthiens 5.9-13. Le passage entier est à relire, mais je relève ici la conclusion: « Est-ce à moi, en effet, de juger les gens de l’extérieur? N’est-ce pas ceux de l’intérieur que vous devez juger? Les gens de l’extérieur, Dieu les jugera » (1 Cor 5.12-13). Si un ami chrétien me parle de son intention de divorcer, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l’en dissuader du contraire. Et s’il le fait malgré tout pour des raisons que je ne juge pas valide (avec mon jugement partial et imparfait, bien sûr), alors je risque de porter un jugement moral sur ce frère. Mais lorsque des amis non-chrétiens m’annoncent leur divorce (ça vient d’arriver plusieurs fois cette année), je ne manifeste que de la compréhension et de la compassion à leur égard. Comme nous rappelle Jean, ce n’est que l’amour de Dieu qui nous permet de ne pas considérer ses commandements comme un fardeau (1 Jn 5.3-4). Demander à un non-croyant de se conformer aux normes morales du Royaume de Dieu serait similaire à demander à un conducteur de démarrer une voiture sans moteur ni essence…

      Par contre, toute la finesse dans notre témoignage consiste à nous battre pour maintenir une certaine pureté morale dans l’Eglise tout en montrant au monde que nous avons les bras grands ouverts pour tous ceux qui ne vivent pas selon ses normes. Et c’est là où nous sommes nombreux à échouer. A nouveau, que Dieu nous donne la grâce de garder cet équilibre comme deux ailes d’un avion!

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      • Merci Sam

        > Mais la position indiquant que Dieu aurait dans sa souveraineté et sa préscience créé le mariage à la lumière de la relation future entre Christ et l’Église n’a pas été sortie du chapeau (…) le mariage a été créé uniquement dans ce but, mais je pense qu’il est bel et bien un pâle reflet, un écho, de la relation entre Dieu et son peuple.

        Je me doutais que ce n’était pas sorti du chapeau :) . Cependant force est de constater que ce n’est pas le fruit d’un exégèse neutre. De grands mots comme « souveraineté » et « prescience » ne remplacent pas l’exégèse ! Pour arriver à cette position il faut lire les textes invoqués (dans lesquels l’union entre Christ et l’Eglise n’est qu’une illustration, rien de plus !!) à la lumière de l’hypothèse et non pas l’inverse. Piper et cie partent bel et bien avec des a priori. Il ne faut pas te voiler la face, le milieu SGM a bel et bien pris racine dans le terreau de la théologie de Piper et cela malgré toutes les belles paroles sur la grâce.

        > Nous ne devons pas appliquer les mêmes normes morales à ceux qui professent Christ et à ceux qui ne le connaissent pas.

        Je pense très honnêtement que l’on fait fausse route en essayant d’appliquer des « normes morales » ou en tout les cas à vouloir en appliquer en plaquant celles de Paul. La réalité, c’est que toutes les églises toutes tendances confondues ont contextualisé certaines « normes bibliques » pour ne plus avoir à les appliquer. Je suis prêt à parier que dans ton milieu d’église aucune femme ne se voit obligée de porter un couvre-chef pour assister au culte et que très probablement elle a le droit de prier à haute voix… sache qu’il y a 40-50 ans dans les mêmes milieux c’était impensable !

        Tu invoques 1 Cor 5:9-15, tu aurais dû commencer ta référence un peu plus tôt… connais-tu une église qui met en pratique les prescriptions de Paul de 1 Cor 5:4-5 ? « Quand vous serez rassemblés au nom de notre Seigneur Jésus, vous et mon esprit, avec la puissance de notre Seigneur Jésus, qu’on livre un tel homme au Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur ! » Imagines-tu cela lors d’un culte contemporain (entre la Cène et les annonces, peut-être ?). Avoue donc que tout le monde contextualise… c’est une démarche tout à fait légitime que l’on trouve dans la Bible depuis la Pentateuque (voir Nb 27)… La question suivante, c’est de se demander pourquoi on contextualise telle chose et non pas telle autre. La vraie raison n’est pas toujours hautement théologique…

        >Par contre, toute la finesse dans notre témoignage consiste à nous battre pour maintenir une certaine pureté morale dans l’Eglise tout en montrant au monde que nous avons les bras grands ouverts pour tous ceux qui ne vivent pas selon ses normes

        J’entends, mais c’est comme ça qu’on entend des témoignages du style « au départ j’étais attiré par ces gens qui semblaient m’aimer sans condition mais une fois dans leur secte ils voulaient m’imposer un tas de règles dans ma vie privée ». On peut comprendre alors pourquoi on nous traite d’hypocrites !

        Pour ma part je pense que les efforts à « maintenir une certaine pureté morale » peuvent être nés de bonnes intentions mais qu’à terme, ils n’ont pas les résultats escomptés. Ils favorisent la clandestinité, la dissimulation, et un degré d’ingérance dans la vie privée des autres qui nourrit les abus spirituels qu’on le veuille ou pas.

        Mon constat c’est qu’en réalité, les membres d’église ne se comportent pas plus mal, dans tous les sens du terme, en l’absence d’une « police de la moralité ». La promesse de la Nouvelle Alliance, c’est que Dieu inscrit sa loi dans les coeurs (Jer 31:33). C’est une alliance de capacitation, dans laquelle on doit faire confiance que par son Esprit, Dieu éduque et éclaire la conscience de chacun à son rythme, sous son fardeau doux et léger, et non pas une alliance d’asservissement, dans laquelle on serait subordonné à des normes imposés par d’autres.

        Pour moi, au final, sous prétexte d’une belle théologie de la grâce, Piper et compagnie incarnent une orthopraxie d’asservissement basée sur une obsession avec l’autorité (imposée par les uns sur les autres), au lieu d’une démarche de capacitation, qui d’après moi est au coeur de la Nouvelle Alliance et qui correspond à ce que j’entends moi par les normes du Royaume de Dieu.

        (à ta disposition pour continuer par mél si tu préfères…)

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        • Cher Euthychus,

          Pour commencer, même si le début de notre conversation a été un peu « tendu », je suis ravi que nous ayons pu avoir une discussion irénique et constructive. En tout cas pour ma part, certaines de tes idées ont enrichi mes propres réflexions. Le mois d’août est là, et je vais essayer de lever un peu le pied dans ma vie digitale. Cela sera donc ma dernière contribution à notre discussion.

          > Piper et cie partent bel et bien avec des a priori. Il ne faut pas te voiler la face, le milieu SGM a bel et bien pris racine dans le terreau de la théologie de Piper et cela malgré toutes les belles paroles sur la grâce.

          Pour tout te dire, lorsque j’étais un jeune chrétien, Piper était un peu mon « gourou ». Je prenais tout ce qu’il enseignait comme Parole d’Évangile. Depuis, j’ai pris beaucoup de recul et de distance par rapport à lui, mais également par rapport à n’importe quel autre enseignant chrétien. Car au final, ils restent tous des hommes faillibles, et pour ma part, je serai seul lorsque je vais devoir rendre un compte à Christ pour ma vie et mes croyances. Je suis très conscient des failles de Piper & co, tant dans leur théologie que dans leur personne, et effectivement, nous avons tous des a priori lorsque nous approchons le texte. Dans le cas de Mahaney & Co, leur théologie a certes justifié beaucoup de leurs pratiques extrêmes. Par contre, cela demande beaucoup de recul pour différencier les vérités mal utilisées des mauvaises lectures bibliques. Une tâche ardue pour un autre jour (ou plutôt pour toute une vie!).

          > La question suivante, c’est de se demander pourquoi on contextualise telle chose et non pas telle autre. La vraie raison n’est pas toujours hautement théologique…

          C’est la question ultime de tout exégète chrétien, professionnel comme laïc. Et ayant étudié pas mal d’histoire, de socio et de psycho par intérêt personnel ces dernières années, je me suis rendu compte de la complexité du coeur humain et des racines de son comportement. Nous approchons chaque texte avec une structure de plausibilité pré-existente, avec les oeillères de notre propre culture, avec notre histoire, avec l’influence de notre culture d’église, de notre sexe, etc. Personne n’est un exégète neutre. Que Dieu nous donne la grâce de discerner les principes théologiques derrière tout enseignement dans la Bible, pour savoir comment appliquer des textes millénaires au 21ème siècle.

          > Pour ma part je pense que les efforts à « maintenir une certaine pureté morale » peuvent être nés de bonnes intentions mais qu’à terme, ils n’ont pas les résultats escomptés. Ils favorisent la clandestinité, la dissimulation, et un degré d’ingérance dans la vie privée des autres qui nourrit les abus spirituels qu’on le veuille ou pas.

          Vaste sujet que celui de la « discipline d’église », bien trop vaste pour un fil de commentaire (une fois que la boite de Pandore est ouverte, difficile de la refermer ^^). Je pense qu’il y a là à nouveau un équilibre biblique à rechercher, entre l’autonomie et la liberté du croyant en qui l’Esprit-Saint vient faire sa demeure pour l’équiper à une vie sainte, et la manière dont une église et ses responsables peuvent donner un cadre permettant à cette liberté de s’épanouir et s’exprimer. Car même un chrétien régénéré peut être aveuglé par le mensonge et le péché, et nous avons tous besoin d’une communauté de foi pour nous aider à rester dans l’orthodoxie et l’orthopraxie (deux ailes d’un avion: https://www.larebellution.com/2011/06/18/orthopraxie-versus-orthodoxie/). Je n’ai pas là en tête l’ensemble des passages du NT justifiant une certaine « discipline d’église » de la part des responsables, mais je suis convaincu de son bien-fondé biblique (à commencer par les paroles de Jésus dans Matthieu 18.15-18, avec notamment cette phrase choc: « s’il refuse aussi d’écouter l’Eglise, qu’il soit à tes yeux comme le membre d’un autre peuple et le collecteur d’impôts »). Si un membre de l’église vit manifestement dans un péché non-repenti, il y a un moment où certaines actions douloureuses doivent être prises: avertissement puis dans certains cas, exclusion… Il n’y a pas de manuel pratique pour savoir où tracer la ligne dans le sable. Chaque situation sera unique et nous devons être sensibles à la voix de Dieu.

          Que la grâce de Dieu t’accompagne.

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  • JesusKS écrit :

    > Je me pose une question, dans tout cela : serait-il homosexuel ? Le sexe me paraît un des péchés les plus puissants pour corrompre l’entendement humain.

    JesusKS il me semble que la prise de position actuelle de Josh est surtout le résultat d’avoir fait des frais d’abus spirituel dans son union d’églises. Contrairement à sa hiérarchie, il a eu l’honnêteté et l’intégrité d’avoir voulu donner une voix à ceux qui ont été blessés par cette église. Les autres responsables de son église avaient quitté le bateau au moment où des actions en justice pour harcèlement moral et sexuel ont été menées dans ce milieu, le laissant seul à bord pour les gérer.

    Si tu lis l’anglais, va voir par exemple ce commentaire sur cette récente séparation : http://www.sgmsurvivors.com/2019/07/19/josh-shannon-bonne-harris-separate/#comment-96598 . Ce contexte est plus qu’amplement documenté pour ceux qui veulent bien le lire.

    Jésus dit qu’on reconnaît un arbre à son fruit. Le discours de Sovereign Grace Ministries a beau être un discours de pureté spirituelle, les actions de ses responsables racontent une toute autre histoire.

    Combien de drames de ce genre faut-il vivre avant que l’on remette en question des spécificités théologiques qui en réalité créent un milieu favorable à leur éclosion, au lieu de conclure à chaque fois, un peu facilement, que la victime dissidente est le coupable principal ?

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    • Un grand merci à toi JesusKS pour ce lien contenant de nombreux commentaires très intéressants et éclairants. C’est un rappel qu’il y a toujours plusieurs perspectives devant des faits d’actualité. La version presse/média/grand-public est rarement fine et complète…

      > Jésus dit qu’on reconnaît un arbre à son fruit. Le discours de Sovereign Grace Ministries a beau être un discours de pureté spirituelle, les actions de ses responsables racontent une toute autre histoire.

      J’ai pendant longtemps eu beaucoup d’admiration pour cette famille d’églises, notamment via le charisme de leur ancien leader CJ Mahoney. Mais je me rends compte aujourd’hui qu’en tant que jeune chrétien, j’étais surtout sensible à leur excellent marketing et branding…

      > Combien de drames de ce genre faut-il vivre avant que l’on remette en question des spécificités théologiques qui en réalité créent un milieu favorable à leur éclosion, au lieu de conclure à chaque fois, un peu facilement, que la victime dissidente est le coupable principal ?

      Ce qui est complexe, c’est que même si Joshua est en partie une victime de ce système pervers, il reste responsable de ses décisions de divorcer et de quitter la foi. Par contre, cela invite de la compassion et de la compréhension, plus que simplement du jugement hâtif et facile. Personne ne renonce à la foi qui l’a portée pendant plus de 40 ans de manière légère… J’en dirais plus dans mon prochain article qui discutera de ce reniement de la part de Harris. Et merci à toi, car les articles du site de SGM Survivors, bien que partiaux, ont éclairé en partie ma réflexion.

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  • Ok, merci pour ces précisions.

    Et en effet, quand on pense à « déconstruction » et à « d’autres manières de vivre sa foi », il est difficile de ne pas penser à Rob Bell.

    La force de Rob Bell, c’est qu’il est un communicateur hors-norme. Je le dis sincèrement, il est extrêmement bon à ce niveau. Et c’est pour cela que son podcast « the Robcast » a connu un tel succès fulgurant des les sphères séculières (distinctions du type recommandation dans le NY Times: https://www.nytimes.com/2019/06/21/arts/spirituality-podcasts.html).

    D’ailleurs, il fait désormais partie du réseau de Oprah Winfrey, ça te parle? En gros, c’est l’une des penseuses d’un nouveau courant de spiritualité séculière les plus influentes aux US.

    Regarde cette vidéo promotionnelle de son show sur le réseau Oprah, où il présente sa vision de la croix: https://www.youtube.com/watch?v=kCw5qJtUUkk

    Il dit de belles choses, mais ce qui est criant, c’est ce qu’il ne dit pas… je te laisse juger par toi-même.

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