Tu vas souffrir

T’est-il déjà arrivé qu’une personne plus âgée que toi te raconte son passé ? Elle te parle de son vécu, des épreuves qu’elle a traversées, des moments difficiles de sa vie. Cela m’est arrivé plusieurs fois, et je me dis alors : voilà ce qu’est la vie, voilà ce à quoi je dois m’attendre. Je suis mis face à un rappel douloureux, mais nécessaire : la souffrance fait partie de la vie chrétienne normale.

Avec tous les messages positivistes que nous entendons autour de nous, il est tentant de s’attendre à autre chose : une vie chrétienne tranquille, sans trop de soucis, toujours victorieuse. Par cet article, j’aimerais être franc : ne t’attends pas à autre chose. Tu vas souffrir.

La souffrance est une réalité dans ce monde

Plusieurs versets de la Bible parlent de la souffrance comme faisant partie de la vie sur cette terre (Romains 8.20, 1 Pierre 1.6, Jacques 1.2, Actes 14.22, 1 Pierre 4.12-14). En lisant ces versets, nous découvrons qu’il n’est pas simplement question de la possibilité que nous allons souffrir. Ces versets montrent plutôt que nous allons certainement souffrir. 1

Il est clair que la souffrance n’est pas quelque chose de souhaitable en soi. La souffrance est une intruse dans ce monde. Elle est le résultat de l’entrée du péché dans le monde (cf. Genèse 3.14-19). Puisque nous vivons après la chute, nous vivons dans un monde de souffrance. La solution à cette souffrance n’est pas de ne pas y penser, ou de nier son existence, mais plutôt de traiter le problème à sa racine. Ce qui a causé la souffrance, c’est le péché. La solution, c’est donc l’Evangile. Par sa venue sur terre, sa mort sur la croix et sa résurrection, Jésus règle le problème du péché. En croyant en son sang versé à notre place, nous sommes déclarés justes par Dieu, et certains de vivre une éternité heureuse avec lui, où il n’y aura plus de souffrance.

La fin de la souffrance arrivera – mais pas maintenant

Cela ne veut donc pas dire que nous acceptons la souffrance comme une fatalité. Nous soupirons et désirons voir la fin de la souffrance dans ce monde, mais nous savons que cela ne peut arriver qu’en réglant le problème du péché. Cela ne peut donc pas se passer sans la croix de Jésus, par laquelle le péché est vaincu. Et nous ne vivrons pas cela avant le retour de Jésus, quand notre salut ne sera plus en espérance seulement (cf. Romains 8.18-25).

Joel Osteen affirme que notre meilleure vie, c’est maintenant (« Your Best Life Now »). C’est faux. Notre meilleure vie vient après. Après la douleur, les larmes, la souffrance de cette terre. Notre meilleure vie sera celle que nous vivrons dans un monde sans péché, quand nous habiterons avec Dieu lui-même (cf. Apocalypse 21.3-4).

Joyce Meyer déclare que nous ne pouvons pas « glorifier Dieu par la souffrance, en supportant patiemment tous nos maux »2. C’est faux. L’histoire de Joseph et l’histoire de Jésus montrent que Dieu peut utiliser la souffrance pour sa gloire, et qu’il est donc possible de glorifier Dieu par la souffrance.

Deux encouragements malgré tout

Nous allons souffrir, et nous devons nous y attendre. Bien sûr, chaque vie est différente, et nous n’allons pas expérimenter ce que d’autres vivent. Comme le dit ce cantique :

« Je ne sais quelle est la mesure
De joie et de douleur,
Que pour moi faible créature,
Réserve mon Sauveur. »

Cependant, je ne veux pas dresser un tableau uniquement sombre de la vie chrétienne. Ce cantique permet de terminer avec deux notes d’encouragement :

D’abord, nous savons que Dieu est souverain. C’est lui qui contrôle toutes choses, et c’est lui qui nous tient ferme dans sa main (cf. Jean 10.28). Je regarde l’avenir, et je ne sais pas ce que Dieu a en réserve pour moi. Mais il y a une vérité qui me réconforte, c’est de savoir que c’est Dieu qui dirige mon avenir, et qu’il saura me consoler dans chaque épreuve que je vivrai (2 Corinthiens 1.3-5), et m’en faire sortir en son temps, et pour sa gloire. Nous ne devons donc pas craindre l’avenir, mais nous confier entre les mains de notre bon Père céleste. La réalité de la souffrance ne doit pas nous freiner, mais nous encourager à avancer en nous reposant d’avantage sur notre Dieu souverain.

Ensuite, si nous allons connaître une mesure de douleur, nous connaîtrons également une mesure de joie. Cette joie dépasse largement la douleur passagère de ce monde. La vie chrétienne n’est pas malheureuse. Paul, malgré tout ce qu’il a souffert, nous appelle à la joie : « Soyez toujours joyeux » (1 Thessaloniciens 5.16). Cette joie, si elle puise sa source dans l’Evangile, et non dans nos circonstances, dépassera nos souffrances ! Le refrain de ce cantique peut donc présenter la source de notre joie au milieu de la souffrance :

« Mais je sais qu’en Lui j’ai la vie,
Il m’a sauvé dans Son amour ;
Et gardé par Sa main meurtrie,
J’attends l’heure de Son retour. »

  1. Certaines souffrances sont liées à la vie dans un monde déchu, et sont communes à tous les êtres humains (la mort, la maladie, etc.). D’autres souffrances sont liées à notre foi en Jésus (2 Timothée 1.8, 2 Timothée 2.3, Jean 16.33). Philippiens 3.10 nous parle de la communion aux souffrances de Jésus. Et dans Marc 8.34-38, nous voyons que lorsque Jésus appelle quelqu’un à le suivre, il l’appelle à se charger de sa croix et à renoncer à lui-même.
  2. Joyce MEYER, Soyez guéris au nom de Jésus, Nîmes, Vida, 2008, p.46-47. Merci à mon ami Robbie pour la référence de cette citation.
Benjamin Eggen

Benjamin Eggen

25 ans, français exilé à Bruxelles, passionné par l'Evangile, les bons livres et la mission. Auteur du livre Soif de plus ? et co-auteur de Une vie de défis. Vous pouvez suivre Benjamin sur sa chaîne Youtube et son compte Instagram.

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4 Commentaires

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  • Bonjour
    Merci pour cet article. Effectivement, je remarque que dans le monde chrétien actuel, la souffrance est très souvent considérée comme le lot de crux qui:
    – n’ont pas encore compris leur dimension d’enfant de Dieu. Leur identité
    – ont encore à en découdre avec le péché dans leur vie
    – doivent briser les liens ancestraux et autres familiaux qui agissent en malédiction dans leurs vies.
    Sans nier que cela puisse bien être la raison d’une souffrance dans la vie, et que Jesus est notre Libérateur pour nous aider à sortir de l’impasse, je pense aussi à juste titre que la souffrance fait partie de cette vie chrétienne; et elle n’arrive pas toujours à cause d’un problème lié à notre personne intrinsèque mais au fait que nous vivions dans un monde déchu.
    Je lisais récemment le passage dans Marc 10 où Jesus parle de la difficulté pour les riches à entrer dans le Royaume des cieux, tout en précisant qu’à Dieu rien n’est impossible. Ses disciples se sont donc approchés de lui pour demander ce qui serait donc leur lot? Vu que bien manifestement ils ne pouvaient se tanguer d’avoir des fortunes… je soupçonne peut être se disaient ils: »ok nous ne sommes pas concernés par l’histoire de l’aiguille et du chameau… » lol. Mais maintenant en y repensant, alors même que j’écris ce commentaire, je crois que Jesus a voulu leur dire que personne ne serait épargné. Riches ou pauvres auront chacun droit à leur lot pour entrer dans le Royaume des cieux. Mais Marc 10, 29-30 est porteur aussi d’espoir, ce qui me donne envie chaque fois de retourner à Dieu pour lui rappeler sa promesse! Il dit ce que nous perdrons dans vie, à cause de l’Evangile, nous le recouvrirons au centuple DANS CETTE VIE, AVEC DES TRIBULATIONS et notre joie sera parfaite dans la vie éternelle. Dieu nous apporte sa consolation dans cette vie, bien au delà de ce que nous perdons mais ne nie en aucun cas les tribulations ni les souffrances. Elles existeront jusqu’à ce qu’il revienne. Que Dieu nous fortifie devant l’épreuve et la souffrance, que nous ayons toujours la patience d’attendre que la tempête se calme pour admirer le beau ciel bleu et l’arc en ciel.
    Soyez bénis.

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    • J’aime bien l’image que tu met sur la table à en conclusion de ton commentaire.

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  • Merci pour ce partage. J’ai longtemps cru que devenir Chrétien entraînerait fini les problèmes. Mais non, il n’en est rien. J’ai récemment pris la résolution de tout accepter: le « positif » et le « négatif » et de m’attendre au SEIGNEUR pour me faire passer à travers et me retrouver de l’autre côté, comme IL l’a promis en Esaïe 43, qui dit en substance, que si je traverse le feu ou les flots, IL est avec moi, que je le traverse pas tout seul.

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  • Je suis très encouragée par ce partage.
    Depuis mon enfance, c’est ce genre de messages terre à terre
    qui m’ont amené à mettre ma confiance en Jésus-Christ.
    Merci pour ce rappel.

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