M comme maladie et… malheur ?

Les couleurs chaudes de l’automne baignaient le parc avant que l’obscurité ne vienne s’en emparer. Assise sur un banc, une jeune fille se tenait là, tranquille. Ses traits ne donnaient plus aucun signe de la tempête qui avait grondé en elle quelques jours auparavant. Ses craintes avaient été déracinées par une main invisible, puis remplacées par de petites graines apaisantes.

La brise jouait encore dans ses cheveux lorsqu’une main amicale se posa sur son épaule. D’un doux sourire, Emma salua le nouveau venu.

« Tu me sembles bien changée depuis quelque temps, » fit-il remarquer à son intention. « Quelle est la raison de ce soudain bonheur ?

– J’ai enfin compris une vérité que Christ cherchait à m’enseigner sur mes craintes. »

Son ami s’installa alors et l’empressa de poursuivre ses explications.

« Tu connais les souffrances de ma mère sur sa schizophrénie. Ce poids est comme une épidémie : il contamine tous ceux qu’il touche, moi, notamment. Les médecins sont tous très clairs : c’est une maladie héréditaire. Peux-tu seulement imaginer mon effroi ? »

Elle frémit, mais ce n’était pas à cause du vent froid qui balayait les alentours. Le souvenir était encore bien trop ancré en elle pour qu’elle ne puisse l’oublier.

« La schizophrénie n’est pas à prendre à la légère… Cela nous a beaucoup impacté dans notre famille. Je ne pouvais imaginer une vie identique à celle de ma mère. Je m’y refusais tout simplement.

» Puis les années suivantes, j’ai compris que mes amis eux-mêmes étaient atteints de maladies psychiques. La balance bascula, bien trop bas. Je sentais mes épaules s’écrouler. Un jour, j’ai été prise d’une crise de terreur. Heureusement, je n’étais pas seule. Une amie était à mes côtés. Je lui ai tout raconté. Et là, Jésus m’a fait comprendre une grande vérité.

» Ce n’est pas quelque chose qui m’a tout de suite frappée, cette amie n’étant pas le moins du monde croyante. Je pensais qu’elle tentait au mieux de me consoler par des mots qui n’avaient pour moi pas de sens. En fait, c’était le Seigneur qui tentait de me consoler, à travers elle. Elle disait que je n’étais pas là pour décider de ce qui était bien ou mal. Qu’avoir une maladie psychique, ce n’était pas forcément quelque chose de mal. Après tout, nous avons tous nos petites différences. Notre esprit ne fonctionne pas de la même manière qu’un autre.

– Ce que tu dis là me rappelle la Genèse. Lorsque Ève et Adam ont mangé du fruit, le serpent l’avait bien déclaré : ils seront comme Dieu, à décider ce qui est bien ou mal (voir Genèse 3.4). Mais c’est là où l’homme se trompe gravement. Ce qui est bien ou mal ne se détermine qu’aux yeux de Dieu lui-même. C’est l’exemple des plantes vénéneuses dont nous gardons une très mauvaise image, et qui, pourtant, peuvent guérir !

– Exactement. Je ne l’ai compris que bien plus tard, en lisant Sa parole. Dieu sait parfaitement ce qui est bon ou non pour nous. Si ma mère souffre de sa maladie, je sais aujourd’hui que le Seigneur a su la tourner en une bonne chose : elle n’a jamais eu une foi aussi forte qu’à présent. Et moi, même s’il est certain que les obstacles encombreront mon chemin, je n’ai pas à avoir peur de ce que l’homme définit être mal.

» Mais il y aussi un autre exemple. Dans 2 Corinthiens 12 aux versets 7 à 10, Paul parle d’un mal qui le rongeait. Il a demandé par trois fois à Dieu de l’en guérir, mais Il lui a assuré que cette chose était bonne pour lui, raison pour laquelle il ne l’en ôterait pas. Comme il le dit, nous devons trouver notre joie dans notre faiblesse, car c’est alors que la puissance du Seigneur se manifeste pleinement. »

Emma et Julien échangèrent encore quelque temps avant de se décider à prendre le chemin inverse et rentrer. Alors qu’ils marchaient côte à côte, une autre présence, bien que discrète, les accompagnait dans leur paix.

Auteur : Gwenaëlle D.

Gwenaëlle, jeune écrivaine de 17 ans,  à la plume dédiée au Seigneur.