Trois questions à se poser avant de grignoter

Me voilà rempli de frustration montant les escaliers pour aller me coucher le ventre plein, mais ressentant un grand vide ; ballonné mais à plat, encore une fois. Alors que je m’étais pour la énième fois fait la promesse de « mieux manger aujourd’hui », je venais de passer les 20 dernières minutes à m’empiffrer de pizzas, d’Oreos, de beurre de cacahuète et d’autres cochonneries.

J’avais passé une bonne journée, mais alors que le soleil se couchait, j’ai baissé la garde. J’entendais l’appel de la malbouffe rangée dans le placard. Et j’ai lâché prise, encore.

Je ne compte plus les fois où j’ai fini la journée comme ça. En fait, cet incident n’est pas occasionnel pour moi ; trop manger fait partie de mon alimentation ordinaire. Cette habitude alimentaire m’a montré une triste réalité : mon péché le plus habituel, persistant et envahissant, c’est la gourmandise.

Une faim plus profonde

Johnathon Bowers définit la gourmandise comme : « l’adoration de la nourriture » et « l’idolâtrie de table ». Il dit que ça concerne « plus de l’orientation de notre affection que ce que contiennent nos placards ». Plutôt que de se demander ce que nous mangeons, demandons-nous qu’est-ce que nous exaltons : la nourriture ou Dieu ?

La gourmandise, c’est lorsque nous allons chercher dans la nourriture ce que nous avons besoin de rechercher auprès de Dieu. Le gourmand veut trouver la satisfaction, le confort, ou l’épanouissement dans la nourriture, tout en mettant Dieu de côté, comme on mettrait de côté du persil sur un bon steak. En bref, manger à l’excès est beaucoup plus inquiétant pour notre sujet d’adoration que pour notre ligne.

Cela m’a pris des années pour comprendre que ma faim me révélait non seulement le vide dans mon estomac, mais aussi de mon âme. Et quand je trouve mon plaisir dans la nourriture sans trouver mon plaisir en Dieu, je commets le péché de la gourmandise. Voici trois questions qui vous aideront à savoir si vos habitudes alimentaires sont motivées par la gourmandise, ou l’adoration de Dieu.

1. Est-ce que cette nourriture est utile pour ma mission?

Les chrétiens, appelés et missionnés par Jésus, mangent pour accomplir leur mission. Comme des soldats de guerre sur le champ de bataille qui mangent des repas pleins de nutriments et denses en calories pour les aider à rester vigilants et à avoir de l’énergie pour accomplir leur mission, nous devrions manger avec le même état d’esprit, c’est-à-dire pour accomplir notre mission.

Jonathan Edwards est un bon modèle. Il avait pris plusieurs résolutions pour maintenir un régime alimentaire strict ; Sereno Dwight, qui a écrit une de ses biographies, a noté comment Edwards a « observé avec attention les effets des différents aliments et sélectionné ceux qui lui correspondaient le mieux et le rendaient le plus efficace pour l’effort mental ».

Edwards estimait qu’à la fin d’un repas, on devrait quitter la table plus vigilant et plein d’énergie pour faire ce que Dieu nous appelle à faire. Il voyait la nourriture comme un don de Dieu pour nous donner de l’énergie et pour nous permettre d’accomplir notre mission.

Une des conséquences destructives de la gourmandise, c’est qu’elle nous rend moins efficace pour notre mission. Au lieu de quitter la table stimulés pour faire ce que Dieu nous appelle à faire, nous sommes endormis, ramollo, et rêvant d’une sieste.

Mais au lieu de trop manger, nous pouvons mettre de coté les friandises et les aliments qui nous ralentissent et nous rendent inefficaces pour Christ. Que chaque repas nous aide à « [courir] avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée »  (Hébreux  12.1 NBS).

Ainsi, avant d’aller nous servir dans le placard, posons-nous la question : « est-ce qu’après avoir mangé ça, j’aurai plus ou moins d’énergie pour faire ce à quoi Dieu m’appelle aujourd’hui ? »

2. Est-ce que cette nourriture m’aide pour la communion fraternelle?

Une des raisons les plus importantes pour laquelle nous mangeons, c’est pour expérimenter le don de la communauté. Dans toutes les cultures et à toutes les époques, la nourriture a rassemblé les humains. Dans la Bible, le peuple de Dieu prend souvent part à des festins, et c’est presque toujours en communauté.

Le problème de la gourmandise, ce n’est pas de déguster des festins, puisque la nourriture est un don de Dieu dont nous pouvons profiter pleinement et librement (1 Timothée 4.3). Mais le péché de gourmandise, c’est quand nous profitons d’un festin de la mauvaise façon : sans louange et loin de la communauté.

Les festins sont des dons de Dieu dont on doit profiter à certains moments et au sein de la communauté. Ce n’est pas le soir tard quand vous êtes tout seul chez vous. Le péché se développe dans le secret, ce n’est donc pas une surprise que la gourmandise préfère la solitude. Mais des occasions  spéciales comme Noël, les repas en commun, les anniversaires et les repas d’Église sont des opportunités géniales où l’on peut se réjouir dans l’Évangile tout en mangeant avec la famille et les amis.

Avant d’aller dans le placard, demandons-nous : « qui va manger avec moi ? ». Si la réponse est « personne », ce n’est sûrement pas le moment d’organiser un festin juste pour soi.

3. Est-ce que cette nourriture va m’aider à savourer Dieu ?

La nourriture est une grâce de Dieu pour nous aider à expérimenter la bonté de Dieu de la façon la plus naturelle et terre à terre. La raison ultime pour laquelle nous mangeons, c’est pour goûter et voir sa bonté (Psaume 34.8). De ce fait, grignoter sans réfléchir n’est pas la façon dont un chrétien devrait manger ; on dénigre le don de la nourriture en déconnectant la bénédiction de celui qui la donne.

Le régime alimentaire chrétien devrait avoir pour objectif premier l’appréciation de Dieu. Quand le gourmand veut profiter de la pizza, le chrétien mange pour goûter la bonté de Dieu au travers des textures, des arômes et des goûts. La gourmandise est une entrave à une attitude consciente de reconnaissance et de louange pendant les repas.

Lors de notre prochain repas ou goûter, demandons-nous : « est-ce que cela m’aidera à prendre plaisir dans celui qui a créé cet aliment ? (Genèse 1.29), celui qui a pourvu cet aliment (Matthieu 6.15-34, Psaume 136.25), celui qui soutient ma vie par cet aliment (Actes 17.28), le pain de la vie et l’eau vive (Jean 6.35 et 4.10-14) ? »

Goûte sa bonté

Cette semaine, la plupart d’entre nous va manger environ vingt-et-un repas, et probablement plusieurs goûters. La question n’est pas ce que vous mangerez ou quelle quantité, mais plutôt pourquoi. Mangeons pour accomplir notre mission, mangeons pour apprécier le don de la nourriture au sein de la communauté, et mangeons pour goûter la bonté même de Dieu.

« Ainsi, soit que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. »  (1 Corinthiens 10.31 NBS). Vous verrez que le prochain repas pourrait faire bien plus que remplir votre estomac ou ravir vos papilles ; en effet, il pourrait satisfaire votre âme.


Article traduit avec autorisation, merci à Séphora pour la traduction.

Auteur : Christopher A.