Ma vie sur terre a-t-elle un sens ? – Survol de l’Ecclésiaste

Le contenu du livre de l’Ecclésiaste est essentiellement une réflexion sur le sens de la vie, la sagesse humaine et la nécessité pour l’homme de se positionner vis-à-vis de son Créateur. Ce qui peut surprendre, voire déstabiliser le lecteur, c’est le ton employé par l’auteur 1 et la perspective de ses propos, pour le moins fatalistes.

Le décor est planté dès le départ : « Le Sage dit : Tout part en fumée, rien ne sert à rien, rien ne mène à rien. » (Ecclésiaste 1.2). À sa question : « Quel avantage l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ? » (Ecclésiaste 1.3), l’auteur apporte lui-même la réponse, catégorique : « Il n’y a aucun avantage à retirer de ce qu’on fait sous le soleil. » (Ecclésiaste 2.11). Voilà qui ne saurait être plus clair…

Et pourtant, malgré ce pessimisme récurrent, certaines vérités importantes se dégagent du texte.

Un regard désabusé, mais lucide sur l’existence

« Tout n’est que fumée » 2, c’est un peu le refrain de l’Ecclésiaste. Cette expression n’apparaît pas moins de 24 fois tout au long du livre, c’est dire si l’auteur veut nous faire prendre conscience du côté éphémère de notre vie terrestre. Certes, une telle insistance peut s’avérer pesante et décourageante, mais elle a le mérite de susciter notre réflexion sur certains aspects aussi sombres que réalistes :

  • l’absence apparente de sens à la vie : « Que retire l’homme de tout son travail et des préoccupations de son cœur, alors qu’il se donne tant de peine pour cela sous le soleil ? » (Ecclésiaste 2.22) (voir aussi Ecclésiaste 1.14; 8.17; …)
  • les aléas de la vie et l’incertitude de l’avenir : « L’homme ne sait pas ce qui arrivera, et qui peut lui annoncer ce qui existera après lui ? » (Ecclésiaste 10.14) (voir aussi Ecclésiaste 6.12;8.7)
  • le péché : « Non, il n’y a sur la terre aucun homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais. » (Ecclésiaste 7.20) (voir aussi Ecclésiaste 9.3)
  • la soudaineté de la mort : « L’homme n’est pas maître de son souffle pour pouvoir le retenir, et il n’exerce aucun contrôle sur le jour de sa mort. » (Ecclésiaste 8.8) (voir aussi Ecclésiaste 9.12)

Et Dieu dans tout ça ?

Ce qui est intéressant, c’est de voir que sur ces différents points, l’auteur ne nourrit pas d’amertume envers Dieu.

Par exemple, en ce qui concerne le sens de la vie et l’incertitude de l’avenir, il écrit : « J’ai vu quelle occupation Dieu réserve aux humains. Il fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, même si l’homme ne peut pas comprendre l’œuvre que Dieu accomplit du début à la fin. » (Ecclésiaste 3.10-11)

Concernant le péché, voilà son constat : « Examine seulement ce que j’ai trouvé : Dieu a fait les êtres humains droits, mais eux, ils ont cherché beaucoup de détours. » (Ecclésiaste 7.29)

L’Ecclésiaste laisse même entrevoir une lueur d’optimisme ainsi qu’une marque de respect et de reconnaissance envers Dieu : « Voici ce que j’ai vu : il est bon et beau pour l’homme de manger et de boire et de prendre du plaisir dans le travail qu’il accomplit sous le soleil, pendant la durée de vie que Dieu lui accorde, car c’est sa part. Et même, si un homme a reçu de Dieu des richesses et des biens, s’il lui a donné le pouvoir d’en manger, d’en prendre sa part et de se réjouir au milieu de son travail, c’est un cadeau de Dieu. En effet, il ne se souviendra pas beaucoup de la durée de sa vie, parce que Dieu l’occupe en déversant la joie dans son cœur. » (Ecclésiaste 6.17-19)

La conclusion qui recentre sur l’essentiel

L’auteur se présente comme un homme érudit et doué de sagesse 3 (voir Ecclésiaste 1.16;12.9-10). Or la Bible nous enseigne que : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse. Tous ceux qui respectent ses décrets ont une raison saine. » Psaume 111.10.

La conclusion du livre de l’Ecclésiaste est donc cohérente : « Crains Dieu et respecte ses commandements, car c’est ce que doit faire tout homme. En effet, Dieu amènera toute œuvre en jugement, et ce jugement portera sur tout ce qui est caché, que ce soit bon ou mauvais. » (Ecclésiaste 12.13-14)

  1. parfois identifié au roi Salomon
  2. parfois traduit « tout est vanité » ou « tout est dérisoire » 
  3. noter aussi que « l’Ecclésiaste » est parfois traduit par « le Sage »
Auteur : Pierre C.