Quand l’humiliation contribue à notre bonheur

Il courait vite, très vite. Mais Paul savait que j’allais le rattraper. Alors il n’a pas hésité et s’est engouffré sur la pente interdite de la cour de récréation. Mon réflexe a été de m’arrêter et de lui dire de revenir. Mais les autres enfants m’encourageaient à aller le chercher. Surtout qu’il n’arrêtait pas de me narguer en criant “Viens m’attraper si tu peux, Noémie!”. C’en était trop pour moi. J’ai donc dévalé la pente et lui ai mis la main dessus. Sauf qu’il est tombé et s’est fait très mal à cause de moi…

Le mouvement de foule a alerté la maîtresse. À ce moment précis, mon cœur s’est serré. Mes camarades ont commencé à m’insulter. La version officielle est qu’ils auraient tenté de nous dissuader de franchir la pente.

On jouait à « chat », j’avais 8 ans et j’ai envoyé Paul à l’hôpital.

L’humiliation a plusieurs visages

Et toi, à quel souvenir rattaches-tu le mot “humiliation” ? Tu sais, le sentiment d’être atteint dans sa fierté. Cette sensation de honte qui nous donne envie de disparaître plus bas que terre. L’impression d’être moins que rien.

Ma petite anecdote ne te parle peut-être pas. Après tout, le sentiment de honte a plusieurs visages. Par exemple :

  • L’ignorance : tu envoies un message urgent à quelqu’un qui décide de ne pas répondre. Une personne que tu apprécies te repousse.
  • Le mépris : tu discutes avec une personne qui commence à se moquer de tes réponses ou de ta façon de penser, de tes origines, de ton statut social…
  • La violence : une personne te frappe, t’insultes ou viole ton intimité…
  • Le jugement : tu es rejeté à cause de tes erreurs ou de fausses rumeurs sur toi.
  • L’injustice : on te met de côté en privilégiant d’autres personnes. On te punit alors que tu n’as rien fait. Un proche trahit ta confiance.
  • La comparaison malsaine : on te rabaisse en te comparant à d’autres (à cause de ton physique, tes résultats scolaires…).
  • Le harcèlement : tu subis quotidiennement l’un des exemples précités.

Est-ce que ça te parles ? Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. Dans tous les cas, qu’il soit subtil ou flagrant, le sentiment d’humiliation conduit à une remise en question de notre être. Ça fait mal.

Mais rassure-toi, la Bible nous enseigne que l’humiliation peut être un instrument contribuant à notre bonheur !

L’humiliation comme instrument de sanctification

La souffrance provoquée par une humiliation peut te rapprocher de Dieu.

  • Tu seras plus fort

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ? En réalité, la Bible nous enseigne qu’il faut mourir à soi-même. Ne plus vivre pour nous-mêmes et laisser Dieu faire ce qu’il veut de nous. C’est en s’abandonnant à lui que nous sommes fortifiés. Il nous rend courageux !

  • Tu n’auras plus rien à perdre 

L’ennemi aura beau attaquer, tu resteras fermement attaché au Roc fidèle. Ça ne sera pas la fin. Tu pourras te concentrer sur l’essentiel et non plus sur le superficiel de la vie !

  • Tu auras tout à gagner

Aimer dans la souffrance, supporter avec courage, lutter pour dire la vérité avec amour. Voilà des causes qui valent le coup.

  • Tu apprendras l’humilité

L’humiliation peut être la conséquence d’une erreur de notre part.

Dans mon exemple, si je n’avais pas franchi la pente interdite, Paul ne se serait pas retrouvé à l’hôpital et mes camarades ne m’auraient pas insultée. Cependant, il arrive que ça ne soit pas de notre faute. Dans les deux cas, c’est l’occasion de faire preuve d’humilité, en ayant un cœur repentant et en priant pour ceux qui nous font mal.

  • Tu seras joyeux

Dans Philippiens 4, Paul exhorte les chrétiens à toujours se réjouir dans le Seigneur. Il ajoute « je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette ».

Tu as peut-être l’impression que je dis tout ça avec légèreté. Comme si c’était facile.

Pourtant, c’est la vérité. Tu peux vivre tout cela grâce à une personne. Celle qui a vécu l’humiliation avant et pour toi.

Jésus a accepté l’humiliation

« Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » – Ésaïe 53.5

Jésus. Son message de bonheur a été ignoré par beaucoup. Il s’est fait mépriser par les siens. Il a été violemment maltraité en se faisant crucifier. On l’a comparé à un criminel, jugé blasphémateur. Encore aujourd’hui, ses disciples sont harcelés et persécutés.

C’est à la fois injuste et merveilleux, n’est-ce pas ? Notre Seigneur a choisi de devenir Sauveur. Il s’est fait humilier pour nous offrir le Salut.

Sa résurrection nous apporte un bonheur indescriptible. L’espérance de la vie éternelle nous remplit de joie.

Alors, s’il-te-plaît, ne te laisse pas abattre ! L’humiliation peut contribuer à ton bonheur.

Auteur : Noémie G

22 ans, membre d'Agape Campus, étudiante en droit et disciple de Jésus !

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