Brooke Fraser – C. S. Lewis, une analyse théologique

10 Avr 2018 0 commentaire

Brooke Fraser. Tu as peut-être déjà entendu ou vu ce nom quelque part. C’est une chanteuse très connue de Hillsong United. Par exemple, c’est elle qui a chanté Hosanna et Ce nom si merveilleux. Mais pas seulement. Elle est aussi une artiste néo-zélandaise très connue dans le monde entier. Elle compose des musiques normales, pas seulement des chants de louange pour les chrétiens. La musique dont on va parler aujourd’hui s’appelle C. S. Lewis.

C. S. Lewis, c’est celui qui a écrit Narnia. Mais pas que. Il a écrit énormément, énormément de livres (200 environ) ! Il a traité énormément de sujets : l’amour, le bien et le mal, la mort, la souffrance, les miracles, la science, Dieu, la Bible, l’homme… Il écrit plein de types de livres : des autobiographies, des romans pour enfant, des romans de science-fiction, des nouvelles, des lettres et des correspondances, des essais philosophiques, des oeuvres poétiques… Et c’était le pote de Tolkien, l’auteur du Seigneur des Anneaux !

Pourquoi C. S. Lewis ? Fraser répond lors d’un interview : « La première phrase de la musique est ma reformulation des mots C. S. Lewis : ‘Si je trouve en moi-même un désir qu’aucune expérience de ce monde ne peut satisfaire, l’explication la plus probable est que j’ai été fait pour un autre monde.’ Cette citation résume la musique. J’ai inventé le reste des paroles, mais je ne savais pas du tout quel titre choisir donc j’ai donné à Clive le clin d’œil qu’il méritait. » Dans la même interview, Brooke affirme qu’elle a beaucoup aimé son livre « Le grand divorce entre le ciel et la terre ».

Le bonheur en Dieu

Comme on l’a déjà vu, la première phrase est une référence à Lewis. Le fait que rien dans ce monde ne puisse nous satisfait durablement pointe vers l’existence de Dieu, le seul à pouvoir combler les désirs de notre cœur.

Je ne connais pas le contexte de cette citation mais il est sûr que Lewis n’était pas contre la création en elle-même. J’ai plutôt l’impression que « être fait pour un autre monde » est juste une manière de parler de Dieu et non pas de dénigrer la création. Avant la chute, le monde créé par Dieu était très bon. Et même avec les terribles conséquences du péché d’Adam, tous les hommes peuvent être heureux dans un sens relatif et limité. Les loisirs et la nourriture sont des moyens que Dieu nous donne pour nous réjouir en lui. Mais ultimement, c’est bien Dieu la base du bonheur.

Ici Paul s’adresse aux Grecs de Lystre : « Ce Dieu, dans les âges passés, a laissé toutes les nations suivre leurs propres voies, quoiqu’il n’ait cessé de rendre témoignage de ce qu’il est, en faisant du bien, en vous dispensant du ciel les pluies et les saisons fertiles, en vous donnant la nourriture avec abondance et en remplissant vos cœurs de joie. » (Actes 14.16-17)

L’espérance pas que pour le chrétien mais pour toute la création

Comme Dieu a créé (Genèse 1) le monde entier (les hommes, les animaux, l’environnement), Dieu sauve le monde entier. C’était tellement le dawa avec la mort et les péchés des hommes que la Bible dit que Dieu a recréé le monde pour dire que Dieu a sauvé le monde. Il ne sauve pas l’homme sans le reste de la création. Quand je dis monde entier, je ne dis pas tous les hommes sans exception car malheureusement beaucoup finiront en enfer. Mais je parle de la création comme un tout, un ensemble général qui englobe tout ce que Dieu a créé (pas seulement les êtres-humains).

Le paradis (en grec paradis ça veut dire le jardin) sera un retour au jardin d’Eden (Esaïe 51.3, Apocalypse 22.2). Mais pas que. La nouvelle création est décrite comme « la nouvelle Jérusalem », une ville en parfaite harmonie avec la nature. C’est la création transformée pour atteindre un état glorieux, meilleur que son état avant la chute.

L’attente et les gémissements des chrétiens et de la création

Même si les chrétiens peuvent déjà avoir un avant-goût du paradis, la vie reste difficile. Ils vivent toujours dans un monde imparfait où la mort existe, pas encore dans le monde purifié du mal et où la mort aura disparue.

Fraser parle d’une chair que chaque chrétien combat (premier couplet). Ce n’est pas ce qu’il y a dans ton burger à Mcdo mais une expression du Nouveau Testament pour désigner l’existence de l’homme sans Dieu et contre Dieu. « Vivre selon la chair » ou être en Adam (c’est pareil), c’est être sous la domination du péché et sous la condamnation de Dieu, les conséquences du péché d’Adam dans Genèse 3.

Tous les hommes naissent en Adam, mais ceux qui croient en Jésus-Christ « renaissent » en lui. Cependant jusqu’à leur mort, leur partie en Adam survit et ils doivent lutter contre elle. Brooke nous rappelle que la vie sur terre est courte (bridge). Elle reprend une expression de la Bible : « L’homme est semblable à un souffle » (Psaumes 144.4).

C’est ce que les chrétiens ainsi que toute la création attendent avec impatience (refrain). Ils gémissent carrément ! Le refrain est un copier-coller parfait de Romains 8.22-23. Notre espérance est cohérente avec le but de notre vie. Dieu nous a créés pour vivre avec lui, l’aimer et le connaître personnellement. (pont)

La miséricorde de Dieu : la cause et la raison de l’espérance

Enfin, Fraser compare le retour de Christ au lever du jour (Osée 6.3). De plus elle nous rappelle que nous avons une espérance merveilleuse uniquement parce que Dieu est miséricordieux. C’est-à-dire que Dieu nous a sauvé, nous des misérables qui sans lui n’avaient aucun espoir. Il nous a sauvé « sans aucun paiement d’aucune espèce » (Jerry Bridges, Vivre sous la grâce, p.46). Tout est gratuit. Dieu n’était pas du tout obligé de nous faire autant de cadeaux. Louons Dieu pour cela.

Conclusion : J’aime bien voir des personnes influentes (Hillsong quoi !) et connues avoir une si bonne compréhension du salut et kiffer des gens bien comme Lewis !

Une traduction en français

Couplet 1 :
Si je trouve en moi des désirs que rien dans ce monde ne peut satisfaire,
Je ne peux que conclure que je n’ai pas été fait pour ici.
Si la chair que je combats n’est au mieux que légère et éphémère,
Alors, bien sûr, je me sentirai nue quand je suis comparée à l’endroit où je suis destinée.

Couplet 2 :
Suis-je perdu ou juste trouvé ? sur la ligne droite ou sur le rond-point du mauvais côté ?
Est-ce une âme qui s’agite en moi, qui se libère, qui veut s’animer ?
Parce que mon confort préfèrerait que je sois engourdie.
et éviter la naissance imminente de celui que je suis né pour devenir.

Refrain :
Parle-moi à la lumière de l’aube.
La miséricorde vient avec le matin
Je soupirerai et, avec toute la création, je gémirai en attendant que l’espérance vienne pour moi.

Pont :
Car nous, nous ne sommes pas ici pour longtemps.
Notre temps n’est qu’un souffle, alors nous ferions mieux de le respirer.
Et moi, j’ai été fait pour vivre, j’ai été fait pour aimer, j’ai été fait pour te connaître.
L’espérance vient pour moi
L’espérance, elle arrive.

 

Laurent
Auteur : Laurent

20ans, Rébellutionaire et étudiant.

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