Quand ce que Jésus enseigne est injuste

La vie est injuste, n’est-ce pas ? Sérieusement, c’est frustrant de n’obtenir aucun résultat malgré nos efforts pour bien faire. Le pire, c’est quand ceux qui ne font rien, voire font n’importe quoi, obtiennent ce qu’on a toujours rêvé d’avoir !

L’injustice de Dieu et les deux frères

Oui, je suis comme le grand frère de la parabole de Luc 15 (celle qu’on appelle souvent « la parabole du fils prodigue »). J’en veux à Dieu. Dans cette histoire l’aîné a toujours fait ce qu’il fallait, contrairement à son petit frère. Pendant que le cadet gaspillait sa part d’héritage en vivant une vie de débauche, le grand frère obéissait à son père. Tout ça pour quoi ? Pour que non seulement le petit revienne comme une fleur, mais qu’en plus, le père l’accueille à bras ouverts ! La blague…

Le petit frère fait son capricieux et on est obligé de le supporter ! D’ailleurs, ça me rappelle une autre histoire choquante de la Bible. Celle des jumeaux, Jacob et Ésaü… Le droit d’aînesse appartenait à Ésaü, c’est-à-dire qu’il était celui qui devait obtenir l’héritage de la famille. Mais un jour, alors qu’il revenait de la chasse, fatigué et affamé, Jacob profite de sa faiblesse pour lui proposer d’échanger son droit d’aînesse contre un plat de lentilles. Qui va à la chasse perd sa place ?

Non mais j’hallucine. Imagine le truc. Tu rentres des cours, claqué et tu meurs de faim. Et là, ton frère vient te voir avec une bonne pizza et refuse de partager avec toi… Sauf, si tu lui promets de ranger sa chambre pendant 1 mois.

Bref, dans la suite de l’histoire, Jacob se fait bénir par son père à la place d’Ésaü. Ensuite, il se fait même bénir par Dieu et reçoit le nom d' »Israël », soit-disant parce qu’il serait ressorti victorieux d’une lutte avec Dieu… Quelle justice…

Attends, c’est pas encore fini ! Il y a aussi l’histoire de Caïn et Abel. Chacun des deux frères apporte une offrande à Dieu qui va préférer celle d’Abel… Je me dis que Caïn a quand même fait l’effort de lui offrir quelque chose, mais bon…

L’injustice de Dieu dans nos vies

Quand on entend parler de la parabole du fils prodigue, l’accent est souvent mis sur le petit frère. On y voit la grâce de Dieu. Ce père qui accueille son fils perdu qui décide de revenir auprès de lui. Toutefois, lorsque Jésus raconte cette parabole, la foule qui l’écoute n’est pas seulement composée de « petits frères », des gens de « mauvaise vie ». En réalité, il y a aussi des « frères aînés », les pharisiens.

Ils menaient une vie moralement exemplaire, mais leur cœur était loin de Dieu. Un peu comme s’ils agissaient pour leur intérêt propre. Ils pensaient que leur morale leur ferait gagner le Salut. D’un autre côté, Caïn, lui, s’était seulement contenter d’offrir une offrande à Dieu. Il n’y avait pas mis tout son cœur. Tandis qu’Ésaü n’a pas hésité à échanger son héritage pour un simple plat de lentilles.

Pourtant, ils ont tous eu un sentiment d’injustice. L’aîné de la parabole va refuser de célébrer le retour de son frère. Caïn va s’irriter lorsque l’Éternel va porter « un regard favorable sur Abel et sur son offrande » (Genèse 4.4). Il va même aller jusqu’à tuer son petit frère. Ésaü va pleurer en apprenant que Jacob lui a non seulement pris son droit d’aînesse, mais aussi la bénédiction de leur père, Isaac.

Être destiné à se faire marcher sur les pieds, devoir constamment s’abaisser pour que les autres soient élevés, ce n’est pas juste. En lisant cet article, tu repenses peut-être à des situations que tu as vécues ou que tu vis actuellement. On t’a peut-être brisé le cœur plus d’une fois et tu es resté fidèle malgré tout. Tu as sans doute aidé une personne qui t’a ensuite abandonné, une fois qu’elle a eu ce qu’elle voulait de toi.

Là où réside la vraie injustice

Dans chacune de ces histoire la vraie victime, c’est Dieu. Le père de la parabole va s’abaisser pour demander à son fils aîné de se réjouir du retour de son frère. Malgré ça, le grand frère va refuser d’entrer dans la maison, par orgueil.

De même, malgré notre rébellion, Dieu n’a pas hésité à s’abaisser pour souffrir pour nous… Il n’a pas seulement conscience de nos luttes, il les a déjà portées en mourant sur une croix. La véritable injustice réside en ce que Christ, l’être parfait, est mort pour une multitude de pécheurs.

Jacob avait besoin de la grâce divine. Voler la bénédiction de son frère ne lui avait pas apporté le bonheur. Dans sa détresse, il a saisi l’occasion d’obtenir la vraie bénédiction de Dieu. Et tu sais quoi ? Il a demandé pardon à Ésaü ! Enfin, Dieu a fait grâce à Caïn, en épargnant sa vie lorsqu’il a reconnu sa misère.

Seule l’histoire du frère aîné de Luc 15 reste en suspens. On ne sait pas s’il a finalement décidé d’entrer dans la maison pour célébrer le retour de son frère.

Amis rébellutionnaires, abandonnons nos injustices aux pieds de Jésus et implorons-le d’aimer les autres, comme il nous a aimés le premier. Agissons comme Ésaü, lorsque Jacob lui a demandé pardon :

« Ésaü courut à sa rencontre ; il l’embrassa, se jeta à son cou, et le baisa. Et ils pleurèrent » – Genèse 33.4


L’article a été inspiré du livre « Le Dieu prodigue » de Timothy Keller.

Auteur : Noémie G

22 ans, membre d'Agape Campus, étudiante en droit et disciple de Jésus !

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