Nous ne sommes pas Dieu

Je suis à Paris gare du Nord. Un homme dévale l’escalator pour essayer d’avoir son train, qui est déjà là. Tout le monde l’observe en espérant qu’il l’ait. Allez, allez, allez… Ouf ! Il entre dedans.

Malheureusement, le soulagement est de courte durée. Dans sa course, il a fait tomber son porte-monnaie… Il hésite. Soit il descend du train pour le récupérer, soit il y reste pour arriver à l’heure à son rendez-vous. Le signal de fermeture des portes sonne. Finalement, sans comprendre ce qui se passe, je cours, j’attrape son porte-monnaie et lui lance… Bonne réception ! Il me remercie de loin, tandis que les portes se ferment.

Les personnes présentes sur le quai me félicitent pour ma réactivité. Je suis fière, j’ai le sentiment d’avoir été une héroïne.

Le syndrome du héros ?

Cette anecdote illustre bien le sentiment d’orgueil qu’on peut éprouver en aidant quelqu’un. Au fond, c’est valorisant d’être utile aux autres, surtout en tant que chrétien. On se sent investi dans la mission de « sauver le monde », non ?

Est-ce que toi aussi tu as déjà expérimenté ce syndrome du héros ? Ce sentiment d’être au contrôle de la situation, d’être le roc sur qui tout le monde peut compter. Un peu comme Pierre. Tu sais, pour protéger Jésus, il coupe l’oreille du soldat romain alors que ce n’est pas ce qu’il lui demande de faire (Jean 18.10).

Oui, parce qu’agir ainsi a de nombreuses conséquences. Par exemple :

  • On agit sans consulter Dieu avant
  • On s’enorgueillit parce qu’on pense savoir ce qui est juste
  • Si les choses ne se passent pas comme prévu, on est frustré, impatient, inquiet…
  • On se fatigue à chercher les bonnes solutions
  • On manque d’authenticité en faisant comme si tout allait bien
  • Des personnes se mettent à dépendre de nous

Le syndrome de la princesse en détresse ?

Même si je n’aime pas cette expression, force est de constater que dans les films d’aventure, il y a toujours « une princesse en détresse ». Malheureusement, ce n’est pas qu’une fiction. En réalité, il peut nous arriver d’attendre que quelqu’un vienne nous sauver. Nous allons dépendre d’un être humain (un proche, un prédicateur etc.). Par conséquent, on risque :

  • De les consulter avant d’aller voir Dieu
  • D’en attendre beaucoup d’eux
  • De se sentir inférieur à eux, inutile
  • De ne pas supporter leurs erreurs, de les condamner

Nous ne sommes pas Dieu, nous sommes tous pécheurs

Mon article peut te paraître dur, mais comprends ce que je veux dire. C’est une bonne chose de servir son prochain, de l’aider et le soutenir. Dieu nous commande de le faire. Tout comme admettre ses faiblesses, les partager à des frères et sœurs de confiance qui pourront prier pour nous. Le problème, c’est qu’on va parfois oublier que nous sommes tous pécheurs, limités et faillibles.

Peut-être qu’une ou plusieurs personnes s’appuient beaucoup sur toi. Ou au contraire, tu as peut-être l’impression d’être un poids pour les autres. Dans les deux cas, j’imagine que ça doit te fatiguer.

Heureusement pour toi et moi, Dieu souhaite que nous dépendions de lui seul. Il déclare :

« Je suis l’Éternel, c’est là mon nom ; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles. » – Ésaïe 41.8

Nous ne sommes pas des sauveteurs. Mais le vrai Héros nous utilise pour sauver. C’est en lui que nous sommes ressourcés (Jean 7.37). Quelle que soit notre situation, Dieu est fidèle. Quand nos amis sont faibles, il est bon de nous rappeler que nous le sommes aussi. Seul Christ nous rend forts (2 Corinthiens 12.10).  Prier et pousser les autres à dépendre de Dieu, voilà ce qui peut les aider. D’ailleurs, cette attitude nous conduit aussi à affermir notre foi en lui.

En s’inspirant de Jean 12.26, Charles Spurgeon affirme :

« Si nous sommes avec lui dans son humiliation, nous serons avec lui dans sa gloire. Viens, mon âme, saisis-toi de courage et place tes pieds dans les traces sanglantes laissées pour toi par ton Seigneur ».

Nous ne sommes pas Dieu, nous sommes les imitateurs de Jésus

En fin de compte, il y a une bonne nouvelle pour chacun d’entre nous. Christ est venu sauver des pécheurs. Il est le Sauveur dont nous avons besoin. C’est pourquoi, nous sommes appelés à le suivre, à être ses imitateurs. L’observer, c’est apprendre à dépendre de Dieu.

C’est dans ce sens que Spurgeon déclare :

« Le service le plus élevé est l’imitation. Si je veux être le serviteur de Christ, je dois aussi être son disciple. Imiter Jésus dans ce qu’il fait est la voie la plus sûre pour faire honorer son nom ».

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Alors, prêts à dépendre de Dieu ?

Auteur : Noémie G

21 ans, étudiante en droit et disciple de Jésus !

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