Martin Luther et son post Facebook qui a secoué l’Europe au 16e siècle

Il y a 500 ans, le 31 octobre 1517, un moine allemand publiait sur son mur Facebook un post qui allait secouer l’Europe – et le monde entier. Il s’agit de Martin Luther. Il n’a rien inventé, mais il a remis en valeur des vérités de la Bible qui avaient été laissées de côté. Voilà en quelques lignes un aperçu de sa vie.

Martin Luther est né en 1483, en Allemagne, dans une famille catholique traditionnelle. Comme beaucoup à l’époque, il grandit en ayant très peur de la mort. Pour Luther, l’idée de mourir et de devoir se présenter devant Dieu le terrifie. Il est conscient du fait qu’il est coupable devant Dieu, et que Dieu ne peut pas fermer les yeux sur ses mauvaises actions. Il réalise le fossé énorme qui existe entre son injustice et la pureté de Dieu.

Les œuvres de Martin Luther ne suffisent pas

C’est pour cela qu’un jour, en échappant de justesse à la mort lors d’un orage, il fait la promesse d’arrêter ses études de droit et devient moine. En tant que moine, Martin Luther est très exigeant envers lui-même. Il pense pouvoir, en faisant le plus de bien possible, obtenir la grâce de Dieu – entrer en bonne relation avec Dieu. C’est ce que l’Église enseigne à cette époque, et c’est ce que Luther croit. Cependant, malgré tous ses efforts, et même en devenant prêtre en 1507, il n’arrive pas à atteindre le standard de pureté de Dieu. Il ne sait jamais s’il a fait assez bien pour obtenir la grâce de Dieu, qui est comprise par l’Église catholique comme une puissance que Dieu donne à l’Homme pour l’aider à faire de bonnes œuvres. Plus Luther essaye de devenir pur par ses forces, plus il voit de mauvaises choses dans sa vie.

Luther commence à étudier la Bible

À l’âge de 28 ans, en 1512, Martin Luther obtient son doctorat en théologie. Il devient professeur à l’université de Wittenberg – et c’est là que tout commence à changer pour lui.

En tant que professeur, Luther se met à étudier plusieurs livres de la Bible (les Psaumes, Galates, Romains). En les lisant, il commence à émettre des doutes sur ce que l’Église enseigne. Certaines choses semblent contraires à la Bible1.

Son fameux « post Facebook » du 31 octobre 1517

Conscient de cela, c’est à ce moment, le 31 octobre 1517, que Luther publie son « post Facebook qui allait secouer l’Europe ».

Bon, OK, il n’a pas vraiment publié de post Facebook. Mais c’est tout comme. Il accroche 95 thèses contre la pratique des indulgences2 à l’endroit de la ville où l’on affiche les annonces importantes. C’est simplement un moyen de s’exprimer et d’entraîner un débat entre théologiens. Grâce à la nouvelle invention de l’époque, l’imprimerie, ses idées se diffusent rapidement.

Ces 95 thèses – ou ce post Facebook – vont petit à petit déclencher une réaction en chaîne. Cela amènera Luther, qui n’a probablement pas encore compris le message de l’Évangile à cette époque, à creuser davantage sur ce qu’enseigne l’Église catholique, et à s’y opposer.

Luther découvre l’Évangile

Appelé à retirer ses propos, Luther continue d’étudier la Bible. Petit à petit, en étudiant, il arrive à une juste compréhension de l’Évangile. Il découvre, en particulier en étudiant la lettre aux Romains, que l’Évangile est un message de grâce. Pas une grâce que Dieu donne pour nous aider à accomplir de bonnes œuvres en vue de mériter le salut, mais le pardon que Dieu offre – gratuitement et sans aucune œuvre pour le mériter – à ceux qui mettent leur confiance en Jésus. Il réalise que l’Évangile révèle la manière dont Dieu nous déclare justes à ses yeux. Pas parce que nous le sommes en nous-mêmes, mais parce que Jésus a pris sur lui nos péchés, et il nous offre sa justice parfaite. Quelle bonne nouvelle ! Luther peut enfin trouver, dans le message de l’Évangile, la paix avec Dieu qu’il désirait tant. Il est sauvé – c’est un homme nouveau.

Luther voit alors plus clairement combien l’Église catholique est dans l’erreur. Il réalise qu’elle entraîne de nombreuses personnes à sa suite. Non seulement sur le contenu de l’Évangile lui-même, ce qui est très grave, mais aussi sur d’autres pratiques comme la place du Pape, l’autorité de la tradition sur l’Écriture, ou la pratique des sacrements. Il fait alors le combat de sa vie d’enseigner fidèlement le message de la Bible.

En 1521, il est convoqué à Worms (en Allemagne) et appelé à se rétracter – c’est-à-dire à renoncer à tout ce qu’il a écrit. Luther refuse, et répond :

« À moins qu’on me convainque par des attestations de l’Écriture ou par d’évidentes raisons (…) je suis lié par les textes scripturaires que j’ai cités et ma conscience est captive des paroles de Dieu. Je ne puis ni ne veux me rétracter en rien, car il n’est ni sûr ni honnête d’agir contre sa propre conscience. Je ne puis autrement, me voici, que Dieu me soit en aide !3  »

Déjà renvoyé de l’Église catholique avant cela, Luther continue d’écrire de nombreux livres qui permettent à beaucoup de personnes de redécouvrir le message de l’Évangile. Il va aussi traduire la Bible dans la langue populaire de l’époque, pour permettre à tout le monde d’avoir accès directement à la Parole de Dieu.

Ne regardons pas à Luther, mais à Jésus

Voilà la vie pleine de défis qu’a vécu Martin Luther au 16e siècle. Alors, pour terminer :

Remercions Dieu pour la redécouverte de l’Évangile. Alors que l’Église était gravement dans l’erreur, Dieu a utilisé Luther pour remettre en avant la bonne nouvelle de Jésus – la seule qui peut vraiment sauver. Gloire à Dieu pour cette période de la Réforme !

Remercions Dieu pour le courage de Luther. Luther a osé relever un défi de taille. Mais sa priorité, plutôt que de plaire aux Hommes, était d’être fidèle à la Parole de Dieu. Gloire à Dieu pour le courage que Luther a eu !

Remercions Dieu pour l’Évangile qu’il nous a donné. Luther n’était pas parfait – il avait des défauts. Le but de cet article n’est pas d’en faire un saint, mais de nous encourager par ce que Dieu a fait à travers cet homme. En parlant de Luther, il ne faudrait pas laisser nos yeux fixés sur lui – mais plutôt les lever vers Jésus.

Parce que c’est Jésus qui est le centre du message que Luther a remis en avant. C’est Jésus qui est venu nous apporter la paix avec Dieu que Luther désirait tant. C’est Jésus qui est mort pour nous rendre justes devant Dieu – ce que ni Luther ni aucun Homme n’est par nature. C’est Jésus qui est le centre de la foi chrétienne. C’est Jésus le centre du message que Luther – et d’autres – ont remis en avant au 16e siècle. Alors gloire à Dieu pour Jésus, que l’Évangile nous révèle comme notre Sauveur et Seigneur !

  1. La longueur de cet article ne permet pas de rentrer dans les détails. Pour creuser davantage, je recommande l’excellent article de Robbie Bellis sur Luther et la redécouverte de l’Évangile.
  2. Une des pratiques de l’époque était de vendre des certificats, appelés indulgences, qui assuraient à celui qui les achetait ou à un de ses proches moins de temps au purgatoire, ou moins d’œuvres de pénitence à faire.
  3. Martin Luther, Œuvres, Tome II, Labor et Fides, Genève, 1957, p.316.
Benjamin E
Auteur : Benjamin E

22 ans, parisien vivant à Bruxelles, étudiant à l'Institut Biblique Belge. Amateur de bons livres, apprenti blogueur et Webdesigner freelance. Mais surtout : passionné par l'Évangile, sauvé par grâce, disciple de Jésus.

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