Chrétiens, faites grâce

Nous, les chrétiens, sommes bien souvent si décevants. Décevants par notre attitude et notre comportement qui ne reflètent pas Christ.

Un tour sur les réseaux sociaux suffit amplement pour s’apercevoir du manque parfois cruel de compassion, d’humilité et de douceur dont nous faisons preuve les uns à l’égard des autres. Étant administrateur d’un groupe de jeunes chrétiens composé de membres issus de différentes dénominations, je vois quasi quotidiennement des altercations dans les commentaires dont les propos sont parfois irrespectueux, agressifs, voire insultants. J’ai sincèrement l’impression que nous prêchons la grâce sans véritablement la comprendre puisque nous sommes nous-mêmes incapables de la retransmettre.

Faites grâce car Dieu vous a fait grâce

Le monde chrétien tel que je le vois aujourd’hui, notamment sur les réseaux, est composé de personnes qui étalent leurs connaissances et leurs opinions, incapables d’user de patience et constamment à la recherche d’erreurs à corriger. Il suffit qu’un frère pose une question enfantine pour que le « super chrétien » le dénigre. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une généralité, tous les chrétiens ne sont pas des pères fouettards. C’est cependant une réalité bien présente et qu’il est nécessaire de revoir.

Patience, tempérance, douceur… ces termes parlent certainement à chaque chrétien puisqu’il s’agit des fruits de l’Esprit énoncés en Galates 5.22. Et cet Esprit n’est autre que Dieu lui-même. Lorsque nous nous trompons, lorsque nous dévions de ses voies, lorsque nous commettons des fautes, Dieu en qui nous avons mis notre foi nous dénigre t-il pour autant ? Dieu est un Dieu de grâce qui nous fait grâce même lorsque nous étions en tord, à combien plus forte raison devrions-nous faire de même. Lorsque nous étions morts tous sans exception  Dieu nous a ramenés à la vie.

Faites accueil au faible dans la foi

Untel est pentecôtiste, untel est baptiste, untel est né de nouveau depuis 20 ans, untel est nouveau converti. Soit. Il n’y a qu’une vérité, et ce passage de Paul dans l’épître aux Romains (chapitre 14) ne demande pas aux chrétiens « forts » de diluer la vérité face aux chrétiens « faibles », mais de leur faire accueil et de garder une bonne attitude de paix qui ne juge ni ne méprise l’autre. La Bible nous demande certes d’exposer la saine doctrine et de dénoncer les fausses, mais elle nous dit aussi que la conséquence d’une personne remplie de l’Esprit, et donc appartenant à Christ, est l’amour. C’est pourquoi, un bon enseignant sans amour ne vaut pas mieux qu’un mauvais enseignant débordant d’amour. L’attitude et la doctrine vont de pair. Je pourrais parler des choses de Dieu de manière très juste, mais si mon attitude est prétentieuse, orgueilleuse, colérique, ou dénuée d’amour, alors mon discours demeure creux tel un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit dans le vide, pour reprendre l’apôtre Paul.

Pardonnez comme il vous a pardonné

Initialement de nature rancunière et colérique, j’ai eu l’habitude de m’énerver rapidement et d’en vouloir longtemps aux autres. Même en devenant chrétien, je continuais à lutter pour pardonner ceux qui ont pu m’offenser. Comme beaucoup, j’ai longtemps prié le Notre Père et cité « Pardonne nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés », sans pour autant que cela soit une réalité dans ma vie. J’ai honte de moi, car je prêchais l’amour, la grâce, et le pardon sans pour autant le vivre réellement.

Il a fallu que je passe par des phases difficiles de ma vie de chrétien dans lesquelles j’ai pu blesser des personnes pour me rendre compte combien j’ai souffert de ne pas savoir que je suis pardonné. C’est en expérimentant personnellement le manque de pardon que j’ai appris et que j’apprends encore à pardonner à mon tour ceux qui ont pu m’offenser.

Soyez comme Jésus

Je me souviens de ce passage où la femme adultère dans l’évangile de Luc a été prise en flagrant délit de péché et de tous les religieux qui voulaient la lapider pour sa faute. Cependant, Jésus, lui, ne l’a pas condamné et a confronté les religieux à leurs propres fautes. Il l’a pardonnée et l’a appelée à la repentance afin que sa liberté soit totale.

Je suis attristé de voir qu’aujourd’hui ce sont les chrétiens eux-mêmes qui lapident leur frère ou leur sœur qui tombe. Certes, il ne s’agit peut-être pas d’effectuer une lapidation à base de jets de pierres, mais lapider une personne par des mots à travers la médisance ou la critique constante revient au même résultat. Quand je suis moi-même tenté de dénigrer un frère ou une sœur qui commet un écart de conduite, je me souviens combien mon péché est grand et combien je ne suis pas mieux, alors plutôt que de critiquer, je préfère prier pour sa repentance et la reprendre avec douceur quand j’en ai la possibilité et la légitimité.

Frères et sœurs, soyons connus pour notre douceur, ne nous précipitons pas pour lapider celui ou celle qui nous déçoit ou nous énerve, mais usons de patience réciproquement et supportons-nous que ce soit sur les réseaux ou en réalité.

Je profite de cet article pour demander à celles et ceux que j’ai pu blesser d’une manière ou d’une autre de me faire grâce à leur tour en me pardonnant tout comme je pardonne celles et ceux qui ont pu m’offenser de quelque façon.

« A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » – Jean 13.35

Auteur : Anthony R.

Âgé de 24 ans et résidant en Île-de-France, Anthony est un jeune chrétien récemment diplômé de l'ESC Montpellier. Il est actuellement entrepreneur et amateur de théologie.