3 conseils pour les jeunes frustrés envers leurs parents

Cet article est la transcription écrite d’une interview audio avec John Piper dans le cadre du podcast Ask Pastor John1.

Matthew, un jeune auditeur du podcast, écrit pour demander : « Cher Pasteur John, quand je suis avec mon père, je me sens découragé dans ma foi et ma vie de chrétien car il me donne l’impression que Dieu est un Dieu rempli de règles que je ne peux respecter. Alors que quand je suis avec mes amis, ils m’encouragent en parlant de la joie que l’on trouve en Christ et de combien il est merveilleux. Je n’ai que 15 ans et j’ai le sentiment qu’il y a une brèche qui s’ouvre entre mon père et moi. Comment puis-je passer outre ce sentiment ? Est-ce que je suis en train de commettre une erreur ? » Que diriez-vous à Matthew, Pasteur John ?

Je ne connais pas assez l’histoire de Matthew, de son père ou de ses amis pour me prononcer sur le fait qu’il soit dans le faux ou pas, mais j’ai quand même des choses à partager avec Matthew – il y en a 3 et les voici.

#1 – Honore ton père en aillant de l’empathie et de la compréhension

Premièrement, Matthew, ne perds jamais de vue le commandement qui dit d’honorer son père et sa mère. Voici ce que la Bible dit – tu le sais mais c’est juste un rappel : « Honore ton père et ta mère (c’est le premier commandement avec une promesse), afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. » (Éphésiens 6.2-3)

Une façon d’honorer ton père, c’est d’avoir de l’empathie vis à vis du long et difficile défi qu’est d’élever des enfants. Il me semble que ton père a dédié 15 ans dans ce travail, voire plus si tu as des frères et sœurs.

Une des choses qui fait qu’être parent est très dur, et je l’ai été à cinq reprises depuis maintenant 42 ans, est la responsabilité exceptionnelle que les parents ont vis à vis de leurs enfants et que les amis n’ont pas. Les parents veulent que leurs enfants prennent les bonnes décisions, des décisions qui ne vont pas détruire leur vie ou encore l’influence chrétienne qu’ils peuvent avoir dans le monde. Alors pour toutes ces années, 15 ans pour toi, ton père a dû trouver l’équilibre entre les « tu peux » et « tu ne peux pas » qui sont absolument nécessaire pour élever des enfants dans les bénédictions du pardon et les merveilles de la grâce. Cela n’est pas une tâche facile. Je t’encourage à honorer ton père en aillant de l’empathie pour lui par rapport à cette difficulté énorme d’avoir le bon équilibre. Un jour tu seras peut être à sa place et tu désireras que tes enfants soient patients envers toi.

Je t’encourage aussi, Matthew, d’honorer ton père en admettant que certains sentiments que tu peux ressentir quand tu es avec ton père (tu dis : « quand je suis avec mon père, je me sens découragé dans ma vie chrétienne ») peuvent être dû à des choses qui sont en toi et qui te poussent à mal réagir et non un problème qui ne vient que de ton père. Il peut y avoir quelques problèmes en toi qui te font réagir de cette façon. Beaucoup d’enfants se sentent oppressés par leurs parents alors que ce n’est pas totalement la faute des parents. C’est juste la manière dont la jeune personne se sent.

Je vais te donner un exemple, Matthew. Quand j’avais 13 ans – je me rappelle encore de ce jour-là car il ne s’agit pas d’un jour dont je peux me sentir fier. Un jour ma mère m’a demandé de sortir la poubelle. Je me rappelle de tout ce qui s’est passé, je me rappelle du lieu où je me trouvais. Je revois encore la poubelle blanche et ronde que je devais sortir. Je revois toute la scène comme si c’était hier. Et j’ai quasiment crié sur ma mère : « Fais, fais, fais, c’est tout ce que j’entends dans cette maison : fais. »

Maintenant que j’y repense, ce n’était pas vrai. Ma mère était une servante sans mesure. Donc qu’est-ce qui était en train de se passer ? Il y avait quelque chose dans mon âme frustrée de jeune de 13 ans qui n’allait pas cet après-midi là. J’avais totalement tort de lui parler de cette façon. Mais quelque chose se passait à l’intérieur de moi. Elle n’était pas responsable à ce moment de ma colère. Je l’étais. Donc je te suggère, Matthew, de faire attention. Fais attention, car tes frustrations peuvent provenir de trucs qu’il y a en toi et pas seulement de trucs qui viennent de ton père. Voilà ma première suggestion : honore ton père de ces manières-ci.

#2 – Comprends comment les joies et les règles de l’Évangile s’articulent entre eux

Deuxièmement, je te suggère d’utiliser cette période de vie et de croissance, cette période de frustrations dans un sens, pour avoir une vision équilibrée et biblique de la manière dont la joie de l’Évangile et les règles de l’Évangile s’articulent ensemble. Comment elles s’imbriquent. Parce qu’actuellement tu as l’impression que ton père est concentré uniquement sur les règles et tes amis uniquement sur la joie et sur Christ, mais ceci soulève la question (et ce n’est qu’une question) : est-ce que tu as une compréhension biblique de la manière dont les deux s’articulent ensemble ? Veille à ce que ce soit le cas. Fais attention de ne pas t’engager uniquement dans ce qui te fait te sentir bien. Il se peut que les règles bibliques et les joies bibliques s’imbriquent d’une façon qui n’est pas celle que tu imagines et tu dois peut-être ajuster ta façon de voir les choses afin de vivre en accord avec les déclarations que la Bible fait par rapport aux règles et aux joies bibliques. Ne commets pas la même erreur que Martin Luther a faite. Tu as dû entendre parler de Martin Luther, le réformateur ? Martin Luther a lu le livre de Jacques, rempli de règles, d’impératifs et de commandements. Il a ressenti les même choses que toi par rapport à ton père. Il avait l’impression qu’il ne s’agissait que de règles, règles, règles. Où est la joie de l’Évangile dans ce livre ? Et il parle d’un livre de la Bible. Il a commis une erreur. Il a nommé ce livre une épître de paille car il n’avait pas encore réussi à en comprendre tout le sens.

Tu pourrais commettre la même erreur vis-à-vis de ton père que Martin Luther a faite vis-à-vis du livre de Jacques. Sois vigilant. Je ne veux pas défendre ton père là, parce que je ne sais pas s’il a une compréhension biaisée. Je veux juste être sûr que tu saisisses cette période comme une opportunité de grandir dans ta compréhension équilibrée de comment les joies de l’Évangile et les règles de l’Évangile s’articulent.

#3 – Cherche à aimer et servir ton père plutôt que d’être frustré et énervé envers lui

Voilà la dernière chose que je souhaite dire, Matthew. À ce stade de la vie, imagine une chose presque impossible : tu peux être dans une posture de croissance et de maturité qui t’amène à exercer un ministère auprès de ton père, et non seulement de te concentrer sur ses échecs. Beaucoup de jeunes n’arrivent jamais à ce point. Mais pense à ça, Matthew. Tu as 15 ans et tu discernes très bien certaines choses. Voilà une chose que tu peux demander au Seigneur. Prie de la manière suivante : Dieu, donne moi la grâce – même si j’ai 15 ans, et sans être présomptueux, orgueilleux ou irrespectueux – d’être quelqu’un qui aime, qui est une bénédiction, et qui sert mon père. Mon père semble attaché à certaines choses. J’aimerais qu’il soit plus joyeux. Mais, au lieu d’aller au lit énervé, frustré ou déçu envers ton père, pourquoi ne pas aller au lit en priant pour ton père, désirant que certaines choses que le Seigneur t’enseigne deviennent une bénédiction pour ton père ?

Matthew, crois-le ou non, il y a des enfants qui ont la trentaine, la quarantaine ou la cinquantaine et qui n’ont jamais appris ça. Ils sont toujours en colère contre leur père. Ils sont toujours en colère contre leur mère. Tout ce dont à quoi ils pensent, c’est uniquement ce qu’ils n’ont pas eu, plutôt que de réfléchir à comment ils pourraient servir maintenant un père ou une mère brisé(e) qui n’a jamais compris. Donc quel don de maturité ce serait pour toi, à l’âge de 15 ans !

Donc voici mes trois suggestions, Matthew. Honore ton père en aillant de l’empathie et de la compréhension. Deuxièmement, grandis dans ta compréhension de comment les règles et la joie de la Bible s’imbriquent entre elles. Dernièrement, cherche au maximum à faire attention à comment tu réponds aux découragements ou aux encouragements de ton père tout comme tu fais attention à comment il répond aux tiens.

  1. Traduit de l’anglais avec autorisation.
Auteur : John Piper

John Piper est un pasteur et prédicateur américain, fondateur du site desiringGod.org et auteur d'une cinquantaine de livres, dont "Et si je ne gâchais pas ma vie ?".