12 étapes pour guérir de l’addiction à soi

NB. Le scénario suivant provient de la seule imagination de l’auteur. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes est (principalement) une coïncidence.

« Salut », ai-je lancé au cercle de visages présents dans le groupe de soutien à l’addiction à soi. « Mon nom est Patricia et je suis accro à moi-même ! »

« Salut, Patricia. »

« Je ne savais pas que j’étais devenue accro, jusqu’à ce que je réalise le temps et l’énergie que je mettais à essayer de me construire une bonne image, à travailler pour être aimée, à vivre pour me servir moi-même. Je ne vois pas Jésus faire cela. Il est temps de changer. »

Les têtes acquiescent avec empathie et le moment de partage commence. Une fille, admettant passer une heure quotidienne devant le miroir s’exclame : « Cela fait 15 jours dans l’année à se regarder le nombril ! » Le garçon à ma gauche confesse que son smartphone contient 700 selfies. Une autre personne décrit comment son apparence personnelle sur Internet est devenue le centre de son attention. « Ma vie semble remplie », dit-elle pensivement, « mais remplie de vide ».

Heureusement pour nous qui sommes accros à nous-mêmes, la parole de Dieu est pleine de conseils pour combattre une vie centrée sur soi. Le flyer « 12 étapes vers la guérison » que je tiens en ce moment même en dresse une liste succincte. La voici :

#1 – Admettre que nous avons besoin d’un sauveur

La vérité est que nous ne sommes rien par nous-mêmes. Il n’y a pas de moyen terrestre de gagner l’acceptation de Dieu : nous avons besoin du Moyen Divin, et sans ça, nous sommes déjà morts. Se rappeler que nous ne méritons rien, excepté la mort, nous place tout de suite dans une attitude d’humilité.

#2 – Pratiquer la crainte de l’Éternel

Proverbes 22.4 dit que « le fruit de l’humilité est la crainte de l’Éternel1 », tandis que Proverbes 8.13 explique que « la crainte de l’Éternel c’est la haine du mal. L’orgueil et l’arrogance, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je hais ». Quand nous méprisons notre orgueil et mettons humblement Dieu en premier, nous pratiquons la crainte de l’Éternel et brisons l’addiction à nous-mêmes.

#3 – Adorer

Adorer est une solution pour humblement reconnaître notre place devant Dieu. En adorant, nous nous concentrons sur la gloire de Dieu plutôt que sur la nôtre.

#4 – Adopter l’attitude de Jean

Quand Jésus reçu plus d’attention que Jean-Baptiste, ce dernier déclara : « Il faut qu’il croisse et que je diminue. » (Jean 3.30). Adopter cette attitude corrige nos priorités. Elle nous fait passer du statut d’êtres centrés sur nous-mêmes à celui d’êtres centrés sur Christ.

#5 – Prendre la plus petite place

Jésus ne nous a pas seulement ordonné d’assumer la plus petite place parmi les autres (Luc 14.7-11), Il l’a fait lui-même selon Philippiens 2.5-7 :

« Que votre attitude soit identique à celle de Jésus-Christ : lui qui est de condition divine, il n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme un butin à préserver, mais il s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains. »- Philippiens 2.5-7

#6 – Servir comme Christ

Prendre la moindre place a un côté actif : le service. Il est vrai qu’aujourd’hui ça va à l’encontre de la culture ambiante, c’était déjà le cas à l’époque de Jésus. En effet, il a choqué ses disciples en leur lavant les pieds (Jean 13.1-11). Le service est un style de vie que nous sommes appelés à suivre.

#7 – Édifier les autres

1 Thessaloniciens 5.11 nous presse : « Exhortez-vous réciproquement et édifiez-vous les uns les autres. » Plutôt que de constamment essayer d’élever notre propre image, que se passerait-il si nous investissions cette énergie pour approuver les autres ?

#8 – Chercher les intérêts des autres

Philippiens 2.4 avertit : « Que chacun de vous, au lieu de considérer ses intérêts propres, considère aussi ceux des autres. » Que peux-tu faire aujourd’hui pour bénir quelqu’un d’autre, élever son esprit, ou illuminer sa journée ?

#9 – Reconnaître les mensonges

S’occuper des autres n’est pas facile dans une culture qui nous enseigne à vivre pour nous-mêmes. Il nous faut donc prier pour avoir la sagesse de reconnaître ces mensonges culturels et pour rendre « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Corinthiens 10.5).

#10 – Proclamer la vérité

Rendre toute pensée captive requiert de combattre les mensonges avec la vérité de la Parole de Dieu, comme Jésus le fit face à la tentation (Matthieu 4.1-11). Mémorise les versets cités précédemment pour combattre les messages « d’adoration de soi » auxquels nous faisons face quotidiennement.

#11 – Se discipliner soi-même

Une autre façon active de contrer les mensonges culturels est d’utiliser la discipline et la maîtrise de soi (voir 1 Corinthiens 9.24-27). La discipline spirituelle du jeûne, par exemple, nous aide à mettre en pratique le fait de dire « non » à nos propres envies.

#12 – Regarder à Jésus

Le déni de soi est au cœur de l’Évangile (Matthieu 16.24). Nous arrêtons de suivre nos propres besoins jusqu’à notre mort parce que nous avons trouvé celui que nous pouvons suivre à vie. Regarder constamment la lumière du Fils est le seul chemin pour ne plus voir que nous-mêmes.

***

J’ai levé les yeux du flyer, voyant soudainement les autres visages non comme des « amis » pour embellir ma page sur les réseaux sociaux, mais comme des humains que Dieu chérit ardemment. Et Dieu, il n’est plus un simple moyen pour arriver à mes fins dans la vie, mais il est mon Père, Sauveur et Roi. Bien que je sois devant lui les mains vides, il m’aime quand même, faisant paraître mes efforts extérieurs superflus.

« Imagine, » commença Miroir Girl, « si nous sommes libérés de nous-mêmes, combien de temps, de ressources et d’énergie nous aurons pour faire avancer le Royaume éternel de Dieu plutôt que nos propres images qui s’estompent ! » Le gars aux selfies acquiesce, supprimant déjà les photos de son téléphone.

J’ai juste souri. Dire au revoir à notre nous, c’est nous opposer à notre culture où le « moi » est nourri continuellement. D’une certaine façon, j’ai eu le sentiment que ça en vaudrait la peine.

Article traduit de l’anglais avec autorisation. Merci à Ingrid pour la traduction !

  1. Les traductions françaises ne traduisent pas le « is » de la version NIV. Il s’agit donc ici d’une traduction directe de l’anglais.
Auteur : Patricia Engler