Une année de folie en Amérique du Sud

Comme Abraham qui partit sans savoir où il allait, nous avons cherché pendant 9 mois avant que toutes les pistes (missions, services civiques, VIE-VIA) avortent étrangement. On aurait pu rester et désespérer… Mais on est parti. Vers une aventure que seul Dieu avait déjà écrite.

C’est un triple défi que Anna et moi nous somme lancés après le mariage. D’abord, c’était un défi conjugal : vivre la première année de mariage loin de tout, un peu comme Deutéronome 24.5, et dans un contexte nouveau pour tous les deux. Ensuite, nous cherchions un défi professionnel : travailler avec nos compétences acquises pendant nos études. Anna est prof de violon, je suis contrôleur de gestion. Enfin, c’était aussi un défi spirituel. Quoi de mieux pour expérimenter Dieu que de partir au bout du monde ? Et c’est ce que je veux te raconter dans ce post.

#1 – Une nouvelle vision de Dieu

Ce voyage nous a permis de redécouvrir toutes nos certitudes concernant Dieu. Par exemple, c’est beaucoup plus concret de voir comment Dieu te protège et pourvoit à tes besoins quand tu es perdu au milieu de la pampa argentine, attaqué par des insectes volants non-identifiés… Tout au long du périple, Dieu nous a protégé. Il a même repoussé miraculeusement un serpent qui voulait attaquer Anna au milieu de la jungle, quand elle se baignait dans la rivière  !

Dieu a un plan parfait, et quand nous voyagions nous nous rendions compte à chaque pas comment Dieu avait tout mis en place pour que nous soyons utiles et à l’aise dans les différents endroits où nous sommes allés. Nous avions un super projet musical à Guayaquil qui, sans trop que nous sachions pourquoi ne s’est pas concrétisé. Quelques mois plus tard, une nouvelle terrible fait la une de l’actualité internationale : un terrible tremblement de terre ravage l’Equateur, et Guayaquil compte ces morts… Et là, tu comprends tout.

Et surtout, surtout, nous avons contemplé la beauté de la création de Dieu. La Cordillère des Andes enneigée en arrière-plan d’un lever de soleil sur la forêt amazonienne… Des animaux tous plus surprenants les uns que les autres, des fleurs de toutes les couleurs, des fruits de toutes les saveurs… Nous avons vraiment vu le Psaumes 104 se dérouler sous nos yeux !

#2 – Une nouvelle vision du service

Nous avons passé 6 mois au Pérou, dans une petite ville côtière, qui répond au doux nom de Chincha. A côté de chez nous, sur un haut mur d’enceinte, un grand tag : « Se roban moto y violan » En français : « Ici, on vole les motos et on viole les femmes ». Ambiance rassurante… La semaine, nous faisions un volontariat dans une école de musique associative : Anna donnait des cours de violon aux enfants des quartiers défavorisés, et je supervisais la gestion de l’ONG. Nous vivions dans un orphelinat de mères adolescentes dans lequel Anna a développé un projet de développement social par l’apprentissage du violon. Et le week-end, nous nous investissions dans une petite Église où nous avons même fait un remplacement pastoral pendant 2 mois !

Quelques temps après, nous sommes allés à Quito en Équateur, dans une fondation chrétienne qui s’appelle Casa Victoria. On a pu servir dans cette maison d’accueil d’enfants, utiliser nos dons et nos compétences. Faire des cours, de l’animation, du sport et des études bibliques avec les enfants.

Servir Dieu dans tous ces situations différentes nous a rappelé que le travail est une vraie bénédiction. Et dans tous ces contextes différents, nous nous rappelions que : « tout ce que nous faisons, faisons-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes » (Colossiens 3.23).

#3 – Une nouvelle vision de la mission

Du coup, nous avons pu annoncer l’Évangile à des jeunes mères de 15 ans, à des enfants de 5 ans, à une Église péruvienne…

Et nous avons aussi pu voir l’avancement de la mission. Et quelle joie de voir l’Histoire de Dieu se révéler ! Des peuples complètement non-atteints il y a 50 ans ont maintenant des milliers de chrétiens en leur sein ! Dieu a une compassion particulière pour les hommes et les femmes rejetés, et nous avons pu voir comment il se fait des disciples dans le monde entier !

Mais la mission n’est pas terminée… Nous avons aussi rencontré le peuple Tiwanaku qui encore aujourd’hui adore la Pachamama (Terre-Mère). Nous sommes aussi allés dans certaines tribus amazonienne hostile à l’Évangile, ou dans des villages andins non atteins… Malheureusement, il y a aussi un obscurantisme catholique terriblement présent dans ces pays…

Et en tant qu’étrangers, durant ces 13 mois où nous avons été incompris, vulnérables ou montrés du doigt, quel soulagement de pouvoir compter sur notre Père Céleste, qui, à travers son peuple, pourvoyait aussi à notre intégration. Nous avons été extrêmement touchés par ces chrétiens qui nous ouvraient leur maison et leur cœur comme ils le feraient pour leurs propres enfants ! Mais l’Histoire ne s’arrête pas là, car d’autres  étrangers, immigrés, vulnérables… sont ici, aux portes de nos villes. Et c’est à notre tour d’ouvrir notre maison, notre Église, et plus important encore, notre cœur, pour accueillir d’autres voyageurs sur cette terre. Et l’hospitalité est une occasion formidable de montrer la beauté de l’Évangile !

Cette aventure sera sans aucun doute une grande étape dans notre vie. Elle continuera encore de marquer notre vision du monde et du plan de Dieu. Loin de notre confort, perdus et sans repères nous avons goûté et vu combien l’Éternel est bon ! Heureux l’homme qui cherche en lui son refuge !

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Auteur : Nicolas B

25 ans, rébellutionnaire marié à une chouette jeune femme, travaille en finances d'entreprise, et co-responsable du Cercle d'Affaires pour Christ.

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