L’importance du regard des autres, ou comment je passe ma vie devant un miroir

20 Nov 2016 5 commentaires Eva

Depuis que j’ai installé ce miroir dans ma vie, il ne se passe plus un mouvement sans que j’y vérifie mon reflet. Il trône, fièrement, devant toutes mes occupations, toutes mes discussions, toutes mes sorties. Je me regarde vivre, j’observe à travers lui toutes les images que je renvoie.

Quand je marche vers le parc, je prends soin de vérifier que mon allure rend bien. Si ce n’est pas le cas, je ralentie le pas, j’essaie d’imiter les mannequins jusqu’à ce que ça soit parfait.

Quand je poste une photo de moi, je vérifie toutes les 5 minutes les commentaires. Si il n’y pas de compliments rapidement,  je m’inquiète, déprime et décide de changer ma manière de m’habiller, quitte à dépenser encore beaucoup pour des chaussures qui me font mal aux pieds.

Avant ce miroir, je ne réfléchissais pas, je vivais simplement. Je criais, riais et pleurais sans faire attention à ce que je renvoyais. Ça me fait peur quand j’y repense. On a du tellement me juger, me critiquer…

Au moins, depuis que je contrôle mes moindre faits et gestes, je suis maître de tout et surtout maître de moi. Grâce à ce miroir, je me suis vu comme les autres me voyaient : j’ai découvert mes yeux trop rapprochés, mes lèvres pas assez gonflées et mes épaules trop garçonnes. J’étais cette fille et je ne le voulais pas.

Depuis, je me demande constamment ce que je renvoie. Je m’observe. Je me regarde à travers mon appareil photo, je me regarde à travers les commentaires qui y sont renvoyés.

Je ne vis plus, je me regarde vivre.

Pourtant, parfois, je me sens fatiguée, épuisée de toujours réfléchir à ce que mon miroir va renvoyer. J’aimerais m’accepter tout naturellement, juste simplement.

Mais ce n’est pas possible, la société me l’interdit. Ou plutôt le monde que je me suis créée me l’interdit.

Et la Bible dans tout ça ?

« Cessez de vous confier en l’homme, dans les narines duquel il n’y a qu’un souffle : car de quelle valeur est-il ? » – Ésaïe 2.22

Jésus a dit : « Je suis venu, afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance.
Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. » – Jean 10.10-11

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » – Romains 12.1

Et si finalement c’était Dieu que je prenais comme miroir et qui devenait la personne à qui je cherche à plaire par dessus tout ?

Auteur : Eva