À la découverte de l’album « Pause » de Néïs

16 Nov 2016 0 commentaire Nathan

Néïs Cros est une artiste lyonnaise. Elle fait du slam, et après un premier E.P. 3 titres « Horizons », sorti en mai 2015, Néïs vient de sortir son premier album « Pause » en octobre 2016.

La production de cet opus a été financée en crowdfunding (financement participatif), preuve que beaucoup aient eu cette certitude que nous avions affaire à une grande artiste, ainsi qu’à un bel album, unique et important.

L’album de Néïs

L’album s’ouvre sur le morceau « Un instant », une sorte d’hymne au collectif, à l’amitié et à la liberté. Nous sommes invités à nous repositionner face au fleuve incessant de nos vies, pour pouvoir pleinement savourer le temps. Nous commençons donc avec un morceau euphorique, mais maitrisé, avec ce qu’il faut de naïveté pour ne pas en perdre sa sagesse.

L’album se poursuit avec l’un des morceaux phares de l’artiste, « Intouchable ». Le titre relate l’histoire du lépreux que rencontre Jésus, dans l’Évangile de Marc au chapitre 1. Bien que cette histoire puisse être généralement connue par un public de croyants, Néïs nous fait redécouvrir les réalités de cette situation : nous plongeons ici dans les émotions profondes du malade, entre solitude, rejet, considéré comme dangereux et entouré d’interdits. Le piano et les cordes donnent toute la dimension poignante à cette histoire, dont la détresse vécue est rarement réalisée et comprise à sa juste valeur.

L’objectif de Néïs : repeindre Christ

Néïs nous parle de sa foi et parvient à repeindre Christ, et la Bible.

Le morceau « Serions-nous en vie » parle de l’amour et de ses caractéristiques, comme un approfondissement du chapitre 13 du livre aux Corinthiens, le tout sur une orchestration légère et jazzy. L’amour est très bien décrit, la qualité d’écriture est excellente, et même innovante pour parler d’un sujet habituel. La slameuse nous rappelle que l’amour a « de l’humour, de la folie, mais sait rester sage ». Dans cette continuité, le morceau « Une journée particulière » relate les dernières heures vécues par Jésus sur la Terre et décrit brillamment cet amour qu’il a eu pour ce monde. « Sans se soucier du prix, Jésus a aimé, et son amour le pousse à en perdre la vie ». L’orchestration de ce titre est impressionnante, à la hauteur de la force de l’événement. Néïs nous présente un aspect peut-être mal considéré : l’humanité de Jésus-Christ, non épargné par les émotions, balancé entre ce qu’il a aimé et détesté.

Du début à la fin de l’album, Dieu est présent, et tant de références nous rappellent par quel sublime espoir il colore nos vies.

L’album atteint son apogée avec le morceau « Je ne m’en rappelle pas », la chanson la plus émouvante de l’album. Derrière ce titre (déjà si beau) se cache une pièce magistrale, de par la situation authentique (car rarement entendue) et une interprétation marquante. Victime de la maladie d’Alzheimer, une femme s’adresse à son mari en exprimant sa souffrance de ne plus se rappeler des éléments que constituent leurs 60 années de mariage. Celui-ci prend ensuite la parole pour répondre à son épouse d’une manière la plus bouleversante qui soit. Excusez mon inconvenance, mais j’abuse à peine en comparant ce morceau à une œuvre de Jacques Brel. Il s’agit d’une grande chanson française, certes qui ne sera pas la chanson à écouter de bon matin pour avoir la pêche, mais une grande chanson.

Néïs : expériences partagées

L’artiste poursuit cette « Pause » en nous relatant ses expériences, professionnelles (« Laisser partir », qui exprime la brutalité d’un départ) et personnelles (« Petite fille », son témoignage), mais toujours humaines et interpellantes.

Elle n’hésite pas également à parler personnellement aux personnes emplies de désespoir, qui songent à faire le choix « d’éteindre sa vie ». Elle s’adresse à elles comme Dieu leur parlerait, en leur rappelant combien il est grand, proche et compréhensif des événements que l’on peut traverser. Les paroles sont encore une fois habiles et fortes, pleines d’espoir comme l’illustre son constat que « au-dessus des nuages, il y a le soleil qui brille ».

Enfin, un dernier titre à souligner : « 120 saisons plus tard », concept excellent de s’adresser à soi-même lorsque nous aurons 30 ans de plus. Néïs prouve son recul sur la vie et sur elle-même, en s’avertissant notamment de rejeter cet « égo qui lui dit qu’elle a besoin de personne pour persévérer », ou encore qu’elle se souhaite enfin de « croire en l’amour et de ne plus en parler avec ce cynique d’humour ». Un titre encore une fois percutant, dont les arrangements sont beaux et l’écriture pertinente, qui n’a rien à envier au classique « Miroir » de Bigflo & Oli.

A noter l’excellente équipe de production pour cet album, notamment Yohan Salvat en directeur artistique, ou encore Jimmy Lahaie (Héritage) pour les prises de guitare. Je ponctue simplement sur le graphisme complet de l’album (cover et pochette), approprié, actuel, réalisé avec brio par Studio Zède.
Néïs regarde le monde (et ses amis) avec des yeux brillants, et ses slams nous donnent l’espérance et le recul nécessaires pour affronter les doutes, les joies, et les événements. Comme l’indique la description de l’artiste sur son site web, nous avons besoin de cette hypersensibilité pour capter la profondeur des ressentis, des faits, et pour montrer la beauté même dans les moments les plus sombres.

Des extraits de l’album sont disponibles sur le site de l’artiste : www.neiscros.fr

Cet article marque le dernier article de Nathan pour la rubrique musique – il nous quitte pour de nouveaux horizons ! Voilà un message qu’il vous laisse : « J’ai pris beaucoup de plaisir à vous partager ces chroniques, j’espère que vous en avez été bénis. Rébellutionnaires, continuez à être des modèles de sainteté, simplement soumis et amoureux de Christ ! »

Nathan, un grand merci à toi pour ton service fidèle et que le Seigneur te bénisse pour la suite !

Auteur : Nathan

Nathan fait partie de l'équipe musique de la Rébellution.