Tu seras un homme, mon fils

« Ça y est, je suis un homme ! »  Tout adolescent aimerait pouvoir se dire cette phrase devant son miroir, juste après s’être rasé pour la première fois… Mais pas sûr que la pilosité soit un gage de maturité…

Posons-nous la question ! Qu’est-ce qu’il fait qu’un jeune ado peut assurer avec panache « Ça y est, je suis un homme ! » ? Être diplômé ? Commencer à travailler ? Se marier ? Avoir un enfant ? Avoir tué un éléphant ? Quel accomplissement faut-il avoir coché dans sa liste des choses à faire avant de mourir ?

Rudyard Kipling était un journaliste et poète anglais. Il nous suggère que la réponse n’est pas dans la réalisation de soi, mais dans l’attitude. Pas dans le faire, mais dans l’être. Cette réponse se trouve dans son célèbre poème, dont le titre est « Si ». Ci-dessous, tu trouveras la meilleure traduction (dynamique) que j’ai trouvée. Je le dédis aux jeunes hommes rébellutionnaires, en souhaitant que ce poème les inspire autant qu’il m’a inspiré. Mais je suis sûr que les demoiselles pourront aussi en retirer quelque chose…

 

Si

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et, sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors Renommée, Fortune et Pouvoir,
N’auront aucune portée sur ta vie,
Et, ce qui vaut mieux que la richesse et la gloire[1]
Tu seras un homme, mon fils.

 

C’est ce poème, découvert en cours de littérature en primaire, qui a poussé Stanley Albert Dale à se convertir. Il était un missionnaire anglais du XXe siècle, et a été massacré par les Yalis cannibales de Papouasie.[2]

Un jour, après l’avoir médité il fit cette prière :

« Seigneur, en dehors de toi, le poème de Kipling n’est rien d’autre qu’un redoutable « Si » pour lequel personne n’est à la hauteur ! Mais tout homme uni à toi peut tout faire par toi, car tu as atteint l’idéal de Kipling et plus encore ! »

Qu’en Jésus, nous puissions devenir des hommes, atteindre l’idéal de Kipling, et être semblables à Jésus !

 

[1] J’ai pris la liberté de modifier les 3 avant-derniers vers. Dans la traduction originale, il apparaissent ainsi :

« Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis,

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire »

[2] Son histoire est relatée dans l’excellent récit missionnaire Les Seigneurs de la terre.

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Auteur : Nicolas B

25 ans, rébellutionnaire marié à une chouette jeune femme, travaille en finances d'entreprise, et co-responsable du Cercle d'Affaires pour Christ.

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