Comment dépasser les attentes des responsables de mon église

Article de Jean-Daniel V., 25 ans, marié et étudiant à la maîtrise en théologie à Montréal

Ce n’est pas tout le monde qui peut prétendre avoir une bonne relation avec les responsables de son église locale. La plupart d’entre nous n’avons que de brèves discussions avec eux. Les besoins sont grands, surtout le dimanche. Ils sont souvent débordés et doivent remplir plusieurs postes à la fois dû à un manque de bénévoles. Ils doivent donc raccourcir leurs conversations et cela leur laisse bien peu de temps pour se connecter. Si vous leur demandez, la plupart d’entre eux vous diront qu’il n’y a pas assez de bénévoles et que, ceux qui sont fidèles au(x) poste(s), se plient en quatre pour occuper les postes à combler. Cependant, avant de pouvoir dépasser leurs attentes (avec sagesse), il vous faudra connaître les besoins.

Demandez quels sont les besoins

Il y a deux principales manières d’évaluer les besoins. La première est d’identifier vous-mêmes certains besoins. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais bien que vous puissiez avoir discerné un réel besoin, il me semble important d’inspecter votre cœur au préalable. Posez-vous la question : « Suis-je vraiment ici pour servir ? » Peut-être avez-vous vraiment identifié un besoin, mais je vous encourage premièrement à leur demandez à eux quels sont les besoins. Les responsables de votre église locale sont très souvent mieux placés que nous pour connaître quels sont les besoins. Allez, et demandez-leur comment vous pouvez leur porter main-forte.

Fiabilité et fidélité : vos plus grands atouts

Maintenant que vous savez quels sont les besoins, il faut y répondre. Peu importe le besoin que vous avez à combler, que ce soit de façon ponctuelle ou de façon répétée, deux de vos plus grands atouts pour dépasser les attentes de vos responsables sont la fiabilité et la fidélité. Vous avez plus de chance à dépasser leurs attentes en étant présents de façon soutenue (fiabilité) et régulière (fidélité) qu’en faisant des choses qu’ils ne vous ont pas demandées. Surtout dans les débuts, vous êtes là pour apprendre d’eux comment faire. Ne vous laissez pas décourager. Osez poser des questions si vous n’êtes pas sûrs d’avoir compris.

Si nous étions honnêtes avec nous-mêmes, nous devrions avouer que nous ne sommes ni vraiment fiables ni vraiment fidèles. Trop de fois, nous n’avons pas tenu un engagement ou oublié une implication. Souvenons-nous que Christ a été fiable et fidèle, jusqu’à donner sa vie pour nous. Que ce soit cette vérité évangélique qui nous guide et nous motive à travers cette route tumultueuse.

Une des facettes de la soumission

Tôt ou tard (on espère tard), il vous arrivera de ne pas être en accord avec une de leurs décisions. À ce moment, il sera probablement plus sage d’aller voir ce responsable en privé après qu’il ait partagé sa décision pour lui suggérer l’alternative qui vous semble plus appropriée. En proposant, vous avez fait votre part. À eux de voir ce qu’ils en feront. S’ils décident de continuer comme prévu et ignore votre suggestion (même s’il le dira probablement dans d’autres mots), acceptez humblement leur décision. Il n’y a pas de soumission sans désaccords. Refusez la colère qui pourrait surgir en vous et mettez à mort tout amour propre qui pourrait vous faire penser que vous êtes meilleurs qu’eux. Le respect de leur autorité est rare de nos jours. C’est pourquoi il est un grand atout si vous voulez surpasser leurs attentes.

Si vous avez été, un tant soit peu, dans une position d’autorité, vous savez que la critique fuse facilement. Les gens sont souvent plus difficiles envers ceux qui ont l’autorité et c’est justifié : « On demandera beaucoup à qui l’on a beaucoup donné, et on exigera davantage de celui à qui l’on a beaucoup confié. » (Luc 12,48) Mais il est plus souvent oublié la grâce que Dieu a fait à ceux qui dirigent en étant choisi par lui : « Faites donc bien attention à vous-mêmes et à tout le troupeau dont le Saint-Esprit vous a confié la responsabilité ». Ce n’est pas une tâche facile (c’en est même une impossible sans l’aide de l’Esprit Saint), mais c’est à eux que Dieu a donné cette responsabilité.

La sagesse du repos

En effet, la plupart des responsables d’églises locales vous diront qu’il n’y a pas assez de bénévoles et que, ceux qui sont là, se plient en quatre pour occuper les postes à combler. Vous pouvez demander à la plupart de ceux qui ont tranquillement et fidèlement gagné la confiance des responsables s’ils se sentent à l’aise de dire « non » à une de leur requête. Il y a de grandes chances qu’ils aient de la difficulté. Cependant, notre repos est aussi un mandat de la part de Dieu. Dire « non », c’est aussi un moyen pour nous de nous rappeler que Dieu n’a pas besoin de nous ; il se suffit à lui-même. C’est plutôt un privilège de servir son Église, mais c’est aussi un privilège de se reposer. Si le service devient un fardeau pour vous, il y de fortes chances que vous deveniez un fardeau pour les autres. Alors, reposez-vous. Ne passez pas à côté de ce privilège et mandat.

Auteur : Jean-Daniel V.

Jean-Daniel a 25 ans, est marié et est actuellement étudiant à la maîtrise en théologie à Montréal, au Canada.