Reste-t-il quelque chose à dire ?

La globalisation de l’information nous tient continuellement au courant de ce flot frénétique de malheurs qui touchent notre monde. Le terrorisme en est un parmi d’autres (les guerres, les famines, la corruption, le racisme, etc…). En tant que résidents français, nous ne sommes pas indifférents aux attentats qui ont meurtri la nation, se succédant sans rien perdre de leur force destructrice. Hier soir encore, le drame s’est reproduit : Nice a été frappée.

A force d’être inondé par les nouvelles de tragédies, je sens parfois mon cœur s’enliser dans une désaffection, tel un enfant qui tristement ne serait plus atteint par des maltraitances qu’il subit à répétition, désensibilisé.

Reste-t-il quelque chose à dire ? Reste-t-il quelque chose à méditer, à ressentir, à pleurer ou à penser ?

Jésus, enseignant ses disciples au sujet des souffrances que connaîtrait le monde à l’approche de la fin, prononce ces mots : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Mat. 24.35). S’il est évident que le sens de ces paroles est d’abord d’enseigner la ténacité des Écritures et leur certain accomplissement, il est aussi là un encouragement à trouver un sûr éclairage qui ne perd pas son éclat même dans les temps les plus sombres. La parole de Dieu nous enseigne encore ; Dieu parle encore, même après ce énième drame.

J’aimerais vous proposer ici quelques points à méditer comme étant quelques leçons que nous pouvons (devrions ?) tirer de cet événement. Je ne prétends nullement qu’il s’agit des seuls enseignements à recevoir, mais c’est un début. Le risque de rester tétanisé et de ne plus penser est réel ; abasourdis par ces nouvelles atrocités, veillons à rester attentifs à la voix de Dieu ainsi qu’il est dit : « Car Dieu parle une fois, et deux fois et l’on n’y prend pas garde » (Job 33.14).

  1. La croix reste debout.

Voilà plus de 2000 ans que l’Evangile est accompli par Jésus-Christ Fils de Dieu, mort pour obtenir pour son peuple le pardon des péchés et ressuscité pour la justice. Rien, pas même la multiplication des malheurs ne peut effacer ou nuancer cette vérité éternelle : tous ont péché et sont sous la juste condamnation de ce Dieu même qui se tient prêt à pardonner entièrement et gratuitement tout pécheur qui se repent et croit. Nous, qui l’avons accepté, avons le devoir de le proclamer sans cesse, et encore au milieu de ces ténébreuses actualités.

  1. La mort est réelle et puissante.

Nous avons beau être la génération la plus technologique, la plus avancée dans le domaine de la médecine et des sciences ; face à la mort, nous sommes tout aussi démunis que nos ancêtres des cavernes. Cessons de croire en l’illusion d’une humanité capable de s’élever au-dessus de sa condition intrinsèque : mortelle. Enfin, nos tentatives pour apprivoiser la mort et essayer d’en faire un mythe, en particulier en occident (avec des pratiques qui consistent de plus en plus à « défier » la mort). C’est une réalité qui, si nous voulons étouffer par la légèreté et la futilité, nous sera rappelée avec toujours plus de soudaineté et de brutalité.

  1. La mort n’est pas notre amie.

Il faut le redire, ce n’est pas superflu, surtout quand la répétitivité risque de nous amener à croire que la mort est à tolérer comme un moindre mal. La Bible la décrit pourtant comme « le dernier ennemi » qui sera vaincu par le retour du Seigneur Jésus. La mort attriste, déchire, détruit et engloutit tout ce qui participe à la vie. Le deuil des familles touchées par le drame niçois doit nous rappeler l’importance du combat que toute personne née d’en haut mène contre les puissances de la mort. L’arme la plus redoutable est l’amour divin qui sait redonner vie à des pécheurs morts dans leurs fautes, les transformant en témoins de la vie éternelle manifestée d’auprès du Père (1 Jean 1.3-4).

  1. La colère de Dieu est bien plus terrible.

Quelle ampleur que cette tuerie. Au moins 84 personnes tuées par un seul homme. Un acte déréglé, injuste et injustifié ; une stupéfiante puissance déployée par une créature si frêle et si dépravée. Qu’en sera-t-il alors de ceux qui tomberont entre les mains d’un Dieu juste et en colère ? Quelle terrible attente pour ce meurtrier mais aussi pour les menteurs, les hypocrites, les adultères, les ivrognes, les blasphémateurs, les idolâtres, les orgueilleux… La liste est interminable car le Dieu bon et parfait déclare que tous péchés, même celui que nos sociétés appellent « péché mignon », tous ont pour salaire la mort. Faisons donc la paix pendant que Dieu retient sa colère et qu’il nous supplie, à travers son Fils Jésus et ses disciples, « Soyez réconciliés avec Dieu ! ».

  1. L’Église qui prie n’est pas sans force.

Mon réflexe, en apprenant cette nouvelle tuerie, a été de me mettre à genoux devant Dieu, dans le silence. Devant Dieu car il sait, il comprend ce qui se passe et est un refuge ; dans le silence car je ne savais pas que demander, que penser, que dire, comme s’il me fallait d’abord me souvenir que je suis devant le Souverain du monde et qu’il est au ciel, très haut. Puis j’ai prié. J’ai prié pour la consolation des familles, pour le renouvellement du courage et de la sagesse pour les autorités, les forces de l’ordre, les soigneurs.

J’ai vu Dieu changer mon cœur. Prier a été la solution pour ne pas sombrer dans l’indifférence ni dans la panique. C’est l’amour pour Dieu qui nous fera aimer nos prochains. Ce n’est que par la prière que nous pourrons persévérer selon qu’il est dit : «Veillez et priez, afin que vous n’entriez pas en tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Matt 26.41)

Il y aurait probablement quantité de choses à dire. Ma prière est de vous encourager avec ces quelques mots à lever les yeux vers Sion, d’où le Seigneur Jésus règne, et de chercher conseil et guidance auprès de celui qui est le bon berger.

Auteur : Calaghan M.