Tu n’as pas besoin d’être un brigand

Article de Kevin D.

Il y a quelques semaines, nous avons discuté avec un ami d’un problème persistant au sein du christianisme, et plus particulièrement chez les évangéliques. Dans mon article, je l’intitulerais l’imaginaire du brigand. Ce phénomène consiste à envier le témoignage d’une autre personne à cause de sa vie aux conséquences désastreuses, du fait que sa nouvelle naissance – en Christ – établit un changement qui semble plus radical. Certains pensent alors que leur passé, du fait qu’il ne soit pas très « lourd », particulièrement lorsqu’ils ont grandi dans une famille chrétienne, ne vaut pas grand chose. En tout cas, il ne vaut pas la peine d’être partagé : écoutons plutôt cet ancien dealer de drogue qui a fait de la prison, et que Christ a véritablement changé en enfant de Dieu.

Pas de malentendu

Pour être le plus clair possible, mon article n’a pas pour but de dénigrer ces brigands devenus chrétiens. J’exalte de tout mon cœur la merveilleuse beauté de l’Évangile, qui purifie des personnes à qui on ne voudrait pas naturellement témoigner. Nous avons souvent trop peu de foi. Je glorifie Dieu à cause de ces vies changées. Ceci étant dit, ayant, à partir de mes sept ans, baigné dans une atmosphère chrétienne, et connu ce sentiment de ne pas posséder un témoignage assez original pour le partager, il m’a paru bon d’écrire sur ce sujet. Peut-être viens-tu d’une famille chrétienne et as-tu une quasi-honte de parler de ta vie passée, car tu la trouves trop « banale » ? Peut-être convoites-tu la vie de ces anciens brigands que (par exemple) Nicky Cruz incarne de façon splendide ? J’aimerais encourager chacun(e) de mes lectrices/lecteurs à considérer son témoignage à la lumière de la beauté de la croix.

La beauté de ton témoignage, reflet de la beauté du Christ

Peut-être te rappelles-tu d’un jour précis où tu as décidé de suivre Jésus. Peux-être que tu t’es plutôt approprié de façon évolutive la foi que tu as goûté autour de toi. Tout ceci n’est pas important : aujourd’hui, tu peux dire que tu es enfant de Dieu. Le point précieux de ton témoignage, c’est que tu es né de nouveau (2 Corinthiens 5), tu es une nouvelle créature, qui possède l’Esprit de Dieu. Je suis né en 1996, le 14 juin, mais je ne me rappelle pas de ce jour précis : je sais une chose, c’est que ma mère ne m’a finalement pas avorté, et qu’elle a choisi de me faire naître. De même, tu sais une chose : tu es ressuscité spirituellement. Ton témoignage reflète la beauté de la croix. De façon puissante, celle-ci te donne la capacité de vivre en liberté, une vie qui évolue, qui donne des fruits (amour, joie, paix, fidélité, patience, bonté, douceur, foi, tempérance, maîtrise de toi). Tu es précieux par ta vie car Christ est mort pour toi. Il a souffert sur le bois. Ce sacrifice d’amour est beau, et le fait que tu l’ait accepté personnellement est un immense cri de joie sur terre et dans le ciel. Les anges de Dieu exaltent son Saint Nom (Luc 15) car la grâce de Dieu coule en toi, et que tu t’es repenti. Cette repentance est superbe lorsqu’un brigand la fait, mais elle l’est aussi pour toi, car tu es un fils du Dieu très Haut, alors que tu suivais ta propre voie.

Tous brigands

Nous n’avons pas à « envier » la vie de « vrais » brigands, qui sont tombés dans des péchés plus graves en conséquences, car nous étions aussi des brigands. Tout les hommes sont par nature des pécheurs et privés de la gloire de Dieu (Romains 3). Je parlais récemment avec une jeune fille musulmane à mon université, et au cours d’une conversation profonde, je voyais en filigrane son rejet de l’idée chrétienne selon laquelle le salut est gratuit, un don, que nous n’avons pas besoin d’acheter par nos œuvres. Notre plus grand problème, c’est que nous avons une mauvaise perception de Dieu, et par conséquent de nous-même. Je lui ai demandé de m’imaginer donner une gifle à une personne assise près de nous. Énervé, il aurait sûrement répondu par la même. Puis de penser au même geste fait à ma directrice : plusieurs jours d’exclusion, si ce n’est pour toute ma scolarité. A un policier : celui-ci m’aurait emmené au commissariat, tandis que si je l’avais fait à un roi, je pourrais subir la peine de mort. Par analogie, pensons au Dieu trois fois saint, qui ne connaît même pas le péché : c’est en cela que nous ne pouvons pas satisfaire la justice de Dieu. Quoi que nous ayons fait avant de nous tourner vers le Messie Sauveur, notre plus grand péché fût de ne pas faire sa volonté, de ne pas tourner nos regards vers lui, de préférer avancer par nous même que d’être soumis à son amour.

C’est pourquoi louons Dieu pour la grâce qu’il nous a fait de le connaître. Si tu ne le connais pas encore, c’est l’occasion de remettre ta vie entre ses mains. Sa Parole est puissante pour bouleverser les vies, ton témoignage est précieux, n’attends pas plus longtemps pour le partager en glorifiant celui qui en est le principal acteur.

Auteur : Kevin D.

Kevin, 17 ans, est toulousain, lycéen en terminale littéraire, créateur de BTF, et surtout disciple de Jésus-Christ.